Demain ça fera tout pile un mois que je suis stagiaire concepteur rédacteur chez mes coupaings de BDDP Unlimited. Quelque part j’en suis moi-même choqué, vu que j’ai clairement pas l’impression que ça fasse aussi longtemps, principalement parce que j’ai pas fait grand chose. Le pire, c’est que c’est même pas par glande. J’en suis arrivé à réclamer du taf’ à ma boss. Je suis d’autant plus frustré quand je vois l’autre stagiaire rédac’ se faire inonder de briefs parfois clairement plus bandants que les miens. Je sais que c’est normal, c’est son second stage, il provient d’une école de création, il a fini ses études et vise le CDD. C’est moi qui suit le parasite, parachuté par son prof de grande école, n’ayant aucune expérience dans le métier, pas les mécanismes mentaux bien rodés pour la fonction. Problème, ça réveille un tas de vieilles névroses plus ou moins enfouies entre mes personnalités multiples.

C’est une copine aux seins magnifiques qui m’a parlé du complexe de l’imposteur. Ça vous donne une idée de comme j’étais trop bien concentré dans l’écoute. Voilà ce que j’en ai retenu. En gros, t’as des gens qui sont persuadés à tort d’être complètement incapables. Ils peuvent réussir à l’école, avoir un super job, tous les diplômes et médailles du monde et croire qu’ils sont là par accident. Ce genre de personnes finissent par vivre convaincus qu’un jour, y’aura un mec plus malin que les autres qui se rendra compte de la supercherie et fera une dénonciation publique. Bordel mais regardez les notes de Matthias, ce mec aurait jamais du rentrer en grande école ! Bordel mais regardez le taf’ qu’il produit, qu’est-ce qu’il fout là ? Bien sûr ça ne s’applique pas à tout, sinon j’aurais arrêté d’écrire depuis longtemps. Mais là, sur le stage, c’est typiquement l’endroit où ressurgis mon bon vieux complexe de l’imposteur.

J’ai validé quelques créas depuis que je suis là, j’ai fait gagner de la thune de la boite et satisfait des clients. Pas de bol, mais ma première accroche, mon premier slogan, était soufflé par le directeur de création et juste vite fait rebossé par moi. Mon second taf’ était principalement visuel et à part quelques idées filées au directeur artistique, c’est lui qui aurait fait le travail. Un peu pareil cette semaine quand il s’avérait que j’étais pas parti dans la bonne direction pour une nouvelle campagne, c’est lui qui a redressé la barre, trop vite et trop bien pour que je puisse greffer quoi que ce soit avant la deadline. Je sais que ça fonctionne comme ça dans la création, que tout le monde apporte de l’eau au moulin, toussa. J’ai quand même besoin d’une victoire, enfin d’un petit quelque chose qui me gonfle l’égo, qui me donne l’impression de pas être là par hasard.

Allez, j’arrête de faire ma pleureuse et je profite du fait qu’au bout d’un mois personne ne m’a foutu à la porte. J’ai aussi évité toute engueulade professionnelle, ce qui pas mal. Demain on parlera de plusieurs filles et de virtualité, parce que plus y’en a, plus c’est bon. A 16h ce sera le retour des photos volées au bureau dans une note Bis.
BON SON STAGE !!!
“That’s Okay, Cuz’ I Got No Self Esteem !”





