268 – Everyone’s A Critic # 30

Fun fact : quel est le second bouquin le plus étudié dans les lycées Américains ? Réponse : L’attrape-cœur. Parce que j’ai besoin d’une bonne excuse pour pouvoir relire de la merde, je me suis collé une bonne baffe classique dans la tronche. Paye ton édition US du roman qui se vend chaque année à 250 000ex aux US pour un total de pas loin de 70 millions de livres vendus depuis sa première parution en 1951. Ce qui m’a poussé à franchir le pas, ce fut un docu MK2 que j’avais eu DVD dans un hors-série Technikart. On y voyait Frédo Beigbeder faire le tour de St Germain et New York pour causer de l’influence de l’attrape-cœur dans la vie d’une douzaine d’auteurs contemporains. Tant de fougue dans leurs propos, il fallait que je le lise. Avec en ligne de mire le gros flip, what if j’aimais pas du tout ?

Holdeb Caulfield à seize ans, et il vient de se faire virer de son école, pour cause de manque d’investissement personnel. Pas super chaud pour appeler ses parents et leur avouer son renvoi, il préfère zoner plusieurs jours dans New-York en plein hiver, à réfléchir quand au sens à donner à sa vie.
La bonne blague, c’est que j’avais absolument aucune idée de quoi pouvait bien parler le bouquin. Or, il se trouve que l’histoire est à hauteur d’adolescent, ni trop courte ni trop longue, et se laisse lire sans grande difficulté. Je pense même que j’aurais pu kiffer si j’avais eu à le lire au lycée. Cinquante ans plus tard et force est de constater que la jeunesse n’a pas changée des masses. Les considérations d’Holden sur la vie, les adultes et les filles ont toujours autant de force. Même s’il aura fallu que je lise une ou deux analyses du bouquin pour en saisir les subtilités, la lecture fut agréable et fluide. Après Martin Eden je vais finir par croire que les classiques ne sont pas plombant !

Bon, okay, y’a quelques tics de langage super insupportables. Je me doute que c’est le langage parlé qui veut ça, les expressions typiques de l’époque. Mais le nombre de fois où Holden finit ses phrases par « And all » ou « It’s killing me », fuck c’est juste complètement agaçant. Ceci étant dit c’est sûrement que moi que ça gène. Parce qu’il est fort le J.D. Salinger ! Tellement fort qu’il en a flippé sa race, d’être une légende vivante. Au point d’aller s’enfermer dans une maison à la campagne depuis quarante ans, refusant toute interview, ne publiant plus aucun écrit. L’auteur de L’attrape-cœur est donc devenu un mythe à lui tout seul et il y a des chances que d’ici quelques années il emporte les clefs de son œuvre dans sa tombe. Le bâtard. Parce qu’effectivement ce livre est profond. Et je crois que je regrette de l’avoir lu que maintenant. Je me demande quel effet il aurait pu avoir sur Le Reilly des années Lycée.

Faut dire qu’après avoir été adulé par une génération de jeune en quête de rébellion, bani pendant deux décennies des écoles car distillant des idéaux de liberté, l’Attrape-cœur est une base de la culture littéraire. Et après en avoir fait l’expérience, je ne peux que le conseiller.
Voilà, si vous ne saviez pas quoi offrir comme cadeau de Nowel de dernière minute. Why not après tout ? Demain ce sera une note très diminuée, forcément, mais pas dénuée de goodies.

16 réflexions sur “268 – Everyone’s A Critic # 30

  1. Je pense que les expressions dont tu te plains donnent tout son sel à l’écriture, au contraire.

    Grand livre, sinon. Très difficile de passer après, pour le lecteur comme pour l’auteur…

  2. déesse –> Alors au boulot !

    BluuG –> Très très belle couv’, avec un beau papier, la classe !

    Last Equinoxx –> Bah retour à la case RNAC ou Mamazone ! Pas cher mon fils !

    Tonio –> Je me plains pas des expressions mais de leur répétition. Ptête qu’effectivement ça perdrait de la saveur. Et oui, grand livre.

  3. J’ai vu le même docu, mec. Et du coup j’ai lu le bouquin l’an dernier…
    Pas soucis, c’est un génie le J.D. Salinger.
    Aux US, on leur enseigne ce bouquin, en France, on nous enseigne du Daniel Pennac… On a les références que l’on mérite.

  4. Matthias > Je passe par Chapitre.com, ça me file des points chez un partenaire :) (Enfin, la première fois, ils ont mis 4 mois à m’envoyer les Chroniques de la compagnie noire et les 2 autres bouquins que j’avais achetés, j’ai dû rappeler 3 fois alors que j’ai horreur de ça… Si ça me refait le coup, bye-bye.)

  5. Oh ben justement, je fini Franny et Zooey de ce même J.D. . J’ai mis un peu de temps pour me plonger dedans, après on est un peu happé… et à la fin, on reste über-perplexe… “Mais que veut-il dire ?”

    Du coup j’pense que je vais lire celui-ci.

  6. J’ai mal au ventre Matt.

    Trop mangé.

    Par contre toi qui ne mange pas trop (va savoir pourquoi je dis ça) tu n’oublies pas mon petit cadeau de Noël hein ?

    /o/

    \o\

  7. En plus Vian a écrit sous le pseudo Vernon Sullivan alors Sullivan-Salinger y avait de quoi hésiter une bonne minute de plus! (merci google!)

  8. “Mais le nombre de fois où Holden finit ses phrases par « And all » ou « It’s killing me », fuck c’est juste complètement agaçant.” : et encore tu l’as pas lu en français… Le “Et tout” décridibilise tout. Je trouve pas que le “It’s killing me” / ” Ça me tue”soit aussi agaçant vu qu’il est tjrs très utilisé, mais alors ce “Et tout”…. putain !! Il n’y a pas que toi que ça énerve, j’ai failli lâcher le bouquin au bout de trois pages, et ma soeur n’a pas tenu… Mais c’est une grave erreur !

    J’ai lu 5 bouquins dans ma vie (enfin, presque), et celui là figure aisément dans mon top 2. Il est magique. Word.

    Je l’ai relu y’a quelques années, encore plus magique. Et tu m’as donné envie de le relire, en VO cette fois !

    PS : Daniel Pennac est un très bon auteur, c’est usant ce “c’est tjrs mieux ailleurs” !

    Je suis ravi que t’en aies parlé, et plus encore que tu l’aies aimé ! J’aurais imaginé une chronique plus… envolée, mais je dois être trop amoureux de ce bouquin ! Je l’ai conseillé à Oxmo Puccino pour te dire :) (enfin ça te dira ptêtre rien, vu que t’écoutes du Lavril Avigne)

    Bref, j’ai envie de m’étaler dans mon commentaire. Je sais que j’ai rien à dire et que je tourne en roue, mais ce livre me lance.

    Et tout.

    BenReilly : merci, je prends cette chronique comme un cadeau qui vient du coeur ! Et promis, je ferais des commentaires moins décousus prochainement !

    Ah si, moi aussi je me demande ce que je serais devenu si je l’avais lu à 16-17 ans. Peut-être un mec bien et talentueux, qui sait ?! Enfin, toi t’es quand même devenu un mec bien et talentueux :p

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