La rentrée littéraire de l’année dernière. Un certain Boris Bergmann fait la couverture de Technikart avec un verbatim choc « Fuck les trentenaires ». Forcément, le gamin a 15 piges. D’ailleurs, c’est pour ça que tout le monde se l’arrache sur les plateaux TV. Wa putain t’as vu un premier roman à 15 ans c’est trop un keutru de ouf ! En plus c’est autobio et genre la jeunesse super contestaire et rebelle ! Méga branlette chez Denisot pendant que Technikart propose à Bergmann quelques chroniques dans le magazine. Bien entendu au-delà du jeune âge de l’auteur, le fait que son éditeur, Scali, soit partenaire de Technikart pour leur plus gros concours annuel n’a absolument aucun rapport. Ce serait être mauvaise langue. Le hype enfle à mort et le tonnerre gronde à St Germain lorsque le Flore n’est pas attribué au gamin (en même temps si c’était pour le filer a Nothomb…). En speed, Frédo Beigbeder t’invente le prix de Flore des Lycéens et récompense Boris in extremis. 25 000 exemplaires vendus et un an plus tard, debrief.

Y’a des photos qu’on peut juste pas commenter…
Mode Hyperspoiler ON !
Bon alors c’est l’histoire d’un teen de même pas quinze ans qui découvre le rock et qui décide qu’il sera le roi du monde ! Du coup il traîne avec un groupe de musicos branleurs dans des caves de Paname, squatte avec eux jusqu’à ce qu’on le remarque. Puis il se fight avec des gens, se trouve une copine. Elle embrasse un autre garçon alors il a envie de la piétiner et il la largue. Trop dur tu vois. Pi toute façon il veut être la mégastar alors tout ça il en a rien a branler parce que c’est quelqu’un ! Fin.
Cent vingt cinq pages écrites méga gros pour faire style y’a de la matière lues en 40 minutes montre en main. Sensé être basé sur les années lycée du Bobo Boris, Viens là que je te tue ma belle se lit comme le journal intime d’un gros con prétentieux et bon à rien. Un personnage qui veut devenir le king mais sans rien créer, sans le mériter, sans rien, juste parce que c’est d’une évidence qu’il le vaut bien. Un ramassis décousu d’auto-branlettes de marges de cahier mises bout à bout, et voilà ze roman de la folie de la rentrée littéraire 2007.

Est-ce à ce point minable ? Non, pas tant que ça. Y’a de très bonnes idées de style, un vrai début de quelque chose. Seulement les bons mots sont mal agencés et au service d’un néant narratif. On pourrait penser que le trip « je vous chie dessus tellement je suis un dieu » pourrait être une vraie intention artistique. Nan, c’est juste un gamin qui fait un caca nerveux. Suffit de lire les interviews du Bergman, en transe et en roue libre complète en promo (« J’aimerais qu’on étudie mon livre plus tard dans les écoles »). Le type qui a pas réalisé que son bouquin, c’était pas la vraie vie. Un peu comme le passage sur la tromperie qui passe complètement à côté de l’émotion. Ou les deux moments où le narrateur de quatorze ans va mettre un cran d’arrêt sous la gorge d’autres mecs pour se faire respecter. Re-lol. D’ailleurs l’objet livre est en lui-même un aveu de la médiocrité crasse du fond de son contenu. Pas de pitch sur la quatrième de couv’. Sûrement parce qu’il n’y a rien à pitcher. Ce qui est beaucoup plus lol, c’est de voir les citations des critiques. On y trouve en tout et pour tout Technikart (crédibilité zéro sur ce coup), Michel Denisot (tristesse de l’éditeur qui cherche quoi mettre) et Paris Match (crédibilité zéro, vous verrez pourquoi plus bas).

Depuis ce premier roman, quoi de neuf ? Bergman a sorti un nouveau bouquin, une nouvelle illustrée, toujours chez Scali (ah tiens, tu vends à 25 000 et t’es encore chez ton micro éditeur qui tire dix romans par an ?). Une recherche google nous montrera que les médias n’en auront, dans leur grande majorité, rien eu à foutre. Sauf Paris Match qui fera une pleine page sur ce second opus. Paris Match où a bossé l’éditeur de Scali pendant huit ans, même homme qui a pistonné le Boris pour un stage là bas. On sent pas du tout la faveur rédactionnelle. A ce stade, j’aurais envie de décréter Bergman comme étant le Michael Vendetta de la littérature contemporaine. A un détail près. Sous la connerie et l’absence de trucs à dire, Bergman à un début de talent d’écriture. Seulement maintenant va falloir bosser et faire oublier au reste du pays qu’il a quand même été un sacré petit merdeux.
Du coup, tant qu’à lire de la littérature de jeune rebelle avec un début de talent, je préfère me faire du Pille. Au moins là y’a un début de propos, de thématique et de culture. A ce propos me suis pécho BubbleGum hier. To be à suivre…
Demain on parlera d’Obama.
La photo de l’ado est en effet difficile à commenter. On dirait qu’il a copié légèrement le look Angel dans Buffy…ptdr manque la virilité.
On se demande comment des livres de ce genre parviennent à être publiés. Papa et maman bobo doivent avoir des adresses pleins les poches.
J’en avais jamais entendu parlé de ce pseudo auteur. Il a beau avoir des traces de talent, si ses histoires sont de la merde une bonne écriture ne sauvent pas l’intrigue.
BubbleGum il traine dans ma bibliothèque. Faudrait que je fasse une liste de mes bouquins….lol
Mais mais mais… C’est toute ma jeunesse qui est relatée dans son œuvre ! Je suis si profondément touché.
Non j’déconne…
La culture oui, mais quand même.
Comment tu te retrouves à lire des trucs pareils mon pauvre Matthias ?
Vais aller m’endormir devant dead space tiens…
Franchement la photo j’ai l’impression qu’il sort d’un clip de Mylene Farmer.
L’histoire tient sur un bout de papier quoi.
Elle est méga banale en plus.
Il aurait pu au moins se suicider ou mourir dans son vomi.
CA C’EST ROCK N ROLL
Mais Michel Denisot, qu’as-tu fait ?
Hâte que tu nous dises ce que t’as pensé de Bubblegum, vu que je m’en souviens assez bien de ce bouquin.
mais non c’est le look shakespeare in love sur la photo. le poete des temps modernes ! je trouve que tu es bien remonté contre le petit… serais-tu jaloux ? tout le monde est pistonné tu le sais bien.
Tu ne serai pas un peu acide sur sur ce coup Le Reilly?
Perso, j’aime beaucoup le sous titre : “journal imaginaire”… Ca fait “ouais t’façon je suis un ouf, je vais planter des cran d’arrets dans les gens paske chuis un mec tecktonick… euh rock’n roll tu vois… C’est la societé toussa… Bon en fait je ferai rien parce que c’est vachement dur d’être un fils de bobo qui est edité parce que ses parents connaissent un éditeur ”
La comparaison avec Mickael Vendetta m’afait pisser de rire par contre…
Je terminerai avec cette citation adaptée du père Desproges : “A gentleman is a man who can play the bagpipe; but who does not… Les gentlemen d’aujourd’hui ne savent pas écrire, et pourtant ils le font…”
PS: Bubblegum est sympa ; par contre le dernier Pille est moins terrible.
déesse –> Nan mais ce mec est surtout un pur produit marketing. Un roman un peu provoc’ et creux servi par un auteur à la personnalité un peu paranormale. C’est bueno pour les médias.
RNB –> Je lis des trucs comme ça parce que je m’intéresse autant au marketing qu’à la littérature. Et là forcément yabon.
chloë –> Nan mais j’ai eu la décence de pas m’attaquer au physique.
BluuG –> Il pouvait pas se suicider vu qu’il est destiné à réussir ! Ca aurait pu être un bouquin sur l’illusion et la vacuité de la gloire avec un héros qui redevient un moins que rien mais l’auteur n’a pas le recul intellectuel pour faire ça.
Céline –> Pas encore commencé le Bubblegum. Et Denisot c’est quand même le plus grand serveur de soupe populaire du PAF. Pourtant je le kiffe, m’est sympathique je sais pas pourquoi.
Eric –> Bien sûr que je suis jaloux tu crois quoi ? Moi aussi je veux une pure écharpe !
Lone –> Uééé je suis acide mais bon ça faisait longtemps que j’avais pas pris le risque de me prendre un bon gros retour de bâton dans la gueule ça me manquait.
J’ai trop envie de lire le dernier Pille parce que j’ai une pure théorie dessus ! Mais faut que Grasset se magne le cul de le sortir en poche !
J’adore balancer des tomates sur les bobos pré-pubères…
Tu vas en faire ta cible de prédilection ?
Nan parce que là j’ai quand même envie de jouer au cavalier sans tête en voyant cette photo…
Pis Michel c’est le roi, alors il peut bien faire ce qu’il veut, il gère tellement bien le grand journal.
Pas de quoi être jaloux je pense. Un premier roman, c’est toujours plutôt moyen. Mais ça reste intéressant pour se rendre compte de l’évolution.
Il existe bien des premiers romans fabuleux, mais des Mozart, il n’y en a que quelques uns pour l’humanité entière, inutile d’être jaloux du génie, c’est improductif et déprimant (ouais, un jour j’y arriverai !)
Un premier roman, c’est moyen parce que ça manque de maitrise, de recul, de profondeur. il y a des erreurs… mais aussi de l’audace, de l’enthousiasme, de la naïveté, une vision trop partielle de choses.
Ce qui manque le plus dans un premier bouquin est impossible à obtenir pour un premier bouquin : c’est l’expérience.
De ce que j’ai pu lire sur ton blog, ton premier roman ne déroge pas à cette règle. Cela dit, il est parfaitement légitime que tu sois satisfait de ton œuvre, tout dépend avant tout des objectifs que tu cherchais à atteindre et de ce que tu souhaitais exprimer.
La question n’est pas de savoir ce qu’il est légitime de publier. La publication n’est pas en soi la reconnaissance du talent. Je crois que ça se saurait si c’était le cas….
Bref, je fais partie de ces gens qui préfèrent largement tes articles à tes chapitres. Je trouve que tu t’exprimes mieux sur ton blog (sachant que je n’ai lu qu’un petit extrait de ton roman, hein) Tu es plus incisif, le choix des illustrations nous plongent directement dans ton univers, l’ambiance est bien tranchée. Bref, le genre blog semble plus adapté au coté un peu déjanté, créa, moderne de ton style.
ah, j’avais failli me le procurer à sa sortie, mais non en fait.
wtf ce prix de flore tout de même, amélie nothomb –> :-s
et sinon, je l’ai lu, bubble gum, je te spoilerai pas ni te dirai si c’est bien… en tout cas, elle est joli, et ces chroniques sont sympas dans tech’.
Et soudain je me sens très vieille et très lasse, alors que je ne le suis pas…
Non mais qu’est-ce que c’est que cette jeunesse décérébrée et prétentieuse sans déconner, en plus tous ces gamins se ressemblent, ya quoi ? trois catégories de gosses dans lesquelles on peut tous les ranger sans qu’il y en ait un qui dépasse, c’est terrifiant !
Alors maintenant, que ce Boris-truc retourne siroter des grenadines avec les BB Brunes au fond d’un garage et qu’ils laissent les grands bosser, merde !
Ah et la photo de Denisot avec le “désolé” : j’adore !
et sinon tout le monde n’est pas pistonné (bailly, garcia)…enfin j’espère
M’est sympathique aussi Denisot et c’est bien normal, c’est qu’il a une certaine classe… avec son look d’homme mûr et son comportement tout en retenue, comparé à d’autres présentateurs excités des autres chaînes, y a pas à dire il est reposant à regarder.
Toutes ces critiques m’ont plus donné envie de le lire qu’autre chose. Il est peut-être très mauvais mais tu en fais un post, donc quelque part il vaut le coup.
A suivre
Par contre sa photo est vraiment flippante. Personne n’a le droit à la colerette à froufrous brrr
Ouais, j’ai pas lu le truc. Mais moi les gamins qui publient a 15 ans, ou un peu plus, comme Guy Burt par exemple pour After the Hole (juste parce que j’ai bien aime et que je me suis dis que le truc etait bien mature pour un kid de 18 piges), et bah moi je peux pas m’empecher d’etre admiratif. Ok le truc est peut etre une bouze, et le gamin pistonne, mais tu le reconnais, il ne peut pas y avoir que ca, et quand bien meme. Maintenant il vient de mettre un pied a l’etrier de sa future carriere et par la meme occasion, a une putain de confiance en soi qui peut parfois manquer a l’auteur debutant.
Bref,
Sinon pour Obama, je sais pas ce que tu comptes raconter. Ce qui est vrai c’est que je suis sur D.C ce WE. Donc je te ferais un comment qui t’apportera une touche de reel si je peux, genre “Notre envoye sur place”.
Cet enfant est produit d’époque construit pour les organes de diffusion de niches bac +, enfin les nouveaux bofs ( canal + ou technikart).
Peu importe la qualité subjective du produit, on tombe inlassablement dans le procédé actuel compassionnel et représentation, rien de plus.
La promotion de classe prouve la consanguinité des productions culturelles de même engeance.
La nature même de la littérature est issu de ce type de personne, comme notre écrivain pubère, son histoire ou concept sont conforme à la pratique du genre.
La multiplication de l’offre industrielle ainsi que la démocratisation des objets et des outils culturels expliquent cette visibilité qu’ont ces phénomènes qui n’ont rien de médiatique, car ils sont la preuve que les salons feutrés font toujours office de brevet à cette invention de classe, le Génie, celui devient le baromètre de la valeur marchande.
L’auteur de l’article pourrait être un hater de base, mais il pointe le doigt sur un membre particulier du dispositif culturel français, l’homme d’appareil ou plutôt le garçonnet, qui n’est plus un employé artistique, mais un gestionnaire de niches.
PS : tout le monde n’est pas pistonné, merci pour les gens qui ont les jobs des pistonnés, uniquement parce qu’ils ou elles sont meilleurs…
Woao Souklaye, on dirait un comment en anglais passe a la moulinette “google traduction”. Perso, j’ai rien compris a ton point de vue sur le coup… sorry.
Bon ba … ça c’est fait :p
c’est pas mal les articles ou tu deboite un mec en live, perso j’aime bien! du sang du sang du sang !
Tu n’es pas seul à être révolté par la petite mafia du milieu littéraire.
Let me introduce the upcoming badass, Pierre Jourde : http://www.causeur.fr/la-fatigue-du-critique,1633
Mouai, quand jai lu, jme suis dit que le fait que tu n’ai pas été édité cette fois-ci pouvais éventuellement jouer dans le ton de cet article.
Du piston yen a partout, c’est même à ça qu’on les reconnait.
Et puis si tout le monde se branlait en parlant de ton bouquin, même si l’avis extérieur était que c’était de la merde, peut-etre que tu en profiterai aussi. (Apres je ne te connais que virtuellement hein, ça pourrait etre tout à fait faux).
Après le coup de “masturbation intellectuelle”, ben y’a pas que les petits jeunes hein, que Fred B. se jette la première pierre. Et Pille en deuxième.
Lorsque j’étais moi-même au collège, et que j’étais dans la réécriture de mon premier roman, une gamine de 13 ans a fait un buz éclair du même genre. Son roman s’appelait “La prophétie des pierres”. C’était mauvais. Dès la première ligne… alors bien sûr, oui, il y a du piston. Bien sûr… Mais cela dit, et tout en ne sachant pas ce que vaut Bergman, je tiens à signaler que la gamine, plus personne n’en a jamais entendu parlé après avoir crié au génie deux mois… C’est triste. Aussi triste que de voir un mauvais livre sur le devant de la scène, quel que soit l’âge de son auteur.
Etant moi-même une enfant qui s’essaie (et qui se réussira peut-être, dans un monde merveilleux rempli d’elfes et de lions végétariens) à l’écriture, voilà qu’après la peur de ne pas réussir à finir un projet, celle de ne pas pouvoir porter ce projet jusqu’à l’edition (au passage et après avoir lu tes trois chapitres de Merci Pour Les Souvenirs, j’espère vraiment que tu parviendras à trouver un éditeur. J’aime beaucoup tous les “petits details” de la pensée du personnage, c’est ce qui donne le vrai et le humainement possible à un être crée d’après moi. J’ai envie de savoir la suite de l’histoire en plus. Et puis, c”est affreusement héliocentrique mais j’ai pas pu m’empêcher en lisant ces refus de penser à ceux que j’aurais si je me lance un jour.) arrive l’immonde terreur de ne pas avoir assez de recul sur ce que je fais pour pouvoir constater les clichés, incohérences, sur-doses diarrhéiques d’adolescent.
Oui voilà, là j’ai peur.
Mais au passage je dois te remercier, ça a été l’électrochoc qui a fait disjoncter le vase. La peur me force à réagir. Gros coup de fouet donc. Je renoue avec ma volonté aussi inconstante qu’une vache sous lsd. Je saurais pas trop expliquer en quoi je me suis sentie visée dans cette critique contre ce jeune garçon. Mais c’est un fait. Ca, associé à mon empathie égocentrique (oxymore?) envers les refus…
Et voilà un beau commentaire “moijemoije” avec pleins de parenthèses qui paument. En tout cas j’espère que demain au reveil ma gnaque retrouvée ce soir sera toujours là, et qui sait, je vais peut-être enfin réussir à finir quelque chose grace à ce coup de pied au derrière involontaire de ta part.
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