Ouais, je regarde toujours Smallville. Neuf ans après. Je reste fidèle à la première serie que j’ai regardée en VO, téléchargée péniblement sur Kazaa à l’époque où ça ne venait à l’idée de personne. Mais je voulais voir Superman, je voulais voir une série avec des effets spéciaux et les aventures de Clark Kent. A l’époque, Smallville, c’était juste le truc le plus cool de l’univers pour le fan de comics que je suis. Bon, on sait tous ce que c’est devenu, un truc tout laid dont les « vrais fans » de série se moquent au coin du feu. Les problèmes sont multiples. Déjà la chaîne, CW, c’est un network pour minettes, donc plus de gnangnan, moins de Super dans les scripts. Ensuite Tom Welling est un trou noir à budget, cannibalisant sur toute la production de chaque épisode. Son salaire absurde (tout comme celui d’Alison Mack) sont un cancer pour l’équipe des effets spéciaux/décors. Enfin, rappelons à toutes fins utiles que Warner Bros, qui possède DC Comics, est incapable de gérer correctement ses personnages de super-héros. Suffit de voir les films du studio. A ce niveau là, même Smallville, même neuf ans après, ça reste le haut du panier.

En fait, cette semaine, c’était un peu une tuerie. On avait droit pour la reprise à un épisode double intitulé Absolute Justice. Aux commandes du scénario, Geoff Johns, scénariste de comics depuis plus de dix ans et super génie de DC, responsable d’un nouvel âge d’or pour l’éditeur. Il y était question de la JSA, la Justice Society of America, alias l’équipe de super héros du milieu du siècle. Ceux que vos parents lisaient dans des fascicules jaunis. Vintage en gros. Dans l’épisode, les membres oubliés de la Society se font tuer un par un et Clark décide de s’en mêler au moment même où lui-même tente de monter sa propre League. Jamais de mémoire de geek on aura vu une série TV avec autant de héros costumés d’un coup. Superman, Green Arrow, Martian Manhunter, Hawkman (joué par Michael « Daniel Jackson » Shanks bordayl !), Dr Fate et Stargirl sont dans la place ! Avec en combo des apparitions furtives des vieux Flash, Green Lantern, Atom et compagnie. Les références fusent de partout « Clark et Lois ? Tu rêves Smallville, plutôt Lois et Clark ! » et ça défonce de bout en bout sur deux épisodes.

Alors oui, ça reste Smallville, avec ses temps morts, ses limitations de budget et son jeu d’acteur merdique. Mais putain autant de win sur une heure vingt, c’était du jamais vu ! Sachant qu’on vit dans un film où jamais personne n’autorisera un film sur la Justice Society (pas assez rentable, trop pointu pour le grand public), c’était pas de la merde. Sans parler du casting trois étoiles avec en guest starring de Pam « Jackie Brown » Grier en cheftaine de l’organisation maléfique Checkmate (qui mentionne la « Suicide Squad », les fans reconnaitront). Parce que peut-être qu’un de mes amis avait raison. Smallville, sous ses couverts de niaiserie bon enfant pour pétasse, ça reste un formidable laboratoire à idées. Warner Bros ne sait pas quoi faire du catalogue de DC Comics, ne sait pas comment utiliser son héritage, ses héros, mais est de temps en temps disposé à les laisser déborder dans Smallville, juste pour voir. Ainsi Green Arrow a pris la place de Batman, les scénaristes n’ayant pas le droit d’utilise Bruce Wayne (des abrutis de première, décision stupide). Et je vous parie que quand Supermax, le script du film mettant en scène Green Arrow se fera au ciné, le marketing profitera à mort de l’exposition du personnage dans Smallville. Juste, faudra changer l’acteur, en prendre un qui sache jouer.

L’année dernière la série avait commencé à embrasser l’univers dans lequel elle était censée évoluée, multipliant les références aux comics. En faisant ce qu’ils peuvent avec leur talent discutable, leur budget et les contraintes du studio, les scénaristes laisse entrevoir des moments de grandeur par ci par là. Et parfois, comme c’était le cas cette semaine, tout ce beau monde se trouve en position de réaliser un véritable tour de force télévisuel. Et rien que pour ça, cette série méritait de durer aussi longtemps. Bon grès mal grès, je continue à regarder, parce que je sais que le prochain moment awesome n’est jamais très loin.
Demain, critique bouquin, critique double même on se refuse rien hop hop !
TEASER STAGE !!!
Pour ceux qui se demandent, c’est s09e11. Je dis ça, je dis rien.























