327 – Which phone for E.T. ?

Je suis à deux mois de la fin de mon engagement SFR. Forcément, ça aura pas loupé. Une nana à la voix suave (promotion de hotlineuse sexe à hotlineuse tout court, après le probable plantage de ses études) vient me demander comment ça va. Tu le kiffes ton forfait le jeune ? J’ai le plus cher, donc ouais. Tu le kiffes ton téléphone ? J’ai le plus bandant d’il y a un an, donc ouais. Tu veux pas réengager pour deux ans en échange de 5€ de réduc par mois et qu’un demi-paquet de MMs ? Heu… Non merci. Cinq euros par mois, tel est le prix de la liberté que je suis prêt à payer. Dépitée, la belle (j’imagine toujours qu’elles sont canons) me remercie pour ne pas l’avoir envoyé se faire foutre au bout de dix secondes et raccroche. Ceci étant dit, elle à raison sur un point : mon forfait est clairement trop cher et j’arrive bientôt en fin d’abonnement.

Bon, la vérité c’est que j’ai deux téléphones et deux forfaits. A la base je voulais magouiller un truc avec SFR pour pécho un N95 8Go à moindre frais, et j’ai fini par plus m’en passer. Du coup, fin avril je vais tout résilier et repartir à zéro ! D’ailleurs, ça tombe bien vu que c’est la période à laquelle vont débarquer les nouveaux téléphones bling bling de 2009. Cette semaine c’était le Mobile World Congress, le maouss rassemblement des marques qui viennent nous refourguer leur nouveau matos. Leur mission c’est de convaincre l’humanité que leur ancien terminal mobile pue du cul et qu’il faut en changer, orgie marketing quoi. A ce niveau là, mission accomplie ! Mon N95 commence à rougir des nouveautés, mais pas trop quand même. De toute façon, je suis face à un vrai problème de geek : dans toute cette avalanche de news et autres annonces, je ne suis pas tombé amoureux !

Ca serait facile de dire que tout ça c’est la faute de l’iPhone. Il suffit de voir tous les constructeurs converger vers un haut de gamme tactile ou annoncer des magasins virtuels d’applications. Mais le fond du problème n’est pas là. Il y a un manque total d’audace et d’innovation. Tout le monde se copie et les différences deviennent minimes ou seulement cantonnées au «kikalaplugross ». Quand Sony annonce un portable avec appareil photo 12 Mégapixels, les véritables photographes qui savent que mieux vaut un bon objectif qu’un tas de pixels s’arrachent les cheveux. Faut pas me connaître, j’ai bien une ou deux idées quand à mon futur chéri qui sera là pour prendre plein de photos et de vidéos qui agrémenteront le bloug. Mais la vérité c’est que les téléphones portables, c’est nettement moins sexy qu’il y a encore un an (enfin, pour ceux que ça excitait à la base obviously). Au moins ça laisse un boulevard au prochain constructeur qui osera l’innovation avec un terminal surprise.

Ouais, c’était pas un Top 3. Après avoir rédigé « Le Top 3 des trucs que j’ai envie de m’acheter dès que je toucherai mon premier chèque de stagiaire » j’en fus un peu déçu. Je dois avoir des goûts chiants. Mais sinon à 14h vous aurez une chtite photo de la dernière merdouille dans laquelle je claque ma thune.
Sinon demain on parlera livre culte et très bon film qui va avec !

326 – Royal Best Of

Je suis en train de manger un Big Tasty face à elle au MacDo Cordelier, et je passe décidément un bon moment. Faut dire que je la croise pas souvent. Je lui demande comment ça se passe avec son gars. Et malgré le fait que je sache très bien qu’il doit l’avoir sauté plus d’une centaine de fois maintenant, je ne suis pas jaloux. Faut dire que ma propre certitude d’être plus mignon, plus sympa et plus intelligent joue beaucoup. C’est sûrement faux, ou alors il un tas d’autres qualités que j’ai pas. C’est carrément possible. De toute façon si je ne suis pas avec elle, c’est ma faute, c’est moi qui ait pris la décision. Rien que depuis ce matin, une demi-douzaine de petits détails m’aura rappelé pourquoi je ne peux pas être amoureux de cette fille, rester avec elle et lui faire un paquet de mini-nous.

Pourtant, alors que mon cerveau calcule avec précision que je ne mange pas plus du pourcentage de mon burger par rapport à mes frites et ma boisson, je me dis que cette fille assise en face de moi n’est pas celle que j’ai connue. Déjà elle est nettement trop (bien) habillée par exemple. J’ai oublié depuis longtemps la forme de ses seins, même si j’ai conservé une note mentale comme quoi ils étaient beaux et souples sous mes doigts. Je reconnais son odeur mais il manque l’ajout de celle de sa sueur et de la mienne. Son sourire est toujours autant à faire fondre mais il n’a plus la même amplitude, tout comme sa voix ne monte plus aussi haut. Ca fait des années que je n’ai plus couché avec cette fille et je ne peux chasser de mon esprit l’idée qu’il me manque une partie d’elle. Je ne discute qu’avec la surface, converse seulement avec le masque.

Je pourrais sauter par-dessus la table, envoyer voltiger du pied mon coca dans la gueule du crétin d’à côté qui à pris un menu pour bouffons. Là je l’agripperai elle, l’embrasserai avant de la prendre contre la banquette du MacDo. Dit comme ça, vu le lieu, ça n’a pas l’air sexy. Mais une fois que ses gémissements auraient couvert le bruit des conversations alentours, que l’odeur de nos ébats aurait recouvert celle de la junk food et que son sourire aurait fait disparaître le décor, je vous jure que ça aurait putain de sexy. J’aurais pu resaluer le côté d’elle qui s’est effacé, la moitié à laquelle je n’ai plus accès et avec qui j’ai tant de bons souvenirs. Ce ne serait plus une copine, que je croise de temps en temps, mais un être humain en entier. Sauf qu’au lieu de tout ça j’ai remordu de bon cœur dans mon Big Tasty, essayant d’aspirer le plaisir que je peu dans la sauce barbecue. Cette fille est belle, cette fille me touche et je tiens à elle. Mais je ne suis pas amoureux d’elle, je ne veux pas être avec elle en couple à nouveau.

Ce n’est pas rompre avec quelqu’un qui est le plus dur. Admettre que l’on doive renoncer à une partie de quelqu’un, devoir se contenter de moins à partir de ce jour, c’est là le véritable déchirement et il demeure présent pour le reste de la vie. Peut être que c’est pour cette raison que je ne suis pas super bon avec les plans d’un soir, que j’ai toujours le besoin de m’attarder au moins un peu. Je suis rentré chez moi après le MacDo, et il est clair que j’avais passé un bon moment. C’était juste avec la personne qui sert de vitrine à la fille avec qui j’ai couché, avec qui je suis sorti.

Demain, Top 3.

325 – PayCheck Part Two

Dans l’épisode précédent de y’a deux jours, je péchotais un entretient de stage pour un taf’ de conception rédaction chez BDDP Unlimited. Une heure avant le rendez-vous, j’étais dans un Virgin Megastore en train d’acheter Battlefield : Bad Company. Des fois que ça se passe mal, autant prévoir un remonteur de moral pour après. Remarque ça pourrait tout autant être un Battlefield de la victoire ! Sauf qu’une demi-heure avant l’heure dite, je le sentais toujours mal. En fait, j’avais psychotté ma race sur cette histoire de book que j’avais pas, d’absence totale d’expérience. J’aurais pu faire un maxi best of de mes photoshopages de blog. La lose un peu quand même. C’est avec quinze minutes d’avance, des sapes correctes, le trac et la soudaine réalisation que j’avais oublié de me raser, que j’ai pénétré dans l’agence. La secrétaire, avec toute l’avance d’une secrétaire, m’invita à patienter.

Débarqua un trentenaire avec au moins deux semaine de barbe, un t-shirt et une main gauche tendue vers moi. Pas la droite, parce qu’il se l’était foulé lors d’une chute de scooter. Fuck, j’espérais un truc plus beau gosse genre chute de snowboard, mais je ferais avec. Une fois assis autour du table, il me demandait qu’elle était mon expérience. Rien. Bon, qu’est-ce que j’avais comme pubs faites tout seul dans mon coin à lui montrer. Rien. Sinon, s’il voulait, j’avais un CV. L’homme me lole au visage. Qu’est-ce que j’en ai à foutre que tu parles espagnol, me lança t’il dans un second lol. Cet homme est peut être mon futur patron, et c’est un homme de goût ! Enfin homme de goût ou pas, jusque là c’était un peu l’entretient made in fail. C’est là qu’il me dit que de toute façon c’est pas grave, il a entendu suffisamment de bien de moi. Il enchaîna en me demandant quand je veux commencer.

Un peu plus tard je sortais de l’agence, direction mon chez moi et mon Battlefield de la win. Je réalisais que tout ce que j’avais sué sous mon shirt manche longue des grands jours n’avait servi à rien. Je suis du Celsa, je suis recommandé par le boss, l’interview était une blague. J’ai eu l’impression d’avoir affaire à un type encore moins mature que moi, mais la vérité c’est qu’une fois acquis que je n’étais pas profondément stupide c’était dans la poche. Je commence quand je veux, je finis quand je veux, les horaires sont souples et tant que je rends mon taf’ à temps, je peux même envisager de faire chier les commerciaux à l’étage. En plus c’est bien payé, un poil plus que chez Ubi. Le souci c’est que ça sent le piège. Il y a toujours des règles, même chez les branleurs de créatifs. Comme elles sont tacites je risque de morfler un peu pour les apprendre. Puis y’a surtout le fait que j’y connaisse absolument rien, enfin que je n’aie pas d’expérience.

Ceci étant dit, quand j’ai choisi d’aller en Info-Com y’a maintenant quatre ans, c’était dans le but de finir dans la chaise du mec qui pond les idées pour les pubs. Et même si plein d’autres rêves ont germés dans ma petite tête depuis, je réalise que c’est pas tout le monde qui finit par atterrir très exactement là où il le voulait. Que ce soit super bandant ou un cauchemar, ça commence le deux mars et je ne manquerai pas de vous dire comment ça se passe !
Demain, un texte un peu spé, mais que j’aime beaucoup.