001 – The Why

Il est coutume lorsque l’on crée un blog de consacrer son premier post à une justification de la démarche. Sauf que je suis mégalo, donc je vais faire ça en trois notes. (Notons l’optimisme qui me caractérise et qui me fait ajouter le préfixe “001” au titre de cette note)

J’ai toujours été un sacré mythomane, perdu dans mes fantasmes, au risque de ne pas être totalement sûr de ce que j’avais vraiment vécu ou pas. Je blâme les chocapics et leurs propriétés hallucinogènes (véridique). Prenez Dragonball Z Hyper Dimension sur Super Nintendo par exemple, même si j’ai conscience que ça ne parle à personne. A un an de sa sortie européenne, mes potes d’école primaire auraient tués père et mère pour avoir des informations sur le jeu. Alors qu’il suffisait d’ouvrir un magazine spécialisé, ce que j’avais fait. Seulement je ne pouvais avouer à mes camarades que je pouvais subvenir à leur curiosité simplement en feuilletant une revue chez le marchand de journaux. Alors profitant d’un retour de vacances, j’ai raconté que j’avais fait un voyage au Japon avec mes parents, et que j’avais pu jouer au jeu dans un supermarché là bas. Mes maigres connaissances du Japon la rendaient crédible, sans parler du discours passionné !

J’ai bientôt 22 ans, je ne suis toujours pas allé au Japon, mais je n’ai pas pu m’arrêter de dire des conneries.

Les fantasmes, les versions alternatives de sa propre existence, tout ça ça vous reste dans la tête. Tout le temps. Ça commence à partir de rien, une idée déclenchée par un truc débile dans le décor de votre vie (principalement dans la douche, mais j’y reviendrais). Puis comme du chiendent, une base de scénario ça pousse, ça se répand de neurone en neurone à toute vitesse, corrompant tout le processus intellectuel courant. On mange un burger avec des amis, on écoute les frasques sexuelles du couple en face de soi, ce qui en temps normal suffit à maintenir l’attention d’un frustré à peine pubère. Et pourtant, la seule chose à laquelle on pense, c’est un rebondissement scénaristique, un twist final, une nouvelle pièce du puzzle. Chaque nouvelle bribe de scénario déclenche immédiatement une réaction en chaîne qui vous force à repenser tout ce qu’on a déjà. Tout ceci résulte en un fracas incessant de flux électriques dans le cerveau, au point parfois de donner la migraine. La seule solution reste alors de vomir ça sur papier.

Là encore c’est le drame, parce que je suis incapable d’écrire quoi que ce soit tant que le plan n’est pas entièrement ficelé dans mon esprit. En somme je ne fait pas un travail d’écriture, je décalque mon cerveau, je transfère une histoire d’un périphérique de stockage à un autre. Et là, pendant que les touches du clavier claquent de plus en plus vite, je n’ai plus du tout mal au crâne. Joie et félicité.

Aspirine (obviously)

Ma chair à besoin de dormir pour ne pas s’effondrer, mon cerveau à besoin d’écrire.

Dans le prochain épisode nous verrons pourquoi le simple fait d’écrire ne suffit pas en soi à faire passer ma gueule de bois.

19 réflexions sur “001 – The Why

  1. Bis Emel.
    J’adore ton style d’écriture, si agréable à lire. De l’introversion plaisante et humoristique qui ne tombe pas dans le registre “la vie de mon chat, photo à l’appui”, j’adhère encore plus. Tu fais parti de ce club très fermé des personnes dont j’arrive à lire plus de 4 lignes de texte sans fermer la page, ayant une sainte-horreur de la lecture sur écran d’ordinateur (Bon, je n’ai pas de carte de membre vierge sous la main pour toi, prends cette banane à la place).
    Là où ça devient troublant, c’est que ces épisodes où l’on se perd dans ses pensées intérieures, cette crise de création sous la douche, se sont des choses qui m’arrivent également…
    Ben Reilly, serais-tu mon frère caché ?

    Petit clic sur “Ajouter à mes favoris” (mais avec ceux qu’on regarde régulièrement, pas la centaine d’autres…).

  2. tient ca me rappel quand moi aussi j’avais fait croire a toute ma classe et aprés a tout le collége que quand tu faisait un code spécial sur Dragon Ball Z ultime battle 22 (qui devenais Ultime Battle 27 avec le code) on pouvais debloquer prés de 800 persos…soit tout les personnages depuis la création du manga DBZ…

    je sais pas ce qui me sidére le plus en y repenssant…que j’avais franchement des couilles de raconter d’aussi enormes conneries a cause d’un complexe qui faisait que je me sentais pas aimé…ou alors que tout le bahut m’ai cru malgrés l enormité du mensonge…

    nan mais bon j’attend la note 002 avec impatience.
    il n’est plus necessaire de prouver les similitude entre ta vie et la mienne, ca serait trop long…en fait il faudrais montrer ce qui est different entre nous…là c’est faisaible HAHA

    bisous sale petit mythomane de primaire lol

    tek ma tek

  3. Incroyable, Ben Reilly vient de révéler au monde entier son identité secrète. Autant pour ceux (dont moi) qui croyaient que tu étais le vrai…

    Et oui, si certains réussissent à rester sains d’esprit, la plupart des scénaristes sombrent dans la mythomanie ou sa schizophrénie a des stades plus ou moins avancés (et généralement aidés par des substances moins légales que les Chocapics).
    Mais après tout, n’est-ce pas l’un des plaisirs de cette activité ? Pouvoir vivre plusieurs vies (pouvoir mourir aussi), pouvoir voyager dans le monde entier (voir plus loin encore), pouvoir changer de sexe (dans tous les sens du terme), expérimenter toutes sortes de choses (à moindre risque), déverser toute notre haine (ou amour) sans risquer la prison (quoique…), etc.
    Vous avez déjà rêvé d’être Dieu ? Allez-y.

    Mais voilà…
    Il y a un hic.
    Un truc pas simple malgré ce que peuvent en dire ceux qui n’ont jamais essayé. Vous savez les « ho oui, moi aussi je pourrais le faire, c’est facile, mais je n’ai pas le temps ! »…
    Ce « truc » en question, c’est de réussir à sortir toutes ces belles idées de notre tête pour les coucher sur le papier (réel ou virtuel pour le coup).
    Compliqué tout ça. C’était si parfait dans ma tête, pourquoi c’est si chiant à lire ?

    Alors là, chacun y va de sa méthode.
    Effectivement, être « incapable d’écrire quoi que ce soit tant que le plan n’est pas entièrement ficelé dans [ton] esprit » est un véritable drame.
    J’espère que tu réussis à fragmenter tout ça parce que sinon…
    Autant ça peut le faire pour une scène, pour un strip, autant ça se complique gravement pour un long métrage ou une saga.

    Ha cette fameuse structure… ou plan comme dans ta phrase.
    D’où cette question chiante : a partir de quand sais-tu que ce plan est entièrement ficelé ?

    Enfin bref, tout ça pour dire : bonne vie à ton blog mon cher Ben Reilly ! (Parce malgré tes efforts, tu ne vas pas me leurrer aussi facilement avec ton nom à rallonge… je suis sûr que t’es le vrai Ben Reilly !)

  4. K –> Tankx buddy !

    Kim –> Les sous forment les voyages qui forment la jeunesse, chaque chose en son temps.

    Emel –> Bises girly ! ;)

    Jul436 –> Nan nan j’ai déjà un frangin ça me suffit, mais merci du soutiens.

    G –> Big Up à mon Jaffa préféré ! Merci du com’ copain.

    O’Brian –> N’oublie pas ta ritalin poto, tu te fais du mal avec tes commentaires à rallonge qui eux me font du bien.

    Andoryss –> Au plaisir de te revoir dans le coin. :)

  5. hey! salut môsieur ! j’ai bien aimé cette introspection, me rapelle que c’est dans l’air du temps (voir the black frog) c’est super bien écrit et tenant jusqu’au bout, chapeau, faut voir la suite maintenant promis? =]
    je rage moi qui n’ai que des débuts d’histoires sans jamais trouvé la ficelle qui finirait le plan U_U
    à suivre…

  6. Et ben, belle entrée mon BenReilly. J’adhérais déjà à ton humour cinglant et à ton verbe parfois acide , je soupçonnais que je pourrais bien m’entendre avec toi (une cyber-entente pour l’heure, je ne vais pas te passer la bague au doigt) et ne doutais donc plus de l’efficacité de ta plume. Mais là, je dois dire que je suis épaté par ton style littéraire. Et ton âge augure du meilleur. Je reviendrai donc (référence cinématographique minable, je te le concède mais 10h de gamins, ça use…), chaque fois que j’aurai besoin de rire, de me détendre ou d’arpenter les méandres spirituelles d’un collègue. Ciao. Maru

    PS : DBZ ultimate battle 22, ça déchirait quand même?

  7. ah moi j’avais raconté que j’avais joué a la version japonaise du sonic sur dreamcast dans un magasin d’import…

    bon c’était vrai en fait…

    ahum

  8. Hep Mister!

    En dix minutes de lecture, tu m’as rendue addict!
    Si tu cherches encore quelqu’un qui accepterait de te lire et de te donner un avis dans un temps record, pense à moi. Je m’ennuie au bureau…. ;-) )))

    Bizzzzz

    Cath

  9. Si tu avais vraiment été optimiste, tu aurais numéroté 0001

    Mais ça aurait été indécent.

    Loué sois-tu, camarade excitateur de zygomatiques.

  10. Hm. Oui mais tu mens pour te rendre intéressant ou alors juste pour embellir une vie triste et morose dans laquelle tu te traine comme une loque ?
    Enfin, l’important dans les mitho, c’est qu’il faut avoir une bonne mémoire. Si tu te fais jamais griller alors y a pas de mal a faire avaler tout et n’importe quoi aux gens.
    Ça leur donne du rêve (?)

  11. Bon la centrale vapeur semblant avoir rendu l’âme, je me rabats sur mon ordinateur et en profite pour prendre ton blog depuis le début.

    Pas mal du tout cette histoire de Japon ;-)

  12. Rétrospectivement, il s’avère que tu aurais mieux fait de numéroter ta première note avec 4 chiffres. Parce qu’à ce train là… dans 11 mois tu ferme boutique mon vieux. Et là, je te raconte pas le mal de crâne….

  13. Ça y est je l’ai fait…
    Mon coeur palpite, mon cerveau bouillonne et mes yeux saignent.
    L’intégralité de The Best Place depuis la note 757 jusqu’à la note 001 en mode back to the future avec des sauts vers les nouvelles notes lors de leur parution.

    Première impression : ça brûle, heureusement que je n’ai que survolé les commentaires sinon je serais mort.

    Pas facile de lire un blog à rebours (qui a dit stupide?) on se fait spoiler dans tous les sens, on comprends certains trucs sur le tard, et on frôle la folie (“pourquoi il s’extasie comme ça sur la taille de ses notes alors qu’elles sont de plus en plus petites?”).

    Mais ça permet de voir un tas de choses intéressantes, la principale étant l’évolution du style, Le Reilly n’est pas comme le bon vin, c’est en s’agitant qu’il se bonifie. C’est marrant de voir les habitudes et les routines se décomposer, de pouvoir dire “ah c’est donc de là que vient cette façon de titrer!” ou “Ça veut dire ça, ça?” (j’ai pas d’exemple précis en tête mais c’est aux alentours des notes 100 à 300).

    Une autre chose qui saute aux yeux quand on prend The Best Place à rebrousse poil c’est le nombre incroyable de “je vous raconterai ça dans une note ultérieure” (c’est pas forcément formulé comme ça) qui sont toujours en suspens.
    Matthias/BenReilly, si jamais tu te trouves en manque d’inspiration (very unlikely) plonge dans tes archives pour en exhumer un sujet promis qui comblera le lecteur frustré que je suis devenu.

    Il est temps de conclure, un grand bravo pour avoir tenu jusque là (799 au moment où je rédige ce commentaire).
    J’ai confiance en l’avenir, les 200 prochaines ça va être du tout cuit.

    Et puis merci, j’ai rempli mes whishlists amazon et recommencé à écrire.

  14. Ok juste pour prévenir que je me prépare à entamer ton blog depuis le début. J’ai lu tes notes dernièrement, notamment grâce à Navo, et ça me plait bien alors voilà… ça commence !

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