214 – When Your Heart Starts Beating

Sérieux, je trouvais que ma vanne était pas si mal. Pas ultime, mais pas naze non plus. Pourtant la fille que j’éssaie d’accrocher ne réagit absolument pas. Une seconde est suffisante pour instaurer un gros blan qui pue le fail. La deuxième seconde m’évoque les suplices des temps anciens. Et là, le truc totalement improbable, sorti du néant. La fille éclate de rire. On pourrait croire à un rire préfabriqué pour pas blessé l’interlocuteur. Mais non, elle se marre avec une sincérité déconcertante. Je dois admettre l’abominable. Cette fille est lente. Cérébralement. Ca m’apprendra à parler au premier joli minois venu aussi ! Aujourd’hui, nous sommes mardi dernier (licence poétique > concordance des temps) et c’est la première soirée en boîte du Celsa. Je fais partie des cinq courageux marketeux à ne pas être totalement asociaux, et donc à être présent (ça fait 20%, tristesse). Et là tout de suite, je tente désespérément de rencontrer du monde, perdu dans la horde d’étudiants de troisième année que je connais pas.

Heureusement que plane sur moi l’ombre du Z. Je veux bien sûr parler de la trop choute Zélie. Le temps de quelques trop brefs pas de danse, ça fait du bien d’être là. Je lui saisis les doigts et je suis électrisé. Une dose de son sourire et je sais que je suis à bloc pour une bonne heure. Je l’abandonne à un autre et je bifurque en direction d’autres potes. Big up à Eric Coulon et ses smooth moves qui font chavirer les filles. C’est pile quand je commençais à redescendre que j’apperçois un visage que je n’avais que trop brièvement croisé depuis le début d’année. A la lueur des projos je distingue des traits fins mais pleins de personnalité, des cheveux qui s’agitent comme un métronome au rythme de la musique autour de lèvres fines. Depuis deux semaines j’avais le cœur qui battait à tout rompre, à tenter de se briser contre mes côtes, suicide cardiaque. En cet instant précis il ne bat pas moins fort, mais ça ne fait plus mal. La douleur à disparue.

Il est maintenant plus de cinq heures du matin. Le dernier noctilien m’est passé sous le nez, ce fils de pioute. Je boitille d’Opéra jusqu’à Parmentier. Il m’aura fallu dix minutes pour boucler le bouquin que j’avais dans la poche intérieure de ma veste. Reste mon cerveau pour me raconter des histoires que je connais pas. J’ai rien tenté. Non pas que j’aie pas voulu, mais je le sentais que très moyennement (euphémisme de pas du tout). Néanmoins le bras de fer interne entre ma raison et mes tripes aura produit un bon paquet d’endorphines. Ces heures où mes doigts voulaient effleurer une épaule, où mon visage voulait s’aventurer plus loin le long d’un cou, ça faisait du bien. Un putain de bien fou. La douleur dans ma jambe est insoutenable alors que j’arrive en vue de République. Les ténèbres ont repris leur droit à la faveur du silence nocturne. A nouveau me voilà qui me dévore de l’intérieur. Mais au fond de moi, je sais que je vais m’en tirer. C’est ce que j’ai compris ce soir.

Y’a pas à dire, les Grecs c’était pas des couillons quand ils ont décidé d’utiliser le même mot pour remède et poison (oui, j’ai fait 4 ans de Grec ET de Latin, je vous emmerde). Dans tous les cas, pour une première soirée d’école de l’année, ça aurait pu être nettement pire.

Demain controverse inside, je vous raconterais comment une boîte de pub à passée sa journée d’hier à me mettre des coups de pression.

213 Bis – Backdraft

Cher CELSA, si je ne viens qu’à la pause ce matin, à 11h, c’est parce que cette nuit, à une heure trente, j’ai été réveillé (bien la peine de se coucher tôt tiens) par des bruits de masse dans le couloir). Au bout de dix minutes de matraquage, je pointe ma tête. Ah tiens des pompiers qui défoncent un mur ! Si j’étais plus réveillé j’aurais hurlé what the fuck.

- Hé Le Reilly, me grille pas on joue à cache-cache !!!

- Hé Le Reilly, me grille pas on joue à cache-cache !!!

Semblerait que le voisin d’en dessous, qui s’installe, à eu la bonne idée de se tirer ce soir juste après avoir soudé sa mezzanine, sur une planche de bois, qui à fini par cramer. Résultat des courses, on a un appart’ à deux doigts de cramé juste au dessus du miens. De la fumée s’échappé du parquet de ma voisine d’en face pendant que les pompiers essaient d’accéder à l’appart’ en lui pétant son mur.

La voisine est partie fumer une clope (ironie), pendant que le chef des pompiers vient de demander une caméra thermique (sexy !!!). Moi, je continue a prendre des photos (“C’est payant les photos petit !”), parce que le Celsa me croira jamais sinon. J’ai bien envie de jouer à la Xbox vu que je peux pas dormir avec le boucan, j’ai peur que ce soit mal vu… Accessoirement il est deux heures et demi now.

Finalement je suis sorti voir les gens, et j’ai pris des news. Effectivement c’était la mezzanine, soudée en fin d’aprem’, qui a cramé les poutres à l’intérieur du mur. Ma voisine, en vadrouille est rentrée, à vu l’appart plein de fumée, à ouvert les fenêtres. Appel d’air, BACKDRAFT dans la gueule ça s’est embrasé de plus belle dans le mur. Voilà pour les pompiers le défonce, pour éviter que ça finisse par tout faire fondre à l’intérieur. Même tarif au rez-de-chaussé où le gogol qui sait pas qu’une mezzanine ça se visse est en train de voir en temps réel la destruction d’un des quatres murs.

Trois heures et quart, les pompiers sont partis, la voisine part dormir chez une copine et le proprio de l’appart’ à l’origine de tout fait ses excuses à chacun des locataires de l’immeuble dans l’espoir de pas se faire défoncer les rotules à coup de perceuse électrique.

C’est dans la joie et la félicité que je repousse mon réveil de deux heures. Je vous retrouve de l’autre côté du peu de sommeil qu’il me reste.

213 – Time Splitter

Fuck ! Saleté de bus 41 de merde ! Un passage piéton me séparait de l’arrêt en bas de chez moi lorsque le bus, qui est passé avec trois minutes d’avance, se remet en marche. Mais je sais qu’il va faire une boucle au prochain stop. Si je suis assez rapide, je peux le rattraper à l’arrêt encore après. Pas préparé au coup de speed, je trace le long de la croix-rousse. Pour une fois que le trafic est fluide, putain ! Le voilà qui me repasse sous le nez. Je check mon Ericsson, plus que huit minutes pour arriver au ciné. En nage, je remonte jusqu’à vers chez moi, loue un Vélib et dévale les pentes jusqu’au parc. Dans un crissement sur les graviers du chemin piéton de la cité internationale, je m’arrête et repose le vélo. Pile dans les temps, dommage que je n’aie pas un shirt de rechange. Pas de Pollux en vue. What the fuck ?!? Le film commence dans trente secondes !

- Heu, en fait je suis dans le bus là dude, mais j’arrive dans dix minutes hein !

Oui, en fait j’ai plusieurs malédictions qui pèsent sur ma petite personne. Après la taille des seins, il y a la théorie de la relativité restreinte Le Reilly/Pollux. Si on doit se voir, l’un de nous sera à l’heure, l’autre en retard. Il nous est impossible d’être tous les deux à l’heure, ou tous les deux en à la bourre. J’ai théorisé une histoire d’effet papillon spacio-temporel, mais je vais pas vous prendre la tronche là-dessus. De toute façon, mes problèmes de ponctualité sont légendaires. Ca va même jusqu’à se faire bâcher par ma maîtresse de stage parce que j’arrive systématiquement entre 15 et 20 minutes après l’horaire. Je veux dire, on parle là d’un réel problème que j’ai, de manière structurelle. Demandez à mes petits camarades du Celsa, à quelle fréquence je suis obligé de me faufiler à un bureau en marmonnant une excuse bidon. Pourtant, j’ai pas toujours été comme ça. Il y a même une époque où j’étais absolument toujours en avance !

Ta gueule le mec qui crie au bullshit ! Je vais t’expliquer. Tout ça, grande inspiration, c’est la faute d’une fille. What else j’ai envie de dire… Flashback à l’époque du lycée, quand j’ai rencontré et suis tombé amoureux de Juliette. On a commencé à sortir ensemble, et ce fut le drame. Si elle avait une demi-heure de retard à un rencard, on pouvait considérer qu’elle avait fait un effort. Influencé par ce petit bout de fille, j’ai fini par perdre pied, abandonné toute raison concernant le passage du temps. Mes amis de l’époque (enfin ceux qui me haïssent pas), peuvent en témoigner ! Retour au présent, où j’ai enfin mis le doigt sur le problème. Avec ma vision cyborg d’un monde réglé comme une horloge, je ne me laisse jamais aucune marge de manœuvre. Quand je pars de chez moi, j’ai le temps d’arriver à l’heure si tout se passe bien, si le métro est à l’heure, si les feux sont au vert etc… A trop optimiser mes trajets, j’ai éliminé le grain de sable de l’équation.

Je sais que j’ai tort, mais c’est ma manière de m’élever contre le chaos de notre monde. C’est peut être irrecevable comme excuse quand je débarque un quart d’heure trop tard en cours, mais avouez que c’est original !
Heureusement qu’en ce qui concerne mon blog, je suis toujours aussi impeccablement à l’heure. Demain, nouvelle note donc ! Il sera question de la première soirée boîte du Celsa.