254 – Everyone’s A Critic # 26

Quand la plus jolie bouche de tout le Celsa laisse échapper le titre d’un de ses romans favoris, forcément on l’écoute. Et quand on à un carnet Moleskine d’artiste beau gosse, on le note. Moi j’ai un N95 8Go, Amazon Mobile et j’emmerde Zeller. Commanday dans les 30 secondes ! :geek: Le livre en question, c’est Martin Eden, de Jack London, alias un mec que je voyais absolument pas du tout qui c’était. Jusqu’à ce que je me fasse défoncer la gueule par mon ex qui me fit remarquer que L’appel de la forêt c’est pas de la merde quand même ! Ah, tiens, oui effectivement. Comme j’ai pas le temps de résumer le truc avant la fin du paragraphe, je vais plutôt dire que Martin Eden date de 1909 et peu donc être considéré comme de la littérature classique. Il aura été publié sept ans avant la mort de son auteur, que la légende voudrait attribuer à un suicide. Sauf que les versions divergent et le mythe aura fini par prendre le pas sur le réel.

Martin Eden est un jeune marin de vingt ans, qui sauve un adolescent de la bourgeoisie d’une rixe de bar. Pour le remercier celui-ci l’invite dans sa propriété, où Martin rencontre Ruth, la sœur du jeune homme. Epoustouflé par la beauté et les connaissances de Ruth, Eden se jure de tout faire pour corriger son langage, apprendre et la conquérir. En chemin il va surtout se découvrir une passion pour l’écriture et se jurer de publier, quoi qu’il en coûte. Alors que son univers et sa santé se détruisent peu à peu, Martin continue sa quête, persuadé qu’au bout de la souffrance l’attend la réussite et le respect de la bourgeoisie.
Il est admis que Martin Eden est un roman en très grande partie autobiographique. Entre les obsessions de lutte des classes du personnage principal et ses écrits d’aventures, faisant écho aux autres livres de London, il s’agit donc d’un livre très personnel.

Disons le tout net, Martin Eden est une pure tuerie, le genre de bouquins que tu te demandes pourquoi c’est pas criminel de pas le faire étudier au lycée. L’histoire recèle de la force, de la poésie et brasse des thèmes complexes, notamment à propos de la relation à l’art, de l’écriture. Pas étonnant que ce livre touche plus particulièrement les apprentis écrivains, surtout dans l’agonie ressentie par son personnage devant ce qui semble être les murs éditoriaux. Un must read pour tout apprenti romancier, pour prendre le courage qui parfois manque. Un bonheur ne venant jamais seul, le style est très souple et fluide, une gageure pour un ouvrage accusant un siècle d’ancienneté. Les termes choisis sont toujours emprunt d’une très forte puissance évocatrice. Martin Eden est simplement un délice à lire, et les dernières lignes du roman sont d’une qualité rare, touchant la perfection du bout de la plume.

Quoi que je dise de plus sur Martin Eden, je le dirais de travers. Croyez moi juste sur parole quand je vous dis que ces quatre cent cinquante pages sont plaquées or. Aspirant écrivaillon ou simple amoureux des belles histoires racontées avec beauté, je ne peux que très fortement vous le conseiller.

20 réflexions sur “254 – Everyone’s A Critic # 26

  1. déesse –> Tu me diras ce que t’en penses !

    yoan –> Merci pour le big up. 4h de sommeil only, je suis à fond là !

    Jenny –> Tu parles de la photo où j’ai des rides à côté des yeux, un nez pointu et le menton un peu trop avenant ? Va pas commencer à dire que je cherche à te tuer non plus !

  2. La photo fait trop réel, l’ancienne avait un coté sepia plus mystérieux … C’est quoi cette obsession du casque toujours sur le cou (meme en soirée !) ? En même temps, on me reproche de me balader avec constamment un roman dans la poche (même en soirée !) …

    Sinon, London me rappelle toujours Into the Wild. Sans doute à cause de l’Appel de la Forêt (près de celui de Cthulhu …)

    Pour l’espagnol: trouve toi une copine latina ! :D

  3. ah ça faisait longtemps ! là tu me donnes envie tu vois. fini les grosses merdes fantastiques ou les histoires d’amour adolescentes à deux dollars. tu t’attaques enfin à du lourd ! et bien tu vois, je vais l’acheter et le lire celui-là.

  4. Si ya des gens qui passent ici et qui me connaissent, ça va être Nowel les copains. Et si le message est pas assez clair : ce bouquin = je veux je veux je veux !!! *-*

    (Ah ben t’as moins une tête de gosse au moins là !)

  5. Petit contresens:
    “Un bonheur ne venant jamais seul, le style est très souple et fluide, une gageure pour un ouvrage accusant un siècle d’ancienneté.”

    Je rappelle que c’était mieux avant, surtout pour le style, et que les livres du siècle dernier seront toujours mieux écrits que les bouses actuelles commises par des analphabètes

  6. Bon Ben reilly, tu m’a convaincu, je torche “le fantome de l’opéra” et je le met dans ma check list….

    En tout cas merci à l’exposé d’espagnol ne nous privé d’une image qui fait mal!!!

  7. Ok pourquoi pas, j’ai besoin de lecture et j’arrive pas à me motiver pour trouver un truc qui pourrai me plaire, ceci sera peut être la solution.

    Sinon c’est ma photo préférée juste avant celle de facebook, il fait de chouettes photos ce garçon. Félicitation à lui et au modèle :)

  8. Moi aussi au début. En fait, ça s’explique psychanalytiquement parlant. Tiens, ça me donne une idée de sujet de mémoire, dommage que je sois plus en psycho … “Facebook, figure moderne du grand Autre”. hmm …

    Allez, n’angoisse pas, le web 2.0 ne va pas te manger !

  9. Jack London, je connaissais de nom, mais là, tu donnes vraiment envie de le lire !
    J’aime de plus en plus ton blog, j’avoue !
    Merci de nous faire partager tout ça. Et surtout, continue :D

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