361 – Self-Esteem

Demain ça fera tout pile un mois que je suis stagiaire concepteur rédacteur chez mes coupaings de BDDP Unlimited. Quelque part j’en suis moi-même choqué, vu que j’ai clairement pas l’impression que ça fasse aussi longtemps, principalement parce que j’ai pas fait grand chose. Le pire, c’est que c’est même pas par glande. J’en suis arrivé à réclamer du taf’ à ma boss. Je suis d’autant plus frustré quand je vois l’autre stagiaire rédac’ se faire inonder de briefs parfois clairement plus bandants que les miens. Je sais que c’est normal, c’est son second stage, il provient d’une école de création, il a fini ses études et vise le CDD. C’est moi qui suit le parasite, parachuté par son prof de grande école, n’ayant aucune expérience dans le métier, pas les mécanismes mentaux bien rodés pour la fonction. Problème, ça réveille un tas de vieilles névroses plus ou moins enfouies entre mes personnalités multiples.

C’est une copine aux seins magnifiques qui m’a parlé du complexe de l’imposteur. Ça vous donne une idée de comme j’étais trop bien concentré dans l’écoute. Voilà ce que j’en ai retenu. En gros, t’as des gens qui sont persuadés à tort d’être complètement incapables. Ils peuvent réussir à l’école, avoir un super job, tous les diplômes et médailles du monde et croire qu’ils sont là par accident. Ce genre de personnes finissent par vivre convaincus qu’un jour, y’aura un mec plus malin que les autres qui se rendra compte de la supercherie et fera une dénonciation publique. Bordel mais regardez les notes de Matthias, ce mec aurait jamais du rentrer en grande école ! Bordel mais regardez le taf’ qu’il produit, qu’est-ce qu’il fout là ? Bien sûr ça ne s’applique pas à tout, sinon j’aurais arrêté d’écrire depuis longtemps. Mais là, sur le stage, c’est typiquement l’endroit où ressurgis mon bon vieux complexe de l’imposteur.

J’ai validé quelques créas depuis que je suis là, j’ai fait gagner de la thune de la boite et satisfait des clients. Pas de bol, mais ma première accroche, mon premier slogan, était soufflé par le directeur de création et juste vite fait rebossé par moi. Mon second taf’ était principalement visuel et à part quelques idées filées au directeur artistique, c’est lui qui aurait fait le travail. Un peu pareil cette semaine quand il s’avérait que j’étais pas parti dans la bonne direction pour une nouvelle campagne, c’est lui qui a redressé la barre, trop vite et trop bien pour que je puisse greffer quoi que ce soit avant la deadline. Je sais que ça fonctionne comme ça dans la création, que tout le monde apporte de l’eau au moulin, toussa. J’ai quand même besoin d’une victoire, enfin d’un petit quelque chose qui me gonfle l’égo, qui me donne l’impression de pas être là par hasard.

Allez, j’arrête de faire ma pleureuse et je profite du fait qu’au bout d’un mois personne ne m’a foutu à la porte. J’ai aussi évité toute engueulade professionnelle, ce qui pas mal. Demain on parlera de plusieurs filles et de virtualité, parce que plus y’en a, plus c’est bon. A 16h ce sera le retour des photos volées au bureau dans une note Bis.

BON SON STAGE !!!

“That’s Okay, Cuz’ I Got No Self Esteem !”

360 Bis – Got My Back

Un voisin me volait un colis de livres lundi dernier. Le vendredi je recevais leur remplacement, gracieusement offert par mes bons coupains d’Amazon. Je flippais de ne pas pouvoir recevoir un colis Anglais dans mon coffre Cityssimo Français, et pourtant.

Avant d’éventrer le second colis, signant la fin de l’opération de sauvetage, nous avons payé nos respects à son frère tombé au combat.

Du coup, me voilà enfin en possession de mon kilo de bouquins dont vous allez entendre reparler dans les semaines qui viennent.

Merci mamazone !

360 – Book Review 51

Or donc j’étais à Virgin pour pécho le Bégaudeau de la semaine dernière. Le mégastore avait décidé de vendre un max de bouquin en faisait un rayon spécial cul à l’occasion de… heu… la journée de la femme ? Coincé entre deux Angots, je trouve « Le potentiel érotique de ma femme », de David Foenkinos. Jamais entendu parler du type, mais le titre m’éclate. Du coup, hop dans la besace. Renseignements pris, le Foenkinos est auteur Grasset, Flammarion et Gallimard (parce que faut pas s’emmerder dans la vie) depuis ses 27 ans (bâtard). Il paraît aussi qu’il est de bon ton de ne pas trop aimer ce qu’il fait parce que c’est mal et qu’il rabâche des histoires qui ne cassent pas trois pattes à un canard. M’enfin, sur le moment j’avais pas trop le choix vu l’infâme trafic de colis Amazon dont j’étais la victime.

Hector a tenté de se suicider. Atteint de collectionnite aigue, il s’est pourri la vie à accumuler un tas de trucs qui ne servent à rien. Désireux de se construire un alibi pour expliquer les six mois qu’il a passé en clinique psychiatrique, il décide de s’inventer un voyage au bout du monde. C’est dans ses recherches bibliothécaires qu’il rencontre Brigitte. Et pendant un moment, l’amour semble le guérir. Jusqu’à ce qu’il prenne la pleine mesure du potentiel érotique de sa femme.
Ouais, donc en gros, c’est pas un livre de cul. Il n’y a même pas de véritable scène de sexe bien branlée de tout le bouquin ! Pourtant y’avait un peu moyen Par extension, j’ai presque envie de me le faire rembourser mais j’ai de la peine pour le vendeur du Mégastore qui ne connaît à priori pas trop son rayon.

Une fois la déception libidineuse passée, y’a quand même fallu que je le lise. Bah ouais, je l’ai payé. Coup de bol, c’est pas si mal. Pas supruissant, truc de fou toussa, mais bien ficelé, bien mené. Le style est très drôle, exprès je veux dire. Tout en ayant un vocabulaire épuré (euphémisme de simple), Foenkinos arrive à produire une multitude d’effets comiques, et on s’attache a ce personnage principal bien dérangé. En trois parties, le livre est articulé autour de quelques petits twists jusqu’à une conclusion un peu faible. Au final c’est un texte plaisant, pas trop mal foutu et qui remplit bien son rôle de passe-temps dans le métro. Au prix du poche, c’est presque u bon plan. Après j’irais pas acheter un autre bouquin du David directement, mais à l’occase, pourquoi pas.

Bon, c’est pas tout ça mais puisqu’on parle de bouquins, je vous donnerai à 14h des news de mon super colis Amazon. Demain il sera temps de faire un petit topo sur mes avancées dans le stage et causer accomplissement personnel.