Une goutte de sueur vint troubler la masque d’horreur qu’affichait le visage du commandant du Koursk. Le mousse n’avait pas menti, le sonar était formel. C’était bin un méga maouss spoiler qui leur fonçait dessus à toute vitesse. C’était le moment de fermer les yeux et de prier.
Octave is back. Après avoir purgé une juste peine de prison le voilà chasseur de biatches pour L’Oréal (y’a une faute de frappe tout le bouquin c’est marqué L’Idéal). Au bout de quelques mois en Russie, le voilà qui raconte ses aventures à un prêtre chelou. Car Octave a rencontré Léna, blondinette uber bonnasse de 14 ans qu’il aime du haut de son début de pédophilie. Sauf que Léna l’a abandonné pour un mec plus pété de thune que lui. Octave a alors une réaction logique : il menace de faire péter une église pleine de fidèles si elle ne revient pas. Le prêtre fait son malin et balance une vanne. En fait Léna, c’est la fille cachée d’Octave. Notre héros, deg’, fait tout sauter. Rideau.
Teudieu, mais on dirait bien le synopsis complet d’Au Secours Pardon, le dernier Beigbeder enfin sorti en édition du pauvre (= poche).

Chui pas une pute, je mets la couv' de l'édition du riche.
J’aime bien Beigbeder, humainement je veux dire. Ca doit être ses cheveux, ou le fait qu’il ait réussi à ne jamais toucher à son menton. A moins que ce ne soit parce que j’ai bien aimé son émission bidesque, l’Hypershow (Jonathan Lambert, sache que tu me manques). Non, surtout c’est que l’affreux à posé ses fesses sur les mêmes fauteuils du Celsa que moi. Logique oblige, quand j’ai passé le concours on m’a offert 99 Francs. C’était plutôt cool, jusqu’aux vingt dernières pages où Beigbeder à oublié d’avoir prévu une fin et où ça devient totalement incohérent. Passons. Puisque nous voilà quelques années plus tard. Frédéric n’a plus besoin de faire la pute à la TV, de se faire remarquer en boîte (quoi que). Non, c’est un vrai auteur tu vois ! En vrai j’avais zuper envie de le lire, ce Au Secours Pardon. Mais à sa sortie la jaquette franchement moyenne et le prix de riche m’en avaient dissuadé. Reuzment que le Livre de Poche pense à moi, et me rappelle à quel point je suis pauvre en m’affligeant d’une couverture encore plus laide.

Déjà le truc qui tue. Le bouquin est dédié « A moi ». Sachant que l’écriture est une démarche égoïste, why not. En plus le mec est clairement en manque de reconnaissance. J’en veux pour preuve la préface en mode uber cirage de pompe. Sauf qu’à se faire tailler une pipe en avant propos, faut pouvoir assurer derrière. Malheureusement le roman en lui-même se lit plus comme une collection de branlette qu’une nuit fougueuse. Je m’explique. Les chapitres sont courts, de deux à cinq pages. C’est pratique, ça permet de sauter plein de lignes pour faire péter la pagination (je sais bien, je fais pareil). C’est surtout que chaque morceau d’Au Secours Pardon est une mini masturbation cérébrale. Beigbeder parle des femmes, des riches, de géopolitique, tout ça un peu comme je blogue. C’est-à-dire en commençant par un exemple, en enchaînant sur une réflexion un peu putassière pour finir sur une morale bien sentie. Pendant les deux tiers des trois cent pages, l’auteur est plus préoccupé par son envie d’en mettre plein la vue avec des considérations métaphysiques et des bons mots qu’autre chose.

Sur la fin, Beigbeder se rappelle qu’il raconte une histoire alors vas-y que tu prends un maouss flashback dans ta gueule pour t’amener à une fin baclée. Because here is the problem ! Qu’Octave soit tombé amoureux de sa fille, y’a un bon début. Sauf que jamais les deux persos ne baisent fougueusement. Beigbeder se veut héritier d’Ellis, mais il n’a pas le courage d’aller au bout de la trash attitude qu’il recherche. Décrire des orgies à rallonge et des délires SM, ce n’est pas trash, ce n’est pas irrévérencieux, c’est bling bling. Avoir un narrateur à la première personne qui réaliserait qu’il a baisé sa fille comme une grosse salope, là ça enverrait du bois et un minimum de thématique inédite. Là où Ellis part dans la pédophilie, le viol et l’éxécution filmée dans Less Than Zero, Beigbeder n’a pas le courage de porter son propos jusqu’au bout. Je ne sais pas si c’est de la pudeur, de la conviction idéologique où s’il pense que ça n’aurait pas été intéressant. Sauf qu’en ce qui me concerne, c’est le truc qui aurait pu élever ce bouquin au dessus de la masse.

Bon, faut pas se leurer, c’est super bien écrit. Y’a plein de jolies allitérations, des métaphores bien senties et tout. Mais une fois encore Beigbeder est victime de son m’as-tu vu. Syndrome Lolita Pille : tous les personnages parlent comme des Bac+8 en lettres modernes. Oui, même la gamine de 14 ans. Syndrome Sarkozy : vas-y que je te cite des philosophes et autres auteurs célèbres à tour de bras, vas-y que je te name drop la moitié de Paris. Le truc, c’est qu’on est au courant que Beigbeder est lettré, on est courant qu’il est pote avec tout le grattin, on est au courant qu’il a un bon style. Et pourtant, c’est comme s’il avait passé trois cents pages à tenter de convaincre je ne sais pas qui (lui peut-être), le tout au détriment de son roman. Là où Bret Easton Ellis créait de la substance avec un style vide, Beigbeder a crée une machine magnifique pour accoucher du néant le plus total.

Au Secours Pardon se laisse lire avec plaisir, pour peu que l’on s’amuse de la langue Française et qu’on s’intéresse aux états d’âme un auteur meurtri. Mais, avec une trame scénaristique sacrifiée sur l’autel de la branlette, on en ressort le ventre vide. Dommage, parce que je suis persuadé qu’il y a vraiment un pur truc qui ne demande qu’à sortir de ce cerveau malade. Better luck next time.
Tomorrow, la suite d’hier.






Mais oué mais t’as trop raison quoi!Rien qu’un « sympathique » bookin’ de plus , que les gens achèteront au relay pour passer les 3h de retard de leur train!!Heureusement que les vrais chef d’œuvre arrive!Bon il en est ou ton bookin d’ailleurs?Que tu relève un peu le niveau!
(Dsl j’essaye de m’adapter au ton de la semaine…dur…)
Ouah!! Le Reilly comment qu’il se la pète à fustiger de la sorte un des piliers de la nouvelle littérature franco-masturbatoire hé!!
Ouah l’ôte!!
Cela dit, ce qui me fait bien marré, c’est que t’a critique, aussi connard-prétentieuse soit-elle, me rappel trait pour trait une critique qu’avait fait Beigbeder sur France Inter (ou Europe 1… EN tous cas pas Skyrock, c’est sur!) en parlant d’un bouquin qu’avait gagné le Goncourt il y a quelques temps.
Et aux autres chroniqueurs de la radio de le houspiller, le traitant, en gros, de gros connard prétentieux!!
Tu vois, tu t’en sors bien finalement, tu dépasse le maître dis-donc!
Ah ah ! En édition de poche ? La honte !
Quand même… Un Beigbeder !
Je te prêterais la véritable édition si tu es sage en cours…
L’écriture est une démarche égoïste en soi ? Mmmhhh, non pas d’accord. Je commence pas sur Beigbeder tellement il provoque en moi une vague de non intéressement…
Torse de Ben Reilly + Tête de Beigbeder sur une affiche Lafayette = ¿
J’aimais bien Beigbeder au Grand Journal et son émission littéraire sur Canal. L’interview qu’il fait dans les GQ sont interessantes aussi, ca confirme l’homme adepte de vodka et connaissant tout le gratin de l’académie française et plus.
Mindan –> Nan mais y’a un bel effort hein, moi je trouve ça pas mal.
Pollux –> Ah ouais ? Funky. Mais être un gros connard prétentieux, c’est la vie stoo !!!
AR –> Moi je suis pas marié dans une tentative honteuse de choper des alloc’ pour me payer mes bouquins. Nonmého ! lol
Lily –> Bah moi d’accord. Quand t’écris t’es seul face à ta feuille. Un bouquin c’est une construction individuelle, qui répond avant même la publication à un besoin personnel, que ce soit de reconnaissance, ou artistique, ou ce que tu veux.
Même quand on dit écrire pour partager avec les gens, on écrit avant tout pour soi.
Et non non, le Beigbeder, c’est quelqu’un justement de très intéressant.
Prankster –> Egal beaucoup plus de poils que l’affiche actuelle.
Et oui ses interviews dans GQ sont sûrement le truc le plus intéressant du magazine.
Si tu vas par là, n’importe quelle production humaine, qu’elle soit artistique ou non, est un acte égoïste. Le peintre qui s’exprime par la toile l’est, le musicien et son violon aussi, l’ouvrier en usine travaille pour son besoin personnel de se nourrir, le médecin humanitaire part en mission au Bénin pour son besoin personnel d’aider les autres, et au final, Hitler et Mère Teresa même combat…
Non, en vrai je crois qu’on s’était juste pas compris sur le sens à donner au terme « égoïste » (dans ta tête = juste pour soi, acte personnel et intérieur, et dans ma tête = par amour de soi, égocentré). Mais tu me convaincras pas sur Beigbeder, pour moi les gens les plus intéressants sont ceux qui tentent le moins de l’étaler.
oua mais si il avait couché avec sa fille ça aurait fait comme oldboy et là du coup on aurait dit, ah ça fait comme dans oldboy, ah le plagiat ouh beigbédé, copieur t’es mauvais aller va faire de la tv tu sers à rien… etc.
Zarb’, moi j’ai d’avantage eu l’impression qu’il ne voulait pas aller dans le trash pur juste pour (passque c’est quand même un romantique, Fredy), qu’il voulait genre « dénoncer » (je mets des guillemets parce que le mot est moche, comme on le ferait à contre coeur), géopolitique’n'sociologie pawa. En fin de compte, une auto-caricature. Avec des passages sympa, mais auto-caricature quand même.
Un pote a raqué 20€ janvier dernier pour Au Secours Pardon, c’est lui qui me l’avais prêté d’ailleurs. Comme on en parlait, on est arrivé à la conclusion que pour ce prix, il n’avait pas d’autre choix que se dire que c’était un excellent roman.
@ april o’neal : Oldboy est tellement fort, avec une chute si bien menée que maintenant inceste = oldboy, mais si tu vas par là, tu remontes à Phèdre et Oedipe et tu te dis que tout a déjà été écrit.
Je pense que si un auteur veut choquer, le style est son ennemi. ça me rappelle « Le monstre », une nouvelle de Bukowski sur un vieux type qui espionne puis viole une gamine. En 2-3 pages d’une écriture blanche voire franchement négligée, le type te pond le texte ultime sur la pédophilie… Mais c’est Bukowski.
Marrant, un de mes meilleurs potes voulait me le prêter y’a quelques jours, en disant que c’était « trop bien toussa toussa, mais sans plus ».
On verra si je tombe dedans.
Tout l’intérêt dans ton bouquin que j’attends impatiemment, c’est le style dans lequel il est rédigé. C’est fluide, avec un niveau de lettre « courant » (du moins d’après ce que laisse en penser le 1er chapitre), contrairement aux bouquins comme celui qui est critiqué aujourd’hui.
Avant toute chose, merci pour ton p’tit mail qui m’a agréablement surprise, et m’a donné envie (nan je l’avais déjà en fait, mais me l’a confirmée) de revenir poser mes noeils par ici. Et j’ai bien fais, je dirais.
Le truc qui m’épate, avec cet article, c’est que tu arrives à démonter un bouquin, sans jamais être irrévérencieux, et sans jamais te contenter d’une « j’aime pas », au contraire tu explicite toujours précisément ce qui va et ce qui cloche. Du coup, bon, déjà que j’ai jamais lu du Beigbeder, que ça m’a jamais attirée, que j’ai aut’ chose à lire et qu’en plus si ma prof de littérature de l’année dernière me voyais avec ça dans les mains elle exploserait de rire, ben avec un article pareil, ça me donne pas spécialement envie de me plonger dans Au Secours Pardon. Mais même avec un résultat pareil, à aucun moment le fond n’est « le dernier né de Beigbeder est nul, brûlez-le » (genre de critique que je suis personnellement plus apte à pondre, à mon grand dam parfois).
‘Fin voilà, je sais pas si on arrive à suivre ce que je raconte, en même temps je sais pas exactement non plus où je veux en venir.
Ah, si. Pour rester dans l’thème de la semaine, en fait, ce que j’apprécie en te lisant, c’est que j’ai l’impression (oui je vais parler d’une impression, jte connais que par la lecture de quelques notes) d’avoir affaire à quelqu’un d’intelligent. Et des mecs intelligents, je trouve que ça se fait rare (des nanas aussi, hein, là n’est pas mon propos). Du coup bah c’est fait du bien d’en rencontrer de temps en temps, des types réfléchis.
Sur ce j’arrête de te lancer des fleurs, quand même. Mais voilà, j’ai dit c’que j’avais à dire.
Non ! Tu l’auras pas son manuscrit ! Tu n’auras rien de plus que le premier chapitre. Et si t’y arrives quand même, je sors les crocs pour de vrai et je déchiquette ce connard prétentieux.
Lily –> Naaan je reste persuadé que Beigbeder est intéressant. Tu me l’enlèveras pas.
April –> J’ai pas vu Old Boy…
Slamolo –> Me rappelle que j’ai un article à pondre sur le prix du livre dans notre beau pays.
choubrouke –> J’ai pas vu OldBoy, j’ai pas lu Bukowski… :part se pendre:
RedBlackWhite –> Bah la vérité c’est que j’ai clairement pas le niveau en terme de vocabulaire et de constructions grammaticales pour faire comme le Frédo sur ce coup là.
D’ailleurs je le vis super mal.
Kowa –> Nan mais j’ai toujours besoin de fleurs hein !!!
Et j’avais parlé dans un vieil article du fait que justifier son point de vue, ‘cest le meilleur moyen de le crédibiliser. Tout le monde à des goûts différents. Dire juste j’aime/j’aime pas ça n’aide pas à se faire une opinion.
jennyremy –> Relax tigresse. Ca va bien se passer.
Alors mon cher Ben, tu sais ce qu’il te reste à faire. Pour avoir fréquenté ton blog depuis le début, je connais tes goûts (-flippant le virtuel, hein?-) et tes refs, je peux te dire que tu aimeras, c’est sûr.
Old Boy, c’est un peu comme Collision, c’est le genre de films que j’ai envie d’acheter en 10 exemplaires pour l’offrir et que les gens le voit. (mais bon, money is money, hein…)
Ah, et puis :
http://www.amazon.fr/Contes-folie-ordinaire-Charles-Bukowski/dp/225303133X/ref=sr_1_3?ie=UTF8&s=books&qid=1222878833&sr=8-3
Prends pas ça mal mais heu… Collision c’est un tout petit peu du film ultra démago, ultra balisé et finalement assez creux.
Je sais que y’en a qui ont kiffé leur race dessus. Mais sans être spécialement fait chier, j’ai trouvé l’ensemble simpliste et gentillet.
Matthias « BenReilly » Jambon-Puillet, tu peux m’appeler « Jenny » si tu veux, après tout c’est mon nom, et puis vu ce que tu m’as fait hier soir je te dois bien ça.
Par contre si tu pouvais me donner un nickname un peu plus court pour le tien parce que Matthias « BenReilly » Jambon-Puillet, c’est vachement dur a lâcher dans un soupir.
Eyh, je suis pas le réalisateur hein, tu en penses ce que tu veux – même si je suis sûr que comme moi tu as chialé quand tu as cru que la petite fille était morte !
Alors je poste parce que je ne suis pas d’accord, c’est très francais tout ca.
Pour moi c’est le meilleur bouquin de Beigbeder, le plus abouti au niveau de la langue. Il décrit bien ce monstre froid qu’est la Russie actuelle, et la pédophilie inhérente au métiers du mannequinat.
En plus, il a la bonne idée de moins ramener sa fraise à chaque chapitre, et de ne pas nous enduire de ses nuits clubbeuses et poisseuses, contrairement à ses précédents bouquins.
Et il n’a pas besoin de se taper sa fille à la fin, il ne décrit pas un monde de pervers meurtriers, comme Ellis, mais un monde qui désire sexuellement des enfants.
Enfin, je préfère des gens qui parlent comme des Bac +8 que des gens qui parlent comme E. Begaudeau
D’ailleurs j’attends la critique d’Entre les Murs !