L’autre jour je squattais le net à la recherche de bonnes bandes annonces quand j’ai vu un truc qui m’a tapé dans l’œil. Y’avait Voldemort et Kate Winslet et ça avait l’air vachement sympa. C’est alors que le titre me rappela celui d’un bouquin que ma mère lisait cet été.
- « Le Liseur » ?! Ca a l’air d’être bien de la merde !
- Tais toi donc, jeune présomptueux et va réussir ta vie au lieu de dire des conneries !
Mais cette fameuse BA m’avait donné envie de le lire ! Je me retrouvais dans un dilemme à la con. Se bouger le cul jusqu’à la RNAC et raquer cinq keuss pour la version de poche ? Ou bien aller voir ma mom et lui demander de me le passer. C’était juste avant la cruelle journée du 25 en famille. Du coup je l’ai taxé à ma matrice comme plan B en cas où le repas s’éternise. Guess what ? Je l’ai one-shoté en une aprem’.

Dans l’Allemagne de 1958, Michael n’a encore que 15 ans. C’est lors d’un été où il était malade qu’il rencontre Hanna, une trentenaire à la beauté froide. Les deux personnages finissent par avoir une liaison secrète. Chaque fois, après le sexe, Michael lit à voix haute des livres à Hannah. Puis elle disparaît, pour ne refaire surface que huit ans plus tard. Michael est étudiant en droit et Hanna est alors jugée pour ses crimes durant la guerre. Surveillante Nazie, elle aurait laissé mourir des dizaines de juifs dans l’incendie d’une chapelle où ils étaient enfermés.
Sorti en 1995 et écrit par Bernhard Schlink, Le Liseur est un best-seller mondial qui ne comporte qu’à peine deux cent pages. Divisé en chapitres cours de quatre à cinq pages, il se dévore à une vitesse hallucinante.

Il faut dire que le style est tout en retenue. Pas d’envolées lyriques ou autres effets de manche. Les mots accompagnent une histoire simple, pleine de pudeur tout en offrant des réflexions profondes. Schlink est né après la guerre et c’est rafraichissant de voir la nouvelle génération allemande poser ses doutes et questions sur papiers, à la faveur d’une très belle histoire d’amour. Car au-delà de l’exercice de recul sur une période trouble, le récit se permet d’être construit autour d’un secret aussi bien amené que percutant. D’ordinaire, la seconde guerre me gonfle au plus haut point. On en fait tellement des tonnes, c’est assourdissant. Le Liseur se détache de la cacophonie par un point de vue rare et la volonté de raconter une histoire. Vu le peu qu’il coûte et le faible investissement en matière de temps que demande sa lecture, je ne peux que le conseiller. Pendant ce temps j’attends le film.

Tant que j’y suis, je m’explique sur le lien sponso à droite. Dans l’idée chaque vois que vous achetez un truc en passant dessus, je récupère 5%. Autant dire que c’est complètement négligeable. Mais qui sais ? Dans le pire des cas, ça reste toujours un moyen rapide de récupérer les trucs dont je parle.
Demain, une demi note de nouvelle année, avec des chiffres, des stats persos et anecdotes.
TRAILER STAGE !!!
Si mes 500 mots de vous donnent pas envie de lire Le Liseur, peut être que ces deux minutes vous convaincront.


