J’ai jamais aimé partir en vacances. Déjà gosse c’était l’enfer, mes parents luttant pour tirer un peu de plaisir de leur voyage malgré mes vociférations et ma mauvaise tête. Sûrement qu’à l’époque je voyais ça comme une espèce de punition, la continuité estivale d’une école où l’on m’imposait des activités. Ou peut être que j’étais seulement un connard de sale gosse. La première fois que je suis allé à Paris, pour une semaine en été, j’ai passé la majeure partie de mon temps dans la chambre d’hôtel à faire semblant de dormir, ou a défaut à faire la gueule. Au final j’aurais plus découvert la capitale en 24h lors de ma seconde visite pour le concert du meilleur groupe du monde qu’en une semaine avec la famille. Tout ça pour dire qu’il était une époque où j’étais incapable de profiter des joies simples d’être au bord d’une plage où dans une montagne loin de tout. Ouais, avec le recul j’étais un bon gros crétin. Est-ce à dire que maintenant j’aime décoller pour des destinations lointaines ? (comprendre « plus loin que la banlieue Lyonnaise »)

Non, même pas. Si effectivement ma perception des vacances à changé, ce n’est pas encore l’idéal. Avec le temps j’ai intégré pourquoi glander sur une plage pendant des heures avec un bouquin c’était le bien. Sauf qu’en vacances, j’y vais toujours autant à reculons. La perspective d’organiser un départ, de claquer des sommes monstrueuses en si peu de temps, tout ça m’angoisse au plus haut point. Pendant les semaines voire les mois de réflexions et de préparatifs je pète un câble, je deviens dingue. Ce n’est qu’une fois arrivé à destination, enfin posé que mon stress s’envole et que j’arrive un tant sois peu à me laisser aller. Non mais dans le fond effectivement, je kiffe la vibe d’être ailleurs que chez moi, surtout depuis que mon téléphone 3G me permet de rester en contact avec le reste du monde. J’ai donc passé une semaine à la cool au cap d’Agde à tenter de faire la nique à mon teint blafard, à me refroidir les idées dans le creux d’une vague de tafiole (méditerranée oblige) et à mater les jolies filles (j’en reparlerais). Le seul souci c’est que pendant ce temps là, la Terre continue de tourner…

Pas besoin de lire entre les lignes pour savoir que je suis un éternel insatisfait, et aussi et surtout un éternel frustré. Si je check mes mails toutes les cinq minutes c’est que j’espère toujours recevoir le message qui va changer ma vie ou m’offrir la chance de la changer. Pendant que je rôtis sous le soleil, qui va achever la relecture du roman qui aurait dû être bouclé et envoyé il y a des mois ? Et pendant les heures que je passe sans le net qui me dit qu’un truc de ouf n’est pas en train de se passer et que je ne suis pas en train de louper le coche à… à… Ouais. Je sais que c’est une sacrée névrose. Pourtant tout ce que je veux c’est des vraies vacances. Dans ma tête je me vois si possible dans un coin plus exotique que la France d’où je ne suis jamais vraiment sorti. Là bas je me ferais plus à bouffer, j’irais au restau me faire servir des trucs qui déchirent. Surtout je profiterais comme jamais, parce que j’aurais du temps libre à attendre qu’un roman passe de l’imprimeur aux étals, parce qu’un de mes projets sera suffisamment avancé pour qu’il ne dépende plus de moi. Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, mes premiers avoirs je ne les claquerais pas en TV HD ou en un nouvel ordinateur de brutasse. Mon premier chèque partira en fumée dans des vacances, mes véritables premières vacances de ma vie. Ce sera bien, j’en suis sûr.

En attendant me revoilà aux manettes de Word 07 (what else ?) et WordPress, prêt à y re-injecter mon sang et ma sueur. Here we go ! Demain je parlerais de mes vacances de la semaine dernière précisement, le keskisséppasé en somme.





