011 – Editors Have Issues

Il y a deux ans j’étais fin prêt à proposer mon premier projet de bande dessinée. Un scénario aux petits oignons avec de l’amour, des boules de feu, des baggys, des twists, une fée liquide et plein d’action. J’avais avec moi un dessinateur super motivé dont j’étais trop fier. Bref, comme on disait en ce temps là : « De la boulette ! ». Après quelques envois par mail j’avais l’occasion de rencontrer un éditeur lors d’un festival pas trop loin de chez moi. Le cœur vaillant et le poil luisant je m’en allais, déterminé, à sa rencontre !

- Ouais bon je vais être honnête ça me dit rien. Je regarde les pages là…
Il tourne rapidement les pages de mon classeur Creeks (gay powaaa).
- La perspective c’est pas ça, les détails c’est pas bon non plus. Puis pas d’univers graphique quoi. T’es scénariste c’est ça ?
- Ou… oui…
Dans un soupir il prend la peine de parcourir le synopsis d’une demi-page.
- Non clairement non. Je lis ça je me fais chier, pour moi y’a rien. Aucun intérêt. Je te le dis sans méchanceté, comme je le pense.
Alors poliment, en tremblotant, le teenager que je suis récupère mon précieux et tourne les talons. Je sors de la salle bondée pour prendre un bol d’air frais. Pas de chance, il se met à pleuvoir. Finalement c’est pas plus mal parce que comme ça personne ne fait la différence entre la pluie et mes larmes.

Oui rhô ça va j’ai fait ça à 23h…

Huit mois plus tard, entre deux parties de Xbox je reçois un coup de fil.
- Bonjour, c’est Mr R des éditions B. J’appelle au sujet de votre scénario.
Mon cœur s’emballe, je réfléchis deux secondes. De quel scénar’ il parle ? Le seul que j’ai envoyé c’est celui qu’il avait déjà démonté en live la dernière fois. Une erreur dans la liste des correspondants lors de l’envoi groupé.
- J’ai trouvé ça vachement bien ! C’est prenant, vif, surprenant, non vraiment du bon boulot quoi. Nous on ne publie pas vraiment de fantasy mais j’ai trouvé votre travail très bon et je tenais à vous le dire. Faut pas lâcher hein.
Silence de mort dans mon cerveau. Je finis par bafouiller quelques remerciements, que j’étais touché, j’en chialerais presque (ce que j’ai fait juste après avoir raccroché). Juste avant que la conversation s’achève je demande :
- Vous vous rappelez pas à C quand vous aviez dit que ça ne présentais aucun intérêt ? Que c’était vide et creux ?
- Ah non pas du tout. D’ailleurs ce que vous dite ça ne me ressemble pas. Aucun souvenir. Mais désolé si cela est vraiment arrivé…

Les éditeurs sont de drôles d’animaux. Mais s’il y avait deux trucs a retenir de tout ça, c’est que leur avis est changeant et qu’ils n’ont aucune mémoire vu le nombre de projets qu’ils voient passer. De là à dire que ça vaut le coup de renvoyer le même truc tous les six mois jusqu’à ce que ça passe… Vous êtes seuls juges.

Je reparlerais plus en détails de ce projet et de son funeste destin un autre jour. Demain je fais péter les stats puisque je parlerais de tourisme sexuel ! Vais-je créer une polémique sur tout internet en disant une (ou plusieurs) grosses conneries ? Pour le savoir vous savez ce qu’il vous reste à faire.

BONUS STAGE !!!

A 14h… (Et oui c’est comme ça, mais c’est parce que c’est spécial).

10 réflexions sur “011 – Editors Have Issues

  1. Viiiite je veux du tourisme sexuel.

    Je la connaissais déjà cette histoire, alors tu comprends, le tourisme sexuel c’est mieux.

    Surtout depuis que Chris m’interdit de parler de cul… ça l’gène… pfff

  2. C’est assez flippant en réalité…
    Mais le plus étrange est de se retrouver face à un type qui accepte un rendez-vous après avoir lu votre projet pour vous dire, en face à face, que ce n’est pas du tout son style. J’ai vécu ça une fois et, rien à faire, je ne pige pas. Pourquoi m’avoir fait perdre mon temps ?

    Actuellement je vois plutôt le contraire. En face il y a toujours un potentiel, gros sourires et serrages de paluches (même si, vous comprenez mon cher monsieur, la conjoncture actuelle n’est pas favorable…) et en cercle restreint… ça bâche…
    Y’a pas à dire, être de l’autre côté de la barrière a du bon. Mais la plupart (ceux qui se croient artistes sans jamais avoir écrit une ligne, ceux qui critiquent sans jamais avoir été critiqué) en profite.

    Mais gardons le moral, il y a toujours des types valables à rencontrer. L’espèce n’est pas disparue, elle est juste en minorité.

  3. allez assume le ce deuxième post.on t’en voudras pas de faire plusieurs post par jour, même 5 ca irait a tout le monde. ca te démange d’écrire hein? tu t’ennuies a ubi c’est ca?
    laisse toi aller et poste, poste poste……..

  4. Petite blague du jour, pour remonter le moral de nos écrivains en herbe qui en ont marre des éditeurs-girouette :
    Tous en coeur, dites: Camion-camion !
    héhé
    POUET POUET !!!!
    hahaha !

    à 14h dude !

  5. … ah ! Autre chose: on remarque que t’as pas peur de dire que tu pleures. C’est bien va, pleure, tu pisseras moins.
    Muuaahahahahaha !
    ; )

  6. Bon. Expérience vécue. Même ressentiment. Par contre, j’ai appris avec les années que ton projet, il faut le défendre. Tu te fais remballer, pô grave, faut dire que tu vas aller voir ailleurs ou même baratiner comme quoi il a été apprécié par d’autres. L’abnégation et la motivation avec lesquelles tu vends ton taf sont super importantes.
    Aprés, ça fera pas signer un éditeur sur une bouse, même si le gars qui lui présente se colle à lui mais bon.

    Pour l’anecdote, j’ai vu un éditeur nous casser un pote et moi sur un projet(je scénarisais, mon pote dessinait), puis nous de lui répondre qu’une maison plus importante que la sienne nous publiait. Il est alors revenu cinq fois dans l’aprés-midi sur notre stand pour regarder notre taf et finir par “Ca peut devenir vraiment intéressant.”

  7. Le passage où tu te retrouves désemparé face à l’éditeur, ça me rappelle une séquence de “The OC”: quand Seth (Adam Brody) s’est retrouvé exactement dans la même situation que toi :-D Eh oui, les éditeurs sont souvent mégalos et difficiles à suivre dans leur logique …

  8. Moi j’aime bien la bolognaise sur les spaghettis.
    Pardon, ça n’a rien à voir.
    Ahhh, me faire rembarrer par un éditeur, je suis impatient que ça m’arrive (me manque juste un dessinateur…).
    Bon vivement demain, le tourisme sexuel vu par Ben reilly, j’aimerai savoir ce que cela cache et ce que ça va donner…
    Sinon, dans tes tags, t’as oublié “pute”, “fellation” et “curés pédophiles”.

  9. Ping : BenReilly mon Héros | Prank’ Paradise

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