329 – Whoring Out

Une annonce mystérieuse sur un forum spécialisé. Un nouvel éditeur BD qui cherchait des scénaristes pour se lancer, avec notamment des adaptations de films connus. J’avais faim, j’étais intrigué, j’ai répondu. Au l’autre bout du mail, un mec qui se prétend en contact avec Luc Besson pour éventuellement fonder une maison d’édition commune. Sa sent le bullshit mais le gars existe, à sorti quelques titres en micro édition et est banlieusard, bon bonus pour faire triper Luc. Je décide de jouer le jeu, envoie quelques samples de travaux. Il m’appelle, on cause un peu plus et il lâche qu’il aimerait proposer de faire une BD tirée de Taxi. Là de suite je sens le pur plan, max de thune et tout. Du coup j’insiste pour tenter un essai. Car croyez-le ou non, mais j’ai suffisamment de bons souvenirs de Taxi 1 et 2 pour trouver cette opportunité super cool.

Très rapidement j’accouche d’un synopsis. Et là je kiffe. C’est pas tous les jours qu’on écrit une fanfiction en sachant qu’on a des chances d’être payé et publié pour le faire. J’arrive à me convaincre que ce pitch apporte quelque chose, qu’il a une raison d’être, bref que c’est une bonne histoire à raconter. C’est là que ça commence à se corser. En fait l’éditeur en face à des idées assez précises de ce qu’il veut, et, bon, c’est un peu des idées à la con : deus ex machina, rebondissements surréalistes etc… Je fais valider le fait que ses propositions sont limites stupides à mes amis pros avant d’essayer de négocier. Sur le coup j’avais pas pigé qu’il voyait ça comme un album lol à gros nez et moi comme une histoire sérieuse avec de l’humour. Là forcément ça se corse assez vite. Par téléphone et par mail le ton devient moins cordial. J’essaie de lui laisser du terrain mais il a du mal à faire de même de son côté. Et finalement, à travers tout le tact et les tentatives de damage control dont je fais preuve, il réalise que je pense très sincèrement que ses idées sont merdiques.

Au final il m’envoie me faire foutre, parce que je suis pas pro, parce que je suis pédant et que de toute façon c’est lui l’auteur auto-édité alors il a raison et il trouvera quelqu’un d’autre ! Un mois plus tard Besson lui file des dizaines de milliers d’euros, il scénarise lui-même la BD qui fera un flop retentissant. Un an après la création de la boîte, trois sorties en catimini et un échec total et absolu à tous les niveaux. Je dirais bien ce que je pense de la politique de Besson à propos « faut donner sa chance à la banlieue, aux gens qui n’en veulent », mais ce serait mesquin. Si je raconte tout ça c’est à propos de faire la pute. J’ai un rapport bizarre à ça. Car autant je suis prêt à faire des compromis, modifier mon texte pour une publication normale, autant si je dois faire la pute, prendre le risque d’être catalogué comme auteur de supermarché, j’estime que je dois prendre mon pied. J’aurais sûrement touché un beau salaire si j’avais fermé ma gueule et scripté cet album.

Mais je connais un tas de gens qui sont nègres pour d’autres ou se cantonnent à des projets commerciaux. Le souci c’est qu’une fois catalogué et piégé dans un système, c’est difficile d’en sortir. Au bout du compte j’aurais juste écrit une fanfic de Taxi et j’y aurai pris du plaisir. Quand je repense à cette maison morte née, je suis bien content de pas avoir fait partie du naufra

Demain on parlera de mes dettes. Car oui, depuis presque dis ans je trimballe plusieurs centaines d’euros de dettes qui me poursuivent. Trop de mystère !

JEU STAGE !!!

Il reste une seule et unique idée à moi dans le scénario final. Sauras-tu la trouver ? Si ça coince je filerai des indices.

PROMO STAGE !!!

Les petits gars de Ptikado ont apprécié la note Bis de samedi sur mes nouveaux badges bling bling et offrent 10% de réduc sur toute commande passée avec le code THEBESTPLACE sur leur site. Comme ça me fait plaiz, je fais tourner. :)

328 – Double Shot Review (Book 42 / Cine 40)

Il est de notoriété publique que j’aime beaucoup Nick Hornby. Même que Pour Un Garçon est un de mes films préférés (jusqu’à ce que je lise le livre). C’est pour ça que j’en veux pas à cette raclure d’avoir eu la même idée que moi pour son prochain bouquin (adieu, roman No 3…). M’enfin je peux toujours me venger en décrétant que son meilleur opus est derrière lui ! Car qu’on se le dise, High Fidelity est proche de la perfection. Bon, en vrai, j’avais fait que voir le film y’a un paquet d’années, sur les conseils avisés de je sais plus qui. A force de boulotter des trucs plus ou moins bons, je me suis dit qu’il était peut être temps de me manger un vrai livre. Le genre de texte qu’un pote aura offert à sa copine en préambule à toute relation. Car tout est dans High Fidelity.

Rob a trente cinq ans et vend des vinyles à Londres (ou à Chicago si vous regardez le film). Laura, sa copine, vient de se tirer après plusieurs années de vie de commune. Et Rob a comme la légère impression qu’elle se barre avec le voisin, un connard qui a des goûts de chiotte en matière de zique. Traumatisé par ce rejet sentimental de trop, Rob décide de faire l’inventaire de sa vie amoureuse, dans l’espoir de trouver une solution à ses déboires à répétition.
Ecrit en 1995, High Fidelity a un bon petit goût de vintage. Tout ça parce qu’Hornby est un grand fan de pop/rock et qu’il ne se prive pas d’émailler son roman d’un tas de clins d’oeils plus ou moins obscurs à la musique de l’époque. Heureusement pour le gros bouffon que je suis, les références ne sont jamais un frein à la lecture.

Le style de Nick est fluide, sans bavure ni fioriture, très actuel. Ca se laisse lire avec un réel plaisir, principalement car la grand force d’High Fidelity est de savoir taper juste. On croise bon nombre de passages introspectifs qui sonnent vrai, qui sont des manifestes de tous les petits travers, les joies et les espoirs des mâles contemporains. Malgré le souvenir du film encore assez précis j’ai dévoré le roman avec un rare plaisir. Il s’agit là d’un véritable petit classique de la littérature actuelle. Chaque chapitre me donnait envie de l’offrir à une fille différente. J’irais jusqu’à dire que n’importe quelle nana (ou mec) un peu paumée par sa moitié devrait le lire. Haute Fidélité est aussi juste que sensible en plus d’être très drôle. Et si vous faites partie des grosses feignasses qui n’aiment pas lire, rendez-vous service en regardant le film. Le casting bute (John Cusack, Tim Robbins, Catherine Zeta-Jones et Jack Black), le réalisateur bute (Stephen Frears) et en combo bonus l’adaptation est plutôt réussie, même si quelques passages en or disparaissent en même temps que le texte.

Ayé, c’est bon, je suis prêt à lire plein de bouquins de merde là, j’ai eu ma dose de bonne littérature qui va bien ! Demain une pure anecdote de fou sur comment j’ai failli faire la pute pour être édité !

TRAILER STAGE !!!

327 Bis – Take My Credit Card Away Please

Y’a des fois où je me souviens pourquoi je suis grave et pourquoi je devrais passer  moins de temps sur l’interweb ! Principalement quand j’achète un tas de cochonneries qui ne servent à rien mais qui, sur le moment, m’ont parus êtres les reliques sacrées qui avaient toujours fait défaut à mon existence. Or donc un site crétin et six euros plus tard…

Voilà, je suis maudit, rien à faire. J’en ai déjà accroché un sur la poche avant de ma veste. Irrécupérable je vous dit.