Je me souviens de me première lettre de motivation ever. C’était il y plusieurs années. La boutique Quiksilver de Lyon cherchait des vendeurs. Il m’aura fallu une bonne dose de courage pour aller m’enquérir des formalités de candidatures. On m’a dit que si j’avais eu des seins énormes ça aurait été banco, mais qu’en l’état, tout ce que je pouvais faire c’était laisser un CV et une lettre de motive. A l’époque j’avais un pote qui bossait qui siège de Quiksilver France. Il m’a fortement conseillé de faire un truc un peu funky, un peu barré pour retenir l’attention. Ni une ni deux j’ai juste pondu en une semaine trois pages de bande dessinées en guise de lettre de motivation, vannes et bons mots inclus. Histoire de parachever mon chef d’œuvre je m’étais dessiné en homme de Vitruve se cachant le sexe en guise de couverture. Je vous laisse imaginer la tronche du gérant. Je n’ai bien entendu jamais eu de nouvelles, malgré le meilleur dossier de tous les temps. C’était ma première lettre de motivation. C’était aussi et surtout ma dernière lettre de motivation ever.

Oui ça va faire gros con, mais depuis cette histoire, je n’ai plus jamais rédigé la moindre lettre de motivation pour trouver du taf’. Quand je me suis fait engager comme pigiste, c’était sur la base de mes interventions sur divers forums. Lorsque j’ai tapé l’incruste chez Ubisoft j’avais uniquement fait tourner un CV à un pote déjà dans la place. Dans mon esprit malade, si je postule c’est que je suis motivé putain ! Pourtant je sais que les lettres de motivations participent à la sélection et toussa que les RH ça les fait kiffer de le dedans de leur bas ventre. M’enfin, quand j’ai jeté un œil aux lettres des postulants à la reprise de mon taf’ chez Ubi, tout ce que j’ai lu c’est des copier coller impersonnels et creux. Ca ne leur aura pas empêché d’avoir un entretient comme moi. Il n’est pas dit que je continue à devenir stagiaire à la seule force de mon refus d’obtempérer. Si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine que je devrais écrire une saleté de lettre de motivation. Et merde tiens je suis baisé de toute façon.

Si je parle de ça c’est que mon bouquin est done, finito, bouclé sa race. Enfin y’a bien une relecture ortho-syntaxique à faire, mais ça c’est pas moi qui m’en occupe. Le truc c’est que là je dois faire, je vous le donne dans le mille : des lettres de présentation. Oui, c’est un euphémisme à la con pour dire motivation. Parce que, comme dans la BD, poser la somme de son taf’ sur un bureau ne suffit pas. Il faut mettre du contexte autour. Of course si j’étais fils caché de PPDA ça ferait un putain de contexte et je me ferais une joie de le détailler. Là, je dois faire des recherches pour trouver le nom des directeurs de collections qui ne liront pas mon manuscrit, détailler mes supers points forts d’étudiant de l’élite intellectuelle de ce pays et surtout pitcher mon taf’, ce que je déteste faire tant j’aimerais qu’on le laisse parler par lui-même. Une fois de plus ce n’est pas moi qui fais les règles. Et cette fois je suis motivé, alors je vais plier.

La dernière ligne droite je ne la vois pas, vu que je marche dessus. La rentrée se précise elle aussi. Fuck. Allez je file, faut que je profite de ma dernière semaine lyonnaise. Chui sûr que je peux revoir une ou deux copines avant de rentrer sur Paris.
MENDIANT STAGE !!!
Oyé oyé citoyens du Best Place !
J’en appelle à votre carnet d’adresse ! La sœur de votre ex à sucé Beigbeder dans une backroom ? Votre oncle à vendu de l’heroïne à Naulleau ? Vous avez vous-même accepté de coucher avec Nothomb contre de l’argent ?
Si quelqu’un à le moindre tuyau éditorial qu’il me le fasse savoir.
Parce que la vérité c’est que si jusque dans l’écriture et la correction je savais parfaitement quoi faire. Là je suis clairement pas sur mon terrain.





