058 – Ganja In Da House Nigga !

Tel un guerrier des temps anciens j’enlève ma chemise et la pose sur une chaise. Une grande respiration et me voilà à ramper dans un grenier poussiéreux. Délicatement je fais coulisser une fausse plaque de bois faisant office de mur pour me faufiler dans un petit espace derrière. Les poutres qui tiennent la toiture me râpent les bras, freinant mon avancée. Couvert de saletés et la peau griffée me voilà arrivé dans une alcôve secrète. Les néons solaires fixés sous la toiture projettent une chaleur étouffante sur les quelques plants de cannabis empotés sur le sol. Fébrile et luisant de sueur qui, en coulant, déplace la crasse le long des poils de mon torse, j’arrose la plantation à grand renforts de bidons de deux litres. Enfin, ma sinistre besogne achevée, je rampe à reculons en priant pour ne pas tomber sur une bestiole glauque sur le chemin du retour. Tout ça tous les trois jours, pendant deux semaines, deux étés durant. Sous la douche je me dis que, quand même, rendre service ça fait chier.

Et ouais, la culture du cannabis ça me connaît. J’ai bien un ou deux potes qui sont persuadés d’êtres hardcores en cachant un mini plant au milieu de leurs géraniums, mais c’est des petites bites comparés à mon expérience de rebelle. Faut dire que le cannabis et moi, ça remonte. Pendant la majeure partie de mon enfance je n’ai pas su faire la différence entre l’odeur du tabac normal et du bon vieux bédo. Bonjour le potentiel de gaffes en public. Ce qui, bien sûr, n’a pas manqué. Sans parler du nombre de fois où j’ai non seulement été fumeur passif, mais hors la loi passif (ça c’est du grand banditisme les enfants) ! Maintenant mon odorat surdéveloppé The Sentinel style m’évite ce genre d’embarras.

Sauf qu’en 2008 ça ne sert plus à rien de savoir faire la différence. La plupart de mes potes fumeurs sont aussi fervents consommateurs de cannabis, participant à la plus grande hypocrisie française en matière de drogues. Parait-il que c’est moins grave de cloper de la Marie Jeanne, papiers scientifiques à l’appui. Perso, comme pour la clope de base, je m’en branle complètement (dans tous les sens du terme, confer l’article d’hier). Le seul truc qui me gène un peu, c’est que je n’arrive pas toujours à discerner la différence en terme d’effets secondaires chez mes petits camarades comparativement à l’alcool. Sûrement parce que je suis moi-même pas très net après trois cocas. Chacun porte sa croix semble t-il.

On va finir par croire que j’ai pas d’addiction si ça continue comme ça. Va falloir que je parle des cartes Magic un jour ou l’autre tiens. Mais pas de suite, puisque demain je vais raconter la vraie fin d’Harry Potter (on se calme les spoilophobes je ne dirais rien passé le tome V, vous pouvez viendre sans crainte).

BONUS STAGE !!!

Aujourd’hui on se fait un petit flashback musical naze, parce qu’on le vaut bien.

Pour l’anecdote, le mec a fini stone et sans thune. Il était interviewé y’a pas trop longtemps à ce sujet.

057 – Thank Me For Not Smoking

Okay, j’ai tiré sur une clope une fois. Je vais pas mourir totalement idiot. C’était un dimanche où, avec mon dad et mon bro, on s’était éclipsé d’un dîner familial chiant à en crever pour aller battre la campagne. Entre deux grands kicks dans des pissenlits, j’ai remarqué un mégot fumant sur le bord de la route. Jeune sot que j’étais, je ne me suis pas demandé si le conducteur qui l’avait jeté était porteur d’un quelconque virus transmissible par la salive. C’était il y a plus d’une douzaine d’années mais je me rappelle encore ce que j’ai ressenti en le portant à ma bouche. L’impression que mes papilles se desséchent en un instant, l’oxygène dans ma gorge qui se consume en brûlant les parois. Une expérience d’une poignée de secondes qui s’acheve dans un crachat précédé d’un jet vengeur du dit mégot à travers le paysage. En courant à la hauteur de mon dad et mon bro je me suis dit que, quand même, les fumeurs c’était bien des gros crétins.

Moron = Crétin fini

Seulement quelques années plus tard, je me suis surpris à porter à ma bouche des cigarettes éteintes, pour le staïle. Putain de formatage de merde, que je me disais en reposant l’objet tentateur du démon dans son paquet. Cette saleté de réflexe conditionné fait que, bah j’en veux pas aux clopeurs de cloper, tant qu’ils font le minimum d’efforts pour éviter de m’envoyer de la fumée à la gueule. Après quand on essaie de me rationnaliser l’addiction là ça me gave très vite. Bien sûr que ça te détend pauvre taré, vu que t’as créé une couche de tension en plus. Ca soulage seulement la frustration que tu t’es auto-choisie. Et quoi que tu puisses en dire, ça vaut pas la masturbation niveau relaxation. Sauvez un fumeur, branlez-le !

Après y’a tout l’aspect social de la fumette. Depuis l’interdiction publique c’est encore pire. Que ce soit à la machine à café ou à une soirée dans un bar, il faut choisir son camp. Bien évidamment la plupart du temps il y a un piège. Et voilà comment on se retrouve enrhumé et puant le tabac froid alors qu’on fume même pas… Là où ça devient drôle c’est quand il y a plus de non-fumeurs que de contaminés. Quelques semaines plus tôt, un petit groupe de collègues s’est proposé afin de me fournir gracieusement en cigarettes pour que je m’y mette et que je les soutienne. J’ai décliné poliment dans un sourire amusé. Bwah ah ah la victoire est proche !

Maintenant si je prends un peu de recul, je remarque que je n’ai jamais couché avec une fumeuse, et du coup n’ayant jamais expérimenté la clope post-sexe. Quand j’y pense la plupart de mes ex-copines et la quasi-totalité de mes potes ne fument pas. Rien à voir avec du fascisme, ça tendrait à prouver que dans les lieux de lubrification sociale propices aux rencontres (pléonasme), les deux camps se croisent de moins en moins. Bon allez, je rajoute « me taper une fumeuse » à ma liste des stéréotypes de nanas que je dois me faire, juste en dessous de « me taper une bourgeoise avec sa carte de l’UMP ».

Les plus attentifs remarqueront que je n’ai pas mentionné ni le cannabis, ni mes skills en culture de ganja (véridique). C’est parce que j’en parlerai demain ! Et ouais, tout était calculé. :D

BONUS STAGE !!!

Forcément je pouvais pas passer à côté de ce petit bijou qui vaut tout de même le coup.

056 – Don’t I Know You From Like Forever Ago ?

Il existe une théorie sociologeek très intéressante sur la décadence des réseaux sociaux. En gros ça dit qu’à partir du moment où notre patron/ex/ennemi se retrouve sur la même plate-forme communautaire on à tendance à passer à la suivante pour sauvegarder sa vie privée. La mort d’un service par sa popularité, voilà ce qui est ironique. C’est en tout cas une des explications à la migration de MySpace à Facebook. En attendant d’en arriver là on a déjà tous entré sur notre Facebook nos potes et nos camarades/collègues. La phase ultime est de commencer à se faire des amis qu’on ne connaît pas. Mais juste avant ça il y a les vieux potes qui débarquent. Mais si ! Ces gars dont on ne se rappelle que le prénom ou le visage dans le meilleur des cas ! La question ensuite c’est, on en fait quoi d’eux ?

Okay, pour une grande majorité des utilisateurs, l’ajout compulsif de nouveaux amis n’est qu’une façon de plus de jouer au plus grand concours du monde : qui qu’a la plus grosse ? Sauf que je suis un incorrigible social addict. Alors quand je retrouve un type de primaire, j’ai fondamentalement envie de lui parler. Je veux dire, on était best buddies à une époque merde ! Malheureusement il en faut vraisemblablement un peu plus qu’une passion commune pour les cartes Dragon Ball Z pour renouer une amitié. Sur un plan philosophique ne peut-on pas considérer que dix ans font de quelqu’un une toute autre personne ? Mes amis d’autrefois seraient donc devenus des réincarnations d’eux mêmes, des formes vaguement familières mais plus du tout la même personne.

Comme j’aime bien me rendre ridicule, la plupart du temps j’essaie de pousser à la parole les gens qui ont le malheur de m’ajouter pour le score. Salut tu fais quoi dans la vie ? Depuis le temps quoi de neuf ? On pourrait croire que l’écrit et internet seraient de bons moyens de briser à nouveau la glace. Sauf que généralement j’obtiens un mini CV puis plus de nouvelles. Je dois aussi caresser la possibilité que je sois un devenu un gros relou. Mais quand bien même ! Au final toutes ces connaissances passées deviennent par l’intermédiaire de Facebook une collection de reliques d’une époque révolue. Leur petite photo est là pour me rappeler leur existence mais au final je crois que je les préférais dans mes souvenirs, avec des préoccupations de gosses et loin des grandes écoles ou des boîtes de nuit.

Parce que je suis curieux et parce que moi aussi je suis soucieux de savoir si j’ai la plus grosse, je les laisse vivoter dans mon carnet d’adresse inutile. Je suis leurs aventures sociales avec plus ou moins d’intérêt dans ce gigantesque bac à fourmis numérique. Sans doute qu’ils font de même de leur côté. Dommage que tout cela ait un mauvais arrière goût d’occasion ratée. A moins que je ne sois une fois de plus trop sentimental.

A part ça demain je causerai clope. Si si.

BONUS STAGE !!!

Y’a eu plein de vidéos à la con de détournement Facebook mais celle-ci récolte la palme absolue. Pardon aux anglophobes.