147 – Demotivation

Je me souviens de me première lettre de motivation ever. C’était il y plusieurs années. La boutique Quiksilver de Lyon cherchait des vendeurs. Il m’aura fallu une bonne dose de courage pour aller m’enquérir des formalités de candidatures. On m’a dit que si j’avais eu des seins énormes ça aurait été banco, mais qu’en l’état, tout ce que je pouvais faire c’était laisser un CV et une lettre de motive. A l’époque j’avais un pote qui bossait qui siège de Quiksilver France. Il m’a fortement conseillé de faire un truc un peu funky, un peu barré pour retenir l’attention. Ni une ni deux j’ai juste pondu en une semaine trois pages de bande dessinées en guise de lettre de motivation, vannes et bons mots inclus. Histoire de parachever mon chef d’œuvre je m’étais dessiné en homme de Vitruve se cachant le sexe en guise de couverture. Je vous laisse imaginer la tronche du gérant. Je n’ai bien entendu jamais eu de nouvelles, malgré le meilleur dossier de tous les temps. C’était ma première lettre de motivation. C’était aussi et surtout ma dernière lettre de motivation ever.

Oui ça va faire gros con, mais depuis cette histoire, je n’ai plus jamais rédigé la moindre lettre de motivation pour trouver du taf’. Quand je me suis fait engager comme pigiste, c’était sur la base de mes interventions sur divers forums. Lorsque j’ai tapé l’incruste chez Ubisoft j’avais uniquement fait tourner un CV à un pote déjà dans la place. Dans mon esprit malade, si je postule c’est que je suis motivé putain ! Pourtant je sais que les lettres de motivations participent à la sélection et toussa que les RH ça les fait kiffer de le dedans de leur bas ventre. M’enfin, quand j’ai jeté un œil aux lettres des postulants à la reprise de mon taf’ chez Ubi, tout ce que j’ai lu c’est des copier coller impersonnels et creux. Ca ne leur aura pas empêché d’avoir un entretient comme moi. Il n’est pas dit que je continue à devenir stagiaire à la seule force de mon refus d’obtempérer. Si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine que je devrais écrire une saleté de lettre de motivation. Et merde tiens je suis baisé de toute façon.

Si je parle de ça c’est que mon bouquin est done, finito, bouclé sa race. Enfin y’a bien une relecture ortho-syntaxique à faire, mais ça c’est pas moi qui m’en occupe. Le truc c’est que là je dois faire, je vous le donne dans le mille : des lettres de présentation. Oui, c’est un euphémisme à la con pour dire motivation. Parce que, comme dans la BD, poser la somme de son taf’ sur un bureau ne suffit pas. Il faut mettre du contexte autour. Of course si j’étais fils caché de PPDA ça ferait un putain de contexte et je me ferais une joie de le détailler. Là, je dois faire des recherches pour trouver le nom des directeurs de collections qui ne liront pas mon manuscrit, détailler mes supers points forts d’étudiant de l’élite intellectuelle de ce pays et surtout pitcher mon taf’, ce que je déteste faire tant j’aimerais qu’on le laisse parler par lui-même. Une fois de plus ce n’est pas moi qui fais les règles. Et cette fois je suis motivé, alors je vais plier.

La dernière ligne droite je ne la vois pas, vu que je marche dessus. La rentrée se précise elle aussi. Fuck. Allez je file, faut que je profite de ma dernière semaine lyonnaise. Chui sûr que je peux revoir une ou deux copines avant de rentrer sur Paris.

MENDIANT STAGE !!!

Oyé oyé citoyens du Best Place !
J’en appelle à votre carnet d’adresse ! La sœur de votre ex à sucé Beigbeder dans une backroom ? Votre oncle à vendu de l’heroïne à Naulleau ? Vous avez vous-même accepté de coucher avec Nothomb contre de l’argent ?
Si quelqu’un à le moindre tuyau éditorial qu’il me le fasse savoir.

Parce que la vérité c’est que si jusque dans l’écriture et la correction je savais parfaitement quoi faire. Là je suis clairement pas sur mon terrain.

146 – Da BenReilly’s Cine Club #9

Nous sommes en 1957, en plein guerre froide. Ce qui semble être un météore s’écrase au large des côtes de Rockwell, dans le Maine. Après qu’une série d’étranges manifestations ébranlent la paisible ville, le jeune Hogart décide de mener sa propre investigation. Ce qu’il découvre défie l’imagination : un robot géant de fer, amnésique et qui parle avec la voix de Vin Diesel. Bien vite la machine s’attache au jeune garçon qui se fait le serment de protéger le géant. Car alerté, le gouvernement à dépêché un agent des plus tenace, persuadé que les Russes sont derrière tout ça. Seulement comment cacher et éduquer un monstre de métal de cette taille ?
Pour ceux qui n’ont absolument aucune idée de quoi je peux parler, il s’agit simplement d’un des meilleurs films d’animation de tous les temps.

Il est de notoriété publique que j’ai détesté les Indestructibles. Oui, je sais. J’ai d’ailleurs failli me faire virer d’Ubisoft pour ça. La vérité c’est que j’espérais des super-héros uber badass qui profiteraient de l’absence de caméras réelles pour faire des purs trucs de ouf visuellement. Au final j’ai eu des héros avec des pouvoirs de fiotte, qui à part Frozone ne crevaient pas l’écran. A partir de là rien à branler du drame familial, de la morale à deux balles « Tout le monde est spéciaaal ». Et me parlez pas du design rétro-futuriste qui m’a plus démotivé qu’autre chose. Bref je suis passé à côté, persuadé de ne rien voir de nouveau là dedans pendant que tout le monde se branlait le cervelet en sortant de la salle. Shit happens. Pourtant quand j’ai su que Brad Bird était aux commandes je me suis retrouvé excité comme une pucelle. Parce que le Brad, avant de faire son beau gosse chez Pixar, c’est le type qui a mené de front le Géant De Fer, dernier long métrage 100% animation de Warner Animation. Pourquoi le dernier me direz-vous ? Simplement parce que malgré sa moyenne de reviews à 97% positives, le film à fait le plus gros flop ever du département animation. La faute à une équipe marketing incapable de vendre correctement film.

J’avoue que la tâche n’était pas facile. Déjà le graphisme est très typé années 50 pour coller à l’univers du film. Seul le Géant et quelques plans contenaient de la modélisation 3D, ce qui faisait bien peu quatre ans après la révolution Toy Story. Rajoutez à ça le fait que l’intrigue fait la part belle aux personnages au détriment de l’action, présente des sous-textes relatifs à la guerre froide et manque de véritable vilain. Shit. Pas facile de vendre quelque chose de pas formaté. Les boss de Warner ont ensuite cité Le Géant de Fer à plusieurs reprises pour justifier leurs futures bouses, clamant que « Quand on essaie de faire de l’animation intelligente, elle se fait massacrer en salle ». Heureusement le DVD est venu équilibrer un peu les choses. Avec les années, le bouche a oreille aidant, le film a circulé au point de devenir pour certain un classique. Aujourd’hui je considère que c’est mon tour de faire tourner l’info. Je me doute que pas mal d’entre vous aient pu le voir. Quand aux autres ruez vous sur un des derniers longs métrages d’animation traditionnelle. Le jeu en vaut la chandelle ne serais-ce que pour la qualité des dessins, des décors et la subtile intégration de la 3D au service de quelque chose de plus grand. En plus y’a Superman, mais vous comprendrez.

Oui y'a un mot en trop, mais m'étant couché à 7h du mat', j'ai droit à un Joker.

Du coup j’en veux pas à Brad Bird d’avoir fait les Indestructibles. Son chef d’œuvre restera à jamais Le Géant De Fer, que pour le coup je reverrais bien une quatrième fois. Demain, rien à voir mais on causera lettre de motivation.

[edit] = Dans les com’ je fournis deux liens pour acheter le DVD à prix vraiment donné pour ceux qui en ont l’envie.

BONUS STAGE !!!

Okay, la bande annonce est à chier. Quand on sait pas comment vendre un film, on devient désespéré et on montre TOUT dans le FUCKING TRAILER ! A regarder uniquement si vous êtes pas sûrs de me croire sur parole.

145 – Ben And Pollux Goes To White Castle

Mercredi soir, je chope un Vélo’v à côté de chez moi et dévale la colline en direction du Ciné Cité. J’ai rendez vous avec Pollux qui sort de Dark Knight. Notre mission : retrouver Juliette sur les quais. Je change de vélo pendant que mon meilleur ami en prend un. Lorsque l’on arrive on tombe sur Juliette complètement pétée « Les mecs chui complètement pétée ! ». Dans un élan éthylique elle se jette dans nos bras. C’est pour ça que j’aime les filles bourrées. La bougresse est avec une copine, un gars quelconque et deux autres Matthias. Dans ma tête je me dis WTF. M’enfin, une heure plus tard, c’est OMGWTF qui me viendra à l’esprit quand un des Matthias qui n’est pas moi arrivera en fourrer sa langue dans la bouche d’un de mes premiers coups de foudre. Concluant que t’façons j’avais tripoté ses fesses cinq ans avant lui je fais signe à Pollux que je me fais chier. Il valide et nous revoilà à louer des vélos.

On a pas envie de rentrer. Pollux à faim. C’est pas loin d’une heure du matin. On décide de tenter notre chance jusqu’au MacDo le plus proche. Fuck, fermé depuis 23h, saleté de ville de Province à la noix. Bon, celui de Charpennes est pi-être ouvert mais c’est pas gagné. Pollux se souvient d’un Quick super loin qui ne ferme son drive qu’à 3h du matin. C’est donc plein d’espoirs que nous nous retrouvons à traverser une ville quasiment vide. Arrivés au Quick, c’est le drame. Le fast food est bel et bien ouvert jusqu’à trois heures, mais à partir du jeudi. Okay on est techniquement jeudi là de suite mais visiblement ça ne compte pas. Et les vélo’v qui sonnent la fin de la période gratuite. Nouvel échange de vélos. Au point où l’on en est on part en direction de Charpennes pour voir à quelle heure il fermait. Bouclé depuis 1h, au moins maintenant on le saura. Et si on retournait voir Juliette ? Elle répond pas au téléphone, sûrement la bouche occupée. Sur les quais, plus personne, après tout c’est le milieu de la nuit. Dernier swap de vélo’v, on traverse le rhône pour trouver la seule baraque à frite ouverte H24 de toute la ville. Pollux, qui avait faim à la base, jette un œil.

- Nan on s’casse. S’trop cher.

Il est plus de quatre heures lorsque j’attends que mon best friend forever se loue un ultime vélo’v afin de rentrer chez lui. Il m’aura raccompagné jusqu’au haut de la colline. Parce que la vérité c’est qu’on a passé une super bonne soirée. En mode la nuit nous appartient on s’est fait des pointes de vitesses sur les boulevards déserts. Mais surtout on a partagé des souvenirs de flirts collégio-lycéens. J’aurais appris l’existence de Justine, qui avait vu le Christ et dont le jeu favori était d’augmenter la pression sanguine de Pollux sans lui ôter le moindre habit. En échange j’ai détaillé les pulsions physiques d’Evelyne, protestante pure et dure dont seules ses hormones arrivaient à faire vaciller sa foi. Au final, je crois bien qu’on emmerde Juliette et son baveux du soir. J’ai échangé ma jalousie contre du bon vieux guy love, quelque chose de bien plus rare et précieux.

Rha, j’en verserais presque une larme. Mais comme j’ai un barbecue prévu j’ai pas que ça à foutre. Ah si demain on parlera films, of course, mais dessin animé, et c’est une première.

BONUS STAGE !!!

Pour ceux qui se posent la question : 21,5 kilomètres.