Y’a des fois, où genre c’est nowel, et j’ai envie de me payer un livre normal. Pas un livre de poche je veux dire. Okay, ça reste toujours deux fois plus cher qu’un équivalent US ou UK, mais bon, parfois faut se faire plaiz. Ca faisait un moment que j’étais intrigué par La Meilleure Part des Hommes. Un titre alléchant, un premier roman direct à la case Gallimard et ce bandeau « Paris, années sida » qui donne le ton. Ecrit par un normalien, le bouquin chopera le prix de Flore 2008 à l’unanimité. Comme c’est un peu mon prix littéraire préféré, pour son côté lol mais aussi pour son côté contemporain, je me suis laissé tenter. Bon, j’avoue que j’étais parti bien décidé à le détester. C’était pas dur lorsqu’au bout de quelques dizaines de pages j’ai compris que non, ça parlait absolument pas des années sida dans Paris. Sacrés marketeux…

Dominique est un intellectuel de gauche qui fonde au début de des années 80 le premier mouvement de lutte pour le droit des homosexuels. Avec l’arrivée du Sida, son association va revêtir un rôle de premier plan dans la prise de conscience de la maladie. Dom prend sous son aile William, jeune chien fou, écrivain tantôt raté et parfois génial. Tous deux vont s’aimer puis se détruire, déchirés par la maladie, les opinions politiques et la vie tout simplement. Cette histoire d’amour et de haine est racontée par Elisabeth, la narratrice et maîtresse d’un autre intellectuel médiatique, lorgnant lui plus à gauche.
Si le marketing a menti, c’est que si effectivement l’histoire se passe à St Germain à l’heure de l’émergence du Sida, il s’agit avant tout d’une histoire d’amour racontée sur deux décennies. Mais bon, « Paris, Amour Gay », c’est tout de suite moins vendeur (ou alors pas aux mêmes gens…).

C’est con, parce que malgré tous mes efforts pour décréter que ce bouquin était à chier, bah en fait c’est achement bien ! La narration est maîtrisée, les personnages se tiennent et les dialogues sonnent très justes. Au détour de certaines pages il y a même des pépites de véritables sentiments qui touchent le lecteur au cœur de pierre. Du vrai putain de bon boulot pour un premier roman ! On s’emmerde pas et ça raconte quelque chose. Bien sûr il y a quelques défauts. On se demande par exemple à quoi sert le vagin de la narratrice, que ça aurait été un homme, ou une bête caméra que ça aurait rien changé. J’ai déniché quelques petites anachronismes au passage. Sinon y’a le Garcia qui hurle à longueur d’interviews qu’il ne fait pas d’autofiction, lui. Ah, j’étais pas au courant que c’était sale. Non, Tristan Garcia donne plutôt dans le roman à clef. Comme je suis un ignare je n’ai pas reconnu les individus grimés en personnages de roman. D’autres, plus malins, accuseront le bouquin de n’être qu’une version brodée de la réalité.

Il paraît que les ignorants sont bénis. Moi j’ai aimé ce bouquin moderne et aux émotions sincères. Du coup j’ai hâte de mettre la main sur le prochain opus du Tristan. Big Up aux jurés du Flore pour avoir rattrapé leur double connerie de l’année dernière.
Demain on évaluera mes profs pour fêter la fin du semestre ! Et ptête une note Bis lole cet aprem’ si je survis aux partiels du jour. Une bonne excuse pour vous abo au RSS. Mwah ah ah !