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Ce weekend c’était kewl, resto colombien avec mon pimp et son crew. On a mangé trois tonnes de bonne viande, bananes flambées, galette de maïs. Kewl quoi. Qui dit bonne bouffe dit bonne conversation, à l’ancienne, avec débats animés entre deux bouchées de riz sauce épicée. Mon pimp avait en plus décidé de foutre la merde en mettant le sujet de l’identité nationale sur la table. Vous savez, le débat à la con qui occupe l’espace médiatique pour rien. Parce qu’en vrai, c’est quoi être Français ? Pas de bol pour moi, j’étais en face d’un dur à cuire, le genre à te mordre jusqu’au sang tant qu’il a pas gagné. Forcément, déjà que je parle fort, c’est parti complètement en live. Pas au point de se gifler avec les côtes de porc, mais léger stress quand même. Le pire dans tout ça, c’est que ce débat, l’identité nationale, je m’en contrefous comme c’est pas permis.

A force de débattre du truc avec tout le monde dans toutes les situations, je crois que j’ai fini par mettre le doigt sur pourquoi ça m’insupporte. C’est quoi l’intérêt de définir l’identité nationale ? Le seul intérêt ? C’est de pouvoir déterminer qui est hors des clous. Une fois qu’on aura délimité la petite boîte, on distinguera tous ceux qui n’y sont pas. Ce débat est une vaste entreprise négative, dans le seul but de savoir sur qui taper, à qui demander des comptes, contre qui diriger ses insécurités et problèmes. A partir de là, pourquoi j’irai m’emmerder la vie à participer à cette vaste entreprise du côté obscur. Sérieux, le jour où on fait un grand débat sur comment faire pour que les gens kiffent mieux le pays, c’est-à-dire la même question posée de manière positive, sonnez moi, je serai le premier à débarquer. En l’état ça me fait mal de gâcher un bon steak de bœuf argentin pour satisfaire les relents racistes de frustrés.

C’était pas tant la faute de mon contradicteur que celle de mon pimp, trop content de nous regarder lutter. En fait faudrait juste que j’arrête de discuter idées ou politique. Je ne sais plus si je vous avais raconté l’anecdote qui a fait que j’ai presque cessé de participer à tout débat. M’enfin, y’a eu un jour et une heure précise où j’en ai eu marre, où j’ai préféré fermer ma gueule pour qu’on arrête tout simplement de m’emmerder. Le débat sur l’identité nationale, c’est un peu ça. J’ai dis ce que j’en pensais un paragraphe plus haut et je pense que je vais m’en tenir à ça la prochaine fois que ça tombera, entre deux tasses de thé, au fond d’un canapé ou dans un coin de soirée. Se prendre la tronche sur des conneries déconstructives qui occupent l’espace médiatique pour rien, aux dépens des vrais problèmes. Putain mais quelle tristesse.

Je crois que je préfère occuper mon temps libre à lire un bon bouquin ou à mater un DVD indé chopé sur un petit site. Ca tombe bien, on parlera de ces deux trucs demain.

MINORITY STAGE !!!

Les immigrés, une fois de plus, c’est Cartman qui en parle/lole le mieux.

Et fuck. Comme prévu, j’ai rien eu le temps de faire ces dernieres semaines. Prenez le manuscrit, il a beau être fini il est toujours truffé de fautes d’orthographes. L’épave de ma Xbox jonche toujours le sol en attendant que je trouve un carton pour la filer au mec d’UPS. Quant au mémoire, et malgré les hurlements de la haute autorité parentale, c’est toujours le point mort. D’ailleurs la dernière fois que je suis passé à l’école j’ai failli attendre la fin du cours de ma directrice de master pour lui dire que j’étais encore vivant. La bonne blague. Tain. Le pire dans tout ça c’est que j’ai même pas l’impression de bosser tant que ça. Vous me direz, tout ça est parfaitement normal. Puis là, ce week-end, j’ai réalisé un truc. Aujourd’hui, c’est le dernier lundi que je passe sur Paris d’ici l’année prochaine.

Ouais bon dit comme ça, ça n’a l’air de rien. Mais du coup je suis incapable de me projeter avant janvier. Vendredi matin je rentre sur Lyon et à partir de là, que ce soit boulot, scolairement, artistiquement, socialement, tout est repoussé. Le pire c’est de lutter pour courir après la bande de gens qui vont atrocement me manquer pendant mes espèces de grandes vacances d’hiver. Sans parler des raclures de fourbes qui ne seront même plus là au printemps, entre les stages à l’étranger et whatever. Cinq semaines en vadrouille et je panique déjà. Je suis tellement traumatisé à l’idée de louper quoi que ce soit que c’est à se demander comment je peux faire pour dormir. Toutes ces heures où la planète tourne sans moi. Rien que d’y penser j’ai des débuts de vertige. Un jour je finirai bien par parler de tous ces soucis d’égocentrisme à un psy, mais bon, en attendant, j’ai encore mon blog.

Ah oui d’ailleurs, bonjour l’organisation pour continuer à raconter n’importe quoi pendant que je serai à New-York. Contre toute attente j’envisage plus que sincèrement de m’offrir un petit netbook des familles, que ce soit pour commencer mon nouveau manuscrit dans l’avion, twitter n’importe quoi en taxant les wifis des Starbucks ou surtout mettre à jour la machine bloguesque. J’ai hâte de faire du Photoshop sur un douze pouces. A mon niveau de geek, ça reste vivre dangereusement. Enfin c’était ça ou pleurer ma misère à mon hôte pour checker mes mails. J’ai pas d’argent mais j’ai un minimum de dignité. Puis je pourrai surtout cocher une case sur la longue listes des trucs à faire avant de mourir, entre le plan à trois avec les sœurs Olsen et la figuration dans Bad Boys III, à savoir écrire quelques pages de roman sur un banc à Central Park.

Tout ça pour dire que 2009 sur Paris, c’est fini pour moi. Y’aura des regrets, des embrassades et ptête un œil humide ou deux. Dans tous les cas je devrais repartir avec une deg’ attitude. Ville de merde tiens, quand j’y vais je fais la gueule, quand j’en pars je fais la gueule.

A demain, où on parlera presque de politique.

En début de semaine, Jocelyn Quivrin est mort, ce qui est pas cool. Déjà parce que malgré sa filmo a moitié merdique (j’ai envie de dire « LOL »), je l’aimais bien. Je sais pas, c’est physique, il a l’air sympa. Puis il était juste awesome dans 99 Francs, l’adaptation du bouquin montée par Jean Kounen en partie sur des fonds privés, puisque les chaînes voulaient pas financer un film anti pub. Logique. Même si taper sur la pub c’est à peu près aussi utile que de tenter d’expliquer à une fan de Twilight qu’elle devrait se flinguer. Tout le monde sait que saymal, mais aucun montage d’enfants mourant de faim et de poussins passés au broyeur ne changera quoi que ce soit. Oui, c’est dans le film, qui comme le bouquin fait l’erreur de croire qu’il est important. Les grandes chaînes ont raté une bonne occase de paraître badass alors qu’elles ne risquaient rien. Mais la paranoïa, dans le com, c’est un mode de vie. Hum, ce serait trop bien qu’un petit jeune écrive un manuscrit là-dessus et tente de le vendre en janvier. Oh, wait…

Sinon l’adaptation suit à peu près à la lettre la trame du bouquin. Octave est concepteur rédacteur à la Rosse & Witchcraft (bonne vanne visuelle, les petits caractères) et bosse sur la campagne pub d’un nouveau yaourt Madonne (bonne vanne visuelle, le logo de la marque). Le directeur de création est un con, le commercial est un con, le client est un gros con. En fait c’est tous des cons, même Octave, qui largue sa meuf trop canon/sympa parce qu’elle est enceinte. Mais c’est pas grave vu qu’elle sert à rien narrativement, juste à envoyer une échographie de temps en temps pour faire hardcore. Quand le script à finit de taper sur la pub, une intrigue se met en route. Après avoir validé la campagne de merde, Octave prend de la drogue et écrase des piétons dans une scène animée sans budget. Puis y’a deux fins alternative, une réaliste un peu chiante et une fun mais complètement bordélique. Le côté positif c’est que c’est mieux que le bouquin, où y’a qu’une seule conclusion, et qu’elle est hyper pourrave.

Okay, jusqu’ici on dirait que je tape pas mal sur 99 Francs. Mais j’y peux rien si en France on ne sait pas structurer un roman et que Beig ne sait pas conclure (private joke). Sauf qu’en fait, le film fourmille de trucs cools, juste, pas dans la trame, ni dans Elisa Tovati et sa bouche chevaline. On trouve des tonnes de bonnes phases, comme la rupture multilingue, la bouse de dernière minute, la réunion client ou les Danois. Jean Dujardin habite Beigbeder et prouve s’il le fallait encore, qu’il a tout d’un grand. Quivrin justement défonce en charlie, directeur artistique déjanté qui boit du Dr Pepper tout le film (ça faisait marrer Kounen d’avoir dans le champ un produit pas vendu en France, bon délire). Le second gros atout de cette adaptation, c’est le réal justement, qui esthétise les textes déjà esthétisés du roman. Des tonnes de plans sublimes, des décors qui fourmillent de petits détails (le hamster hystérique). Le budget ne suit pas toujours, comme dans la séquence animée en carton mais l’inventivité visuelle de Kounen justifie à elle seule le déplacement.

Ridicule et absurde quand il dénonce la pub ou se perd dans les délires cheap/trash de Beigbeder mais truffé de pépites, 99 Francs le film est un cran au dessus du roman malgré la fin irrécupérable, même lourdement réécrite. Petit ovni et morceau de bravoure dans la démarche (aussi hypocrite que soit le système, fallait quand même réussir à le monter, et pour ça, chapeau), 99 Francs mérite un visionnage, pour l’image et les très bons morceaux. Si vous ne le regardez pas pour ça, dites vous qu’au pire y’a Vahina Giocante en sous-vêtements (attention à la cellulite des cuisses sur le Blu-Ray).

Demain, aucune idée, on verra.

TRAILER STAGE !!!

Le jour où j’ai acheté ma 360, c’était une journée de merde. D’abord le fils de pute de connard de sa race de vendeur qui me dit « Pourquoi vous prenez pas une PS3 ? C’est mieux. Elle est mieux. Les jeux sont mieux. » Non mais je préfère les exclus Crosoft en fait. « Ah, je vois, un fanboy. » Mais go fuck yourself ! Rentré à la maison avec mon Pack CoD 4, je m’aperçois que la console est modèle de l’année précédente. Je retourne en ville, avec la 360 sous le bras et j’exige un échange contre un modèle plus récent, ou un remboursement et j’irai me démerder. La commerciale Crosoft jointe au téléphone me dit qu’elle ne peut pas reprendre un pack ouvert, même jamais utilisé. Que de toute façon, mon modèle ne surchauffait pas, ne faisait pas de Red Ring Of Death (signe de la fonte interne des composant). C’était ça ou saboter le lecteur DVD pour simuler une panne. Je suis rentré chez moi. Deux ans plus tard, à 4h16 du matin ce mardi soir, ma bobox rendait l’âme.

Y’a des semaines comme ça, où le karma vous poursuit, vous jette dans un fossé avant de vous rouer de coups avec ses bottes cloutées. La veille, alors que j’étais peinard à m’écouter la setlist de DJ Hero sur mon bien aimé N95 8Go, le téléphone s’est mis à littéralement pété un câble. Il hurlait à la mort tandis que l’écran clignotait et que toutes touches du pavé semblaient être appuyées en même temps, jusqu’à ce qu’arrachage de la batterie s’en suive. Flashforward jusqu’au lendemain, où les deux ados en survêt’ de la boutique de réparation de mobile m’ont donné leur verdict. « C’est mort mec, je sais pas ce qu’il a. On l’envoie à Nokia. » Et je le récupère quand ? Dix jours à peu près ? Oh, donc dans le meilleur des cas le lendemain de mon départ sur Lyon. Fuck it. Non, mais, sérieux, Fuck It. J’ai perdu dans la même opération mon téléphone portable, mon lecteur MP3, mon GPS et mon appareil photo. Bienvenue dans le monde de la convergence numérique.

Alors que mon Nokia vole vers la Finlande ou dieu sait où, je dois renvoyer ma Xbox encore sous garantie au centre de réparation en Allemagne. Y’a qu’à la mettre dans un carton et appeler UPS pour qu’ils vienne me la choper gratuitement (et me la rendre deux semaines plus tard, quand je serai à NY, epic lolilaule). Problème, le seul carton que j’aie, c’est celui du modem Numéricable de location. J’ai très envie de céder à ma pulsion d’ironie mordante. Mais à tous les coups c’est le genre de blague qui va me retomber sur le coin de la tronche d’une façon ou une autre. N’empêche qu’être privé de Modern Warfaire en plein milieu de la campagne solo, c’est pute. Tout comme me retrouver à NY sans GPS/téléphone, obligé d’acheter une merde prépayée sur place pour coordonner mes déplacements avec mon pote. Puis comment je vais tenir les journées seul sans mon MP3 chéri ? Sans parler de l’avion et de l’attente en arrêt au port.

Au final je sens très fortement que je risque de me racheter un téléphone, ou, pourquoi pas, un petit netbook à 300 keuss pour survivre (et bloguer ?) pendant le voyage. Ceci étant dit, il me reste mon disque dur 360 et mon gamertag est stocké en ligne. Tout comme j’ai réussi à faire une sauvegarde totale du N95, contacts, SMS, photos. Pendant que nous autres humains continuons à crever comme des merdes, l’âme de mes machines survit à leur mort. Le genre de considération qui me maintient éveillé les nuits sans lune où je tourne dans mon lit au lieu de jouer à Call Of Duty.

Entre les garanties et les sauvegardes, je vais m’en tirer sans trop de bobos. Disons que ça tombe juste au pire moment possible. Fais chier. Vivement demain qu’on cause ciné, ça me détendra.

Cet été il y a eu comme un frémissement dans la presse web, des dudes de Science-Po allaient sortir une revue érotique. Non mais vous vous rendez-compte ? Ces raclures d’élites qui parlent de cul ! Tout à fait ma petite dame. Même qu’en fait l’idée leur est venue d’universités étrangères qui s’étaient déjà amusés dans cet exercice. Déterminés à casser leur image d’étudiants austères et chiants (même si les vrais savent qu’à Science-Po, niveau débauche, ça y va pas mal) en prouvant qu’ils pouvaient parler de sexe, et le faire avec un peu de chance bien. D’où le numéro zéro d’une revue qui a le mérite de posséder un titre que je trouve magique : L’Imparfaite. Si pas mal de sites ou blogs (ainsi que quelques médias papier) en ont parlé, peu l’ont vraiment lue après coup. Bah ué, si les journalistes faisaient leur taf’ jusqu’au bout, ce ne serait plus des journalistes. Sauf que je l’ai non seulement achetée (13€50 au Passage du Désir), mais je l’ai lue. En entier.

Je peux comprendre que l'équipe n'ait pas fait le Celsa, master marketing/com toussa, mais devoir aller scanner soi-même la couv' pour l'avoir en haute def...

Déjà l’objet, lourd, grand format, beau papier. Pas de doute pour une prod étudiante ça a clairement plus de classe que pas mal d’initiatives de branleurs de trente ans. Une fois le nez dedans c’est par contre moins sexy. Des tartines et des tartines de texte police riquiqui avec comme toute illustrations des motifs géométriques pas franchement inspirés (les gouts et les couleurs…). Certes, Science-Po n’est pas une école de graphisme, mais le manque d’unité et surtout de style nuit à une revue qui se veut exploratrice et révélatrice de sens/sensualité. On trouve entre les articles pas mal de photos, dont certaines vraiment réussies et évocatrices (la couverture par exemple) malgré une ou deux séries discutables et un traité un peu trop uniforme, sans doute du au faible nombre de photographes. Nan mais partez pas ! En fait, au-delà de ces considérations esthétiques de marketeux connard bling bling, y’a quand même plein d’autres bonnes choses dans L’imparfaite, dans les textes, qu’il faut lire.

Quelques articles sont vraiment sympas, comme l’historique de la capote, l’épiphénomène du bareback (dommage de ne pas avoir mentionné à ce propos le roman de Garcia, ti con doué de l’ENS), une plongée dans les cinémas X de Paris (mais bon, s’tune fille bien qui l’a écrit celui là, je suis partial) ou des considérations sur le clivage actif/passif de la communauté homo. Mais je me demande si les rédacteurs ont conscience du plus gros intérêt de leur revue, à savoir d’observer les considérations sexuelles de nos futures élites. Au-delà des interviews avec des sommités ou des articles théoriques académiques ultra sourcés, les textes qui m’auront le plus passionnés sont ceux qui parlent des vrais étudiants de science-po de la vrai vie. Je pense à l’article fascinant autour d’un sondage sur les pratiques sexuelles de leurs camarades de classe. Ou bien ce texte catastrophique sur le Gonzo où l’auteur passe complètement à côté du sujet (mais vraiment à côté) tout en citant Barthes (wtf ?) et en comparant un bon scénario de film de cul avec une dissertation avec plein de sous parties (grosse névrose là).

L’Imparfaite reste une revue étudiante, montée entièrement par des kids, qui du coup annoncent la couleur dès le titre. Mais au-delà des maladresses, des errements et des (rares) fautes de goût je ne regrette clairement pas mon achat et les deux heures de lecture au fond du lit. J’espère du fond du cœur un second numéro, peut-être plus érotique justement, moins sec dans la forme et les textes (au secours les phrases a rallonge super scolaires qui veulent rien dire), mais tout aussi fascinant. Car si l’on peut cracher autant qu’on veux sur Science-Po et glorifier à mort ma propre école élitiste à moua, eux au moins portent leurs couilles. Pour la première fois depuis ma tentative de concours à Science-Po (anecdote pour un autre jour), je regrette de ne pas avoir pu être là et participer à ce truc. Si l’on m’avait dit que je serais un jour jaloux de ces salauds. En tout cas je vais suivre cette revue de près, en espérant pouvoir vous en reparler d’avantage.

Pour en savoir plus, go sur leur blog officiel. Sinon, demain, on parlera de ma poisse.

Bon, de retour pour la note anniversaire arbitraire. Oui, encore. Yeah ! En fait j’ai l’impression d’avoir atteint une certaine forme de rythme de croisière sur le blog. Niveau visites par exemple. Je navigue dans les mêmes eaux depuis plusieurs mois maintenant. Je me doute qu’à moins d’un truc nouveau(genre que je publie un manuscrit) ça ne va pas trop bouger. Les gens qui découvrent compenser les gens qui partent et si les têtes changent, la courbe de mes stats tient le cap. Niveau écriture aussi, où pour peu que j’aie sous la main un vrai ordi avec la suite Adobe qui ne rame pas, je peux boucler une note complète en une heure. Bien sûr il y a des périodes de démotivation, avec des notes plus ou moins bonnes. Mais c’est comme dans tous les exercices de longue haleine, la qualité est cyclique. Et puis j’ai toujours défendu le fait qu’avec une note par jour, s’il y en a une merdique, elle sera remplacée le lendemain.

Ceci étant dit j’ai l’impression qu’après m’être senti confortable j’ai fini par tripoter un peu les limites du format. Par exemple je ne me lasserais jamais de troller un peu, de dire que Tim Burton fait que de la merde depuis dix ans et que l’iPhone est un téléphone de blaireaux (je veux un N900, ou un Droid, ou les deux). Le seul souci c’est la migraine qui va avec les gens qui n’ont pas de second degré, ou pire, ceux qui mettent leur premier com’ ever pour me clasher (bah ué, quand on est bien élevé on attend de se connaître un peu avant de râler). J’ai aussi tenté le post sans image flippant sorti de nulle part, ça aussi c’était fun. Déjà je me suis retenu de faire une note best of, comme les épisodes flashback dans les séries qui ont pas de thune (SG-1, I’l looking at you !). Digne, toujours, dans la mesure du possimplable. Non, en fait, ce qui me démange depuis quelque temps c’est de tenter de faire des articles un cran au dessus.

Plus ça va, plus mes articles ont tendance à être plus longs. Des plus gros paragraphes, des paragraphes en rab’, des notes en trois parties. J’ai vraiment parfois l’impression de pouvoir être à la tête de mon propre petit webzine, au détour d’une critique littéraro/ciné, ou d’un article plus de fond. Deux fois ce mois-ci j’ai entendu parler d’un événement, naissance d’un éditeur, d’une revue, qui m’aura donné envie d’aller taxer un dictatophone à mon pimp et me bouger à interviewer des gens, parce que ça m’intéresse mais que je pense aussi que je peux raconter ça de manière à rendre ça intéressant pour d’autres. C’est comme si ma curiosité se sentait pousser des ailes par la relative puissance que peut avoir le média blog en mode, fuck au lieu que quelqu’un m’apporte l’info/l’analyse/l’interview, j’ai un alibi pour la chercher comme un grand. Reste ma timidité, et mes doutes, qui je suis pour me prétendre journaliste depuis mon coin du net ? Souvenir du camouflet infligé par le Service Presse de Grasset qui n’a même pas jugé bon de répondre, même négativement, à ma demande de bouquin pour une critique.

Ou peut-être que je devrais aborder cette nouvelle envie d’aller plus loin, d’être plus qualitatif, comme j’ai déjà abordé mes autres envies bloguesques. A savoir que je fais ce que je veux et qu’un peu de culot n’a jamais tué personne. Peut-être qu’à force de m’intoxiquer à la caféine je trouverai la force. Who knows ? Z’avez qu’à revenir vous verrez bien.

Demain on parlera (longuement) de la revue érotique de Science-Po.

J’ai des amis étranges. Prenez cette copine intime d’un réalisateur qui envisage d’acheter les droits d’un bouquin pour en faire peut-être un long-métrage. Parce que pour compenser les fois où j’achète des romans pour des raisons toutes bêtes, parfois, j’en chope pour des raisons complètement bordéliques. Ce qui m’intéressait dans Givrée, c’est d’essayer de voir ce qui pousse un mec à mettre une malette de cash sur la table pour acquérir les droits (ah tiens faudrait parler de ça aussi, du fait que l’éditeur rafle la moitié du magot, que c’est un coup de pute systématique). L’auteur, Alain Monnier, est d’après la couverture docteur ingénieur en environnement. Etrange. Son dernier opus est sorti chez Flammarion fin aout pour la rentrée littéraire. D’où l’opportuniste passage en poche de Givrée, dispo pour moins de quatre euros, ce qui est cool.

Marie est une trentenaire frigide, et c’est pas moi qui le dit. Elle partage son temps libre entre l’Amant (avec une majuscule, s’timportant) et l’Ecrivain, un quinqua amoureux d’elle depuis quinze ans. Les emmerdes de Marie commencent quand elle fait l’acquisition d’un réfrigérateur flambant neuf, qui ne fonctionne pas. Alors que la société qui lui a vendu l’appareil est incapable de fournir la moindre pièce de rechange, Marie tombe dans l’engrenage des frigos. On lui refile des vieux modèles pour la dépanner, on tente de lui filer des modèles de remplacement le temps que tout rentre dans l’ordre. Bonne pate, un peu lunaire, obsédée par le type de la hotline, Marie se laisse faire, se laisse envahir. Le tout sans se douter une seule second que cette accumulation d’équipements électroménagers va changer sa vie, de son boulot jusqu’à sa sensibilité hormonale.


Bon, j’avoue, le pitch est un peu étrange. J’imagine bien Monnier aller voir son éditeur « Dude ! Je vais faire un roman sur les frigos ! ». Au moins c’est original. Mais à part ça ? J’étais d’abord dubitatif, pas bien convaincu au bout d’une quinzaine de pages. Puis j’ai commencé à me laisser prendre par le style, cousu de bons mots et autres phrases parfaitement ciselées. J’ai pouffé un peu, me suis distrait beaucoup, tout en restant en admiration devant tant d’idées littéraires. En fait Monnier, c’est un peu comme Foenkinos, mais en mieux, en réussi, qui ne ressent pas le besoin d’expliquer ses blagues et avance la fleur au fusil. Par contre niveau histoire, ça ne vole ni très haut, ni très loin. Les évènements s’enchaînent comme une suite de sketchs qui tentent de pousser à bout le concept. Mes dents ont grincées quand le personnage de l’écrivain sauve Marie de sa frigidité (oui, c’est à double sens, c’est fait exprès). Cliché du roman français powa !

Mais mon plus gros problème avec Givrée c’est qu’il met en scène le type de femme que j’exècre le plus. Marie dit oui à tout, est passive durant l’ENTIERETE du roman, subit, accepte, subit, abandonne, subit, ment, subit et ainsi de suite. Proprement insupportable. A la fin j’avais juste une envie, la flinguer. Ma plus grosse interrogation reste la viabilité d’une adaptation ciné d’un texte qui n’est quasiment que style, pauvre en substance (malgré ce que les journalistes ont tenté de projeter dessus) et en intrigue. A moins d’avoir un long-métrage hyper stylisé, avec une construction atypique. La bonne nouvelle c’est que s’il se monte j’aurais sûrement moyen d’aller mettre mon nez dans un script piqué en douce.

Ceci tendant à prouver qu’en France y’a quelques livres rigolos, et qu’on peut vendre les droits de son œuvre sans écrire de la soupe pour autant. Plutôt positif non ?

Demain on parlera de mon blog, note 600 oblige.

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