274 – Everyone’s A Critic # 31

L’autre jour je squattais le net à la recherche de bonnes bandes annonces quand j’ai vu un truc qui m’a tapé dans l’œil. Y’avait Voldemort et Kate Winslet et ça avait l’air vachement sympa. C’est alors que le titre me rappela celui d’un bouquin que ma mère lisait cet été.

- « Le Liseur » ?! Ca a l’air d’être bien de la merde !
- Tais toi donc, jeune présomptueux et va réussir ta vie au lieu de dire des conneries !

Mais cette fameuse BA m’avait donné envie de le lire ! Je me retrouvais dans un dilemme à la con. Se bouger le cul jusqu’à la RNAC et raquer cinq keuss pour la version de poche ? Ou bien aller voir ma mom et lui demander de me le passer. C’était juste avant la cruelle journée du 25 en famille. Du coup je l’ai taxé à ma matrice comme plan B en cas où le repas s’éternise. Guess what ? Je l’ai one-shoté en une aprem’.

Dans l’Allemagne de 1958, Michael n’a encore que 15 ans. C’est lors d’un été où il était malade qu’il rencontre Hanna, une trentenaire à la beauté froide. Les deux personnages finissent par avoir une liaison secrète. Chaque fois, après le sexe, Michael lit à voix haute des livres à Hannah. Puis elle disparaît, pour ne refaire surface que huit ans plus tard. Michael est étudiant en droit et Hanna est alors jugée pour ses crimes durant la guerre. Surveillante Nazie, elle aurait laissé mourir des dizaines de juifs dans l’incendie d’une chapelle où ils étaient enfermés.
Sorti en 1995 et écrit par Bernhard Schlink, Le Liseur est un best-seller mondial qui ne comporte qu’à peine deux cent pages. Divisé en chapitres cours de quatre à cinq pages, il se dévore à une vitesse hallucinante.

Il faut dire que le style est tout en retenue. Pas d’envolées lyriques ou autres effets de manche. Les mots accompagnent une histoire simple, pleine de pudeur tout en offrant des réflexions profondes. Schlink est né après la guerre et c’est rafraichissant de voir la nouvelle génération allemande poser ses doutes et questions sur papiers, à la faveur d’une très belle histoire d’amour. Car au-delà de l’exercice de recul sur une période trouble, le récit se permet d’être construit autour d’un secret aussi bien amené que percutant. D’ordinaire, la seconde guerre me gonfle au plus haut point. On en fait tellement des tonnes, c’est assourdissant. Le Liseur se détache de la cacophonie par un point de vue rare et la volonté de raconter une histoire. Vu le peu qu’il coûte et le faible investissement en matière de temps que demande sa lecture, je ne peux que le conseiller. Pendant ce temps j’attends le film.

Tant que j’y suis, je m’explique sur le lien sponso à droite. Dans l’idée chaque vois que vous achetez un truc en passant dessus, je récupère 5%. Autant dire que c’est complètement négligeable. Mais qui sais ? Dans le pire des cas, ça reste toujours un moyen rapide de récupérer les trucs dont je parle.
Demain, une demi note de nouvelle année, avec des chiffres, des stats persos et anecdotes.

TRAILER STAGE !!!

Si mes 500 mots de vous donnent pas envie de lire Le Liseur, peut être que ces deux minutes vous convaincront.

273 – Meanwhile, In A Theater Not Far Away

Aujourd’hui j’ai envie de parler cinéma. Mais j’ai plein de sujets qui se bousculent dans ma tête. Du coup on va se faire un petit medley d’actu du grand écran. A commencer par ce dude qui a tiré sur un père de famille dans un cinéma, y’a trois jours, aux US of A. Le pater aurait visiblement dû se la fermer à la première injonction du dude de se taire. Heureusement personne n’est mort le temps que les flics arrivent. Le dude était retourné dans son fauteuil pour regarder le reste du film pendant que le reste de la salle s’enfuyait en hurlant. Ceci étant dit à chaque fois que je suis forcé d’aller voir un film à La Part-Dieu à Lyon, repaire de blaireaux qui téléphonent pendant les films, je me dis que c’est ptête le genre d’exemple dissuasif dont les connards ont besoin. Ce type est-il un héros ou bien un dangereux psychopathe ? Là, de suite, mon cœur balance.

Sinon, dans la série “la Fox sont des gros fils de pute”, voici Watchmen. Peut être êtes-vous au courant qu’un film adapté du comics culte sorti par DC est prévu pour l’année prochaine. La Warner, propriétaire de DC, produit. Oui sauf qu’en fait la Fox avait les droits de Watchmen depuis 20 ans, du coup procès. Mais attention procès de pute, pas genre quand Warner annonce le film mais une fois que le budget a été dépensé et tout. « Oui mais on avait oublié ». Mais bien sûuur. C’est toujours plus facile de forcer la main après coup qu’avant, surtout quand on a eu 20 ans pour se bouger le cul et faire le film ! Et comme les US of A sont un pays magique, la Fox a gagné en première instance du procès. Du coup Warner va devoir claquer une bonne centaine de millions de dollars de racket de la Fox pour avoir le droit de sortir le film dans les salles. Cent millions que la fox n’a rien fait pour mériter et qui auraient dû servir à produire un autre film. Encore une histoire de plus à ajouter au dossier contre le pire studio Hollywoodien de tous les temps.

Pendant ce temps là, en France, sort Largo Winch. Okay c’est un film de kikoo où le réal est tellement content d’avoir le budget pour se payer un hélico qu’il décide de tourner la moitié du film avec. Dommage qu’il n’ait pas économisé pour offrir une meilleure perruque Kristin Scott Thomas. En même temps venant d’un film où les héros, magnats de la finance, échangent des docs top secrets par Hotmail… Un big up aux scénaristes pour nous offrir un des enchaînements narratifs de plus mauvais goût de l’année. La mère de Largo :

- Tu sais, quand je serai morte, je pense que j’aimerai me faire incinérer, comme Nério.

Dix minutes plus tard, quand elle se fait buter par des commandos (yay !), ceux-ci laissent son corps dans la maison familiale qu’ils décident de… brûler. Imaginer le scénariste trop fier de lui dans sa cave quand il a écrit ça.

J’aurai pu développer chacun de ces sujets sur un article entier (et du coup expliciter qu’en fait Largo Winch c’est pas mal, ça se défend bien). Mais sur The Best Place on ne compte pas, on file tout d’un coup ! Puis j’aime me retrouver de nouveau avec rien à raconter pour demain. Enfin là en l’occurrence y’aura une petite critique littéraire, as usual.

272 Bis – I’m The Real Deal

L’autre nuit j’étais au fond de mon lit, à réfléchir à tout ce que je pouvais faire mon améliorer mon roman, vu que ça semble a peu près acquis que c’est retour à la case départ (mais j’en reparlerai). C’est alors que ça m’a frappé ! Dégage cette intro de merde et commence par une dissertation sur le coca ! Dis que dans la vie on ne peut même pas compter sur le coca pour rester immuable. Que suivant le continent (sirop de fructose contre sucre) et l’époque (Coke contre New Coke) il n’a pas le même goût. Comme le perso boit son premier coca au sucre depuis des mois il réalise que rien n’est constant dans la vie. Et là il entend sa voix, a elle. Une voix qui est restée constante. Maisc’estvachementmieuxdisdonc !!! Vu que ça démarre sur une dissertation un peu étrange et ludique pour aboutir à une première vérité sur l’importance de cette femme pour le héros !

Sauf que c’était pas loin de trois heures du matin, et que y’avait de grands risques que j’oublie tout une fois le matin venu. Après quelques minutes d’hésitation j’ai saisi mon moleskine N95 8Go, ouvert une nouvelle note et rédigée en style télégraphique mon idée. Puis je me suis effondré à nouveau comme une merde dans mon lit, le sourire aux lèvres, le sourire de celui qui se dit que sur ce coup là, il a été quand même vachement pro niveau écrivain !