Sérieux, je trouvais que ma vanne était pas si mal. Pas ultime, mais pas naze non plus. Pourtant la fille que j’éssaie d’accrocher ne réagit absolument pas. Une seconde est suffisante pour instaurer un gros blan qui pue le fail. La deuxième seconde m’évoque les suplices des temps anciens. Et là, le truc totalement improbable, sorti du néant. La fille éclate de rire. On pourrait croire à un rire préfabriqué pour pas blessé l’interlocuteur. Mais non, elle se marre avec une sincérité déconcertante. Je dois admettre l’abominable. Cette fille est lente. Cérébralement. Ca m’apprendra à parler au premier joli minois venu aussi ! Aujourd’hui, nous sommes mardi dernier (licence poétique > concordance des temps) et c’est la première soirée en boîte du Celsa. Je fais partie des cinq courageux marketeux à ne pas être totalement asociaux, et donc à être présent (ça fait 20%, tristesse). Et là tout de suite, je tente désespérément de rencontrer du monde, perdu dans la horde d’étudiants de troisième année que je connais pas.

Heureusement que plane sur moi l’ombre du Z. Je veux bien sûr parler de la trop choute Zélie. Le temps de quelques trop brefs pas de danse, ça fait du bien d’être là. Je lui saisis les doigts et je suis électrisé. Une dose de son sourire et je sais que je suis à bloc pour une bonne heure. Je l’abandonne à un autre et je bifurque en direction d’autres potes. Big up à Eric Coulon et ses smooth moves qui font chavirer les filles. C’est pile quand je commençais à redescendre que j’apperçois un visage que je n’avais que trop brièvement croisé depuis le début d’année. A la lueur des projos je distingue des traits fins mais pleins de personnalité, des cheveux qui s’agitent comme un métronome au rythme de la musique autour de lèvres fines. Depuis deux semaines j’avais le cœur qui battait à tout rompre, à tenter de se briser contre mes côtes, suicide cardiaque. En cet instant précis il ne bat pas moins fort, mais ça ne fait plus mal. La douleur à disparue.

Il est maintenant plus de cinq heures du matin. Le dernier noctilien m’est passé sous le nez, ce fils de pioute. Je boitille d’Opéra jusqu’à Parmentier. Il m’aura fallu dix minutes pour boucler le bouquin que j’avais dans la poche intérieure de ma veste. Reste mon cerveau pour me raconter des histoires que je connais pas. J’ai rien tenté. Non pas que j’aie pas voulu, mais je le sentais que très moyennement (euphémisme de pas du tout). Néanmoins le bras de fer interne entre ma raison et mes tripes aura produit un bon paquet d’endorphines. Ces heures où mes doigts voulaient effleurer une épaule, où mon visage voulait s’aventurer plus loin le long d’un cou, ça faisait du bien. Un putain de bien fou. La douleur dans ma jambe est insoutenable alors que j’arrive en vue de République. Les ténèbres ont repris leur droit à la faveur du silence nocturne. A nouveau me voilà qui me dévore de l’intérieur. Mais au fond de moi, je sais que je vais m’en tirer. C’est ce que j’ai compris ce soir.

Y’a pas à dire, les Grecs c’était pas des couillons quand ils ont décidé d’utiliser le même mot pour remède et poison (oui, j’ai fait 4 ans de Grec ET de Latin, je vous emmerde). Dans tous les cas, pour une première soirée d’école de l’année, ça aurait pu être nettement pire.
Demain controverse inside, je vous raconterais comment une boîte de pub à passée sa journée d’hier à me mettre des coups de pression.






