L’autre jour on s’étonnait que je sois capable de m’infliger autant de lectures de merde. Mais c’est tout à fait calculé, ais-je répondu ! J’ai envie d’avoir une idée du panorama de la littérature contemporaine. Je suis donc prêt à mouiller la chemise dans le caca s’il le faut ! En l’occurrence y’a un moment où je me suis dit qu’il fallait que j’aie un avis sur Michel Houellebecq. Tout ce que j’en savais c’est que soit on l’adore, soit on le déteste. Oh, et qu’il a des parkas très moches en interview. C’est donc bien décidé à avoir un avis à moi que j’aime, que j’ai investi dans le premier roman du bonhomme, j’ai nommé « L’extension du domaine de la lutte ». L’histoire d’un cadre moyen dépressif qui tente de pousser un collègue désespéré sexuel au meurtre de biatches. Oui, je résume très fort. Oui, je me suis entrainé.

Le bouquin est court, il fait à peine plus de cent vingt pages. Et pendant le premier tiers, j’ai vraiment eu du mal à comprendre de quoi ça parlait. Des scénettes sans intérêt se succédaient sans que l’intrigue ou la thèse ne se dégagent. Et puis la sauce prend. Tu piges que l’extension du domaine de lutte correspond à la galère monumentale qu’à l’homme moderne à accéder au vagin, la libéralisation du sexe et les nouvelles luttes des classes qui en découle. L’angle d’attaque est plutôt intéressant et les conclusions logiques de la thématique sont productives en termes d’histoire. Bref, ça se regarde pas le nombril et ça raconte un truc. Y’a bien des longueurs, quelques défauts toussa. Mais ça m’avait suffisamment plu pour que je tente l’étape supérieure. Défonçant la porte de la librairie la plus proche, armé d’un billet de dix keuss, je repartais avec « Les Particules Elémentaires ».

Je pourrais écrire un bon paquet de pages d’analyses mais je vais me contenter par un pitch. Michel est un physicien quadra handicapé sentimental, errant dans la vie à la recherche d’un quelconque but à son existence. Bruno est un prof quadra handicapé sexuel, cherchant le plaisir charnel à tout prix, encore et encore, pour se donner la sensation d’exister. Michel et Bruno sont demi-frères, et ce livre est l’histoire de leur vie sur plusieurs décennies. J’avoue que la structure du bouquin est assez déroutante. Suivre deux destins parallèles, truffés de flashbacks et d’apartés sur leurs familles respectives, ça file rapidement mal au crâne. Il faudra une fois encore une cinquantaine de pages pour que j’arrive à prendre pied dans le roman et ainsi m’y retrouver. La bonne nouvelle c’est que cette fois y’a pas loin de trois cent pages. Une fois lancé j’étais prêt à absorber toute la moelle du texte.

Houellebecq reprend ses thèses sur la lutte sexuelle mais y superpose un contexte historique par l’intermédiaire de cette narration dans le temps. On trouve des débuts d’autres thématiques comme la décadence d’une civilisation, la génétique et le post-humanisme (ce qui se passera le jour où on contrôlera notre évolution). Le point de vue est tranché et peut facilement rebuter. Peut être que mon état semi-dépressif aura aidé à l’absorption des théories énoncées dans le bouquin. Sans y adhérer totalement, je ne peux qu’admettre que la démonstration est brillamment exécutée, sans sacrifier l’histoire pour autant. On s’intéresse réellement aux destins de ces deux personnages et leurs faiblesses. Seul l’épilogue tirant vers la SF peut poser problème, de par la disruption narrative qu’il induit. En ce qui me concerne j’ai préféré fermer les yeux et me concentrer sur le reste du roman.
Alors oui, je suis dans le camp des gens qui pense que le Michel Houellebecq est un véritable écrivain comme on en à peu dans la littérature contemporaine. J’attends de prendre un peu de recul avant de me bouffer le reste de son œuvre, paraît-il moins brillante. Faut déjà que je digère deux supers bouquins d’affilée (et les deux gigas merdes galactiques de la semaine prochaine).
Non !
Je développerai p’tet plus tard
Y a que moi, qui trouve bizarre que ta numérotation part en vrille ?
237 – 239 – 239bis – 239 – 340 ????
Faut trouver le code ? comme dans le Da Vinci code ?
ou j’ai raté un épisode…
Tonio –> Fais donc ça !
erienne –> Ouais c’est le gros bordel, avec les notes qui se publient pas quand je veux…
Masturbation et Parka.
Je trouve ça sale.
( même si une parka ça protège )
(C’est pas censé être 1h du matin, là ? pourquoi y’a déjà 3 messages ? Complot !!!)
Et quid de son film ? En bon cinéphile que tu es, tu fais sûrement partie des 9,7 personnes qui l’ont vu , non ?
PS : Mort de laule, la tête de Houellebecq avec tes bulles… tu devrais faire ça pour l’un de tes futurs projets.
BluuG –> Tu veux dire une parka sur la bite ? C’est pas clair ce que tu dis là mon BluuG, va te coucher ça vaut mieux.
Last Equinoxx –> J’ai merdé dans l’heure d’envoi de l’article et des coquinous en ont profité.
A pas vu son film, pas le temps à cause des cours. Pi tout le monde a dit que c’était de la merde ça m’a pas motivé.
Je devrais faire ça comment ? Avec ma tête ? A pas compris.
Et rigole pas c’est super hard de trouver des photos potables dans un format horizontal du Michel !
J’en ai lu un mais lequel?
– pause vais voir dans ma biblio -
Trouve Plateforme…semble jamais avoir été lu, parait tout à fait neuf.
- Repars à la recherche de l’autre Houellecbecq-
Tombe sur Extension du domaine de la lutte. Lu ou pas? Plus aucun souvenir. Ouverture du livre et feuilletage…ah du stabilo
” Paris est une ville atroce, les gens ne se rencontrent pas, ils ne s’intéressent même pas à leur travail, tout est superficiel, chacun rentre chez soi à six heures, travail fini ou pas, tout le monde s’en fout”
“A Paris on peut crever sur place dans la rue, tout le monde s’en fout”
“Plus vous serez ignoble mieux ça ira”
Ah ah j’ai des crochets au crayon de papier aussi, je devais pas avoir de fluo sous la main
“Je sens des choses qui se brisent en moi, comme des parois de verre qui éclatent. Je marche de part et d’autre en proie à la fureur, au besoin d’agir, mais je ne peux rien faire car toutes les tentatives me paraissent ratées d’avance. Echec, partout l’échec. Seul le suicide miroite au-dessus, inacessible.
Vers minuit, je ressens comme une bifurcation sourde, quelque chose de douloureux et d’inerte se produit. Je n’y comprend plus rien”.
Et une dernière grande citation pour la route. Je me souviens, j’ai du le lire en 2005 ce bouquin quand j’avais un module de littérature contemporaine à la fac
” Certains êtres éprouvent très tôt une effrayante impossibilité à vivre par eux-mêmes; au fond ils ne supportent pas de voir leur propre vie en face, et de la voir en entier, sans zones d’ombre, sans arrière-plans. Leur existence est j’en conviens une exception aux lois de la nature, non seulement parce que cette fracture d’inadaptation fondamentale se produit en dehors de toute finalité génétique mais aussi en raison de l’excessive lucidité qu’elle présuppose, lucidité évidemment transcendante aux schémas perceptifs de l’existence ordinaire. Il suffit parfois de placer un autre être en face d’eux, à condition de le supposer aussi pur, aussi transparent qu’eux-mêmes, pour que cette insoutenable fracture se résolve en une aspiration lumineuse, tendue et permanente vers l’absolument inaccessible. Ainsi, alors qu’un miroir ne renvoie jour après jour que la même désespérante image, deux miroirs parallèles élaborent et construisent un réseau net et dense qui entraîne l’oeil humain dans une trajectoire infinie, sans limites, infinie dans sa pureté géométrale, au-délà des souffrances et du monde”
J’aime bien ce dernier extrait mais vraiment je ne me souviens plus du bouquin.
J’avais lu Les particules élémentaires (y’a longtemps), j’avais trouvé ça … vide (et limite racoleur).
Mais cette critique (+ les citations au dessus) me donnent bien envie d’essayer de lire Extension du domaine de la lutte (ou peut être de voir le film ^^).
Moi j’ai lu “Welbec”.Comment c’est déprimant ! C’est quand même juste un pleurnichard qui se complait dans sa dépression, à mon avis…
Mais, c’est rudement bien écrit !
Ahhhhhhhh le disrupteur tridimensionnel !!! Zoltan !
Oui, il fallait une pause hors sujet, me voilà !
Puis tu m’as cherchée avec ta disruption dans le récit…
Critiquer de manière impartiale Houellebecq m’est assez difficile. Tout d’abord parce que je déteste vraiment le personnage, dépressif, raciste, morne …
Mais ce serait faire preuve d’idiotie que de s’arrêter à ce genre de considérations, et de ne pas lire ce que le bonhomme a pu produire au cours de ces dernières années.
En ayant donc fait preuve d’objectivité autant que faire se peut, j’ai lu. Et vraiment je n’ai pas aimé. Le pessimisme ambiant de son oeuvre me fait froid dans le dos, et je n’aime pas me faire mal en lisant un livre.
Mais, il faut vraiment avouer que la plume est belle par moment. Et que, dans mon cas, même si je trouve qu’il écrit de la merde, il le fait très bien, et on sent le poète par instant.
Par contre j’ai beaucoup aimé l’essai qu’il a écrit au sujet d’un de mes auteurs phares : HP. Lovecraft. A lire, vraiment.
déesse –> Maniaque du stabiloo !!!
DorianGray –> Le film semble assez fidèle. Mais le bouquin a plein de petits défauts de jeunesse, je suis pas sûr qu’il te plaise si t’as pas accroché à l’autre.
Pitming au saumon, mon préféré ! –> Ah mais j’ai annoncé la couleur dans l’article. J’ai lu ces bouquins en pleine dépression donc mon avis est peut être faussé.
Nico –> On est globalement d’accord sur le personnage, même si son racisme est quand même assez discret en public, ce qui est toujours ça de pris.
J’ai entendu parler de son essai sur Lovecraft, mais faudrait d’abord que je lise le dit Lovecraft ! (j’ai joué au JDR, ça compte ?)
C’est marrant parce qu’en lisant tes articles, et notamment celui sur le cliff, j’ai su que tu étais, ou avais été un rôliste !
!
Jouer à L’Appel de Cthulhu sans n’avoir lu au moins une nouvelle c’est passer à côté de quelque chose. Dés que tu as le temps, comble vite cette “lacune”
Après on aime … ou pas. C’est très spéciale. Mais disons que c’est un pilier de la littérature fantastique, SF, voir fantasy par moment.
Quant à l’essai sur Lovecraft par Houellebecq, je pense q’il vaut mieux avoir lu quelques nouvelles de HP avant, histoire d’avoir son propre avis.
Et tu as arrêté de joué au fait ?
En fait j’ai très très peu joué, une demi douzaine de parties. Les MJ me sortaient des histoires chiantes a base de dongeons (mmmkay), c’était lent et mou. Quand j’ai tenté d’être MJ les mecs préféraient être bourrin que de réfléchir au scénar’ que je leur avait fait.
C’était y’a genre 6 ans, je suis passé a autre chose. lol
Rien de pire qu’une table de rôliste qui jouent à tout sauf à un jeu … de rôle. Ca m’est aussi arrivé mais ça n’a pas duré. J’ai toujours eu une préférence pour les joueurs qui privilégient l’intrigue et le roleplay plutôt que l’évolution des carac’ d’un personnage et le décompte des adversaires qu’ils flinguent.
Mais bref, je suis hors sujet, désolé.
Bienvenu au club alors. Enchaîne avec Plate forme et surtout la possibilité d’une île… Un chef d’oeuvre. Par contre tu devrais peut être éviter
la correspondance avec BHL. (Dsl, fuckin’ windows de cette fuckin’ université)
Bien !!!! Je vois que tu rejoins le camp de la réaction !
Je ne peux que te conseiller également la Possibilité d’une ile, son meilleur bouquin de loin.
Mais je pense que tu préfereras la thématique de Plate-forme, moins bien mais toujours mieux que cette bouse des Particules Elémentaires.
Par contre je ne crois pas qu’il soit raciste, il est juste aussi prétentieux et pénible que BHL.
Je te suggère également Murray, qui plane loin au dessus de Houellebecq.
Benreilly à dit : “quand j’ai essayé d’être MJ” de plus le Reilly est fan de Spiderman. du coup, si on crée un jeu de rôle Spidey, est ce qu’est qu’on peut toujours parler de MJ ?!
Désolé je… je suis faible !
Si tu dois en lire un autre, sans aucun doute je te conseille plateforme.
Vrai réfléxion sur notre socièté, toujours d’actualité.
Il tape dans le mille.
Forcément, avec du cul, du cul, et encore du cul.
Matthias > Non, juste Houellebecq et tes bulles, genre une BD sur sa vie mais en marrant… (Ddésolé, je réponds bien tard mais j’avais pas accès à internet aujourd’hui.)
Nico & Matthou > Accessoirement, Lovecraft était raciste…
Last Equinoxe :
Et pas qu’un peu … raciste, xénophobe, névrosé, tout ce qu’on voudra …
Il n’empêche que ses écrits sont incomparables. Comme je l’ai dit pour Houellebecq, ce serait idiot de s’arrêter à ce genre de considération. Sinon personne ne lirait Céline non plus …
Bon il convient de savoir que le racisme est très perceptible dans l’oeuvre de Lovecraft. Mais le sieur à vécu à une autre époque, dans un autre contexte. Une époque où la notion même de racisme comme on l’entend n’existait pas. Mais ceci est un autre débat.
Nico > 2 x à “Equinoxx”, stp
Et puis, je ne lis pas Céline non plus, de toutes façons…
Last EquinoxX –> excuse, je n’avais pas noté la subtilité