Sérieux, pourquoi il m’arrive toujours des plans merdiques au MacDo Cordelier ? Vendredi dernier j’étais bien avec Alex, mon namoureuse casée. Elle n’est pas super bavarde, alors après avoir écouté les lycéens de la table d’à côté raconter comment un de leur pote s’était fait sucer sur une plage après avoir mis deux capotes pour tenir longtemps, j’ai fini par enchaîner sur mes propres anecdotes. J’ai notamment fait l’historique de ma plus longue et sadique vengeance envers une représentante du sexe féminin. Pas une histoire pour les âmes sensibles, mais que je connais tellement par cœur que je peux la narrer comme un roman lu à voix haute, langage fleuri et rebondissements inclus. Nous n’avions pas manqué de remarquer les deux nanas venues replacer la bande de garçons d’à côté. Elles étaient genre vingt ans max à en juger par l’acné, plutôt moches, grassouillettes, chacune avec une poussette (rose fluo). Au bout de quelques minutes l’une d’elle a fini par lâcher, ton sec, sans me regarder, que y’avait des enfants dans le coin.

En ce qui me concerne, rien à foutre, c’est le DoMac, pas le Ritz. Si je veux raconter la fois où j’ai été pris en flag à une soirée du lycée de me faire lécher le dos par une fille casée qui avait du relever sa jupe stricte pour s’asseoir sur mes fesses, bah je vais pas me gêner. Bon, pour leur défense, ça c’était la partie soft de l’iceberg. Toujours est-il qu’Alex et moi n’avons pas manqué de remarquer les deux trois remarques sifflées dans ma direction. A croire que je perturbais leur repas équilibré de mère au minimum chômeuses (plus de deux heures de l’aprem’ en semaine), au mieux étudiantes. Je n’ai donc pas fait cas de leur perfidie, préférant me concentrer sur mon n’amoureuse que je vois beaucoup trop peu à mon goût, et mon Big Tasty, introuvable sur Paris. Mon histoire terminée, nos frites consommées, je suis parti vider le plateau pendant qu’Alex rassemblait ses affaires magiques de fille. Une fois de retour à l’air libre, j’ironisais sur le traumatisme infligé à nos voisines. C’est là qu’Alex me confia qu’elles l’avaient prise à part en mon absence, pour lui dire texto que « C’est pas comme ça qu’il va te serrer ! ».

Sur le moment j’ai failli remonter leur défoncer la tronche, leur écraser leur bigmac sur leurs faces de calculettes de mères moches et irresponsables. Parce qu’Alex est une des filles les plus douce, adorable et innocente que je connaisse (en plus d’être casée). La seule configuration grammaticale dans laquelle je peux tolérer la cohabitation de son prénom et du verbe « serrer » comprend en plus « Dans mes bras » ou « Contre moi ». Me considérer comme un gros connard est une chose, présumer de mes intentions en est une autre. Puis, soyons honnêtes, comment des nanas plus jeunes que moi, déjà mères et qui trainent leurs nourrissons au macdo peuvent posséder la moindre once de crédibilité ? Leur simple existence prouve leur manque total de jugement en ce qui concerne la vraie vie. Mais ce qui m’a le plus mis en rogne, c’est de sous entendre que mon namoureuse est le genre de fille qu’on « serre », que j’aie eu envie de la voir dans un simple objectif carnassier.

Ce n’est pas la première fois que je passe pour un gros con, un macho de première, une raclure qui méprise le sexe opposé. Etonnamment ce sont uniquement les jeunes filles qui ne me plaisent pas, que je n’envisage ni comme amie ni comme petit amie, qui se retrouvent froissées (à creuser comme théorie ça). La copine de mon meilleur ami à mis plusieurs années avant d’être totalement sûr de quel genre de type je pouvais bien être. Mon pimp me dit comprendre pourquoi pas mal de gens peuvent être très irrités dès que j’ouvre la bouche. A mon petit niveau, j’ai juste l’impression de pouvoir parler de mes expérience passées et de mes ressentis sans retenue, sans le filtre de la bienséance. Et même si je sais ce que je vaux, où j’estime me situer sur la grande échelle des connards, je n’ai pas pu m’empêcher de flipper que cette remarque vide de sens n’atteigne mon namoureuse.

Alors sur le quai du métro, lorsqu’il aura fallu se dire adieu jusqu’à décembre au moins, je l’ai serrée dans mes bras, la retenant dans mon étreinte peut-être quelques secondes de plus que d’ordinaire, comme pour lui dire que je l’aime en tant qu’amie, qu’elle me touche et que j’apprécie chaque moment qu’on peut passer tous les deux. Parce que c’est ce que je suis, à des années lumières de tous les pauvres types que ces deux connasses ont pu rencontrer.
Sinon, pour demain, j’ai juste aucune foutue idée de quoi je vais bien pouvoir parler.




















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