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Ouais, je regarde toujours Smallville. Neuf ans après. Je reste fidèle à la première serie que j’ai regardée en VO, téléchargée péniblement sur Kazaa à l’époque où ça ne venait à l’idée de personne. Mais je voulais voir Superman, je voulais voir une série avec des effets spéciaux et les aventures de Clark Kent. A l’époque, Smallville, c’était juste le truc le plus cool de l’univers pour le fan de comics que je suis. Bon, on sait tous ce que c’est devenu, un truc tout laid dont les « vrais fans » de série se moquent au coin du feu. Les problèmes sont multiples. Déjà la chaîne, CW, c’est un network pour minettes, donc plus de gnangnan, moins de Super dans les scripts. Ensuite Tom Welling est un trou noir à budget, cannibalisant sur toute la production de chaque épisode. Son salaire absurde (tout comme celui d’Alison Mack) sont un cancer pour l’équipe des effets spéciaux/décors. Enfin, rappelons à toutes fins utiles que Warner Bros, qui possède DC Comics, est incapable de gérer correctement ses personnages de super-héros. Suffit de voir les films du studio. A ce niveau là, même Smallville, même neuf ans après, ça reste le haut du panier.

En fait, cette semaine, c’était un peu une tuerie. On avait droit pour la reprise à un épisode double intitulé Absolute Justice. Aux commandes du scénario, Geoff Johns, scénariste de comics depuis plus de dix ans et super génie de DC, responsable d’un nouvel âge d’or pour l’éditeur. Il y était question de la JSA, la Justice Society of America, alias l’équipe de super héros du milieu du siècle. Ceux que vos parents lisaient dans des fascicules jaunis. Vintage en gros. Dans l’épisode, les membres oubliés de la Society se font tuer un par un et Clark décide de s’en mêler au moment même où lui-même tente de monter sa propre League. Jamais de mémoire de geek on aura vu une série TV avec autant de héros costumés d’un coup. Superman, Green Arrow, Martian Manhunter, Hawkman (joué par Michael « Daniel Jackson » Shanks bordayl !), Dr Fate et Stargirl sont dans la place ! Avec en combo des apparitions furtives des vieux Flash, Green Lantern, Atom et compagnie. Les références fusent de partout « Clark et Lois ? Tu rêves Smallville, plutôt Lois et Clark ! » et ça défonce de bout en bout sur deux épisodes.

Alors oui, ça reste Smallville, avec ses temps morts, ses limitations de budget et son jeu d’acteur merdique. Mais putain autant de win sur une heure vingt, c’était du jamais vu ! Sachant qu’on vit dans un film où jamais personne n’autorisera un film sur la Justice Society (pas assez rentable, trop pointu pour le grand public), c’était pas de la merde. Sans parler du casting trois étoiles avec en guest starring de Pam « Jackie Brown » Grier en cheftaine de l’organisation maléfique Checkmate (qui mentionne la « Suicide Squad », les fans reconnaitront). Parce que peut-être qu’un de mes amis avait raison. Smallville, sous ses couverts de niaiserie bon enfant pour pétasse, ça reste un formidable laboratoire à idées. Warner Bros ne sait pas quoi faire du catalogue de DC Comics, ne sait pas comment utiliser son héritage, ses héros, mais est de temps en temps disposé à les laisser déborder dans Smallville, juste pour voir. Ainsi Green Arrow a pris la place de Batman, les scénaristes n’ayant pas le droit d’utilise Bruce Wayne (des abrutis de première, décision stupide). Et je vous parie que quand Supermax, le script du film mettant en scène Green Arrow se fera au ciné, le marketing profitera à mort de l’exposition du personnage dans Smallville. Juste, faudra changer l’acteur, en prendre un qui sache jouer.

L’année dernière la série avait commencé à embrasser l’univers dans lequel elle était censée évoluée, multipliant les références aux comics. En faisant ce qu’ils peuvent avec leur talent discutable, leur budget et les contraintes du studio, les scénaristes laisse entrevoir des moments de grandeur par ci par là. Et parfois, comme c’était le cas cette semaine, tout ce beau monde se trouve en position de réaliser un véritable tour de force télévisuel. Et rien que pour ça, cette série méritait de durer aussi longtemps. Bon grès mal grès, je continue à regarder, parce que je sais que le prochain moment awesome n’est jamais très loin.

Demain, critique bouquin, critique double même on se refuse rien hop hop !

TEASER STAGE !!!

Pour ceux qui se demandent, c’est s09e11. Je dis ça, je dis rien.

La semaine dernière j’ai commencé à écrire une nouvelle. Tout ça c’est la faute de Jennifer, une fille que je connais même pas et qui a partagé une anecdote de sa vie si savoureuse que je me devais de la pousser à bout (l’anecdote, pas Jennifer). Alors j’ai commencé à écrire quelques lignes, pour un résultat final qui devrait à priori ne pas dépasser trois ou quatre pages. Seulement j’ai jamais mis autant de temps pour rédiger un truc tout prêt dans mon crâne. Parce que la vérité, c’est que je ne me sens pas du tout à l’aise dans l’exercice de la nouvelle. Tout comme je détestais participer aux concours d’histoires courtes en BD (même si j’en ai gagné un ou deux). Je ne suis pas à l’aise dans le format, comme dans un tee trop court, ça gratte, c’est désagréable et on aimerait avoir plus de place. Ouais, le concept de nouvelle, ça me fais chier.

Généralement, si une idée est bonne, elle peut tenir sur cent pages. Si elle peut tenir sur cent pages, elle peut tenir sur un roman. Voilà, c’est aussi con que ça. Et immanquablement quand je lis une bonne nouvelle, une qui me plait, je regrette que ça ne soit pas un roman. Car j’aime la décompression narrative (on y revient), mais aussi m’immerger dans une ambiance, prendre le temps de ressentir les choses, les personnages. La nouvelle c’est le petit bain de la littérature. Aussi bonne que soit l’eau, on aura que les pieds mouillés. Alors ouais, y’a des fans, et parfois je crache pas sur un petit recueil par ci par là. Mais tout de même, c’est loin d’être ce que je préfère. Et du coup, pourquoi est-ce que je me force ? Pourquoi est-ce que j’ai décidé d’écrire ce bout de truc au lieu de laisser tomber ou d’en faire un bouquin ?

Une fois de plus on en revient à une question de mathématiques, une équation. Si une idée est bonne mais pas assez pour supporter une centaine de pages, il se passe quoi ? Ou alors tout connement, et si le gain réel à passer une idée de quelques pages à beaucoup plus est trop faible pour justifier l’effort supplémentaire à fournir ? Par exemple. Mon histoire sur le 280 Salade. Je peux la faire tenir sur deux cent pages sans aucun problème. Et ça serait sûrement mieux que ce que vous pouvez imaginer (rien que de l’évoquer j’ai un plan qui se forme). Mais est-ce que ça vaut vraiment le coup vis-à-vis de mes autres projets ? Est-ce que ça sera tellement mieux que la version résumée ? C’était un peu ça pour l’idée que m’a filé Jennifer. Cool, qui mérite d’être raconté, mais peut-être pas un bouquin.

Reste l’écriture qui m’emmerde. Quoi que je fasse, j’ai l’impression d’écrire un résumé, de raconter une histoire au lieu de l’écrire. Je sais que c’est le jeu, que ça ne m’empêche pas de faire du style, loin de là puisque ça ouvre d’autres opportunités de jouer avec les mots. Mais je suis trop habitué, configuré au plus profond des synapses, pour des histoires longues. D’où la souffrance. Je pense tout de même que ça en vaudra la peine. Puis j’ai une idée ou deux question nouvelles, enfin format.

Je vous en reparlerai.

A une époque y’avait pas le net, et c’était la merde. Enfin si, y’avait le 56k et j’avais une carte bleue « jeune » à la SoGé qui m’interdisait de commander quoi que ce soit sur l’interweb. En 2001 tous les forums de ciné que je fréquentais n’avaient qu’un seul film en tête, Shaolin Soccer. A l’époque on avait pas les Divx, ou alors pas vraiment. Et à force de baver sur la bande annonce en riquiqui, j’ai fait ce qu’on faisait de ce temps là, je suis allé filer toute ma thune à une boutique d’import. Le vendeur m’avait réservé un DVD Zone 3 (asie), pas de sous-titres français, juste en anglais. Mon niveau était correct mais pas transcendant. J’étais à un tel niveau d’adoration et de hype que Shaolin Soccer, je l’aurais regardé en Mandarin pur j’aurais quand même kiffé ma race. C’est avec un bon pote de l’époque qu’on a profité d’un mercredi aprem’ pour lancer la galette sur mon lecteur dézonné.

Pour ceux qui n’ont jamais vu ce bijou culte de cinéma asiatique, hop, quick résumé. Sing est un maître kung-fu Shaolin qui vit de petits boulots et autres récupérations. De nos jours tout le monde se contrefout des arts martiaux et Sing désespère de voir sa passion redevenir à la mode. Quand il corrige une bande de malfrats à l’aide d’un ballon de foot qui passait par là, Sing s’attire l’attention de Fung, un ancien joueur de football en disgrâce. Celui-ci lui propose de créer une équipe d’aller s’inscrire au tournoi national. Pour Sing, c’est une chance comme une autre de populariser le kung-fu, séduire la fille de ses rêves et raviver la flamme des arts martiaux chez ses anciens compagnons d’école, tous devenus des moins que rien après avoir abandonné leur discipline.

Shaolin Soccer est une tuerie parce qu’il est cool. J’ai beau détester le foot, des mecs qui transforment leur ballon en boule de feu ou qui font des pirouettes à vingt mètres du sol, c’est la classe. Un peu comme si on avait mixé Dragon Ball avec Captain Tsubasa. Ce qui empêche le film de tomber dans la grosse machine, c’est son côté complètement bricolo. Stephen Chow (acteur, réal, scénariste) a monté son truc sans une thune, les studios d’images de synthèse bossant pour une bouchée de pain (folie y’a même des bullet time deux ans seulement après Matrix), ses amis de la vraie vie propulsés acteurs bénévoles. Dans les décors, les costumes et certain passages, on sent le côté bien cheap de la prod, ce qui donne un vrai charme. Tout comme les multiples gags tout droit sorties du cartoon, Tex Avery, des comédies musicales ou simplement de l’absurde total. Points bonus pour les références cinés planquées. Ceci expliquant sans doute pourquoi le film est sorti chez nous au ciné amputé de vingt minutes, dans un montage plus musclé.

Malheureusement ce qu’on gagne en efficacité on le perd en charme et en culture typiquement asiatique. Tout ne fonctionne pas dans le montage original, pas toujours super rythmé et avec des passages qui tombent à plat. Mais si vous n’avez vu que la version occidentale, alors vous êtes passé à côté de quelque chose. Ceci dit l’awesome des scènes de match demeurera toujours. Tout comme le message sous-jacent sur l’importance de la culture, de conserver des traditions et de les adapter au monde moderne. Ouais. Y’a aussi ça entre deux tirs au but-tornades.
J’aurais usé mon DVD jusqu’à la moelle et je n’attends qu’une édition haute def’ pour me refaire rêver de par chez moi. Non parce que depuis que Stephen Chow est une star mondiale et qu’on lui file des brouettes entières de pognon, bah il a pas réussi a faire mieux.

Demain on parlera nouvelles.

NO TRAILER STAGE !!!

Pas trouvé de BA qui ne spoile pas l’intégralité du film. Donc non.

Imaginez une femme. Une belle femme, le genre dont vous avis envie depuis longtemps. Ce soir c’est le soir, celui où vous allez vous en donner à cœur joie à ravager son corps qu’elle vous offre à vous, et rien qu’à vous. Mais ! Si jamais vous faites un petit effort supplémentaire, de patience ou de prestance, peu importe. Si jamais on vous disait que contre ce petit effort supplémentaire, cette même femme se fera la plus belle pour vous, vêtements de soirée, lingerie fine et encore plus de passionnante conversation. Le sexe sera le même, même corps nu, même performances. Juste l’excitation d’un plus bel emballage, de préliminaires plus intenses, qui chatoient l’œil et le cœur. A choisir, vous le feriez ce putain d’effort ? Bien sûr que vous le feriez ! Alors, maintenant, bande d’abrutis, pourquoi est-ce que vous n’achetez pas tous vos produits culturels en version collector ?!

Je me rappelle quand j’ai reçu Mass Effect. C’était y’a plus de deux ans, pour Noel. Le seul jeu que je voulais sous le sapin, celui qui m’avait motivé à prendre une Xbox 360 quelques semaines plus tôt. J’avais demandé la version collector mais impossible d’y jouer avant le lendemain soir, repas de famille oblige. Sur tout le chemin en voiture vers la Loire, j’ai pesé et soupesé l’objet, boite métallique, lourde entre mes mains. J’ai profité des deux fois soixante dix bornes du trajet pour lire et relire le Codex de l’univers, l’historique des personnages, des races, des vaisseaux. Mes yeux se sont usés à la faveur des lampadaires à discerner les dessins dans l’art-book, à tenter de deviner ce qui m’attendrait une fois revenu à la maison. Avec l’édition simple, j’aurais juste eu une notice en noir et blanc pour patienter. Mais là, ce collector m’a porté à travers le repas en famille. J’étais là, mais j’étais surtout aussi déjà en train de vivre Mass Effect.

Alors oui, j’ai la pulsion du collector. Je bave sur mon Blu-Ray Fight Club avec pochette cartonnée, affichettes et livret exclusif. J’en arrive à demander à une copine banlieusarde d’aller braver le centre commercial dans l’espoir de me trouver un Collector au pays des gros beaufs joueurs de PS3 (bingo, y’en restait, merci les attardés mentaux). A partir du moment ou un livre, jeu, DVD ou même CD existe en version collector, il me le faut. Sinon c’est rentré à la maison avec l’inférior version, le signe extérieur de pauvreté. Puis il y a bien cette affaire de hype, le côté quête du collector, le toucher d’un boîtier métal, tous ces à côtés qui font que l’expérience ne commence pas uniquement avec l’œuvre, mais avec ce qu’il y a autour. Marketing sensoriel, univers étendu, multisupport, appelez ça comme vous voulez. Mais moi, ça me touche, comme une jolie femme.

Ceci expliquant sûrement pourquoi je bosse dans le marketing. De consommateur je veux devenir dealer. Parce que je ne suis pas seul bon sang, nous sommes légion ! Bon, après faudrait aussi que je trouve où ranger mes foutus autres collectors (GTA IV, I’m looking at YOU !).

Allez, je parle je parle, mais l’univers va pas se sauver tout seul. A demain donc !

Les enfoirés, ils ont changé ma caissière du Shopi. Adieu la brunette au cul énorme dans son jean royal wear. Bonjour la petite au visage poupon avec quelques restes d’acné. Fuck, j’aurais jamais conclu. Enfin j’aurais jamais entamé la conclusion. Mais là, lors de mon premier passage en caisse samedi dernier, je fus saisi par une odeur qui n’appartient pas à une superette glauque, du vrai parfum. Je lève les yeux, et je la trouve mignonne, je sais pas si c’est le parfum qui joue, sûrement. Elle a l’air sympa, enfin elle rajoute des mots entre bonjour et au revoir. Je sais que je devrais dire un truc, mais je reste interdit. Je ramasse mes achats en silence, alors que ça bouillonne dedans. Puis, deux secondes avant de partir je ferme les yeux et :

- Vous… vous portez quelque chose ?
- Pardon ?
- Un parfum, vous avez un parfum là ?

Elle sourit. Comme si c’était la première fois qu’un client lui faisait la remarque. En fait, c’était probablement le cas.

- Oui.
- C’est quoi ?
- Poison.

J’ai aucune idée de ce que c’est. Je demandais par politesse, pour faire tourner la conversation quelques secondes plus.

- J’aime bien.
- Oh ? Merci !

La nana finit rouge comme une pivoine, à tenter de cacher sa bouille sous la carapace qu’elle n’a pas. Tandis que je franchis les cinq mètres qui séparent les portes du Shopi de ma porte, je me hurle en mon moi intérieur que bordel, c’était pas si difficile pauvre connard !

Je veux dire, c’est pas comme si j’avais chômé niveau filles cette année, à courir partout dans tous les sens et à faire plus ou moins n’importe quoi avec n’importe qui (ceci est une énorme exagération visant à construire ma légende). Mais à (presque) chaque fois, c’était quelque chose qui avait plus ou moins commencé par l’interweb, à coup de mails, de pokes et compagnie. Parce que techniquement, avec ma double compétence marketing/écrivaillon, je suis une machine à tuer si on me file un clavier, un calepin ou n’importe quoi sur lequel écrire des mots (un pensée pour l’ardoise véléda sur le frigo de l’ex-femme de ma vie). Sauf que pour aborder une personne que je n’ai pas sur le net, c’est le début de la fin de la misère. Ce qui me pousse dans des retranchements absurdes. Comme cette fille à la fac de Lyon II, la nana avec qui j’ai cours dix heures par semaine, que je passe deux ans à fixer comme le premier des stalkers. Plutôt que de bouger mon cul et d’aller lui dire bonjour je cherche son nom de famille sur les feuilles de présence, j’en déduis son mail universitaire et je lui écris. L’anecdote entière est plus savoureuse que ça mais inutile de préciser que ma réputation de psychopathe n’est plus à faire sur le campus de Bron.

Pourtant, c’est pas comme si j’étais pas armé. Je n’ai pas lu toute la bibliothèque de Sharkboy mais j’ai les bases, les phrases à dire, les zones à toucher, quand les toucher, les postures physiques et compagnie. Une fois en vrai, tout ça reste avec mes mots, au fond de ma gorge, dans la boule qui fait mal. Typique avec cette pote de copain à une copine. Je sais pas combien de minutes de ma vie j’ai perdu à planter sur ses yeux, à m’imaginer tout ce que je voulais lui faire, tout ce que je voulais qu’elle me fasse. Niveau conversationnel, ça coinçait, pas moyen de lui accrocher suffisamment l’attention, de faire quoi que ce soit. Retour penaud en métro, à lire un bouquin d’héroïc fantasy. Et oui, je vous emmerde tous. Paraîtrait que ça serait le syndrome du petit gros boutonneux. J’ai grandi, j’ai plus d’acné, mes dents sont droites, j’ai une corpulence normale et assez d’expérience au pieu pour toujours surnager un minimum au dessus de la moyenne question perfs. Mais face à quelqu’un qui me plait, j’ai de retour quinze ans, et c’est foutu. Alors je me planque derrière un bout de papier ou un ordi, et là je retrouve de ma superbe, de ma verve, je suis le séducteur que j’ai toujours rêvé être. Un jour je vous ferais sûrement une rétrospective des lettres écrites et abandonnées sur le passage de mes fantasmes d’une époque.

Mais tout ce que je viens de vous dire, c’est potentiellement que de la merde. Vu que je suis incapable de décrypter les moindres signaux (cf Blueberry girl y’a un an, fais chier je rumine encore cette histoire). Si ça se trouve j’ai grave un tas de d’occases dans la vraie vie, mais je vois que dalle et je me lamente dans le vide. Mindfuck !

Demain, on parlera collectors.

J’aime pas les séries policières. Je trouve ça chiant à en crever. Quand t’en as vu une, tu les as globalement toutes vues. Hop de temps en temps on te feinte le truc, genre houlà attention on a des prémonitions, où on fait des squelettes en 3D ou bien on fait style c’est une série médicale (House I’m looking at YOU !). A une époque j’ai vaguement regardé les experts. Mais tous ces épisodes interchangeables, j’ai fini par décrocher pour de bon. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps c’était le cas. Puis je suis tombé sur Lie To Me, série de mi-saison l’année dernière. J’ai voulu jeter un œil parce que l’acteur principal, c’est Tim Roth, un vrai mec qui fait des vrais films de cinéma et qui du coup coûte une blinde à la Fox. Accessoirement, cette fois, le twist habituel pour faire style ce n’est pas une énième série policière, bah il me plait.

Tim Roth joue Cal Lightman, un docteur en psychologie qui a développé un système pour décoder les micro-expressions sur le visage des gens afin de savoir ce qu’ils pensent. Tout ça parce que quand il était môme, sa mère s’est suicidée, et que s’il avait pu lire sa détresse sur son visage, au-delà des mensonges, il aurait pu la sauver. Retour au présent où Lightman a fondé une boîte sur les cendres de son mariage (sa femme l’ayant quitté car elle n’avait, fatalement, plus de jardin secret) et enquête soit seul, soit en équipe sur des cas plus ou moins commandité par les vrais flics. En plus, c’est la classe parce qu’il y a une latina bonnasse et un renoi badass (Mekhi ! La famille !). Bon, okay, surtout si je regarde Lie To Me c’est que je vois ça comme un show de superhéros et un tour de force de scénario.

Il faut savoir qu’en vrai, Cal Lightman, il existe. Enfin, Paul Eckman existe. C’est le mec qui a inventé le Facial Action Coding System. Une grille qui répertorie toutes les combinaisons de muscles faciaux, toutes les micro-expressions et qui sert au quotidien dans les plus grandes agences policières du monde. Le personnage de Tim Roth possède donc un superpouvoir : savoir ce que pensent/ressentent les gens. Sauf que ça existe pour de vrai (la série le démontre en superposant des photos d’hommes connus d’archives pour illustrer son propos). Awesome. Niveau script, c’est toujours une série aux épisodes interchangeables où les fils rouges sont presque transparents. Mais, la contrainte est sexy. Durant les enquêtes, les héros savent toujours qui ment et du coup la problématique se déplace du qui ment au pourquoi il ment. Mine de rien, à écrire, ça doit pas être des plus évident.

Et parce que je suis super curieux, j’ai commencé à lire un des bouquins de Paul Eckman, celui sur les micro-expressions. C’est lourd et chiant, c’est de l’anthropologie après tout, et je ne vais pas apprendre le FACS. Mais rien que ce que j’apprends sur les expressions à travers le monde, c’est fascinant. Alors oui, Lie To Me c’est formulatique au possible, mais la pointe d’originalité me parle et m’aura poussé à me cultiver, ce qui n’est pas rien finalement. Du coup, je regarde. Na.

Demain on parlera drague.

Lev Grossman est un mec cool. Principalement parce qu’il pense qu’Harry Potter, c’est de la merde. Fuck yeah man ! Sauf que quand c’est moi qui dis que JK Rowling est prodigieusement mauvaise en worldbuiling, structure et arcs narratifs, tout le monde s’en branle. Grossman a du bol, il est critique littéraire sénior pour TIME magazine. Alors quand il en a marre d’empiler la liste des défauts qu’il déteste dans Harry Potter, il se vénère et décide de faire sa tambouille dans son coin. Un peu comme moi en fait, sauf que lui publie. Et ça donne The Magicians, pitché assez simplement comme un Harry Potter version mature, avec des désillusions, de la drogue et des plans à trois. Forcément, il s’en sera vendu des brouettes entières. Avec raison, vu que le livre très bon. Car heureusement le produit fini va plus loin qu’une réécriture en colère pour acquérir sa propre personnalité.

Quentin est un ado de Brooklyn qui s’emmerde, toujours la troisième roue du carrosse dans le couple composé par ses meilleurs amis. Son échappatoire, c’est une série de livre sur les enfants Chatwin qui visitent le monde merveilleux de Fillory pour y vivre moult aventures. Alors quand l’école de magie Brakebills le convoque pour un examen d’entrée, Quentin donne, sans vraiment y croire, tout ce qu’il a. Contre toute attente la magie existe, et Quentin devient étudiant, oubliant sa vie de merde d’avant, se faisant de nouveaux amis et croyant trouver de quoi combler le vide qui le ronge. Mais rien n’est jamais si simple, et au fil des années, des amours et des cours rien ne semble satisfaire le jeune garçon. Alors quand il apprend que Fillory pourrait réellement exister, il plonge la tête la première, sans se demander si le problème ne venait pas tout simplement de lui.

La grosse thématique de The Magicians, c’est la dépression. Enfin, plutôt le vide, l’impuissance, ce truc qu’on ressent quand on est ado, où rien ne va, où l’on est jamais heureux. La plupart des adultes occultent ça, deviennent des zombies pour continuer à avancer. Mais Quentin croit à chaque fois tenir une échappatoire, plus de pouvoir, plus de sexe, plus d’aventures. The Magicians mixe Harry Potter avec Narnia, principalement, et va piocher à gauche et à droite. La première moitié du livre suit une structure narrative liée à l’école. Sauf que dans la vraie vie du monde réel, un ado ça a envie de baiser, ça a des sentiments, ça déprime et ça se rebelle. Dans le même ordre d’idée la magie conserve son mystère mais est cadrée par des règles précises, tout comme la place des magiciens dans le monde. Un worldbuilding en béton, de quoi poser de bonnes bases pour la suite.

La seconde partie du livre est plus étrange, virant clairement dans l’héroic fantasy après un interlude très jeunesse dorée qui s’emmerde, sniffe et baise pour oublier que la magie, ça sert à rien finalement dans la vraie vie. Mais toutélié dans un final poignant et franchement couillu, qui m’a fait comprendre à quel point je m’étais attaché aux personnages. Au final j’aurais dévoré les cinq cent pages de The Magicians, malgré le fait que le style merdoie de temps en temps, Grossman souffrant pour rendre ses scènes d’actions lisibles. La démarche de base de l’auteur me plait autant que le résultat, unique et vengeur vis-à-vis d’une des sagas les plus surévalué de la décennie. Sans parler d’un tas de concepts et de scènes vraiment cools ou bien trouvés. Où comment me retrouver dans un des rares cas où j’espère vraiment une suite.

J’en veux encore.

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