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Tel le type sympa qui accepte de baiser une moche pour qu’elle ait droit à un peu d’amour, je m’en vais défendre des films moyens, mais si bons ! Le genre niveau série B que j’ai été obligé de voir en VF dans une petite salle merdique.

Red Eye

Une fois n’est pas coutume, on commence par la bande annonce, parce qu’il y a des trailers qui sont tellement bien foutus que ça force le respect. Celui de Red Eye est ultra efficace pour ceux qui ne savent rien du film. Puis ça me dépense du pitch On se retrouve après.

Wes Craven est globalement un type qui a pas trop de chance. Depuis Scream sa carrière pédale dans la semoule. La même année que Red Eye sort Cursed, abomination charcutée par le studio en total désaccord avec le réalisateur. L’échec de trop qui propulsera Wes sur la black-list d’hollywood, dont il n’arrivera à s’extraire que le temps de deux court-métrages en quatre ans. Tristesse. Dans la cata son dernier film très correct est malheureusement passé un peu inaperçu.

Un super pitch à base de huit clos, une ambiance très très tendue et des acteurs qui s’en sortent plus que bien, Cillian « Uber beau gosse » Murphy en tête. Dommage qu’il soit difficile de faire tenir le film entier dans l’avion. Alors Wes abandonne, lâche ses personnages en pleine ville pour une course poursuite un poil trop longue. Le contrat n’est qu’à moitié rempli, mais cela suffit à passer 90 bonnes minutes de thriller décomplexé.

Cellular

Je risque de me faire frapper très fort (un peu comme le lapin RATP), mais j’ai adoré Cellular, qui pour le coup est un film très très con. Le pitch est juste énaurme. Une prof est kidnappée par un mystérieux assaillant, qui l’enferme dans un grenier avec un téléphone brisé. Invoquant la puissance de Mc Gyver, elle répare l’engin qui compose un numéro au pif, celui d’un beach boy un peu neuneu. Ensemble ils vont devoir maintenir la connection cellulaire le plus longtemps possible, jusqu’à ce que le mec sauve la nana, si possible sans se faire butter au passage. Old school pitch putain !!!

Le réalisateur de Snakes On A Plane pilote un tas d’acteurs made of fail que j’adore : Chris Evan, Kim Basinger, Jason Statham, William H. Macy et Jessica Biel. Rien que pour le cast en or, Cellular vaut le coup d’œil. Si l’on fait abstraction des trous scénaristiques on obtient un thriller efficace qui sent bon le soleil de Californie. Ca stresse, ça bastonne et ça se course-poursuit sur une heure et demi, le tout sans raccrocher. Jack Bauer vient de se faire dresser.

Avant la bande-annonce, le programme de demain, où il sera question du statut de critique et d’à quel point certains acteurs du l’industrie culturelle peuvent être à l’ouest (euphémisme).

TRAILER STAGE !!!

Tain mais trop awesome la BA, comment on peut ne pas avoir envie après ça ?

C’est l’été, et plus qu’à toute autre période, ma carte bleue me brûle la cuisse à travers le portefeuille, la poche du jean et le boxer top sexy la classe. Je. Dois. Me. Contrôler. Surtout en ce qui concerne les trois saloperies suivantes.

Number Three – External HDD

Mon ordi est mourant, depuis le temps que je le dis, vous allez finir par me croire. Ses quatre ans de bourlingage à travers le pays l’ont bien abîmé. Ma passion qui confine à l’obsession-compulsive pour la conservation a tout prix me pousse à vouloir faire une sauvegarde globale de la bestiole. J’ai encore en travers de la gorge la parte du premier ordinateur familial et des trésors qu’il contenait il y a de cela six ans. Mais un HDD externe, ça coûte les yeux de la tête, entre les taxes absurdes anti piratage et je ne sais pas quoi. Moralement je n’arrive pas à concilier l’idée de cracher autant de thune. Alors, en attendant de franchir le pas, j’envoie tout sur des espaces de stockage web, ce qui est galère et lent. Et je continue à dire « Fuck Off » aux gens qui croient que j’ai le luxe de stocker des saisons entières de séries en HD pour leur faire tourner. Bien fait.

Number Two – A Notebook

Cette semaine je suis tombé en admiration chez Virgin. Un calepin taille Moleskine mais avec un peu plus de gueule que le carnet le plus cliché de France. Couverture épaisse, relié, avec gravé a l’encre d’or sur la première de couv’ un extrait du manuscrit original de Gatsby Le Magnifique. Putain de sa grand-mère comment ça en impose, comment que ça irradie de frime bobeauf ! J’allais me l’offrir, quand, soudain, quinze euros ! Trois de plus qu’un Moleskine, qui est déjà hors de prix. Fuuuck ! Parce qu’en vrai, quand j’ai des idées pour un bouquin, une réplique ou whatever, j’ai toujours le bloc note de mon téléphone portable. Dans le pire des cas je me suis retrouvé à corner une page du Bret Easton Ellis que je lisais car j’y avais inscrit au Bic une tournure de phrase qui me plaisait et que j’avais peur d’oublier. Et quinze euros pour un calepin, c’est trop, je sais que c’est trop, surtout vu mon budget. Tant que je tiens bon, j’aurais toujours mon bon vieux N95 8Go. A moins que…

Numer One – Nokia N97 White

J’ai laissé passer le N96, qui était juste mon bon vieux N95, avec un design plus élégant (comprendre : moins viril), plus de place disponible pour pirater acheter de la musique et la TV par ondes mobiles, une techno jamais mise en place dans notre pays de gros branleurs. Mais voilà t’y pas que débarque le N97, son grand écran tactile 16/9, son clavier complet Azerty coulissant et… heu, pas c’est tout. Même appareil photo, même système d’exploitation, même processeur, même presque tout le reste en fait. Mais merde ! Il me le faut ! C’est irrationnel, parce qu’il est beau, parce qu’il est neuf ! Sans déconner, si jamais vous sortiez avec, heu… Cécile par exemple, et que paf, un an plus tard débarque la même Cécile, mais en plus jolie, plus sympa, plus drôle, vous largueriez la première pour la seconde non ? Ma méthaphore est cohérente, je vous emmerde, j’ai raison ! N97 je t’aime, baisse de prix !

Rha, je vais pas tenir tout l’été sans faire de grosses conneries avec ma thune, c’est écrit bordel… Allez, on essaie de se changer les idées dès demain avec un double ciné club qui fait du bien !

La semaine dernière, j’ai échoué chez une copine au milieu de la nuit. Avec sa pote, elles se l’étaient mise sévère à coup de rosé (ce qui est un peu petite bite tout de même). Sur le coup des trois heures du matin, les voilà qui comattaient sur le lit. Mon hôte était toute mignonne, a somnoler, alors j’ai fait ce que tout homme aurait fait à ma place. Oui, vous ne rêvez pas, j’ai bien sorti mon… appareil photo. Sauf que non, il s’avère que, même à l’article de la mort cérébrale, une fille aura toujours la force de couiner sa race et brandir sa paume en direction de l’objectif. Pas de photos, caymal les photos ! Je suis une fille, je ne fais pas pipi et je ne me fais pas prendre en photo (par contre, parler de mes expériences en matière de sodomie, aucun problème). Sur le chemin du retour, pédalant à travers la ville endormie, je me suis dit que j’aurais eu meilleur compte à la violer, je suis certain qu’elle aurait moins résisté.

Les filles, c’est quand même des gros boulets des fois. Prenez cette ancienne ex (pléonasme mais c’est pour insister sur le fait que ça remonte), que j’avais tenté de prendre en photo, avec un vrai appareil cette fois, lors d’une sortie au parc. Quand je pense qu’il n’était pas même pas question d’une série privée hot, mais juste d’un moment sympa. Il ne me restera d’elle qu’un trio de clichés où sa main cache les trois quarts du champ. Si je veux me souvenir à quoi elle ressemble je n’ai qu’à éplucher ses photos facebook, mal cadrées, petites et compressées à la truelle. Mais surtout, des photos qui ne nous appartiennent pas, à nous, enfin à ex nous. Il ne reste que des images hors de toute expérience ou époque partagées. Fais chier. Si seulement c’était la seule, mais non. L’esprit sclérosé par les médias et la culture occidentale, les princesses d’aujourd’hui sont traumatisées par le fait que leur image leur échappe.

Sans déconner, à ce stade ça relève de la névrose. Je ne suis pas un canon de beauté mais j’ai très rarement postillonné au visage d’un objectif pour le faire fuir. Certes je ne passe pas mon temps à regarder mes photos trop moches (y’en a deux/trois bien gratinées sur mon Facebook), mais au moins j’ai des traces, et d’autres très réussies. J’ai réussi à apprivoiser quelques jeunes de filles en fleur, me permettant de conserver de très beaux souvenirs. Et parfois, lorsque je navigue dans mes albums photos, l’envie me prend de rappeler quelqu’un dont je n’ai pas eues de nouvelles depuis un bon moment. Je rêve du jour où une fille s’emparera de mon téléphone, et se flashera la frimousse dans une langue tirée, l’immortalisant temporairement. Celle qui tentera ça, clairement, elle aura une bonne longueur d’avance sur toutes les autres.

Après, j’ai bien une autre théorie, qui postule du fait que plus l’appareil photo est gros, et plus la victime se laisse faire. Un Nokia ça sent la photo volée, avec du grain, bien crade, alors qu’un Reflex Numérique de brute épaisse ça évoque plutôt l’art’ et le glamour. Le même mec, la même fille, mais avec deux appareils différents. Il y a une expérience scientifique à faire là-dessus, de quoi mettre à nu bien des névroses.

Demain, top 3.

Y’a quelques semaines j’étais a l’expo photo de Rémi Chapeaublanc, sa première expo de photographe qui va réussir à être une grosse pointure tellement il gère sa race. Je me souviens d’une fois où j’évoquais le syndrome du « Me Too ». Quand t’as une activité artistique quelconque, et que tu en parles en soirée, t’as toujours un connard pour te dire « Ah ouais moi aussi j’ai toujours rêvé de devenir écrivain/dessinateur/photographe/acteur ! ». Sauf que ces crétins n’ont pas bougé le plus petit doigt, ou alors pas beaucoup. Minne de rien, gérer une passion et canaliser son énergie en vue d’en faire réellement quelque chose, c’est pas donné à tout le monde. Et fondamentalement, c’est pas hyper grave. Je veux dire, chacun son truc, c’est la vie. Mais c’est toujours pénible de te faire rabaisser la gueule, qu’on te fasse comprendre que « ouais si j’avais voulu moi aussi j’aurais trop pu quoi ».

Je suis sûr que ce genre de trucs, ça arrive moins quand tu passes enfin pro. Quand t’as sorti un bouquin, signé une photographie de couv’ pour un mag’ ou une fois ta tronche placardée sur une affiche de théâtre dans le métro. L’humiliation du beauf par la consécration. Hell Yeah ! De mon côté j’ai appris à me la fermer, à admettre que je ne serais ni astronaute, ni pilote de chasse ni même président (quoi que, ça j’ai pas encore tout à fait renoncé). Si je parlais de ça à Rémi, c’est qu’il me reste une ou deux névroses, notamment le fait que, ouais, putain j’aimerais bien savoir faire de belles photos. Pas être photographe pro, pas shooter des mannequins toute la semaine avant de les baiser sur mon bureau. Non, juste pouvoir attraper un maouss Reflex et savoir le calibrer pour shooter des clichés qui tuent, qui iraient garnir mon armoire à souvenirs.

Sauf que j’ai conscience de mes limites. J’ai trop peur de pas être sérieux pour débourser masse de thunes dans un appareil qui tienne un peu la route. J’ai peur de pas avoir la patience ni le courage d’apprendre les termes techniques, les divers réglages qui font la différence entre un blaireau et un type qui sait ce qu’il fait. En bref, j’ai peu d’abandonner, comme toutes les lubies que j’ai pu avoir par le passé. En fouillant les placards de ma garçonnière d’enfance on peut trouver pêle-mêle des pages de storyboards pour un court métrage jamais réalisé, des ébauches de sketchs comiques et je ne sais quoi encore. Autant de pistes artistiques sur lesquelles j’ai tiré une croix. Peut être qu’il s’agit de ça avec la photo. Je suis terrifié à l’idée d’essayer, de ne pas avoir la force d’y arriver, et de laisser tomber une des dernières envies qu’il me reste.

Je finirai bien par m’y mettre, mais en attendant je vais me contenter des photos presque passables que je tire avec mon N95 8Go. To be à suivre donc.
Demain on parlera de photo, encore, mais aussi de filles.

Début juin est sorti le premier roman de Guillermo del Toro, co écrit par un écrivain de thriller, Chuck Hogan. Sombre histoire de vampires, j’ai pas cherché à comprendre. C’est alors que je suis tombé sur une interview de Guillermo, où il expliquait la genèse du projet. Après avoir maté en boucle The Wire, il a voulu créer sa propre fresque TV sur une épidémie de vampires à NY, plein de personnages bigarrés inside. Avec son pote Hogan, ils ont monté une bible et sont partis voir la Fox. A la lecture de l’ambitieux projet hardcore, la chaîne s’est exclamée « Mais c’est trop bieng ! Juste, y’a moyen d’en faire une comédie ? ». Guillermo et Chuck se jettent alors par la fenêtre avec leur proposition de série sous le bras, s’enfuyant le plus loin possible et se jurant d’en faire une trilogie de romans. Banco, j’achète.

C’est la merde à l’aéroport Kennedy, un avion vient d’atterrir sans lumières et sans donner signe de vie. A l’intérieur, tous les passagers sont morts sans traces de lutte. Tous sauf quatre, sans aucun souvenir de l’incident. La nuit suivante tous les cadavres de l’avion disparaissent des morgues de la ville pendant que les survivants sont pris de fortes fièvres. Contaminés par un être plus ancien que l’homme lui-même, les passagers de l’avion deviennent des vampires, animés par un virus qui corrompt leur corps et leur esprit, les transformant en horreurs biologiques. Le Maître a brisé la trêve entre les Anciens et les humains, lançant un assaut frontal contre la ville de NY, trop incrédule et peu préparée pour l’invasion et la destruction qui se préparent. Un antiquaire, deux épidémiologistes, un dératiseur et une petite frappe vont s’unir pour tenter de contrecarrer les plans du Maître.

Bon, The Strain, c’est un peu l’anti-twilight légèrement. Les vampires ne sont pas cools, ce sont des machines a tuer au physique grotesque, dénués de conscience et mus par un instinct bestial. Imaginer des zombies qui courent vite et sucent le sang avec une immense langue/dard, et qu’il faut décapiter/cramer pour tuer. Le bouquin est très trash, avec des scènes à la limite du mauvais goût mais paradoxalement réjouissante (mention spéciale à la nana qui se fait escalader par les vers parasites qui transportent le virus et qui s’introduisent dans son anus le long d’une page entière de description de la pénétration, uber groovy !). L’héritage TV de la trame se fait sentir avec un rythme parfois trop lent, surtout au début, et une multitude de personnages développés malgré le fait que la moitié d’entre eux se fait buter avant la fin. Au moins les auteurs sont sans concessions, prouvant avant la fin du livre qu’aucun personnage n’est intouchable.

Le style est propre et efficace. The Strain se lit comme un script mis en prose, une écriture qui se prête plus que bien à un thriller fantastique. Mon côté fan de biologie apprécie les efforts déployés pour expliquer le virus, ses effets et son mode de propagation. Les vampires sont proches des hybrides de Blade II alors que la trame se rapproche de celle d’un film de zombies avec la chute progressive de la ville et de ses infrastructures. Pris par l’ensemble, on fermera les yeux sur les gros trous du scénario (l’absence de lutte dans l’avion, jamais vraiment expliqué), les clichés « Si on tue le chef, les autres mourront aussi ! » et les scènes un peu too much « Oh Noes !!! Je tue le Master ou je sauve mon pote en train de crevay ?!? ».

Autant ne pas bouder son plaisir et profiter de la passion des auteurs pour leur histoire bien hardcore qui change des trucs aseptisés sur les vampires que l’on se bouffe partout en ce moment. Les Vamps, c’est badass, c’est flippant, ça fait faire des cauchemars, et c’est comme ça qu’on les aime ! A l’année prochaine pour le Tome 2 et le premier en France.

Demain, il sera question de photos et d’ambition artistique.

Une semaine que je suis à Lyon, sans mon ordi, sans ma Xbox, outils de ma survie monopolisés par mon prépa de frangin, squatteur d’appartement en période d’examens. Aussi je m’occupe comme je peux, par exemple en allant récupérer le courrier tous les matins. Chaque jour c’est le maxi bordel, après pas loin d’un demi kilo d’enveloppes kraft bourrées à craquer, adressées à mon bro. Il s’agit des réponses des écoles d’ingénieur de la France entière. Sans déconner il faudrait que quelqu’un me sorte la liste des établissements privés et publics qui se la jouent « On est trop des oufs tellement qu’on est bien ». Car dans le salon s’accumulent les papiers le long d’une pile hallucinante de hauteur. Sur le coup j’ai bien envie d’appeler Yann-Arthus Bertrand, qu’il me filme ça en contre plongée du haut d’un hélico pour alarmer la populace sur les dérives de l’enseignement supérieur en matière de pollution.

Faut dire que, poussé par l’ennui l’envie de bien faire, j’ai rageusement déchiré les enveloppés à la recherche de leur contenu. Et là c’est un peu le gavage. On met la main, pêle-mêle sur des brochures format A4 au papier glacé, des petits carnets vintages ou, dans certains cas extrêmes, des DVD de présentation de l’école. Sans déconner. Et ça c’est pour tous ceux qui réussissent les écrits. Vu que tu passes des concours globaux, genre 10/20 établissements d’un coup, c’est la lutte au niveau des écoles pour attirer les jeunes dans leurs filets. On pourrait croire cette débauche de moyens aussi excessive qu’inutile, en plus de l’affront fait à l’environnement et aux lumbagos des facteurs. Ca c’était avant d’entendre mon frangin s’exclamer « Rha la dèche ce truc, leur doc est imprimée en noir et blanc, c’est de la merde, je lis pas ! ».

Pendant ce temps, à Neuilly, on n’envoie pas des pures brochures bling bling. Principalement parce qu’on est une école publique, donc sans thune (no wifi, no cantine), mais aussi parce qu’on est les seuls, la seule école crédible en matière de communication. Pas besoin de courriers pompeux, la réputation fait tout le boulot de prospection estudiantine. Ou la démonstration par A plus B d’une des absurdités engendrées par la concurrence des dizaines d’établissements « supérieurs » d’ingénieur. Et encore j’évite de parler du contenu, où l’on voit des groupes de geeks faire style qu’ils sont sportifs et où les trois nanas pas trop moches de la promo sont réunies pour un photoshoot en tailleur sexy. Mention spéciale aux clubs de World Of Warcraft ou de jeux de rôles. Ouais, en fait y’a grave moyen de triper au détriment de ces écoles qui luttent pour exister.

Allez, vivement demain pour une nouvelle cargaison de laules directement dans ma boîte aux lettres. Pas aussi bien que la Xbox mais c’est un bon début. Sinon dans la prochaine note on causera roman qui fait peur.

LOLILOL STAGE !!!

Allez, un de mes préférés pour se faire plaiz.

Mercredi dernier, je déambulais dans la RNAC, au rayon librairie, à caresser du regard les nouveautés. Je grimace devant des titres qui ne me disent rien, des portraits d’auteurs de l’âge de mes grands parents, des quatrièmes de couvertures qui refusent de me dire de quoi parle le bouquin et sans oublier les trois ou quatre nouveaux romans écrit par et sur des gamines de 16 ans au minois bankable qui ont trop des problèmes dans leur vie. Si on était dans un film de Woody Allen sur un énième écrivain frustré, sûrement que j’aurais attrapé une pile de l’étalage par le dessous avant de la jeter violement contre les autres, créant une pluie de dominos littéraires. Une crise de nerfs qui me vaudrait un bon tacle par un maouss agent de sécurité. Pendant ce temps là, dans le monde réel, si j’ai l’air dépité, c’est que je ne peux pas envoyer mon nouveau bouquin.

Rédigé au prix de dizaines de nuits blanches d’affilée (enfin, avec dodo le jour), mon nouveau bébé pèse près d’un tiers plus lourd que l’ancien. Une potesse m’avait prévenu au détour de son mojito, que passé la mi-juin, l’envoi aux éditeurs devenait du suicide. Coincés entre leurs vacances et la préparation de leur rentrée littéraire, ils n’ont plus une minute pour bouloter du manuscrit de jeune qui n’en veut. Envoyer son texte entre juillet et septembre, c’est s’assurer d’une lecture encore plus bâclée que d’ordinaire, quand vos feuilles ne se retrouvent pas enterrées au fond d’une pile qui ne dégorgera jamais. Ce mercredi là, la dite potesse m’annonçait qu’elle m’avait prévenu, son ami éditeur chez Flammarion annonçant qu’il était booké pour l’été, comme tous ses confrères. Fuck it, j’ai fait aussi vite que j’ai pu, et ce ne sera pas suffisant.

Ce qui avait commencé comme une expérience cathartique afin de ne pas devenir fou il y a deux mois a muté en quelque chose que je pense être plus que lisible. Boosté par des coupaings, j’ai bouclé le truc en un temps record. Pas de quoi en tirer un Goncourt, mais de quoi remplir une case vide dans l’offre actuelle, parler aux types de mon âge. En putassant un peu et épaulé par une attachée de presse hargneuse il y aurait même de quoi faire un petit coup, gaver mon éventuel éditeur de pognon. Ce qui me fait d’autant enrager, c’est que ce texte ne sera jamais aussi à propos que là, tout de suite, dans le contexte actuel. Mais si l’on ne choisit pas les règles, on peut choisir son jeu. Je suis toujours en train de jouer au bon soldat à l’assaut des éditeurs, pas prêt a m’abandonner dans l’auto-branlette-édition. Alors j’accepte les règles, et je fais la seule chose à faire, m’asseoir sur mon bouquin.

Je ne suis pas à l’abri de tomber sur une opportunité de faire valoir mon taf’ dans l’été. Mais le reste du temps je serre les dents et attends le retour de mon heure, hésitant à envoyer un exemplaire aux maisons pour le principe, quitte à le renvoyer en octobre. Juste pour me prouver que mon rush, mes nuits sacrifiées, ne l’auront pas été en vain. On verra. Je vous tiendrai au courant.
Wow, pas si aigri que prévu cet article, suis fier de moua.

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