295 – Is That All ?

[Suite de la note 294]

Cafouillage au niveau du BDE, la grande salle louée pour l’occasion à décommandé. Repli dans un espèce de bar à St Germain. Le nombre de place devient franchement limité et j’attends dans le froid comme un con qu’une copine essaie de pécho des places inutilisées pour ses amies. Pendant ce temps, le videur nous rappelle régulièrement que la qualité principale pour avoir le job est d’être un gros con. Finalement, sur le coup des onze heures mi, on rentre. Là on pige qu’on est tombé dans un putain de piège. C’est mal éclairé, bas de plafond, mal ventilé et surtout complètement trop petit ! On savait déjà que ce que l’école appelle « Gala » signifie en réalité « Soirée boîte trop habillée », mais d’un coup on le sent encore plus mal.C’est en frémissant à l’idée de la soirée à venir que l’on se calle dans des fauteuils, grillant un de nos deux tickets pour des consos gratuites.

Il est une heure du matin et la plupart des gens se demandent ce qu’ils font là. La musique n’est pas assez forte mais cela n’empêche pas les plus courageux d’aller se frotter au dancefloor. La surface disponible faisant cruellement défaut, la piste est impraticable. Je peste intérieurement contre le manque de lumière qui m’empêche de détailler les quelques robes vraiment magnifiques. Alors je tourne dans la salle à la recherche d’un quelconque décolleté pour me remonter le moral. J’en profite pour rire des dizaines de types habillés blanc sur noir, ou inversement. Les plus courageux ont une cravate bleue marine. La folie je vous dit ! C’est l’heure de la soirée où les esprits se détendent, aidés par l’alcool. Mon moment préféré, celui où les gens vous disent les trucs qu’ils n’ont pas les couilles de vous dire en face. Et la plupart du temps il s’agit de trucs sympa, voire adorables. Ces quelques mots qui vous font vous dire que vous n’êtes pas venu pour rien.

 

Deux heure trente et me voilà déjà à l’arrêt de bus. Je bouffe quelques pages du livre de poche que j’avais enfourné dans ma veste (et dont on parle vendredi). Mes amis encore à peu près sobres ont filés de la soirée, déçus. J’aurais pu rester avec les quelques jeunes filles éméchées, leur soutirer quelques mots doux de plus, un baiser qui colle contre la joue. C’était risque de les voir une fois le seuil critique d’alcool dans le sang dépassé. Non. Je préfère me tirer en avance et partir sur un bon feeling. Une fois chez moi je ne vais pas me coucher, ce serait trop simple. Je me mets torse nu, comme pour aller dormir, sauf que j’enfile à nouveau ma cravate. Déjà parce que dans mon esprit malade et fatigué, c’est la classe. Ensuite parce que c’est la première fois de ma vie que je porte une putain de cravate et que je veux que ça dure ! Imaginez-moi galérer comme un gros geek devant des tutos Youtube pour apprendre à faire un nœud et vous saurez par quoi je suis passé.

On s’approche dangereusement des quatre heures du matin, et je ne crois pas pouvoir dire que j’ai passé une bonne soirée. J’ai claqué trop de thunes, fait des concessions vestimentaires et eu quelques conversations pas désagréables. Comme l’école en elle-même, ce gala aura eu un goût doux-amer.
Demain, on parlera d’un bon bouquin hardcore des familles. Rien à voir donc.

KOH-LANTA STAGE !!!

Sinon pour les gens de facebook, comme la semaine dernière, rendez-vous sur mon status pour le méga chat de la mort en live tonight !!!

294 – Almost Suited Up

Il est 3h30 du matin, nous sommes dans la nuit de jeudi à vendredi, et je viens de rentrer du Gala du Celsa. Au lieu d’aller dormir, je tapote sur l’ordi. Le gala donc, tradition séculaire qui veut qu’on se sursape comme des fils de bourgeois pour aller faire la fête. L’année dernière j’avais fait l’impasse. Principalement parce que j’avais pas de costume de soirée, ensuite parce qu’une nuit sexy avec ma copine me semblait, à raison, un bien meilleur plan. Or donc oui, un de mes nombreux handicaps sociaux réside dans le fait que je n’ai pas de suit. Faut dire qu’investir masse thune dans un truc qui sert à tout casser une fois par an, on a vu plus réjouissant comme idée. Cette année, étant célibataire et le gala ne tombant pas un soir de Koh-Lanta, je me suis dit qu’il fallait que je fasse l’effort. Surtout que next year avec la nouvelle nouvelle promo, aucun intérêt d’y aller je ne connaîtrai personne.

En dehors de l’aspect purement financier, ce qui me gène dans le costume, c’est le manque de variation. Un mec en costard, ouais forcément ça en jette, ça fait habillé, ça dégage un truc. Une bande de mecs en costard, aussi ça a la classe, genre la puissance du style amplifié par la répétition. Mais être un mec en costume parmi une bande de mecs en costumes, gros potentiel de lose. Attention je ne parle même pas du choix des marques de fringues. Non, il s’agit du physique. Les différences sont gommées, la marge de choix vestimentaire est anecdotique. On revient à la base. A savoir qui est grand, qui est gros, qui a une belle gueule. Pour moi c’est le révélateur ultime de complexes. De toute façon j’avais pas le budget pour la panoplie complète. J’ai dû faire des arbitrages (comme on dit quand on est ministre du budget).

Sachant qu’il me faut de nouvelles baskets, je peux pas décemment acheter en plus des chaussures de ville. Et si, j’ai une putain de raison médicale qui fait que j’ai intérêt à mettre des baskets. Même chose pour la veste. Vu que je viens de m’en prendre une de ville, c’est le suicide budgétaire d’en prendre une de costume en plus. Non, je me démerderai avec ce que j’ai. Manque juste un pantalon (noir, passe partout, pécho pas cher) et une cravate (rouge, flashy, pécho pas cher). Ma seule autre paire de pompes étant des converses noires et rouge flashy, me voilà dans une certaine logique interne. Là dit comme ça, ça semble super simple et tout mais faut m’imaginer séchant deux putains d’après midi pour errer pendant presque six heures en tout dans une douzaine de magasins pour homme différents, à tenter de me convaincre qu’il fallait que je fasse l’effort d’aller à ce putain de gala.

Malgré les lols de mon ex (« Lol mettre des converses »), je suis parti le cœur vaillant à la foire aux pingouins. De toute façon, j’emmerde tout le monde parce que sous ma chemise, mon pantalon tient avec une ceinture Quiksilver, noire et rouge. Et ça, c’est la classe internationale.
La suite à 16h les kids dans une full note !!!

293 – The Plan

Or donc, j’écris ce post assis à côté des cendres fumantes de ma première tentative de faire publier mon roman. J’essaie de ne pas penser au fait que l’impression/reliure m’aura coûté une semaine de budget bouffe. Au fil du décompte des neufs refus que j’ai essuyé, pas mal de monde dans les commentaires ont proposés de viser de plus petits éditeurs ou bien de faire mon méga rebelle en m’auto publiant avec des plateformes de ouf genre Hulu ou The Book Edition. Aussi avant d’expliquer ce que je compte faire de mon manuscrit la semaine prochaine, je me suis dit que ce serait pas mal que je développe ce que je ne compte pas faire. Du coup ça va me permettre d’expliciter pourquoi je voulais publier au départ (ce qui est différent de pourquoi je veux écrire attention). Enfin, à part pour les filles faciles et la piscine pleine billets sur la terrasse d’un penthouse je veux dire.

Je connais le chiffre d’auteurs qui gagnent leur vie en écrivant des bouquins en France. C’est tellement bas (150) que rien que d’y penser, ça fait chialer. Quand à la popularité, c’est toujours plus efficace de se faire pécho en train de sniffer de la coke dans la rue que d’écrire un bon livre. Si je voulais/veux publier, c’est pour pouvoir publier. Je m’explique. On vit dans un pays fasciste qui se remplit petit à petit de financiers qui s’improvisent éditeurs et qui veulent pas prendre de risque. Or, même si je kiffe et que ça vend bien, j’ai pas envie d’écrire uniquement des histoires de trentenaires qui agissent comme des ados. Quand Régis Jauffert écrit un recueil de nouvelles ou un roman épistolaire, quand Lolita Pille fait du polar futuriste, quand Tristan Garcia écrit un roman d’aventure, il n’y a qu’une raison qui fait que leur éditeur de leur claque pas la porte à la gueule. Ils vendent sur leur nom. Et mon but à long terme, mon plan de carrière (ça fait con de dire ça, je sais), c’est que si l’envie de prend d’écrire un pavé post-apocalyptique à la narration éclatée, mon éditeur me dira « Okay ». Etre payé pour écrire, c’est bien. Etre payé pour écrire ce qu’on veut, c’est mieux.

Si l’on considère que mon premier bouquin qui sort est le premier pas d’un plan machiavélique, une publication chez un micro éditeur serait contre productif. Je veux bien croire qu’il existe de petites boîtes qui se battent pour leurs auteurs et qui peuvent être une véritable opportunité. Seulement je ne m’y connais pas assez pour séparer les gars sérieux des plans suicide. Peut être que ça viendra avec l’expérience ou les conseils. La problématique de l’auto-édition est différente. Okay j’aurais un objet dans mes mimines et j’en vendrais quelques dizaines sans trop de soucis. Peut être même que ça me paiera un kinder bueno. Seulement pour le coup c’est clairement du sacrifice. Ce serait satisfaire l’égo au détriment « Du plan ». Parce que pour le coup aucune crédibilité sur mon Cv d’auteur, aucune visibilité en librairie ou médiatique. Il y a tellement de merdes sur ce genre de sites qu’il faudrait être inconscient pour faire la démarche de voir si y’a pas de bons trucs dedans. Sans parler du fait que se faire connaître avec une vidéo ou de la zik sur le net comme c’est la mode (l’argument qui revient), ça ne force personne à lire un putain de texte !

Après y’a la logique marketing. Si je sors mon bouquin en auto-édition, je vais le vendre à mes lecteurs dit hardcores (j’ai déjà l’avantage d’en avoir plus que la moyenne grâce au blog). Tous ces acheteurs potentiels sur lesquels un éditeur aurait pu compter pour le rééditer plus tard, perdus. C’est pour toutes ces raisons que mon manuscrit est très bien là où il est. J’ai suffisamment de force mentale pour ne pas céder aux sirènes de mon égo et prendre mon mal en patience sur ce coup là. Ca aurait bien réussi à Palanhiuk (dont je recause mercredi) qui aura fourgué son premier roman à son éditeur après le succès de son second, première parution. Sans parler du fait que je ne suis carrément pas à l’abri du fait que mon bouquin ne soit pas assez bon.

Mais ça j’en causerai lundi prochain. J’ai déjà largement dépassé mon quota de mots today. Puis de toute façon demain y’aura deux véritables notes, une rare double dose pour parler du gala du Celsa et de costumes de soirée.