- Dit Le Reilly, maintenant que t’es mis à la littérature, je peux te passer un bouquin ?
- Heu… ouais pourquoi ?
- Parce qu’en fait j’y ai rien compris et tout le monde dit que c’est trop bien je voudrais ton avis. Ca s’appelle « Chroniques de l’oiseau à ressort », de Haruki Murakami.
- Hey mais ça fait 850 pages ton truc !!!
- Fuck ! Tu l’as découvert… Bon, bah, tant pis.
Quelques semaines plus tard.
- Hey Le Reilly, faut trop que tu lises Haruki Murakami, ça défonce sa maman !
- Tain ! T’es le deuxième à me dire ça.
- Mais c’est parce que c’est trop vrai. Tu sais quoi, le truc c’est que Murakami, il t’a déjà lu, dans ton âme, avant même que tu l’ais lu lui !
- Oookay.
Fatalement, l’autre jour en librairie, j’ai cédé, j’ai craqué pour mon premier Murakami, un des grands auteurs Japonais contemporains, plusieurs fois préssenti pour le nobel.

J’ai acheté « Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil », parce que c’était le plus petit, le moins cher et celui qui avait l’air le plus terre à terre. L’histoire croisée d’un quadra japonais et de son amour d’enfance qui va et vient dans sa vie. Le sujet me parle, en plus la couverture est très belle. Force était de constater qu’Anne et Tonio avaient raison, c’est brutal tellement c’est bien écrit. Rien de révolutionnaire dans la forme, ni de trop compliqué. Les mots et leurs enchaînements sont simples, mais ils sont si bien choisis. Toutes les émotions distillées au fil des pages sonnent incroyablement vraies, plus réelles que dans la plupart des autres romans que j’ai pu me farcir ces derniers temps. Murakami est quelqu’un de lucide capable de nomme précisément les petits instants de la vie, et leur ressenti. Après un départ narratif un peu lent je me suis laissé porter jusqu’au bout du bouquin. Tous les mystères ne sont pas éclaircis, et pour une fois, cela ne m’a pas gêné le moins du monde. Immédiatement je l’ai prêté à une connaissance.

Histoire d’être sûr de mon avis, je suis retourné le lendemain chez le même libraire, où j’ai jeté mon dévolu sur « Le passager de la nuit », le dernier roman de l’auteur sorti en poche. Il y décrit la demi douzaine d’heures qui suivent minuit, à travers deux sœurs qui vont croiser une pittoresque galerie de personnages. Il y a dans celui-ci un peu de fantastique. Et comme je le craignais, ce n’est pas l’aspect que j’ai le plus apprécié. J’ai surtout vibré pour les dialogues encore une fois très justes, et des intrigues aussi simples en apparences que profondes. Du coup, même si j’ai apprécié ce dernier opus, j’ai un peu peur de me confronter aux autres romans de Murakami. En tout cas pas tout de suite. Ce sera pour plus tard. Ce qui est sûr, c’est que mon entourage est truffé de gens de goûts, et que j’ai un auteur de plus sur ma watch list.

Lire deux livres du même auteur d’affilé est un exercice auquel je me livrais pour la seconde fois, et je crois que j’aime bien cette idée. J’arrive à cerner des prémices de thématiques, de techniques d’écriture, d’univers.
Sur ce, je cesse mes considérations d’intello wannabe, et j’annonce que demain on parlera de ma propension à arriver toujours en retard.

