Il y a deux ans j’ai lu cette BD, faite par deux types que je connaissais suffisamment pour pouvoir leur donner mon avis. C’était juste super triste. Les dialogues alambiqués au possible (« Je vais récapituler à voix haute dix lignes de background historique à toi qui est parfaitement au courant juste parce que le scénariste est trop mauvais pour donner les infos au lecteur de manière organique. »), les ellipses narratives qui font hurler what de fuck en revenant sur les pages précédentes, le cliffhanger en carton (Hé ouais le héros est en danger de mort, et seulement lui. Vu qu’il peut pas crever le suspense tombe à plat comme une merde), autant de trucs abominables qui m’ont sautés aux yeux à la lecture. Et encore je parle même pas du dessin. Plein d’entrain je vais voir le scénariste et je lui explique par A+B ce que je trouve qui coince et qui me choque moi qui suis sensé être un noob. Sauf que voilà, le type s’en contre branle, il a son chèque, ses kids vont pouvoir se payer une nouvelle Xbox et la Terre continue de tourner. Je me suis pas brouillé avec le type, l’est toujours sympa avec moi quand on se croise et y sort des trucs pas trop mal de ci de là. Seulement les sombres pensées s’insinuent dans l’esprit du jeune scénariste qui n’en veut. Pourquoi lui réussit et pas moi ? Pourquoi je le défonce en skills et je reste chez moi penaud devant Word ? Fuck, j’étais jaloux et amer.

Avec les années je me suis retrouvée dans un nombre incalculable de situations propices à l’expansion de mes idées noires. J’ai été critique de BD où j’ai lu des trucs à faire saigner des yeux, j’ai tenté d’avoir des débats de fond avec des scénaristes je m’en foutiste, et surtout j’ai vu un tas de types plus mauvais que moi commencer une carrière. J’ai déjà admis que le talent n’avait rien à voir avec le succès dans ce genre de milieux, mais cet état de fait peut vous ronger comme il m’a bouffé pendant des années. Quand on me fait une critique j’essaie de comprendre pourquoi, de voir si c’est une question de goût ou de technique pure. J’ai eu des conversations jusqu’au bout de la nuit pour expliquer mes démarches, mes choix sur tel ou tel projet. Après tout la leçon de DBZ et de tous les autres shonens c’est « dépassez vos limites ». Sauf que la vérité c’est que pour un bon nombre d’auteurs, la bande dessinée reste un moyen comme un autre de gagner sa croute. Il suffit de voir les collections opportunistes qui fleurissent sur les étals des super marchés. Ces artistes fantômes sont rentrés dans le milieu comme tout le monde, sur un bon projet ou sur une bonne pipe sous un bureau. Est-ce que c’est le besoin de thune qui les aura poussé à enchaîner les albums dans autre motivation que le chèque ? Ou bien sont-ils persuadés d’être skillés dans leurs écrits ?

Malgré tout j’ai pu croiser des gens dont le propos était sincère, qui même s’ils bossaient sur commande sur des projets à priori alimentaires, y mettaient plus de cœur que pas mal d’auteurs sur des séries personnelles. C’est ces types qui réussissent à calmer mes mauvaises réflexions. La jalousie et l’amertume ne m’amèneront pas aussi loin que le courage et la détermination. Avec le temps j’ai fini par accepter que comme dans tous les milieux il y avait des hypocrites, des flemmards et des profiteurs. Ça fait juste mal de voir que ce coup ci c’est dans le milieu artistique. Maintenant sur les forums, dans la vraie vie, je ferme ma gueule plus souvent que d’ordinaire. Et quand je l’ouvre c’est pour féliciter un inconnu comme un ami pour un superbe travail qui aura su me transporter pendant quelques dizaines de pages. En BD comme en ciné, comme en tout d’ailleurs, je peux supporter un tas de défauts quand je sens que derrière le cœur y était. Parce que je sais que j’ai beau ne pas branler grand-chose, quand je me mets au taf’, j’y suis à cent pour cent. Voilà pourquoi je vais laisser ma jalousie et mon amertume enfouies le plus profond possible, car je sais qu’elles ne demandent qu’un exemple de plus pour ressurgir. Dans ces moments là je me déteste et globalement c’est pas un sentiment que j’affectionne. En espérant qu’un jour je puisse remplacer tout ça par de la joie et de la fierté.

Bon, maintenant j’ai plus qu’à tenter de percer dans le milieu littéraire et rencontrer tous les connards qui s’y sont planqués ! Bwah ah ah !!! Hum. Y’a carrément moyen que je développe cet article dans le recueil. Mais un autre jour vu que je suis en train de bosser sur l’article de demain qui parlera de TGV et de la SNCF en général.
PUB STAGE !!!

Une petite sélec’ de BD récentes qui font du bien dans le corps et dans la tête et que je vous conseille d’aller feuilleter à l’occasion.
Noirhomme (Maurel/Hamo) : Qui pourrait croire qu’un thriller d’époque puisse être écrit par un banlieusard blanc comme un cul qui se prend pour une racaille ? Je suis d’autant plus jaloux que je serais incapable d’être aussi bon que lui sur ce terrain.
Naja (Morvan/Bengal) : Qu’on soit clair les auteurs sont un des plus beaux couple de tête à claque de la BD franco-belge, mais voilà sous la frime et la petite couche de flemme à certain endroits, il y a de la poésie dans Naja.
Tessa Agent Intergalactique : Deux fan de spider-man du sud qui décident de faire leur version féminine et scifi. Ca donne une des séries les plus généreuses encore en activité, et c’est grave de la boulette.
Naja m’a déçu grandement au niveau du scénario… J’ai trouvé le personnage très caricaturale pour l’instant et les descriptions sans fin de son insensibilité vraiment sans finesse. Bref je me suis fait chier comme un rat mort !
Je viens de lire le 3ème tome de Crossfire par contre et je suis toujours aussi fan de la série
AAAAAh bah voilà enfin un bonus stage qui fait du bien par où ça passe. Ce qui est bien avec toi c’est que niveau conseil on est rarement déçu
Niveau jalousie ça peut largement se comprendre mais au moins toi tu as trouvé ce que tu veux faire et tu es bon à ça. Pis y’a pas de raison qu’on voit pas un jour une BD sortir signée Benreilly, en tout cas moi je kifferais !
Au fait, faut que je te parle d’un truc alors je te préviens, je te choppe sur msn mouahahah
Sa les milieux artistique c’est 50% d’école de taf ect et après t’a les 50% que tu contrôle pas la chance. Inchala et bonne chance.
La plupart des gens n’ont rien à faire là où ils sont.
Ca créé du coup des générations de blasés, d’aigris, de je-m’en-foutistes comme tu le dis.
Mais heureusement pour eux, il y a cette petite minorité qui, elle, a su trouver sa place, qui s’épanouie dans ce qu’elle fait et qui, du coup, le fait si bien, qu’elle peut se permettre de le faire partager aux autres paumés.
Dans le milieu artistique que tu embrasses, c’est le don de soi qui différencie un véritable artiste d’un simple prestataire, après je ne dis pas que les véritables artistes sont reconnus pour autant.
Mais finalement, c’est grâce à ceux qui ont trouvé leur place et réalisé leurs rêves, que, ceux qui n’en ont plus, sont capables de se lever tous les matins sans se tirer une balle dans la tête.
Enfin, c’est très utopiste, mais j’aime à le croire (bon je sais j’oublie l’argent… ET ALORS !)
Le fait est, que même toi, à ta modeste échelle, tu contribues à ce phénomène : je ne sais pas combien tu as de lecteurs réguliers, et à vrai dire on s’en fout, mais le truc c’est que tu donnes du plaisir aux gens avec tes mots, alors c’est gagné !
Il y a beaucoup de gens et de choses qui te foutront encore la mort à l’avenir, mais sers-toi de cette colère pour créer, je suis sûre et certaine que ça te soulagera d’une, et que, de deux, le résultat sera bon (autant qu’aujourd’hui, même si c’était plus un coup de gueule que de la vraie colère)
Voili, voilou, ce que j’avais envie de dire : rien de très intéressant, ni même de très intelligent, mais c’est dit.
Manue quand t’écris tu fais pas semblant !
Et au fait, je veux ce clavier !!!
Thas –> On est globalement d’accord. Morvan n’est pas aussi doué qu’il ne veut bien le croire. Juste à certain endroits ça m’a un peu touché.
Ophé –> Tu peux choper Tessa a Max by the way.
Dify –> Je dirais 90% de chance. ^^ Amen.
Mademoiselle Manue –> Je dirais pas mieux. Respect.
La nazes qui finissent dans les librairies et qui ne sont pas footballeurs (donc sans nègre), c’est qu’ils ont bossé. Même mal, ils ont écrit un truc et ils l’ont terminé et ça a trouvé des lecteurs. Dire qu’on est aigri par l’injustice du monde de l’édition, c’est une absurdité : le monde de l’édition n’attend que des manuscrits meilleurs que vous n’êtes pas en train d’écrire parce que vous êtes en train de râler sur d’autres qui sont en train d’écrire.
Cette aigreur, je l’ai entendue dix mille fois chez des aspirants écrivains qui n’avaient jamais dépassé cinq pages de texte “par perfectionnisme”.
Et cette aigreur passe quand on arrête d’être spectateur pour passer à l’action. Promis. Arrêtez de lire des trucs nazes et écrivez.
(Pas besoin de copinage ou de coucheries, hein. Envoyer des manuscrits par la Poste, une vieille technique qui marche. Je ne connais aucun écrivain qui n’ait pas fait comme ça.)
Ah bah, voila un sujet où je n’ai pas de commentaires à faire, vu que je ne connais pas assez la BD pour me permettre de donner un avis critique. Le fait est que, comme le dit Mad Man (en version courte), y’a des gens qui ne devraient pas être là. C’est comme ça, mais voila. Après tout, l’important c’est que tu puisses te regarder dans une glace en te disant “j’ai eu raison de faire ce choix là”. C’est ça aussi, la morale des mangas
Maïa –> On est d’accord sur le fait que pour publier, faut écrire (on peut pas se payer de nègres tant qu’on est pas une star ^^). Ce que j’essaie de dire c’est que justement en attendant d’y arriver c’est vite fait de se faire dévorer par ses propres démons, sa rancoeur et sa jalousie.
Queen –> Y’a pas de miroirs dans DBZ, de quoi tu parles ?
BenReilly ou comment se griller a vie dans le monde de la BD
=)
Moi qui croyait que la morale dans DBZ c’était d’avoir de looongs cheveux… ‘tain tout faux quoi.
Et donc la morale de Naruto c’est pas “dans le doute, fais un kage bunshin no jutsu, ça peut marcher” ?