332 – Thirty Silver Coins

Ce blog à environ onze mois, et la semaine dernière m’est arrivé une grande première : on m’a contacté pour participer à une opération bloggueur ! Holy shit enfin ! Tout ça c’est parce que j’ai clashé ma race avec les gens de la dernière opé où je m’étais incrusté, j’en suis sûr. Là vous vous dites que normalement j’aurais dû conchier la simple idée de vendre mon corps, mon esprit, mon blog à ces foutus corporations malveillantes et capitalistes. Sauf que je suis un petit couillon étudiant en marketing, futur stagiaire en agence de pub. Par conséquent je peux totalement légitimer ma cupidité par ma déformation professionnelle et camoufler le fait que je sois un vendu en faisant un article genre analytique plein de recul méga feinte. Dommage, l’opé était mardi, à Paris. Or à l’heure où je mets cette note en ligne, je suis encore à Lyon.

L’idée du truc c’était de déguiser des blogueurs en panoplie Adidas et les prendre en photo sur un Vespa (oui, il s’agit de cross-marketing, qui est lui-même un mot écran de fumée qui fait bien). Après un jury aurait décerné un grand prix du style couronné d’un scooter dont j’aurais pas eu grand-chose à faire vue mon absence totale de permis et mon sens précaire de l’équilibre. Pas de photo dossier à vous mettre sous la dent, désolé les kids. Y’avait aussi la perspective de squatter à un lancement VIP de collection de la marque. On m’aurait acheté à coup de trucs gratos, j’aurais piqué des petits fours pour chez moi parce que je suis pauvre, j’aurais renversé mon champagne que j’aurais pas eu l’intention de boire au fond d’un décolleté plongeant, j’aurais pris en photo les deux trois people présents en me moquant d’eux. Mais surtout, j’aurais foutu un putain de high kick dans la gueule du responsable d’Adidas pour lui faire comprendre que je n’ai pas apprécié que la dernière exclu Foot Locker Us n’ait pas encore traversée l’Atlantique ! Connard !

M’enfin du coup j’ai grave tapé la discute à la responsable marketing qui avait tenté de me refiler le truc. Au départ c’était pour être sûr de pouvoir me prostituer un autre jour, mais en fait elle est super sympa. C’est pour ça que j’ai consacré mon article à ce non event. Parce que, attention accrochez-vous, elle aura par sa gentillesse fait naître un article en rab’ pour l’opération marketing qu’elle représente. C’est assez balaise de faire en sorte que les invités parlent d’un évènement, alors qu’un mec qui n’est même pas venu ajoute sa pierre à l’édifice des retombées médias, c’est la classe. Le plan machiavélique, c’est qu’elle en retire une substantielle augmentation qu’elle partagera bien entendu avec votre serviteur sous la forme d’une valise plein de BN ! Y’a pas à dire, la gentillesse ça accomplit des miracles. Ecrire des textes érotico-fruités sur son blog aussi remarque.

Tant pis, j’ai toujours mon âme. Enfin, ce qu’il en restait d’avant. Ca veut dire que demain je vais encore devoir faire une vraie note au lieu de copier coller un communiqué de presse. On causera de confrontation des souvenirs.

CULTURE STAGE !!!

Si vous avez pas pigé le titre de cette note, faites un tour sur Google et vous vous coucherez moins coin ce soir. Parce que sur The Best Place on apprend en s’amusant ! (Adibou powa !)

331 – Book Review 43 & 44

Or donc depuis que je suis devenu un grand lecteur parce que je n’avais rien à raconter sur mon blog, j’ère régulièrement dans les Fnacs. Et comme j’écris aussi un mémoire sur en quoi une couv’ de roman c’est bandant d’un point de vue marketing, j’ouvre grand les n’oeils. Today je vais vous parler de deux bouquins que j’ai achetés uniquement pour leur couverture. J’ai craqué sur Pop Heart de Barabara Israël parce que c’est un premier roman de fille et qu’elle un nom à la con, du genre à se faire jeter des pierres à l’école (forcément, je compatis). Sur la 4ème, Nicolas Rey à oublié qu’il était coké en comparant ce livre à du Bret Easton Ellis. Vu que ça vient de chez Scali, l’éditeur qui publie des livres opportunistes et des petits jeunes qui vomissent sur la vie, je le sens à mort. En bonus, Mise en bouche de Philippe Djian, une grosse nouvelle adaptée en BD. La couv’ de la BD servant pour le livre, boucle bouclée et coup de cœur graphique.

Pop Heart c’est trois presque trentenaires qui parlent chacun à la première personne. Ils vivent à Nice, ne branlent rien, n’attendent rien de la vie et forment un triangle amoureux qui mêle hétéro et homosexualité. Même que le résumé à l’arrière nous dit que ça va finir par partir en live. Ah et sinon c’est plein de références musicales aussi. Chouette.
Mise en bouche c’est l’histoire d’un mec qui prend en otage une école maternelle dans la banlieue riche de Paris. Ouais, grilled. Sauf que le héros c’est un père de famille qui se retrouve piégé par Human Bomb et qui réalise que c’est le moment ou jamais pour tenter de pécho la maîtresse canon mais quelque peu névrosée de ses gosses.

Plutôt déçu par le bouquin d’Israël. Déjà parce qu’aucun mec sur Terre ne peut penser au verbe « juter » quand il veut dire éjaculer. Ensuite et surtout parce qu’à aucun moment j’en ai quoi que ce soit à foutre de ces personnages qui en plus d’être antipathiques ne parviennent pas à retenir mon attention. On se balade dans un récit avec trois points de vues mais chacun reprenant les mêmes émotions et écrites dans le même style. N’en déplaise à Rey, il se dégage chez Ellis un certain état, une aura. Là y’a pas grand-chose. Ecrire à longueur de page que les persos se font chier et détestent la vie ne suffit pas pour faire ressentir des émotions, pour ça y’aurait fallu être un poil plus subtil. Tout comme citer trois groupes différents ne fait pas de votre bouquin un nouveau High Fidelity. Oh et bien sûr comme c’est un roman français hype de jeune, y’a pas d’histoire. Yay.

Reste le tout petit Djian, que j’ai surtout acheté parce que j’avais envie de prendre son dernier qui me faisait envie mais qui était trop cher. Miracle, y’a une histoire (ah oué c’est écrit par un adulte) qui a en plus le mérite de se tenir. Au niveau du sous-texte il se passe quelque chose, sur les couples divorcés, le malaise de ceux qui n’osent plus aimer. Il aurait été possible d’étirer ça sur deux cent pages. Ici ça en fait 70, une lecture rapide lors d’un aller-retour en métro. Pas transcendant mais très agréable, il m’aura convaincu d’envisager de faire les frais de son dernier bouquin.
Demain je tente un truc inédit : je vais faire le report d’une opération promo bloggueur à laquelle je ne suis pas allé. On parlera aussi de customer relationship management !

330 – The Killing Joke

Le gérant d’Album ferme le rideau de fer de sa boutique. Il est 22h et il n’a qu’une hâte, c’est de rentrer chez lui. Malheureusement pour lui, une ombre se glisse dans sa suite, une lame luisante pendant au bout d’un de ses bras. Avant que le pauvre libraire ne puisse réaliser ce qui lui arrive, une gerbe de sang jaillit de sa gorge, le propulsant en arrière. Assommé par sa chute sur le pavé, il attend d’avoir laissé filer suffisamment de liquide pour rendre son dernier souffle. Quelques centaines de mètres plus loin, Le Reilly à cessé sa course afin de reprendre son souffle. L’arme du crime encore en main, il dégaine son téléphone et compose le numéro de son vendeur de comics. C’est fait, il s’est chargé de la concurrence. Son ardoise est enfin effacée. A bout de nerfs, il raccroche avant de s’effondrer entre deux barres d’HLM, ses larmes se mêlant au sang qu’il a sur les mains.

Tout ça c’est la faute de Semic, le principal traducteur de comics des années 90. S’ils avaient sorti le Battle Chaser numéro 6, je n’aurais pas eu à l’acheter en import. Je ne serais jamais rentré dans cette boutique, royaume merveilleux de l’import. Faut que j’explique rapidement comment le système fonctionne. La petite librairie fonctionne en flux tendu, avec un système de précommande. Si tu veux tel titre, tu dois le commander deux mois avant sa publication. Autant dire que regarder le Previews, le catalogue des futures sorties, c’est un peu Noel tous les mois. Je coche des cases et je sais que dans deux mois, ça sera sur la pile qui porte mon nom ! Magique ! Sauf que quand t’as 14 ans, t’es complètement irresponsable et que du coup tu commandes nettement plus que ton budget te le permet. Surtout quand tu commences à réfléchir à un tas de combines débiles pour gagner de la thune avant la fin des deux mois suivants afin de justifier un achat irraisonné.

Big up pour Oscars !

Alors voilà, depuis bientôt dix ans j’ai une ardoise c’est mon vendeur de comics lyonnais. Ca a commencé par trop de titres commandés, puis ça a comboté avec les séries un peu nazes que j’ai jamais fini d’acheter pour former une pile monstrueuse. Pour vous donner une idée, il doit bien encore rester facile pour 300/400 euros de trucs nazes, dont je veux pas, à dégager. Un pote d’Album Comics Paris m’aura dit que j’ai qu’à laisser mon libraire crever, que légalement je suis pas obligé d’acheter ces comics et que le type avait qu’à me stoper quand il a compris que j’étais un adolescent ingérable. Sauf que j’ai une foutue âme et que ce gars, malgré ses tshirts douteux et ses coiffures négligées, je l’aime bien. Au lieu de monter au clash avec un geek en colère, peut être qu’il faut que j’assume un minimum mes responsabilités, même avec mon absence de salaire d’étudiant.

Du coup cette semaine que j’étais sur Lyon, je suis passé claquer masse de billets. Bon okay il m’avait un peu mis la pression par mail, je suis une ordure. Mais cette note a vocation à prouver que la drogue, c’est mal ! Donc heu… touchez pas à la coke et aux comics import okay ?!
Demain on parlera de deux romans Français, parce que, heu… des fois faut se faire un peu du mal.