119 – Time Out

J’ai jamais aimé partir en vacances. Déjà gosse c’était l’enfer, mes parents luttant pour tirer un peu de plaisir de leur voyage malgré mes vociférations et ma mauvaise tête. Sûrement qu’à l’époque je voyais ça comme une espèce de punition, la continuité estivale d’une école où l’on m’imposait des activités. Ou peut être que j’étais seulement un connard de sale gosse. La première fois que je suis allé à Paris, pour une semaine en été, j’ai passé la majeure partie de mon temps dans la chambre d’hôtel à faire semblant de dormir, ou a défaut à faire la gueule. Au final j’aurais plus découvert la capitale en 24h lors de ma seconde visite pour le concert du meilleur groupe du monde qu’en une semaine avec la famille. Tout ça pour dire qu’il était une époque où j’étais incapable de profiter des joies simples d’être au bord d’une plage où dans une montagne loin de tout. Ouais, avec le recul j’étais un bon gros crétin. Est-ce à dire que maintenant j’aime décoller pour des destinations lointaines ? (comprendre « plus loin que la banlieue Lyonnaise »)

Non, même pas. Si effectivement ma perception des vacances à changé, ce n’est pas encore l’idéal. Avec le temps j’ai intégré pourquoi glander sur une plage pendant des heures avec un bouquin c’était le bien. Sauf qu’en vacances, j’y vais toujours autant à reculons. La perspective d’organiser un départ, de claquer des sommes monstrueuses en si peu de temps, tout ça m’angoisse au plus haut point. Pendant les semaines voire les mois de réflexions et de préparatifs je pète un câble, je deviens dingue. Ce n’est qu’une fois arrivé à destination, enfin posé que mon stress s’envole et que j’arrive un tant sois peu à me laisser aller. Non mais dans le fond effectivement, je kiffe la vibe d’être ailleurs que chez moi, surtout depuis que mon téléphone 3G me permet de rester en contact avec le reste du monde. J’ai donc passé une semaine à la cool au cap d’Agde à tenter de faire la nique à mon teint blafard, à me refroidir les idées dans le creux d’une vague de tafiole (méditerranée oblige) et à mater les jolies filles (j’en reparlerais). Le seul souci c’est que pendant ce temps là, la Terre continue de tourner…

Pas besoin de lire entre les lignes pour savoir que je suis un éternel insatisfait, et aussi et surtout un éternel frustré. Si je check mes mails toutes les cinq minutes c’est que j’espère toujours recevoir le message qui va changer ma vie ou m’offrir la chance de la changer. Pendant que je rôtis sous le soleil, qui va achever la relecture du roman qui aurait dû être bouclé et envoyé il y a des mois ? Et pendant les heures que je passe sans le net qui me dit qu’un truc de ouf n’est pas en train de se passer et que je ne suis pas en train de louper le coche à… à… Ouais. Je sais que c’est une sacrée névrose. Pourtant tout ce que je veux c’est des vraies vacances. Dans ma tête je me vois si possible dans un coin plus exotique que la France d’où je ne suis jamais vraiment sorti. Là bas je me ferais plus à bouffer, j’irais au restau me faire servir des trucs qui déchirent. Surtout je profiterais comme jamais, parce que j’aurais du temps libre à attendre qu’un roman passe de l’imprimeur aux étals, parce qu’un de mes projets sera suffisamment avancé pour qu’il ne dépende plus de moi. Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, mes premiers avoirs je ne les claquerais pas en TV HD ou en un nouvel ordinateur de brutasse. Mon premier chèque partira en fumée dans des vacances, mes véritables premières vacances de ma vie. Ce sera bien, j’en suis sûr.

En attendant me revoilà aux manettes de Word 07 (what else ?) et WordPress, prêt à y re-injecter mon sang et ma sueur. Here we go ! Demain je parlerais de mes vacances de la semaine dernière précisement, le keskisséppasé en somme.

118 – Da BenReilly’s Cine Club #6

Trop bieng le Mexique pour passer ses vacances quand on est un jeune Ricain à la cool avec sa meuf, son meilleur ami et la meuf de son meilleur ami. Sauf que glander comme des fils de Pokemon le long de la piscine c’est quand même bien la lose. Aussi quand un nouvel ami propose d’aller visiter des fouilles de ruines dans la jungle pour récupérer son frangin maqué avec une archéologue, impossible de refuser. Pas de bol mais les villageois du coin sont un peu vindicatifs, tendance headshot à l’arc à flèche et fusil de chasse. Si seulement c’était leur principal problème. Non parce que sur les ruines recouvertes de vignes il y a un truc vachement plus dangereux, sadique et invincible. Merci aux affiches d’avoir joyeusement spoilé le vrai méchant de The Ruins : les plantes carnivores c’est rien que grosses salopes qui font grave flipper !

Non vous ne rêvez pas, The Ruins est bel et bien sorti en France ! C’était le 4 juin de cette année. Pas de bol  again mais ni le réseau UGC ni le réseau MK2 n’ont diffusé ce petit joyau d’horreur et de stress : sortie technique, 3 copies pour tout le pays. Forcément promotion zéro oblige, j’ai du m’aventurer dans une salle d’art et d’essai (what the fuck?!) pour le voir. Ranafout’ parce que les fauteuils étaient en cuir et le projecteur numérique. Forcément je vous entends d’ici vous demander pourquoi je fais tout un flan d’un long métrage dont visiblement personne n’avait rien à branler. En fait, il se trouve qu’avant Les Ruines le film, il y avait Les Ruines le bouquin. En voyant la bande annonce pour l’adaptation ciné j’ai kiffé ma race car il se trouve que les plantes carnivores sont un de mes délires d’enfance. C’est pas pour rien que jeunot je priais tous les soirs pour me faire dépuceler par Poison Ivy, mais passons. Post visionnage de trailer, j’ai immédiatement commandé le pavé sur Amazon en anglais. Moi qui lis très peu de romans, j’ai fini une nuit à cinq heures du matin parce que je ne pouvais pas lâcher le truc. Pendant deux cents pages on te bourre le mou sur la life des persos et tu te demande quand ça va décoller putain. Sauf que quand les choses se mettent en place tu tiens tellement aux héros, tu sais tellement tout d’eux, que tu souffres avec eux comme jamais.

Parce que la grande force de The Ruins c’est que pour le coup ces jeunes ne sont pas des gros neuneus qui se jettent la gueule la première dans les emmerdes. Ils sont malins, ils sont intelligents et savent penser en état de stress. Le seul problème c’est qu’ils ne savent pas à quel point ils sont baisés et que tout le sang froid du monde ne leur est d’aucun secours. Le film est scénarisé par l’auteur du bouquin (le mec qui avait déjà écrit Un Plan Simple) et du coup s’en tire avec les honneurs. Les acteurs ne sont pas absolument pas connus (le type de 100 Girls et Iceman d’X-Men) et sont super crédibles. Il faut dire qu’une fois de plus on est pas dans le gore gratuit. C’est sale, poisseux et sauvage sans voyeurisme, impeccable. Du coup si jamais vous avez envie de vous faire une belle frayeur hardcore je ne peux que vous conseiller le DVD ou DivX (allez vous faire enculer, distributeurs français de mes deux) ricain sorti il y a quinze jours, ou bien le livre, VO ou VF pour les courageux. Avec un peu de bol je pourrais parler de ce film avec un autre Français finalement…

A part ça demain je commence mon long debriefing de mes vacances en commençant par dire ce que je fais de mon taf’ quand je ne suis pas chez moi et les névroses que cela implique.

BONUS STAGE !!!

J’aurais bien mis la bande annonce française mais elle est juste super trop laide. Comme je vous aime j’ai exhumé le trailer interdit aux zenfants.

117 – Sofa Hero

Miam ma dernière soirée de jeune qui n’en veut. L’anniv’ d’un buddy très rock and roll tendance emo et de sa meilleure amie. Après m’être calé en Pizza et Coca j’ai quand même décidé de participer un peu, à défaut d’aborder les jolies filles (oui j’étais encore en plein TGV lag donc je faisais ce que je pouvais). Y’avait plein d’animations de ouf genre un quizz géant sur la vie sexuelle de notre hôte sur rétroprojecteur, ça c’était la classe. Même que j’avais tenté de participer un peu à la fête en offrant mes services. Ca a donné un truc un peu près comme ça :

- Hey négro devine quoi ?!
- T’as acheté un nouveau truc.
- Waaai !!! J’ai Rock Band sur ma 360 et si tu veux je peux te l’amener pour ta soirée on se fera des mégakifs avec ton projo !
- Bah heu, si tu veux hein c’est une bonne idée. Par contre y’aura déjà de la musique, genre avec un – vrai groupe et des vrais instruments.
- Mais… mais…

Pour ceux qui l’ignorent et ceux qui ont une Playstation 3 (lol exclu Xbox), Rock Band est à Guitar Hero ce que mon DELL Latitude est à l’EeePC. C’est plus gros, plus classe, plus beau, plus cher et beaucoup beaucoup plus cool. Me voilà depuis deux mois l’heureux possesseur d’une guitare et d’une batterie en plastique, plus un micro qui va bien avec. Comme tout ce joyeux bordel et son colis de 11kgs ne rentre pas dans mon appart’ de jeune qui n’en veut mais qui n’en a pas la place, tout le matos était resté à Lyon. Et c’est avec joie et félicité que chaque jour je me paye une heure de batterie en plastique, torse nu et suant tel un vrai rockeur dans l’âme. Autant dire que les types qui me sortent qu’ils savent jouer d’un vrai instru, ils m’énervent un tout petit peu. Non parce que j’avais essayé à une époque, y’a longtemps. Quand t’es en primaire t’es pas au courant que moyennant un peu d’efforts tu pourrais pécho sans problèmes plus tard. Autant dire que la demi heure quotidienne d’exercice ils pouvaient se la mettre où je pensais.

Régulièrement je vois des types pondre des articles comme quoi jouer à Rock Band (jouer à Guitar Hero c’est has been, rappelons le) c’est débile et ça ne sert à rien. C’est pas ce que j’ai lu sur le visage de mes homies la dernière qu’ils sont passés à la maison et où on a tâté à trois sur la 360. Sans parler de Guitar Hero IV qui permettra de composer et de diffuser ses propres chansons ou bien encore Rock Band 2 dans lequel sera inclus un logiciel pour apprendre de la vraie batterie de la vraie vie. La révolution est en marche mes enfants, et elle fait sourire de plaisir. Pour une fois que les choses se passent bien. En attendant, après mon heure quotidienne de batterie en plastique, je ne peux qu’avoir du respect pour les batteurs qui eux n’ont pas de karaoké pour leur dire sur quoi taper au bon moment. Mine de rien le skill coordination des mouvements est useless sans une bonne mémoire.

Je ne serais jamais une vraie Rock Star mais je vous mets au défi de passer à la maison sans sentir l’esprit wokandwoll tourbillonner et vous emporter dans une nuée de loupiotes colorées. Sur je m’en vais faire les frais et me prendre quelques chansons supplémentaires. M’en fout, le ciné club de demain qui fait peur est déjà écrit.

BONUS STAGE !!!

Allez ça fait rêver non ?