396 – Two Months In

Ce weekend j’ai dormi comme une putain de loque. Je me suis payé des nuits de dix heures et des siestes systématiques. Au final j’aurais quasiment rien fait d’autre de mes journées. J’ai tenté de passer un aprem’ avec des potes (je vous en reparlerai), mais j’ai fini effondré sur la table du bar de Montmartre dans lequel on s’était posé (holy shit sur le chemin j’ai croisé le héros de Paris 16 /o/). Sans parler du trajet durant lequel je me suis endormi, loupant ma station de métro. Dans une tentative désespérée, j’ai fini mon dimanche au ciné devant Fast And Furious IV, au premier rang. J’ai baillé. Plusieurs fois. Putain c’est pas normal d’être crevé comme ça !!! J’arrive même plus a profiter de mes weekends, à écrire mon bouquin ou même tout bêtement à aimer. Pourtant je bossais quasiment pareil chez Ubisoft, en terme d’horaires. Donc. Quel est le putain de fuck ?!

Demain, c’est la fête du travail. Yééé ! C’est aussi la fin de mon second mois de stage, donc de la moitié de mon expédition dans le monde péreilleux des créatifs. A ce stade de l’aventure (on y croit, le travail, c’est vermeilleux et ça rend beau), je crois pouvoir tirer quelques conclusions. La première c’est putain qu’est-ce que ça me fatigue de rester comme une méchante loque face à un ordi toute la journée ! Je m’étais jamais mis au café et me voilà avec un tiroir rempli de dosettes Senseo (pas des Leader Price comme mon radin de voisin). Pourtant c’est même pas faute de pas bosser. Parce que tout le temps que je consacre pas à m’atteler à des briefs pro-actifs (facultatifs), je l’injecte dans mon blog, dans mes écrits. Je suis actif bourdel ! Ou pas, vu que je gaspille un paquet d’heures à recharger des pages web au lieu de me planter devant Word pour retravailler telle ou telle accroche.

Quand je regarde la vérité en face, force est de constater que quotidiennement je suis le stagiaire qui arrive le plus tard (10h) et qui part le plus tôt (19h). L’autre stagiaire concepteur rédacteur tient à ses fesses (et son éventuel et espéré CDD) et se mange des nocturnes pour bosser sur le facultatif. Je tiens à ma vie, je tiens à ma bribe de soirée, ce qu’il en reste après la mission Shopi/Vaisselle/Mioum. Je peux pas attendre samedi aprem’, post grasse mat’, pour continuer à vivre. Au bureau on me demandait l’autre jour comment je faisais pour suivre autant de séries. Indice de réponse : passées 19h je suis plus là ! De toute façon, à la maison je suis tout aussi stone. C’est pourquoi cette semaine je tente de me coucher correctement, de pioncer avant une heure du mat’, de faire mes 7h de sommeil, pour voir si ça arrangera les choses. Autant de temps de ma vie personnelle qui part en fumée.

Après quelques soirées plantées pour cause d’épuisement généralisé ces derniers temps, je crois que je prends un peu de recul sur l’entreprise, ce que j’attends de ce stage, de la vie. En lisant entre les lignes vous devriez avoir une idée de ce dont je vais parler dans les prochains temps vis à vis de ce taf’. D’ici là je vais profiter de mon long weekend pour récupérer, pour vivre un peu.
A demain, pour une réflexion sur les filles tarées (crazy eyes in da house !!!).

395 – Book Review 57

J’aime bien Lolita Pille, pour un tas de raisons. D’abord ses deux premiers bouquins étaient pas aussi dégueux qu’on veut nous le faire croire. Ensuite le personnage public est cool, présente médiatiquement soit bourrée soit avec la gueule de bois. Deux états que je n’ai jamais atteint et que j’émule péniblement par l’hyperglycémie et l’insomnie. Bref, j’aime bien Lolita, même quand elle balance qu’elle a écrit son dernier bouquin « parce que j’avais plus de fric ». En plus faire de l’anticipation en France, ça se tente, c’est bandant. Profiter de son statut de pétasse star de St Germain pour publier chez Grasset un truc que l’éditeur n’aurait jamais accepté venant d’un auteur de base, c’est bandant. Défoncé par la critique, Crépuscule Ville m’intéressait d’autant plus. Vous connaissez ma passion pour les monstres boursoufflés, les erreurs qui voient le jour.

Pas de bol, 380 pages plus loin, Dark Cit… heu… Crépuscule ville n’est pas juste raté, il est surtout mauvais. La bonne nouvelle, c’est que y’a de quoi écrire une thèse à son propos. Là normalement je vous fais le pitch. Problème : jusqu’au bout j’ai pas compris de quoi ça parlait. Dans un futur où le ciel est obscurci en permanence, les gens drogués légalement et fliqués, Syd Paradine (wtf ?) est un flic alcoolique usé en instance de divorce. Pendant de temps là, des obèses se suicident, des bombes explosent, des femmes fatales meurtries séduisent et plein de gens tirent sur Syd sans qu’on pige trop pourquoi. Trois explications s’offrent à moi : Pille n’a rien a raconter, Pille ne sait pas comment raconter ou bien je suis trop con pour comprendre. Vous savez quoi ? Je vais explorer les trois pistes !

Dis Le Reilly, toi qui est geek, toi qui bouffe de la Sci-Fi et de l’anticipation depuis ta plus tendre enfance, vu ton père te battait avec Blade Runner, comment on fait une bonne histoire de sci-fi ? Pour une pure trame d’anticipation, il faut un concept fort (les robots ont-ils une âme ? what is the matrix ?), si possible original, qui suinte d’interrogations morales ou éthiques, et tu brodes autour. Dans Crépuscule Ville, des concepts forts il y en a de partout, plein, mais aucun n’est réellement original, développé ou reproposé de manière novatrice. Il arrive même qu’ils soient incompatibles entre eux, antinomiques (souvent invraisemblables mais j’en aurais pour une note entière a les démonter). Pille bouffe à tous les râteliers, dans tous ses kiffs de lectrice de base, mais n’arrive pas a produire un tout cohérent, un monde qui fasse corps, sens, auquel on pourrait croire. Le fait qu’elle se refuse (par flemme ?) à donner des points de référence temporels, sociopolitiques, spaciaux par rapport à notre présent achève de nous semer. A force de tout mettre, on se retrouve littéralement avec du rien.

Donc, le worldbuilding, pierre angulaire d’un univers futuriste, est baclé et planté. Mais qu’en est-il de la narration ? Il est de notoriété publique que l’éditeur a convaincu Pille de jeter 200 pages de sa première version aux chiottes, et que des dizaines d’autres ont été amputées de la version finale. Est-ce que ça explique pourquoi j’ai été incapable de saisir le moindre enjeu dramatique tout le long du livre ? Littéralement je ne comprenais pas pourquoi ça se battait, se tirait dessus, je n’ai a aucun moment compris pourquoi je devais en avoir quelque chose à foutre, ou même pourquoi on me racontait ça. Adieu aussi les questionnement et autres paraboles qui font tout le sel de la SF. Le fait que des intrigues soient abandonnées en route n’aide pas. Sans parler des incohérences au niveau du récit, preuve absolue de l’abandon total du relecteur de la version finale, que j’imagine jetée aux libraires parce que personne ne savait quoi en faire d’autre.

Après reste le style. Hum. Ouais. Bon okay y’a un effort de style, la branlette made in St Germain est là, à fond. Y’a même des phrases carrément bien troussées, des trucs de beau gosse. Malheureusement il s’agit ici de raconter une histoire, une intrigue, de l’action. Et tout tombe à plat. En s’appliquant à faire ce qu’elle sait faire, des bons mots, Pille saborde le flow du récit. Soit tu lis au ralenti pour décoder les images, des figures de style, soit tu avances à un rythme normale et tu es complètement paumé. Je ne comprenait les scènes d’actions qu’une fois terminées. Médaille des pires fusillades, illisibles, impossible de s’y retrouver. Là, quelque part, je ris, je me délecte. Car je ne suis pas aussi lettré que Pille, je sais pas faire des pures phrases bonus multiplicateur au scrabble. Mais ça m’évite de me paumer moi même ainsi que mon lecteur quand je raconte une histoire (qu’elle soit bonne ou mauvaise).

Fuck, y’a rien a sauver dans Dark Cit… Crépuscule Ville ? Bon bon okay si. Y’a quelques passages qui passent bien, l’enterrement, la scène de baise est bien foutue, les putes asphyxiées c’est pas mal aussi. Puis pour chaque « yeux bleu fond d’écran » t’as autant de bonnes phrases qui claquent. De là à faire un livre, de le vendre à 20,50 euros à la RNAC, peut être pas. Ma grande théorie c’est que ce truc est un désastre A à Z, que Pille avait bouffé tous ses a-valoirs et que jamais elle l’aurait retafé. Quitte à avoir payé, Grasset à posé le trucs sur les étals, pour en finir, de sa mort lente. Les ventes ont été désastreuses par rapport aux attentes, Pille se mettant dans la situation ultra délicate d’être obligée de réussir son prochain bouquin, sous peine de passage à tabac dans les cave du Flore. Peut être la motive nécessaire à un pur prochain livre.

Ce que je sais, c’est que si j’avais pas prévu d’en faire critique, j’aurais arrêté ma lecture page 90 sans la reprendre deux semaines plus tard comme je l’ai fait. Ce truc n’aurait clairement jamais dû sortir, du genre à pousser les aspirants écrivains a s’ouvrir les veines de jalousie et d’injustice. Je suis content ne pas l’avoir payé, même si une fois disséqué (fais chier j’aurais pu en tirer facile encore 3/4 posts) il montre à sa façon les rouages d’une littérature française complètement paumée.

Demain, stage !

BONUS STAGE !!!

Parce que cette note n’est pas encore assez longue, j’en profite pour linker une extraordinaire vidéo promo, qui montre qu’à défaut de savoir faire de l’anticipation, Pille est très très fun  (plus ou moins alcoolisée) dans la vraie vie.

394 Bis – Chucked

Chuck Palahniuk a beau être hyper actif dans la vraie vie, vis à vis de ses fans, mais il se fait très rare en interviews. Aussi quand j’ai appris que le numéro de Mai de Playboy US proposait 7 pages d’interview avec l’auteur pour la sortie de son nouveau bouquin (next week), je suis passé du côté obscur. J’aurais pu le pirater mais j’ai préféré claquer 12$ d’abonnement annuel (croyez le ou non, mais Playboy propose des pures interviews de qualité) à la version numérique.

Captivante de bout en bout, bien trop courte, cet entretient avec Chuck permet de comprendre l’âme torturée derrière Fight Club et offre quelques bouts de bonheur pour tout aspirant écrivaillon, parfois perdu et souvent seul avec ses textes.

Traduit en 2min, à l’arrache entre deux briefs mégas à la bourre…

Ca parait con, mais lire ce genre de trucs, ça file la pêche, et je ne peux que conseiller aux anglophones de se procurer le texte au complet (piraté ou pas). Ca vaut vraiment le coup et éclaire une oeuvre déjà classique de la littérature contemporaine.