306 – Top Three Saturdays # 13

 

Aujourd’hui, c’est le jour de l’année où j’ai le moins de contacts connectés sur MSN. Pour une raison toute bête : la moitié de ma liste d’amis est en train de s’éclater au Festival International de la Bande-Dessinée d’Angoulême. Comme je suis quelqu’un d’aigri, je vais faire le Top 3 des raisons de pas aller à Angou !

 

Number Three – The City

Là faut m’imaginer jeune et pas encore boiteux. Au milieu d’une neige épaisse je cherche désespérément à rejoindre la putain de gare de la ville. Sauf que maintenant que tout est blanc je reconnais que dalle et je cours dans tous les sens avec cinq kilos de BD achetées à prix d’or depuis 48h. Fatalement, je m’éclate la gueule par terre après avoir glissé sur une plaque d’égout. Au final j’attrapais le TGV in extremis, les portes se refermant une poignée de secondes après mon plongeon-roulade dans le wagon. Je jurais de plus jamais remettre les pieds dans ce bled. Déjà, c’est en Poitou-Charentes, et depuis que Royal fait des one-woman shows, ça motive moyen. Ensuite la ville est en hauteur, paye ta souffrance de monter et descendre vu que comme t’es pauvre ta chambre d’hôte est loin. Mais surtout c’est moche et y’a rien là bas ! C’est un tas de maisons agglomérées au milieu de champs tristes. Remarquez, j’y suis jamais allé qu’en Janvier…

Number Two – The Artists

Ce qu’on ne vous dit pas quand vous allez à Angou, c’est que le festival est principalement fait pour les auteurs. Ca va de l’apprenti auteur qui est là pour tenter de fourguer un projet (been there, done that) jusqu’au pro qui est bien content de squatter les buffets gratuits et pécho de la biatche (si si, c’est possible !). Coincés au milieu, t’as les auteurs moyen qui kiffouillent le festi mais au public plus restreint et les indépendants qui font des coucours de dessins en espérant que quelqu’un remarque qu’ils sont là. Sachant que je dis pas ça méchamment, je m’amusais bien avec les indés. Un auteur de BD, ça va à angou principalement pour le biz ou retrouver sa bande de potes qu’il ne voit qu’une fois par an et payer sa tournée de binouzes. Bien sûr y’a le contact avec le public et des artistes qui adorent ça et font leurs dédis avec les yeux humides. Pas de chance pour eux, ils se heurtent à la raison numéro uno de pas aller à Angou.

Number One – The People

Quand t’es un kidounet, que tu enjoy ton spirou magazine, tu te dis que putain, ça serait trop la classe de rencontrer les auteurs. Pi tu vas à Angoulême et tu réalises qu’une bonne majorité du public sont une bande de gros beaufs voire de connards. T’as le mec qui va harceler un auteur pendant sa pause pour une gribouille, l’énervant pour le reste du festi. T’as ceux qui hurlent dans la files d’attente que c’est une honte de prendre autant de temps pour faire un malheureux dessin, qu’ils ont posé un RTT et que c’était pas pour le passer à attendre (100% véridique). Je fais l’impasse sur les mafieux qui dealent leurs dédis sur Ebay et achèvent de déprimer les auteurs. Au finish faut pas s’étonner si certains artistes sont éxécrables avec leur public, font le même dessin à tout le monde ou encore refusent dans le doute de crobarder sur une feuille volante. Certains ont réglé le problème, comme la moitié des auteurs de chez Dupuis (Spirou) qui n’acceptent de faire des dédicaces qu’aux moins de 15 ans.

Tout ça pour dire que j’en ai rien a branler de pas être à Angou ! (Surtout les années où j’y suis pas) Et que même que je préfère les petits festis mais que je vous en reparlerai un de ces quatre ! Sinon demain double review Ciné/Bouquin.

305 – Leet

L’autre jour j’étais sur le net, pour changer, et j’épluchais le site Durex. Ne cherchez pas à comprendre. J’avais déjà parlé du concept de la capote y’a un moment. Là en l’occurrence je me renseignais un peu sur les products de la marque reine. Pas sur leurs sextoys entrée de gamme parce que c’est un peu la lose, mais sur les ballons de latex en eux-mêmes. Le moment où ça devient marrant, c’est quand tu étudies les boiboîtes avec un œil de marketeux, surtout au niveau des noms des différents préservatifs. Quand tu lis « Feeling gossamer extra », « Performa » ou « TuttiFrutti », tout de suite ça fait rêver. Et c’est là que j’ai découvert le messie : « Durex ELITE ». Holy fucking shit !?! Tu lis la description et on t’explique que c’est le préservatif le plus fin de la marque. Forcément si tu le mets et que tu tiens la distance malgré l’explosion de sensation, tu es la putain d’élite sexuelle !

C’était sans compter le piège. Car oui, il y a un produit au dessus (fin et lubricated), une seule et unique boîte qui coûte plus cher que l’Elite. Là t’espères un truc genre « Uber Awesome Elite », au moins. Mais non, ça s’appelle « Extra Confort ». Faut tenter de visualiser l’ampleur de ma déception. Parce que moi, m’équiper de capotes qui s’appelleraient Elites, c’est un peu mon idéal de vie. Seulement je peux pas prendre ça si y’a mieux (obviously). Attention je peux pas prendre le mieux non plus, vu que ça a un nom de kikoo lol. Comparons avec un autre produit labelisé Elite pour un public plutôt masculin : la Xbox 360 Elite. C’est la plus chère, celle avec une meilleure finition laquée noire, le plus gros disque dur. L’acheter c’est cracher à la gueule du bas peuple, c’est prouver à la face de l’univers à quel point tu es supérieur. Jusqu’à ce que le brand manager de Durex foute tout en l’air en dénaturant un des mots les plus classes qui soit.

Maintenant vous allez prendre conscience d’à quel point un étudiant en marketing, c’est grave dans sa tête. Pour la première fois de ma vie, je suis allé voir ce que faisait la concurrence en matière de capotes. J’avais statué que Durex c’était la classe, le style et la fiabilité. Mais mon âme de consommateur est bloquée. J’ai envie de prendre l’élite mais je peux pas. J’ai envie de prendre les plus chères mais je peux. Pour cette seule et unique raison, je me suis retrouvé à éplucher pendant deux bonnes heures au milieu de la nuit les principaux concurrents. Durex m’a déçu. Je suis orphelin d’une marque avec laquelle j’avais une histoire d’amour depuis des années. M’enfin, le côté positif c’est que j’ai découvert un tas de trucs allant du glauque (non mais les capotes fluos quoi, le tue l’amour ultime) au méga glauque (waaa des préservatifs dans des petits sacs en tissus fermés par un ruban doré). Moi je dis y’a grave moyen de faire une autre note là-dessus.

Oui, des fois je pars en sucette sur mon blog. C’est mon côté étudiant aux hormones bouillonnantes révolté du marketing. Reuzment que demain on fera un bon vieux Top 3 aigri des familles.

A PART CA STAGE !!!

A part ça si vous lisez ces lignes et qu’il est plus de 14h, je suis en vacances.

304 – Judge Reilly Is The Law

L’année dernière je n’avais pas participé à la dernière semaine de cours, pour une raison que je compte tenir secrète encore 350 posts (teasing de ouf !). Mais passons. J’avais loupé l’évaluation du corps enseignant, à ma grande déception. En 2009 j’étais là, fidèle au poste et prêt à en découdre. Car dans leur immense transparence et à travers certaines logiques rétrogrades, il faut bien admettre que mon école a parfois des idées pas trop connes. Il s’agit en l’occurrence d’un long questionnaire nous demandant notre avis quand aux contenus pédagogiques et les professeurs. Tout content de pouvoir faire valoir mon avis, forcément plein de bon sens, je m’appliquais à lister mes compliments et mes griefs. Mais attention, je le faisais avec tact, politesse et moult emploi du conditionnel pour ne pas choquer. Forcément j’ai pas pu m’empêcher de glisser une ou deux vannes, dans l’espoir que le relecteur reconnaisse mon génie derrière l’anonymat apparent des questionnaires.

Sauf qu’une fois sorti de la salle, j’étais assez traumatisé de voir que mes camarades avaient pris nettement moins de pincettes que moi ! Tels des gamins obèses américains jouant à Halo 3 sur le Xbox Live, protégés par leur anonymat, ils s’étaient complètement lâchés. C’est dans ses moments que j’oublie qu’en séchant un cours sur deux, en ne révisant pas mes partiels et en étant d’un je m’en foutisme à toute épreuve, j’évacue de la pression. Les enfants sages eux accumulent, et forcément finissent par péter un câble. J’aimerais avoir noté sur mon moleskine N95 des citations, des verbatims de la colère estudiantine de notre élite Française. En même temps, avec des profs qui ne préviennent pas de leurs absences, ceux qui n’ont pas de cours et se contentent de nous faire faire des exposés et ceux qui radotent jusqu’à un partiel qui n’a rien à voir avec le contenu du cours, y’avait de quoi faire.

Je voulais aussi porter un toast au trio de douchebags de droite, spécialisés dans la stratégie d’entreprise et de produits. On a le mec qui a bossé chez Universal et nous explique pourquoi on est qu’un tas de moutons juste bons à financer sa prochaine Rolex. Y’a le gars qui achète son parfum par bouteille de 1L parce que c’est moins cher et qui nous apprend à vendre des armes à des pays en guerre. Et enfin le type qui se vante de traîner les entreprises françaises dans le déficit en les mettant en concurrence avec les pays du tiers-monde, le tout dans un rictus pervers perlé de sueur assez répugnant. Trois exemples typiques de ce que je craignais de subir en allant taffer à Neuilly, alias les dignes représentants de la droite chaudasse décomplexée, en mode après moi le déluge. Le pire c’est que y’en a un ou deux que j’aime bien par intermitence dans le tas. C’est juste toujours brutal quand on essaie de t’inculquer le contraire de tes principes. Tout ça fait que je me plante en partiel d’économie lorsque je fais une réponse de gauche à une question de droite.

En fait je me plains, mais au fond j’ai un début de nostalgie. Demain je boucle mon année scolaire avec un partiel de 4h de marketing, alias la matière dans laquelle je dois cartonner pour rattraper tout le reste.
Demain on parlera pas encore de mon stage (j’attends d’avoir signé), mais de capotes.