175 – Lloyd ! Get The Fuck Out Of Here !

Je suis fan d’Entourage (maintenant en HD, mangez-en, c’est bon). A la base c’était pas gagné. Une série HBO sur une superstar de cinéma et sa bande de pote, par tranches de 25min remplies avec des vannes, des fucks et du fucking. Le tout baigne dans une nonchalance et une certaine apologie du vide. Non, clairement au début ça me cassait un peu les couilles. Jusqu’à ce que je croise le personnage d’Ari Gold. Ari est l’agent de Vincent, la superstar, et en vrai c’est lui le héros de cette série. Grande gueule et plein de ressources, c’est un peu l’agent de rêve. Ah moins que le rêve ce ne soit d’avoir un agent. Non mais foncièrement à quoi ça sert un agent dans la vraie vie, hors d’HBO je veux dire. En fait c’est le type qui va aller voir les producteurs et autres financiers à votre place, vous vendre à votre place, négocier les contrats à votre place et organiser votre promo à votre place. Techniquement son but dans la vie c’est de limiter au maximum votre part de taf’ qui ne relève pas strictement de votre art. Combien ça coute d’avoir un mec qui vous rend la vie plus facile ? Un pourcentage de ce qu’il vous rapporte (généralement 10%, même si ça oscille).

A ce stade de la note, c’est lundi alors je vous en veux pas, mais vous vous demandez où je veux en venir. En fait j’avais envie de causer des agents littéraires. Aux US c’est monnaie courante d’aller déposer son manuscrit à un agent plutôt qu’à une bande d’éditeurs surchargés. L’agent c’est le type qui est sensé avoir un minimum de crédibilité car ayant déjà effectué une pré-sélection. Et quand il pose un manuscrit sur le bureau d’un éditeur, c’est avec une certaine caution supplémentaire en rab’. En France on appelle ça des « Amis journalistes ». Genre tu connais un type chez tel magazine qui connaît un type chez tel éditeur. Pour simplifier on peut aussi appeler ça le piston. C’est discret parce que ça fout les boules aux jeunes qui n’en veulent et qui n’ont pas d’amis. Mais c’est aussi stupide, car en restant dans l’ombre et en se limitant aux amis, on est pas professionnalisé. Un type qui pistonne va rarement demander une rétribution financière, ou bien aller accompagner le projet. En l’état, on a donc à priori des demi-agents.

Parce que voilà, en France on a la culture du mérite, du vrai. Genre tu veux publier bah tu te démerdes, t’es un homme, un vrai. Tu DOIS aller lutter dans la boue, sonner à des portes qui ne répondent pas. Et puis c’est quoi ces espèces de capitalistes qui profitent du talent des autres ?! Saleté de métier ricain à la con tiens ! Oui mais dans les faits, il se passe quoi ? Dans les faits un stagiaire va lire des manuscrits à la place d’un éditeur dont le goût perso aurait pu changer un non en un oui. Dans les faits une amie qui en est réduite à coucher avec un employé d’une grosse maison d’édition attend toujours une réponse à son manuscrit. Dans les faits quand sur Rue 89 ils nous disent comment Faïza Guène a publié son premier roman (400 000ex), ça donne « Un des profs de l’élève Faïza Guène, qui avait repéré « une bosseuse qui a du talent », lui demande l’autorisation de soumettre un début d’histoire à quelqu’un de l’extérieur. Sans préciser qu’il s’agit de sa sœur, Isabelle Seguin, éditrice chez Hachette. » Si vous avez l’impression qu’on se fout de la gueule du monde, vous êtes sur la bonne voie.

Au final des agents littéraires en France, y’en a moins d’une demi douzaine. La moitié se préoccupent uniquement des gros gagneurs (qui eux, pas cons, ont saisi l’intérêt de la démarche), les autres luttent sans qu’il soit évident de cerner leur réelle influence. Mais après tout, est-ce que l’agent est la réponse à tous les problèmes d’un éventuel premier roman de qualité ? Clairement pas. Même s’il faut avouer que dans un métier ultra-concurrentiel, pourri jusqu’à la gueule et avec un doux parfum de loterie, avoir quelques portes en plus auxquelles frapper serait pas du luxe.

Sur ces belles paroles, que je vous laisse tout le loisir de méditer pendant 24h, j’annonce le sujet de demain. On causera monde réel et ninjas UMP. J’avais promis une reveal. Y’en aura une.

LINK STAGE !!!

Intéressant article de la part (encore) de Rue89 à propos des agents littéraires en France.

16 réflexions sur “175 – Lloyd ! Get The Fuck Out Of Here !

  1. “Let’s hug it out bitch!”
    “Give me some good, E!!”

    Plus de six mois sans Ari Gold, et j’étais littéralement au bord du gouffre! Obligé de m’exiler en Afrique sauvage sans ADSL pour tenir le choc et suivre une cure de désintoxe forcée!

    Loués soient les Seigneurs de Kobol (oui je suis polythéiste à mes heures perdues), Ari est revenu la semaine dernière, vaguement entourés de tous les premiers rôles insignifiants de la cultissime série Entourage!!

    Ari Gold, c’est un peu ma bouffée de Ian Malcolm hebdomadaire!! Comprenne qui pourra!!

  2. Monde de merde hein!
    Je guette le ninja ump, ça m’évitera d’enfoncer une porte ouverte concernant le piston…et entourage m’avais un peu fait flipper au première épisode…genre le Ari Gold en question c’est un barney stinson en puissance (en gros le personnage secondaire qui écrase un peu la série mais justifie les heurs passé a la regarder…)?

  3. D’après ce que j’ai compris, tu vas pas chercher l’agent, c’est l’agent qui va te chercher (tout le contraire de l’argent, mais c’est un autre débat).

    Donc, quand t’auras publié ton premier roman à la sueur de ton front, qu’un éditeur a accepté de lacher quelques euros pour l’imprimeur et qu’ensuite t’as fait 400 000 ex alors un type vient frapper a ta porte avec avoir laisser son dentier de requin dans sa bagnole.

    En même temps, je dis ca, mais si un agent frappe chez moi en me disant “intertional editor, movie et moult brouzoufs”, j’y refléchirai pas forcément deux fois avant de demander la lecture d’un contrat.

    Dans le genre agent littéraire, celui de Californication est pas mal (reprise le 28/09 !)

  4. On ne peut pas surpasser Barney Stinson.

    IMPOSSIBLE §§§§

    De toute façon, tout marche par piston, surtout en BD.
    “Ué on a bossé dur avec mon scénariste….et celui de chez soleil”
    “On a signé chez Soleil ô/”

    Ne voyons ici AUCUN piston.
    : p

  5. Fenrhyr a pas mal dit le truc. Et crois-moi, ça pourrait être pire… Tu pourrais, par exemple, être dans la situation de ta copine “qui en est réduite à coucher avec un employé d’une grosse maison d’édition [et] attend toujours une réponse à son manuscrit”. Parce que, pour avoir tout de même eu deux ou trois échos du milieu littéraire français, j’ai la tristesse de t’apprendre que, ça y est, elle est brandée “salope littéraire” (authentique) !

    Proche cousine de la “‘tite meuf de Bastille”, la salope littéraire veut généralement bosser dans l’édition/être publiée, et a naïvement cru que jeter son corps (souvent appétissant) dans la balance serait une preuve de motivation supplémentaire. Elle ne sait pas encore qu’elle a juste gagné un ticket pour une litanie de cocktails branchés où elle se fera entreprendre par des gens de la profession. Là, bien sûr, elle en est au début alors son quotidien sera essentiellement composé d’assistants éditoriaux ou d’auteurs de BD indés flirtant avec les grandes maisons littéraires. Mais, à terme, si elle a de la chance, elle pourra certainement se faire partouzer par des philosophes cinquantenaires sur le retour et autres grands reporters vivant sur la gloire de quelques mois de captivité dans les années 80.

    A leur contact, elle croira certainement apprendre bien des choses comme la conquête de la liberté de pensée par le sexe débridé, ou les manières de tromper la déprime en essayant de ressembler à un malheureux mélange de BHL et Bukowski. Bizarrement, si elle recevra de plus en plus de coups de fil de tous ces gens croisés dans des soirées de plus en plus privées, le premier chapitre de son manuscrit sera, lui, de moins en moins lu.
    En fait, elle ne le sait pas encore, mais elle est en train de prendre une fameuse leçon d’économie, puisqu’elle est devenue une monnaie d’échange, soumise aux dures lois de l’offre et de la demande. Autant pour la littérature…

    Et après ? Et bien, pour celles qui n’auront pas su capitaliser sur cette expérience pour décrocher un poste au FMI, il reste deux solutions : attachée de presse (en remplacement, faut pas déconner non plus) ou Mme Bovary à l’envers (tout baser pour retourner dans sa province vivre le rêve petit-bourgeois). Bref, oublier que la France est un pays de machos séducteurs, en particulier les soixante-huitards oeuvrant dans l’édition, est à mon avis une lourde erreur. Il est tout de même bien plus sûr d’être la fille de quelqu’un qui pèse financièrement si on veut vraiment rentrer dans le milieu sans savoir écrire ou éditer des livres… CQFD.

    Il est bien sûr inutile de préciser que des romans relatant cette belle tranche de vie typiquement germanopratine ont déjà été écrits (“Funambule”, de je ne sais plus qui, notamment), donc que ça ne marchera pas comme ça…

  6. Quel bonheur… J’hésitais à parler d’Entourage dans un com’, je croyais que ton niveau culturel t’empêcherait de t’intéresser à une série sans aucune histoire (faut dire ce qui est), qui se moque de son potentiel dramatique (comment Vince fait pour ne pas déprimer ? comment les autres se regardent dans le miroir ?), et surtout qui zappe ses storylines aussi vite qu’une fellation apparait dans un porno (genre, E a voulu tromper Sloane et deux épisodes après il l’a oublié ?)

    Mais Ari, mon Dieu…. Pareil que Pollux, sans ma dose quotidienne / hebdomadaire, je ne vis plus. Ce mec est juste le personnage le mieux écrit de l’histoire des mecs qui disent fuck toutes les deux phrases et qui ne sont pas des dealers noirs.

    Now how about a quick blowjob before my Vince dinner?

  7. On vit dans un monde où faut jamais hésiter à passer sous le bureau. Je trouve ça triste de ne pas pouvoir être reconnu pour ses qualités intrinsèques, mais plutôt parce que tu connais quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un… Entre ça et le nombre de daubes écrites mais qui se vendent parce que c’est du trash sur untel ou unetelle, si la profession faisait un peu le ménage dans les merdes publiées yaurait vachement de place pour les jeunes talentueux.
    Mais non, on préfère tirer la culture vers le bas, encore et toujours… M’énerve !

  8. ué, mais pour contrebalancer, j’aurais tendance à dire que le fait de profiter de copains de copains n’implique pas qu’on est mauvais, du moins je l’espere, pcq sinon dans ce cas je suis mal barré.
    plutot que de piston j’appelerai ça tisser/profiter d’un reseau
    Perso, même si j’aurais surement reussi autrement ( faut bien se rassurer), mon premier contrat dans la BD je l’ai eu aussi pcq un ami, qui etait dejà dans le metier et qui m’avait suivi et ouvert pas mal de porte durant qq années pcq il croyait en moi, m’a mis en contact avec mon scenariste/dir’col’ le jour ou ce dernier à eu besoin de qqun pour un truc qui me convenait parfaitement au moment ou en plus perso j’etais dispo
    et alors? et alors ué, oki, j’ai été avantagé va t’on dire par rapport à qqun qui avait pas ce genre de contact? en même temps, perso, j’ai passé pas mal d’années à me les creer ces contacts, principalement à trainer dans les festoches par passion, et j’aime à penser que si ça a marché c’est surtout pcq les mecs pensaient que j’avais le potentiel pour y arriver. ( et je precise, j’ai pas couché :D )
    bref, ui c’est plus facil quand tu connais dejà du monde que quand tu debarque de nul part, mais en même temps c’est assez facil finalement de connaitre du monde, à partir du moment ou t’as dejà qqch à montrer/raconter, et que y’a 50 festoches par WE en france. C’est comme pour un escalier, c’est toujours plus facil de monter en commencant par la première marche.
    Aprés, c’est sur, je parle de BD, en litterature c’est peut etre different. :)

  9. fenrhyr –> Bah a Hollywood en l’occurence si, tu peux envoyer des scripts à des cabinets d’agents sans que ça pose problème.

    BluuG –> Aaah le mythe Soleil. ^^

    Tonio –> Extraordinaire commentaire, j’ai été obligé de t’appeler pour te féliciter. :D

    Queen –> Nan mais je suis un homme de goût tu crois quoi ?

    Lily –> Bienvenue dans Idiocratie… :’(

    A’DN –> Ah nan mais je dis pas que les mecs qui ont publié par réseau ont aucun mérite. Je dis juste qu’ils partent avec une chtite longueur d’avance stoo.

  10. N’oublions pas le gosse qu’à pondu Eragon et dont papa et maman sont dans le milieu… ça aide. Bah, y’en a encore pour un moment avant que les agents ne deviennent vraiment reconnus, chez nous… ah ben tiens, tout comme le travail d’auteur, tiens… ou les droits qui vont avec.

  11. Queen-> Raaah! Je viens de finir l’épisode 3 de la nouvelle saison, en HD bien sur! L’épisode est entièrement à la gloire de Ari, ça fera plaisir dans les chaumières!

    Andoryss-> Ah je comprends mieux pour Eragon!!
    Non parce que sincérement, fallait vraiment oser sortir un tel plagiat de Star Wars, mal écrit et sans originalité, sans se faire rabrouer par n’importe quel éditeur ayant encore un faible pourcentage d’âme insouillée!!

    Eragon, le livre que tout le monde aurait pu écrire, mais personne n’a jamais tenté sa chance tellement c’était courir au suicide… Et bah non! Non seulement y’a eu un con pour l’écrire, mais y’en a eu un autre pour le signer, sentant venir les millions d’autres cons qui se jetteraient dessus!!
    Y’a pas à dire, ils sont forts ses éditeurs!!

    Bon, sinon c’est quoi ce bordel! 2h32 et toujours pas de nouvel article?

  12. @ Pollux > Eragon est un plagiat de Star Wars? Toi, t’as pas lu l’épée de vérité… C’est juste pire… C’est Luke Skywalker qui fait de la fantasy, L’épée de vérité. J’ai abandonné au bout d’une vingtaine de page, quand le héros -que en fait le vieux voisin ben c’est un ancien chevalier hyper puissant- et ledit voisin doivent faire front pour aller sauver une demoiselle en détresse, princesse d’un royaume de je sais plus quoi… plus flagrant, tu meurs… ça suppure Star Wars.

    Quant à Eragon, j’ai lu dix lignes au hasard dans le corps de texte, et décidé que c’était pas lisible. Il est resté sur le rayonnage…

    Au fait, j’avais lancé Ben sur la piste de L’assassin Royal de Hobb, je me demande ce qu’il en est… :)

  13. Ah non, je connais pas L’Epée de Vérité, et j’ai plus trop envie de connaitre!!

    Eragon, on remarquera que c’est un peu la même chose.
    Le gamin aux origines obscures, élevé par son oncle qui se fait tué par les stormtr… euh les méchants de l’empire juste au moment où il faisait connaissance du vieil ermite du village, ancien chevalier jed… euh pardon “dragonier”, qui mourra dans un dramatique combat avec le méchant pas beau au moment de sauver la princesse de l’étoile noi… enfin le chateau là!!

    Bref, on va pas s’appesantir dessus, mais même si c’est pas un réel plagiat, c’est clairement sans aucune originalité!

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