Quand Sarko est devenu notre bien aimé président, j’ai voulu me prendre une carte du Parti Socialiste. Puis après avoir jeté un œil à l’état du dit parti, j’ai préféré jeter mes vingt euros dans la première bouche d’égout qui passait par là. Sur le coup ça m’avait semblé plus utile. Un an plus tard, j’ai tout le même envie de contester. Sachant que le petit Nicolas a été traumatisé par un bouquin au point de le fustiger deux fois en public, décrétant qu’il était inutile voire sot de le lire. Là je me suis dit que y’avait moyen de faire quelque chose à ce niveau. Mine de rien, c’est la preuve que Sarkozy aura fait pour la culture, puisque j’aurai lu La Princesse de Clèves ! Et histoire d’être un minimum complet j’ai regardé La Belle Personne, adaptation libre et moderne du roman sortie au ciné à l’automne de l’année dernière.

Résumé rapidos du truc. Mademoiselle de Chartres est belle et pure, attire l’œil du Prince de Clèves qui finit par lui demander sa main. Comme le Prince est un type cool et réglo, la demoiselle accepte et devient princesse. Surgit le libertin incroyable Duc de Nemours, qui fait chavirer le cœur de la Princesse de Clèves qui n’avait encore jamais ressenti l’amour. S’ensuit un tas d’embrouilles dans ce triangle à trois. Le Prince veut que sa femme l’aime, la Princesse veut conserver sa dignité et Nemours bah… il veut pécho.
Pour savoir la fin il faudra lire le bouquin, qui est pas bien épais, moins de deux cent pages. Mais c’était sans compter sur le bon gros tiers de torture que nous inflige l’auteur, Madame de Lafayette ! Une bonne partie du livre est en fait une maouss récap’ des intrigues amoureuses du seizième siècle.

Non pas que les histoires de cul des nobliaux soient dénués d’intérêt. C’est qu’à l’époque de l’écriture du roman, les lecteurs savaient déjà qui étaient qui et n’étaient du coup pas traumatisés par la succession de personnages parallèles, voire parasites, qui défilent dans le récit. C’est en moulinant des bras pour ne pas me noyer que je luttais jusqu’au morceau de texte suivant, celui qui allait faire avancer la putain d’histoire principale et pas se prendre pour Voici avant l’heure ! Certes moult professeurs et autres historiens saluent le travail de recherche historique de Lafayette. Moi j’ai juste fait mon Sarkozy et suis parti me prostrer dans un coin de ma chambre à chaque interlude potin. J’ai aussi fait mon moi, à tenir bon jusqu’aux passages plus accessibles, dénouant une intrigue de passion avec beaucoup de justesse et un style littéraire emprunt d’une délicieuse préciosité. Ayant survécu, je ne peux pas dire que ce fut une lecture facile. Cependant j’ai apprécié je pense à sa juste valeur l’histoire principale qui aura conservé à travers les siècles tout son intérêt.

Nous revoilà en deux mille huit. Arte commande un téléfilm à Christophe Honoré (Dans Paris, Les chansons d’amour) qui va alors se lancer dans une relecture actuelle de l’œuvre classique. L’action est transposée dans un lycée bobo parisien (de la cour à la cour, bien joué). L’essentiel est là puisqu’on retrouve tous les passages clefs du romans, le portrait, la lettre, l’espionnage. Le thème de l’honneur aurait pu merder dans notre société plus libérée, mais l’actrice qui joue Junie, la princesse, nous vend ça sans aucun problème. Ado renfermée, au yeux troublant et au visage pur , elle pourrait nous vendre n’importe quoi. Je défie quiconque de regarder le film de bout en bout sans en tomber amoureux. Confère la scène où elle ouvre ses vêtements dans un parc public en plein mois de janvier, offrant sa poitrine frissonnante à son copain, pour se convaincre qu’elle aime. J’ai envie de dire que rien que pour cette scène, ça vaut le coup de le voir. En même temps l’action est molle, c’est pas facile de remplir 90min avec si peu. Je me demande si j’aurais apprécié ce film sans sortir du livre.

De toute façon vous pouvez crever pour la voir, vu que le DVD ne sort qu’en Avril et que le Rip TV est une galère pas possible à trouver sur le net. Ma propre expérience me pousserait à vous envoyer vers MegaVideo, mais Luc Besson va m’en vouloir après.
L’un dans l’autre je ne regrette pas cette lecture intéressante, bien qu’ardue. Dans tes dents le Nico !
Sinon demain on achève le compte rendu de ma recherche de stage !
TRAILER STAGE !!!





