140 – Maieutic

Aujourd’hui j’avais prévu de vous dire c’était quoi cette bouteille de lait. Mais je préfère vous causer de mon long, douloureux et pénible processus de relecture. La première version de Merci Pour Les Souvenirs s’inscrivait dans le cadre d’un travail scolaire. Je l’avais rendu à la dernière seconde, cachet de l’email faisant foi, dans une version amputée d’un ou deux passages que je n’avais pas eu le temps d’écrire. Pas eu le luxe non plus de me relire, ce qui expliqua que mon prof d’écriture m’assène que c’était le manuscrit le plus blindé de fautes d’orthographes de toute la promo. Une distinction honorifique dont je suis fier, bien évidemment. Frustré, j’ai appliqué pas mal de temps à reprendre cette première version, lui ajoutant trois chapitres qui lui manquait, et étoffant le texte et les dialogues au cas par cas. C’est un peu comme dans le Cinquième Elément quand ils reconstituent Mila Jovovich. J’avais un squelette, j’ai rajouté une bonne couche de muscles et de gras par-dessus. Du coup qu’est-ce que je fais depuis un peu plus d’un mois ? Je rajoute le maquillage.

Dans la littérature comme dans la vie, la beauté est dans les détails. Alors une seconde fois je me penche sur mes constructions verbales à la recherche d’améliorations à effectuer. Dans cette tâche chiante a en crever je suis aidé par ma bible, une version imprimée et annotée par le tout puissant O’Brian, script doctor de son état. Une fille canon est aussi passée sur cette même édition pour y indiquer le gros des erreurs orthographiques. Un doigt sur le papier, l’autre sur le clavier, je relis au ralenti mon œuvre, ligne par ligne. Je traque les répétitions malvenues, les formules douteuses ou les concordances des temps malades. Il s’agit aussi de relever le niveau de langage de tel ou tel personnage afin qu’ils n’aient pas tous la même voix, une tâche dans laquelle je ne suis pas sûr d’exceller. Parfois il m’arrive d’avoir une idée de ouf de phrase à insérer pour m’apercevoir que j’avais déjà eu la même idée quelques lignes plus bas. Au moins cela prouve que je suis consistant dans mon écriture. Mais dans les faits, ce processus est une véritable torture.

Je voulais balancer un scénariste qui se tappe sa nègre mais en fait yen a trop et jen ai marre de me faire tabasser quand je vais en festival...

Je voulais balancer un scénariste qui se tape sa nègre mais en fait y'en a trop et de toute façon j'en ai marre de me faire tabasser quand je vais en festival...

J’ai récemment découvert que dans l’édition il existait des relecteurs, dont le boulot justement était de prémâcher cette étape pour l’auteur qui n’a plus qu’à valider ou non les propositions que le correcteur fera à sa place. Avant je voulais un agent, maintenant je veux aussi un relecteur. Parce que je déteste poser les yeux sur mes écrits. Je sais que c’est super banal de la part d’un prétendu artiste, ça n’en reste pas moins vrai. Entre les mots, les lignes, je vois les rouages de ma réflexion, les raisons du choix précis des mots. Mais je vois surtout ce qui manque, ce qui est trop, et que pourtant je ne vais pas toucher. En effet, modifier la structure du texte était l’étape précédente et si je me laissais aller à mes pulsions, je finirais comme Georges Lucas, trop obsédé à atteindre une perfection impossible que je n’avancerais plus jamais. Mon ambition n’a jamais été d’écrire un chef d’œuvre, mais qu’il soit suffisamment bon pour être lu. Je crois qu’il est suffisamment bon en l’état, et je dois me retenir de tour reprendre une fois de plus pour aller de l’avant. De toute façon si jamais (on peut rêver) j’hérite d’un beau contrat d’édition, le mec qui signe les chèques va lui aussi tout chambouler.

En ce lundi qui sonne le milieu de mes vacances d’été, je sais que j’approche de la fin. Dans quelques jours tout au plus j’aurais bouclé ce monstre boursoufflé qui m’a pompé trop d’énergie. Accoucher ça se fait dans la douleur, obviously. Le côté positif c’est que je peux commencer à lâcher la bête. C’est pourquoi je vous z’invite à checker le nouvel onglet CV/Travaux pour un avant goût en PDF. Petits coquins, en plus le premier chapitre est le plus long de tous. Ceux qui ont déjà lu l’entièreté de la chose ne verront sûrement pas les différences avec leurs versions, mais ils peuvent toujours essayer. Il doit cependant rester une ou deux fautes d’ortho, en plus du manque flagrant de mise en page. Mais c’est ça ou rien.
Demain on parlera permis de conduire. Rien à voir donc.

BONUS STAGE !!!

Bon j’ai déjà presque tout dit quelques lignes plus haut. J’avais tout de même envie de souligner la mise à jour des onglets FAQ (avec un lexique) et A Propos (avec les persos secondaires du blog).

20 réflexions sur “140 – Maieutic

  1. Pour ce qui est d’avoir du mal à lire tes écrit, je vis la même chose en musique et en rédaction de chanson… d’une j’en suis jamais content, mais de deux écouter nos morceaux est une torture pas possible… alors que visiblement les gens aiment bien, la preuve ils reviennent aux concerts ^^

    Sinon je m’en vais me taper ta preview et te backuper l’tout via Gmail, même si, bon j’ai déjà lu ton roman.

    Bref la relecture c’est un passage obligé, et vaut mieux que tu le fasses toi même, c’est plus sain et au moins ça te force à prendre du recul sur le truc, même si c’est pas évident.

    Keep it up et merci pour Adriana Lima, ça fait toujours plaisir.

  2. J’aime pas me relire.

    D’ailleurs pour mes disserte je ne me relis jamais u_u

    De toute façon je ne fais rarement des fautes.

    UEEEE CHAPITRE 1

  3. Lu alors y a un truc choquant, c’est quand elle dis au perso de se trouver quelqu’un.
    Le narrateur dit : “J’ai trébuché et ai perdu plus la main”… je sais pas ce que ce “plus” viens foutre ici.

    Sinon par rapport aux autres version, on les sent les changements. Le tout début me semble d’ailleurs plus faible qu’avant…plus conventionnel, moins percutant, je saurais pas dire pourquoi… le choix des mots peut être. Sinon dès le premier dialogue on sent l’improvement du coup c’est top et la fin du chapitre reste de cet acabit autant en terme de narration que de dialogue. Tu t’en sort vachement bien, si ce n’est, comme je te dis, cette intro un peu faiblarde au regard de ce que j’en ai lu par le passé :)

  4. Ouais y’a encore des fautes qui trainassent.

    Et pour l’intro on m’avait beaucoup dit que celle d’avant était clairement trop lourde et empattée. Compare et tu verras que j’ai vachement épuré.

    Après j’avoue que clairement un problème pour lancer le truc. Ptête lâcher direct sur le dialogue et redistribuer les infos plus bas. C’est l’unique pièce que j’accepterais de rebouger, mon incipit.
    J’attends d’autres avis pour ces dix lignes savoir ce que j’en fait.

    Et avis à la populace, on m’inonde d’hurlements d’indignations concernant l’ortho, j’ai déjà commencé à prendre ça en compte et quelqu’un va refaire un dernier passage sans moi pour les fautes donc no panic et ne me lapidez paaaaas.

  5. Deux choses HYPER importantes!!

    1) Adriana Lima, c’est bieeeeen!

    2) Très bonne analyse du gros lar… de George L. voulais-je dire!!

    Voilà voilà… Quoi d’autre, euh… Hum? Comment ça va sinon?…


    Ah oui, pardon! Le PDF oui, autant pour moi!! J’y cours je vole!!

  6. Tu les trouves où tes bannières de sponsors ? ^^

    Ah l’éternel problème de la relecture.
    Si on aime si peu se relire c’est que notre style porte en lui beaucoup de nous, révèle tant nos tics que nos faiblesses. Et c’est également une porte ouverte à la dérobée sur tout un tas de processus inconscients.
    N’est-ce pas toi qui parlais de certaines connaissances capables de te cerner rien qu’en lisant tes écrits ?

    Et sinon pour Lucas… Je ne sais pas si c’est une histoire de perfectionnisme (quand on voit l’état du scénar on peut se demander parfois), ou si c’est que sa vision de l’histoire a changé pendant les quinze ans qui séparent le VI du I.
    Et si parfois il ne se laisse pas tout à fait aller au gâtisme, mais cela bien sûr n’engage que moi.

  7. Tu es consistant dans ton écriture? tu veux pas dire “constant” plutôt ?

    Je vais me taper le premier chapitre et je dis ce que j’en pense !

    ^______^

  8. Les fautes c’est comme les mauvaises herbes… si vous voyez ce que je veux dire…
    Et l’orthographe c’est un peu la Kryptonite de la majorité des français… comme moi. ;-)

    Bref, vu que tu m’as auréolé d’une toute puissante extrêmement relative et totalement discutable, je vais en profiter pour en abuser et faire un peu de pub :
    Je n’ai jamais lu « Merci Pour Les Souvenirs » mais « Hate To Love / Love To Hate » voire même « Homecoming » voire même « certainement un autre titre encore » du même auteur étai(en)t très sympa(s). Alors n’hésitez pas à venir passer un bon moment, souvent drôle et parfois touchant, en compagnie de cet homme déchiré rendu fou par « amour ». :-D

    PS : En passant n’hésitez pas non plus à botter le cul de BenReilly pour qu’il continue Americana parce que, c’est bien gentil tout ça, mais j’attends la suite maintenant !

    PS 2 : Mais dis donc toi… C’est quoi « L’homme Qui Valait 99 Francs – Accomplissement : 90% – Statut : En pause » ??

  9. Je lis tous les jours (sauf quand je suis en vacances sans ordi ;) ) ton blog par mon agrégateur, et je peux te dire que c’est un plaisir de te lire!
    Je vais d’ailleurs aller entamer le fameux chapitre un de ton roman, depuis le temps que tu en parles, ça donnait sacrément envie!
    Sinon, le 31 aout c’est le BlogDay (www.blogday.org), je te prévenais donc que tu aurais droit de cité dans un de mes billets ;)

  10. Arf, les relectures t’en finis jamais. Que ce soit pour l’orthographe ou les tournures ou quoi que ce soit. Plus tu vieillis plus tu t’enrichis culturellement (enfin j’espère pour toi !) ce qui fait que tu constates toujours quelques imperfections à corriger. Entre ça et la frustration, l’impression de pas tout avoir dit, l’envie d’en dire plus parce qu’à la longue tes personnages ont développé une vie propre…
    Raaaaaahhh !
    Bon, je m’en vais farfouiller ce PDF…

  11. Hum, so… D’abord le positif : je me suis prise au récit, et j’aime beaucoup ton écriture, c’est fluide, parfait.
    Maintenant, les critiques (tremble…) : il reste effectivement quelques fautes sur lesquelles j’ai buté, if U want me to…, et le terme de “commissure” pour le coin des yeux m’a pas mal gênée, la commissure c’est les lèvres, ou bien toute autre ouverture anatomique (…), donc pour moi pas les yeux… Ouala…

  12. Quand tu auras signé un contrat avec un éditeur, quelqu’un ira effectivement repasser tes bêtises derrière toi, et pire encore, il saura te dire des trucs fondamentaux genre “là on comprend plus qui parle” ou “c’est naze cette phrase, t’écriras ça quand tu seras Simone de Beauvoir”. Les relectrices que j’ai connues étaient toutes géniales et de sexe féminin et talentueuses et n’avaient pas du tout envie d’être écrivain elles-mêmes. Je te souhaite de pouvoir bénéficier des lumières 8000 watts de gens comme ça, qui t’apprennent la vie en toute discrétion.

    (Contrairement à tes amis qui te sortent des trucs genre “ton langage est d’une pauvreté incroyable”, alors que toi après 300 pages tu peux même plus penser à des mots nouveaux.)

  13. Pollux –> Ouais ouais ça va. Et toi ça bosse ?

    Polo –> T’as tout pigé. Et pour mes sponsors c’est une longue histoire et j’aime pas me vanter (fake).

    GueX –> Oops, problème d’anglicisme. Voilà ce qui arrive quand on lit en anglais… Fuck tiens.

    O’Brian –> Ta toute puissance est ma kryptonite à moi donc bon. Et botte moi le cul autant que tu veux je peux être très borné.

    Aratta –> Salut et bienvenue à toi. J’apprécie le geste à sa juste valeur et je vais réfléchir à ce truc tiens…

    Lily –> Si je te crève un oeil avec un pic à glace tu crois que ça en créera pas une de commissure ?
    Plus sérieusement j’avais fait exprès, je me disais que ça sensualisait le truc. M’enfin c’est le genre de trucs qui peut sauter au niveau du relecteur (cf commentaire d’après).

    Maïa –> Change d’amis.

    Et ouais c’est bien tu me confirmes ce que j’espérais. Plus qu’à en capturer une, si possible zexy et la traîner devant Word 07.
    - Mais j’utilise OpenOffice, je crois au libre !
    - Ta gueule la communiste !
    Vlan une gifle.

  14. “Et botte moi le cul autant que tu veux je peux être très borné.”
    J’en suis convaincu… C’est un peu pour ça que je demandais de l’aide aux autres. :-D Ma toute puissance trouve rapidement ses limites. ;-)

  15. Je suis d’accord avec O’brian… continu Americana! Merde !

    Et moi je vais relire mon manuscrit de l’Homme qui valait 99f, parce que je peux moi… lalalala

  16. Maieuh… Comment tu fais pour savoir que t’es à 10% d’un projet ? J’veux dire, moi les 25 romans en cours sont au mieux au stade de “1 paragraphe et des idées jetées” et je sais pas comment tu fonctionnes, mais c’est un peu pifomètre, non ? Ou alors à partir d’un squelette d’histoire, c’est facile de déterminer ce genre de trucs ?

    (Désolé, j’ai pas encore lu ton premier chapitre et je vais ptetre pas pouvoir tt de suite pask il est tard et j’ai un rapport de stage à rédiger et que je suis über à la bourre dessus d’ailleurs p*tain qu’est-ce que je fiche sur le net à lire plein de blogs au lieu de bosser… Mais mon avis dois pas être parmi les prioritaires, toutes façons… J’veux dire, chui sur La Reine des Damnés depuis genre 3 ans pask je le lis tous les 36 du mois et que j’entrecoupe d’autres livres [cela dit, j'ai lu Le Jour des Triffides beaucoup plus vite]. )

  17. O’Brian –> BWAH AH AH. Oui, c’est tout.

    Cidovul11 –> \o/

    etioun –> O’Brian aussi y peut, je viens de lui passer…

    Last Equinoxx –> Comme je l’ai dit y’a quelques mois, je commence jamais à écrire quoi que ce soit tant que j’ai pas le squelette bien en place. Du coup, ouais, à vue de nez je sais qu’avec mes 8 pages j’en suis à un dixième de l’histoire. On verra quand je l’aurais fini si j’avais raison.

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