Vous connaissez ce principe anatomique que l’on appelle la plasticité cérébrale ? Jusqu’à nos dix huit ans environ le développement des liaisons neurales bat son plein. La géographie finale de notre cortex dépend alors des choix et des aptitudes travaillées durant ces dix huit années. Une fois cette période cruciale passée il est de plus en plus difficile de faire rentrer des nouveaux skills dans cette foutue caboche. C’est pour ça que l’on a coutume de dire que les enfants apprennent plus vite que les adultes. Il se trouve que ces derniers temps j’ai l’impression que le cœur aussi perd en plasticité avec les années. J’ai toujours été à fleur de peau, à ressentir les émotions et les évènements avec une plus grande sensibilité que la moyenne. Tels des aiguilles j’ai laissé mes amis et mes amours pénétrer mon cœur toujours plus profond durant mon adolescence. Maintenant j’ai vingt deux ans et j’ai l’impression que mon affectif est de plus en plus dur à percer. Je me fais de nouveaux amis mais c’est différent, sans que je puisse mettre le doigt dessus, plus faible en terme d’intensité peut être. De fait, je sais exactement à qui appartiennent les aiguilles enfouies au fond de mon palpitant.

Rentrer à Lyon n’aura pas été aussi bien que je l’espérais. J’ai revu mes amis de fac, ma famille et j’ai tenté de bosser un peu. Mais j’ai surtout pensé à ceux qui manquent : celui qui n’est plus à sa place, ceux qui sont devenus des gros cons, celle qui n’est plus que l’ombre de mon souvenir, celles qui ne répondent plus. La vérité c’est que je vais passer mon mois d’aout dans une ville peuplée de fantômes. Chaque fois que je me monte dans le métro ou le bus je redoute de croiser quelqu’un que je ne veux pas voir et j’espère tomber sur quelqu’un qui me manque. Attention, je ne plains pas d’être en vacances, de retour sur mes terres à mater mes HD DVD avec mes potes. C’est juste qu’avec le temps j’ai vu disparaître ceux qui ont forgé mon cœur et sa géographie actuelle. Du coup bonjour la zone sinistrée. Heureusement il m’en reste deux. Mon trèfle porte bonheur a eu la mauvaise idée de passer son été de l’autre côté de l’atlantique. Et mon acolyte Wendigo est trop occupé à nager avec des dauphins à Mayotte.

Depuis mon retour d’Agde je n’ai absolument rien foutu. L’avance que j’avais sur mes notes de blog à fondu comme neige au soleil au point que je me demande si je ne devrais pas ralentir le rythme. J’ai accepté une horde de piges à faire pour renflouer le compte en banque. La deadline approche et je n’ai pas bougé d’un pouce. Puis il y a ce roman dont je parle depuis 126 notes. J’ai eu cent fois le temps de le boucler et j’avance au ralenti. Il y a le fait que je déteste me relire qui joue, qui fait que je ne peux pas corriger plus de quatre pages d’affilée avant d’avoir envie de m’électrocuter contre la prise la plus proche. Peut être aussi que si je le boucle réellement alors ce sera fini. Il faudra faire face au verdict, se relever en cas d’échec et avancer de nouveau. Brrr. J’ai eu beau mal vivre mon année parisienne, j’avais l’esprit occupé. Maintenant que je suis livré à moi-même, à devoir cohabiter avec le silence, le brouhaha me manque. J’en suis à mailler mon ancienne chef de stage des liens intéressant pour faire comme si continuais à bosser.

Enfin je dis ça mais à l’heure où j’écris cette note, une heure trente du matin (de quel jour ?), je sais que je vais passer les prochaines soixante minutes à relire consciencieusement le chapitre huit. Et qui sait, peut être que demain j’écrirais une ou deux pages de piges pour éviter de me faire émasculer par mon rédac’ chef. Saleté de mélancolie qui vous chope au moment où l’on s’y attend le moins.
Hey mais j’y pense ? Demain c’est le retour de mon meilleur ami ! Le retour de ma plus grosse aiguille (warning aux esprits mal tournés). Ca mérite bien un full article !
[EDIT 12:03 - Sale fils de pute qui en fait rentrait aujourd'hui'hui qui m'a réveillé au sortir de l'avion à 6h du matin tu mériterais que j'annule mon post de demain ! Salauuuud !!!]
[Avancée relecture roman : 22/54 pages]
BONUS STAGE !!!
Oh mais kekiya sur le bloug de l’ami Paka qui aurait été scénarisé par moi en urgence à minuit dix.

Hey mais c’est dramaturgique ce que tu nous racontes aujourd’hui ! Et le côté “j’écris hors du temps” est très déroutant. Ecrit-il hier, demain, qu’en sais-je ? Qui suis-je donc, si ce n’est un maigre commentateur plein d’espoirs quant au rétablissement de notre apôtre BenReilly mais qui ne sait même pas si BenReilly existe seulement ?
Ah, tant de tortures mentales me déciment !
Je te comprends… J’ai ressenti ce genre de choses tous les étés de ma vie. Des espoirs mélancoliques teintés de rien-envie-de-branl-itude… Avec le temps, les sentiments s’émoussent de la même façon que l’on perd 20% de son odorat en arrivant à l’âge adulte…
Mais peu importe, je dois savoir : d’où viens cette p*tain de bonnasse d’image du truc blanc, là, genre Wendigo mais en plus félin ?
4 pages par jour, 54 pages, t’as plus d’amis, donc 14 jours et c’est plié. Comme tu as déjà commencé, 8 jours seulement. Alors ?
Ah ben je dois pas être normal… Mes relations affectives les plus intenses sont les plus récentes. Bon d’accord l’âge n’est pas le seul critère déterminant ici.
Par contre, l’effet “ville-fantôme” ça doit le faire à tout le monde je crois. Et quand bien même tu retrouves des gens avec qui tu t’entendais bien, vos routes se sont séparées trop longtemps en arrière pour avoir encore beaucoup de choses en commun…
That’s life Dude
À vrai dire la plasticité cérébrale ne dure que jusqu’à 6 ans environ. Après, trop tard pour être virtuose ou champion d’échec. Par contre, il n’est jamais trop tard pour devenir écrivain à succès !
Je me demande si ces rencontres que nous faisons jeune, ces amitiés qui en découlent ne nous rendent pas plus exigeant avec les suivantes.
Je m’explique : quand on s’est fait de vrais amis, on ne ressent pas le besoin de s’en créer de nouveaux, ils nous suffisent, donc on en reste à des relations plus superficielles avec les nouveaux “prétendants”. Ainsi, il est effectivement plus difficile de se trouver de nouveaux vrais amis.
De plus, ces amitiés de longue date, du lycée ou même d’avant, ce sont des amitiés qui ont eu la chance de naître à une époque de notre vie où l’insouciance régnait, où, en fin de compte, on avait le temps de découvrir une personne, d’apprendre à l’apprécier.
A nos âges où l’on se sent perdu, assomé par les responsabilités, il est difficile de se faire de tels amis, simplement parce que le temps n’est plus notre allié, au contraire.
Enfin, l’expérience avec son lot de déceptions, de séparations, de disputes nous a aussi profondémment meurtris, et nous réagissons à présent comme des âmes écorchées, c’est à dire que l’on instaure volontairement une distance entre nous et les autres, par protection.
Et pour les veinards qui n’ont pas connus ces désillusions, il y a simplement l’établissement d’une sorte de “pudeur sociale” qui rend moins naturel et surtout plus litigieux d’aller vers l’autre : “pourquoi il vient me parler celui-là ? qu’est-ce qu’il me veut ?”
Tout ceci mis bout à bout rend, évidemment, plus difficile la naissance d’amitiés véritables, mais pas impossible…
Bah mes vacances scolaires je les ai toujours passées à bosser donc j’avais pas le temps de m’ennuyer.
Puis je suis quelqu’un d’assez solitaire, j’aime pas l’idée d’avoir besoin ou de dépendre de quelqu’un…
Après comme dit Manue le lycée ou la fac sont des lieux de rencontres, on y trouve pas forcément de vrais amis, mais des collègues, de bons potes, sachant qu’on s’y attachera pas tant que ça ouisqu’on les perdra de vue une fois l’étape scolaire passée.
Finalement, c’est chacun sa vie et un véritable ami c’est pas celui qui nous manque , mais celui qu’on est simplement content de voir quand on le voit, sans rien attendre de plus.
Nous ne parlerons pas ici des relations sentimentales entre personnes du sexe opposé, là je m’y connais pas un iota et je dirais que des conneries.
courage big boy! jouir de la vie et ressentir tout plein de truc dans son palpitant endolori ça se mérite! A relation exceptionelle, investissement personnel exceptionnel…autrement dit, faut se sortir les doigts du cul et profiter à fond de tout ce qui se présente!
bon, ça c’est en théorie, en pratique, je te l’accorde, on a toujours des petits coups de mous, on est des êtres humains après tout. Mais quant meme, si je peux me permettre (c’est personnel comme remarque), tu devrais (peut etre) penser un peu moins à tes années collèges/ lycées, j’ai l’impression que ça te fait plus de mal que de bien
faut vivre au présent, penser le futur, qui s’annonce plutot bien pour toi j’ai l’impression, tu m’a l’air d’etre un petit débrouillard (comme tous ces magouilleurs de marketeux lol), avec plein de projets dans les poches, et ça c’est important, faut s’y accrocher alors ne désespere pas!
C’est exactement pour ça que tu aurais du venir avec moi au KFC hier. ^^.
Allez, big up a l’homme qui murmurait à l’oreille des dauphins et on s’capte vite p’tit loup.
Des bises.
Tioun
Last Equinoxx l’image est tirée de la Momie dernier en date. Je suppose en tout cas, vu que le malheureux que la bestiole tient suspendu dans le vide joue dedans.
Sinon rien à ajouter vu que Road jack a déjà tout dit
Queen –> Bon okay, j’ai écris ça vendredi soir j’avoue.
Last Equinoxx –> C’est un Yéti de La Momie 3 en salle mercredi. Bwah ah ah !
Maïa –> C’est en cours figure toi. Et c’est pas impossible que ce soit bouclé rapido. Sauf si mon rédac’ chef ne m’arrache la gueule à l’acide sulfurique.
Polo –> Life sucks.
Eric Coulon –> Nan nan d’après wikipédia ça peut durer jusqu’à 18 ans tu peux pas test contre wiki.
Manue –> Ah mais je suis toutafé d’accord !
Yoni –> Mais si voyons, il FAUT parler du sexe opposé !
Road Jack –> Ah ça mes années collège lycées. Y’a beaucoup de choses à dire tu n’as pas tort.
Quand je suis sorti du lycée je savais très bien que je n’avais pas eu le temps d’y faire tout ce que je voulais, circonstances de merde.
Etioun –> SI j’étais venu je me serais payé une gastro à tous les coups tu le sais.
Dial –> Amen.
refuser un kfc saymal..
J’ai entendu l’autre jour à la radio qu’on était adulte plus tard, avec pour argument de vente que la soudure de l’os de la clavicule se faisait à 25ans au lieu de 18ans il y a quelques années…
Allez courage Ben c’est peut-être pareil pour la plasticité cérébrale.
Hey mon copain d’amour. Comme ça il y a pas d’intensité avec tes nouveaux amis… Me sens pas du TOUT concernée
Bisous
Bon,
ça fait plusieurs fois que je viens sur ton blog (que j’ai trouvé via facebook… je sais je sais…), et bien sûr j’ai la sensation de mieux te “connaitre” alors qu’à l’école on a parle 2 fois en tout je pense.
Enfin, tout ça pour dire que je rentre chez moi pour un mois, dans ma petite ville de transylvaine de 80 000 habitants. Et comme toutes les années j’aurai la même sensation que tu as bien décrite. Chaque fois j’espère de retrouver des sensations perdues alors que je sais bien ce qu’il en est. Les potes sont partis, ont changé, j’ai changé mais j’espère tjrs.
Pour le côté “coeur grand ouvert à l’adolescence” j’ai fait pareil, maintenant je me suis calmée, trop de claques lol. Serait-ce la maturité de ne pas s’ouvrir totalement?
> sinon.. pour d’autres billets: le nudisme j’m pas mais au moins t’as pas de traces de bronzage :p
>iphone: pourquoi pas, si on se la pète pas avec un iphone yaura (et il y a déjà) autre chose toute aussi inutile avec laquelle on peut se la péter (ceci dit.. je ne l’ai pas…lol)
>école.. tu as déjà passé les exams ?
Petite interrogation personnelle… pourquoi les gens se parlent plus facilement à travers Internet? (le monde à l’envers..)
tchou