- Mais t’as pas honte de lire ça ?!!
LeReilly abaisse son exemplaire poche de Bubble Gum par Lolita Pille, afin de mieux regarder sa camarade de classe qui a l’ignoble impudence de l’interrompre dans sa lecture.
- Bah quoi…
- De toute façon c’est même pas elle qui les écrits, c’est trop connu.
- Ah.
Moi qui pensait que lire Twilight en public était l’offense du moment. J’avais tort. Visiblement lire un Lolita Pille c’est presque plus la honte. C’est à peine si j’ai pas eu à essuyer des salves de caillasses. Pourtant moi j’étais ressorti de Hell pas trop deg’. J’ai pas kiffé à mort mais y’avait des bonnes fulgurances lyriques, et des ébauches de thématiques pas dégueus. Or, il se trouve que Bubble Gum correspond pile à l’image que je me fais d’un second roman. C’est-à-dire qu’on refait le premier, mais on le refait mieux !

Manon est une midinette un peu trop belle pour sa province. Sur un coup de tête elle décide de tout plaquer pour monter sur Paris. Elle accepte un travail ingrat dans un restaurant pour tenir jusqu’à ce qu’elle devienne enfin une star de cinéma. Pendant ce temps là, à Vera Cruz, Ibiza et accessoirement Paris, Derek se fait chier. Derek c’est un héritier pété de thune quasi trentenaire pour qui même la coke et les orgies, c’est chiant. Du coup, comme c’est un personnage de roman, il décide de briser une âme innocente dans l’espoir de faire remonter un peu sa tension.
Là vous vous dites que vous avez grosso modo pigé le reste du bouquin. Et vous avez presque raison. Non parce qu’en fait y’a un twist ! Et là tu crois que t’es tranquille mais y’a un second twist ! A cinq pages de la fin tu penses enfin pouvoir souffler mais non y’a un twist du twist du twist !!! Y’a pas à dire elle est trop forte Lolita !

Bon, en gros après un départ en mode rebelz (10 pages de ce que l’héroïne déteste), ça part de plus en plus en sucette narrativement parlant. Si l’on n’a pas la crédibilité élastique on peut crier au n’importe quoi. Perso j’ai fait fi des quelques incohérences et trous scénaristiques et j’ai bien aimé ce final complètement bordélique. Si j’ai un regret c’est plutôt la bifurcation du roman sur le terrain de la starification et de la real TV. J’attendais plus Pille sur le mal être des vingtenaires, la lucidité du dépressif dans un monde vide de sens. Au moins on note une sévère réduction sur name dropping, et ça c’est bien. Niveau style y’a des trucs qui tuent, et des trucs qui sont too much. Des pages entières sans point, ponctuées seulement de virgules, c’est drôle cinq minutes mais pas bien plus. Bubble Gum est clairement meilleur que Hell. Une histoire qui m’aura plus séduit, une narration plus efficace et toujours le bling bling des bons mots. Pas encore Ze Book qui ferait que j’aurais plus à me justifier de mes lectures, pas encore…

Sinon j’ai pas d’avis sur qui écrit les bouquins de Pille. Je croise que je m’en branle un peu en fait. Je développerai là-dessus quand je parlerai de Crépuscule Ville. A savoir le jour où il coûtera moins que les 20 keuss que j’ai pas.
Demain, Top 3 !





