L’autre jour je lisais un roman de merde (je vous en reparle la semaine prochaine). Et l’auteur, qui se pensait sûrement super intelligent, a fini plusieurs chapitres par des formules à la con de type :
« Sur le coup, je n’ai pas du tout imaginé les conséquences de ce que je venais de dire. C’est donc en toute innocence, je crois, que je lui ai menti. Pourtant je ne me peux m’empêcher de me sentir reponsable de ce qui eu lieu par la suite ».
Ce qui revient grosso modo à dire « Attention, si vous continuez à lire, il va se passer plein de trahucs de ouf ! ». De la part d’un branleur qui vent des dizaines de miliers de bouquin, c’est quand même la lose. J’étais tellement choqué que j’ai sorti le stabilo pour surligner toutes les conneries de ce genre pour pouvoir les ressortir plus tard (ce qui fait de moi un critique pro non ?). Car il faut savoir que l’art du cliffhanger est une de mes passions dans la vie. La suspension à la falaise, alias la pointe de suspense de ouf qui fait que tu as viscéralement besoin de savoir la suite, de continuer à avancer dans une intrigue. Et croyez moi, annoncer que plus tard, il va se passer des choses, c’est le degrés zéro du cliffhanger.

Ca c’est pas un cliff, c’est un teasing !!! Ceux qui savent, dites rien.
Tiens, tant qu’on est, vous avez une idée du niveau un poil au dessus, mais encore trop proche du zéro ? Le cliffhanger à base de « Oh my gad le vaisseau/voiture/immeuble a explosé ! Et le héros était dedans ! ». Une crasse encore trouvable dans un récent Lanfeust (premier exemple qui me venait à l’idée). Sans déconner ça coûte quelque chose d’arrêter de prendre ses lecteurs pour des cons ? Le côté positif de l’abus d’une telle merde créative c’est que maintenant on a un nouveau moyen d’avoir des purs cliffhangers : la mutilation ! Tu veux faire flipper pour ton héros, au lieu de lui faire une fausse mort hors écran, tu fais subir le putain de sévice directement. C’est quoi le plus efficace, finir sur une voiture qui explose ou sur un héros empalé par le vilain ? Techniquement ça revient au même, mais dans l’idée y’a une des solutions qui insulte un poil moins l’intelligence du lecteur. Mais je vois vous interroger dans le confort de votre fauteuil IKEA. Bon sang Le Reilly ! C’est quoi un bon cliffhanger ?!

Il convient de se tourner vers notre maître à tous, j’ai nommé Brian K. Vaughan, scénariste comics et TV qui a elevé le cliff au rang d’art. Voilà ce que j’ai appris de son taf’. Le cliff idéal puise dans l’intrigue, rajoute une pierre (révélation/rebondissement) dont les implications sont comprises par le lecteur. Exemple, un héros qui fait semblant de mourir, ça ne te dit rien sur la suite de la trame. Mais un traître qui se dévoile (pour rester dans le classique), ça donne une idée au lecteur/spectateur sur ce qui va se produire. Utiliser la connaissance du recepteur et stimuler son imagination, c’est ça la clef. Qu’il réalise qu’on lui a baisé la gueule, qu’il est complètement impliqué dans le récit, au point de théoriser sur la suite, au point de vouloir vérifier ses théories. Et croyez moi, passé les cinq ans d’âge mental, on se doute que le héros n’est pas mort, ou qu’il va se passer un truc dans le chapitre d’après (là encore pour désamorcer le truc, autant annoncer direct ce qu’il va se passer). Mais c’est le genre de trucs qui demande un peu de talent, beaucoup de creusage de tête et un vrai amour de son taf’. Et comme dans tout ce qui est artistique, on gagne pas à tous les coups, mais l’important c’est de réellement essayer.

Ca faisait un moment que j’avais envie de faire mon petit exposé sur le cliff, parce que c’est clairement le genre de trucs qui fonctionne à mort avec moi. D’ailleurs je dois vous laisser, faut que je compte le nombre de minutes jusqu’au prochain numéro de Wolverine. Need de savoir pourquoi dans le futur il veut plus se battre !!!
Demain, je continue ce début de semaine spécial « trop d’écrivains sont mauvais » avec un retour chez les Mormons.






P*tain, j’ai bien mis 15 secondes pour trouver d’où venait la première image…
Si tu veux du cliffhanger, tu devrais lire Walking Dead, de R. Kirkman et T. Moore. C’est super tendu du slip et j’y ai pensé quand t’as parlé du, je cite, nouveau moyen d’avoir des purs cliffhangers. Mais j’en dit peut-être trop…
Et puis je suis sûr, qu’au fond, tu es un fan de zombies.
Mais à part ça, ouais, le « ouh attention, ne zappez pas ça va tabasser », c’est pas très motivant…
Walking Dead déboite de la moumoute tellement c’est de la boulette !
Et j’aime le petit tag Stallone
J’aime surtout être surpris quand je matte qqch, que ce soit un livre ou un film, mais surtout dans les films. Trop souvent, je devine ce qui va se passer, comme si le scénariste et moi avions sauvagement copulé au point de créer une liaison psychique entre nos esprits. Et c’est agaçant. Alors quand qqch me surprend, j’en félicite l’auteur
Ah je suis pas la seule avec un stabilo à surligner mes bouquins alors
Last Equinoxx –> Je t’en veux pas pour la première image. Et t’inquiètes je lis The Walking Dead. N’oubliez jamais que nous sommes entre gens de goût ici !
Rougenoirblanc –> Of course le tag stallone ! Faut pas déconner. Et arrête d’être trop intelligent stoo !
déesse –> Dans mes braaaaas !!!
pas de problème ^^
Wolvi il arrête de se battre, car il a rencontré Croustibat.
Last Equinoxx > Rassure toi, le Reilly lit du Kirkman (je l’aiiime) et Walking est l’un des nombreux comics que j’ai découvert grâce à Matt !
TBP > Bryan K Vaughan is my master ! Je sais pas si t’as eu dans les mains le HC Vol.1 de Y:The Last Man, c’est une édition de toute beauté, et les petit « sketches » de fin sont clairement jolie… il manque juste le coté couvertures originales, mais dans l’ensemble c’est une superbe édition.
Plus qu’à attendre Mars pour la suite… j’en peux plus, sachant que le cliff du HC… c’est dans l’espace t’as vu, et c’est là que je m’étais arrêté quand tu avais amené tes TPB
(haaaan Trade Paper Back et The Best Place c’est presque la même chose en fait !!!)
Voila !…
Ah, ben tu m’as donné envie de reprendre le Monde d’Aléos avec tout ça…
Et, bon, je vais faire un petit hors sujet mais pas tellement, le cliffhanger ça existe dans les bouquins mais aussi dans les films et je trouve ça tellement con dans un film quand au bout de 10 minutes la voiture avec le héros dedans explose que généralement je coupe le film en disant « et il est mort, et c’est comme ça que le film n’eut jamais lieu » parce que ouais, je déteste être prise pour une conne.
Un excelle tn exposé qui pose bien les base du pourquoi on aime un film/livre/bd pour de vrai, car il nous a fait exister….+
Je suis 100% d’accord avec toi sur l’utilisation des cliffs et sur leur bonne utilisation.
Personnellement, j’en abuse à tous les niveaux. Mais c’est surtout à la fin de chacun de mes chapitres sur le travail en cours qu’ils sont les plus drôles à placer (ouais, normal).
Parfois, c’est juste un truc léger style « il prit une grande respiration et ouvrit la porte. » Oh mon dieu, mais que va-t-il trouver derrière la porte ? Vite la suite ! (c’est facile)
Parfois c’est plus hardcore « il prit une grande respiration et sauta du 80ième étage ». Oh mon dieu, mais il va mourir ! Mais non, c’est le héros… Hein. Ouais, c’est le héros. Mais comment va-t-il s’en sortir ? Vite la suite ! (c’est moins facile, et si on a pas la prétention d’insulter son lecteur et qu’on déplace ses interrogations de « est-il mort ? » a « comment s’en est-il sorti »)
En général, comme tu l’as souligné, le cliff qui marche le mieux, c’est le reveal sur l’histoire sur quelques mots. « oh mon dieu john, mais en fait, tu es une femme ! » Oui, non, peut-être. Ah mais du coup, il peut coucher avec ! Vite la suite ! (c’est l’un des moins facile car après, on peut facilement arriver à du n’imp niveau scénario… Ca implique surtout de savoir où l’on va… pas comme certaines séries télé)
…
‘tain, je me fais l’effet d’être une star du cliff alors que je ne suis qu’un tout petit scribouillard… J’espère réellement que je réussis chacun de mes cliffs, sinon, c’est vraiment la loose…
BluuG –> La prochaine fois poste APRES ton café.
etioun –> Amazon.com dude… Amazon.com…
Lily –> Ah ouais du coup tu peux voir plein de films super vite non ?!!
Gui –> « Depuis l’invention du cinéma, on vit trois fois plus ». Imparable.
fenrhyr –> Mais tu le sais déjà que t’es un mec bien voyons !
Dify –> Tu sors ! Lol.
Mais non dude, je te dis que je l’ai le HC deluxe vol.1, de toute beauté.
Seulement le HC vol.2 ne sort qu’en Mars, du coup j’vais pas m’acheter les paper back ça va faire sale dans la bibliothèque !
Ne pas négliger les auteurs qui ont des balls:
j’en connais qui tuent un héros sans aucun remard, faisant rebondir l’histoire dans tout les sens. Alors là, on flippe: va t il oser le tuer ? Ou pas ? Oui ? Non ? si …. et … et … OMG !!!
@Toan > des noms, des noms !! ;- )
tu need une superbe épopée a tout pleine de cliff a quasiment la totalité de fin de chapitre dude ? Eh bien paye toi « le royaume d’épine et d’os » de Kreg Keys.
Bon faut aimer la fantaisie, mais faut avouer que parfois, t’es tellement surpris que tu pose le bouquin histoire de prendre le temps d’intégrer ce qu’il vient de se passer et de conclure qu’on peut pas savoir comment ça va finir.
Et puis y’a une intrigue de fou avec tout plein de croisement d’histoires trop pas embrouillées.
Et puis les perso ils sont trop classe.
Et puis je dois pas être très critique la …
Mais c’est quand même un bouquin de fou (quatre en fait, mais bon)
GRR Martin … ce mec !
Exemple, sa saga le plus connue, encore inachevée: Le Trone de Fer (5 tomes en vo, … découpés en 12 tomes en français !!!).
Tout commence avec une famille, on voit que c’est les héros. Le centre, le moyeux de l’histoire. Ouai … ben je n’aurais jamais cru que l’auteur aille jusque là. Surtout en ce qui concerne Les Noces Pourpres. Avis aux connaisseurs, personne ne m’a jamais surpris et infligé de tels tourments littéraires !
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