388 – Book Review 56

Malgré les putains de dizaines d’heures de taf’ qui me défoncent au point de galérer ma race, je continue mes explorations littéraires en avançant mon intégrale de Brettounet. Nous voilà donc face à The Informers, ou Zombies en VF (parce que heu… j’en sais rien en fait), recueil de nouvelles à priori interconnectées. Toutes ces petites histoires ont été écrites autour de la période Less Than Zero de l’auteur, parfois même avant, à l’époque de la fac. Si The Informers est sorti, c’est à cause du retard prit par Ellis sur Glamorama. L’éditeur voulait maintenir la hype, la présence de l’auteur sur les étals. La grande question était donc de savoir si ça valait vraiment le coup (surtout vu que le film sort cette année en salles). La légende voudrait en effet qu’une des plus grandes peurs de Bret soit qu’on publie ses romans de jeunesse une fois passé de vie à trépas.

On retient surtout de The Informers la nouvelle concernant une bande de vampires qui plantent des pétasses hollywoodiennes. Il faut dire que c’est la seule des treize trames qui présente une réelle originalité. Le reste est plus « classique » vis à vis du reste de l’œuvre de l’auteur. On a une nouvelle épistolaire sur une fille qui se détruit petit à petit à LA, l’histoire d’un père qui n’arrive pas à toucher son fils au cœur, un trio de malfrats qui kidnappe un gosse dans l’espoir de gagner le gros lot, une mère qui se tape le petit copain de son fils. Ah oui, parce que les trois quarts des persos masculins sont gays aussi (mais jamais le contraire, tiens tiens tiens…). Tout ça pour dire que c’est un peu le bordel. Et que si les nouvelles sont bel et bien liées, je remercie Wikipédia pour m’avoir aidé à m’y retrouver.

Le gros problème avec un recueil de nouvelles, c’est que les histoires sont fatalement inégales. Double problème chez Ellis, vu que son crédo c’est le nihilisme sans réelle trame. Ce qui l’intéresse c’est de créer un état, une ambiance, plus que de raconter réellement quelque chose. C’est son style, c’est comme ça on est prévenu et des fois ça cartonne. Malheureusement ça ne fonctionne pas toujours et dans ce cas le lecteur rame jusqu’à la nouvelle suivante, en priant pour qu’il parvienne à rentrer dedans. Par exemple Bret est incapable de donner une vraie “voix” a ses narratrices (tiens tiens tiens…). Tout n’est pas noir et on s’amuse des quelques références aux autres bouquins d’Ellis (« Disparaître Ici », le Sean de Rules Of Attraction) entre deux histoires qui possèdent un minimum de souffle. Cela aura resté une lecture parfois laborieuse pour votre serviteur, qui galère pour s’accrocher au vide.

Maintenant je serais curieux de voir l’adaptation ciné, forcément plus homogène, à sortir pour dans pas longtemps avec un casting made in la classe.
Demain on causera de… who cares ? L’important c’est la gigantesque note Bis de 15h !

TRAILER STAGE !!!

387 Bis – Crashproof

Je suis beau, jeune et fougueux. Mais surtout ce jour là je veux remonter les pentes de la croix rousse en rollers sans me faire chier. Katchin ! Mon regard d’aigle aperçoit un bus qui s’apprête à prendre la côte. A l’arrière, deux poignées dont j’ignore l’usage. Mon sang ne fait qu’un tour, boosté par Retour Vers Le Futur et Jet Grind Radio. Coup de speed à la poursuite du bus, main tendue vers l’avant, qui essaye désespérément d’agripper une des poignées. Trop tard, c’est la côte et je faiblis au milieu de la route alors que le bus s’échappe. Dépité, je m’apprête a prendre ma honte et rentrer avec quand j’entends un coup de klaxon. C’est quatre homies dans une merco pourrie qui me font signe de m’accrocher !

Accroupi à quelques dizaines de centimètres du bitume, j’ai les mains plantées sous le pare-choc de la caisse. Skyrock à fond, un des mecs a moitié sorti de la fenêtre qui me fait un pouce, je serre les dents. Le conducteur pousse le champignon dans la ligne droite et je prends conscience que si je lâche je m’explose la gueule de manière violente. Une bonne minute de hurlement à 90km/h en côte plus tard, je finis par saisir l’occasion de me désolidariser de la merco. Les mains tremblantes, je marque un arrêt. Une voiture de police s’arrête à ma hauteur : « Rassures-moi, tu comptais pas t’accrocher au bus ? ». Heuuu… non pas du tout monsieur l’agent. Et je le referais plus, le coup de la caisse avec mes meilleurs amis racailles. D’ailleurs ils avaient des guns, ils m’ont forcé ! Promis. Pitié me mettez pas en taule !

Finalement non, je m’en tirais avec un avertissement. Mais quand même, chui un putain de rebelle !

387 – Back On The Wing Road

Lyon, grève des transports en commun. Comment aller à la putain de fac ? Beau gosse inside, je relève le défi, la pure mission de fou en dégainant ma troisième paire de rollers. Mach speed jusque sur les quais, je traverse le pont Winston Churchill. Ralenti, zoom sur mon patin gauche, les sangles fissurées qui craquent. Explosion de la coque du patin sous le choc, Le Reilly stopé net dans son élan, bascule en avant. Remember les années d’expérience, ne pas se rattraper avec les mains ! Je protège ma tête avec mes avant-bras et m’étale comme une merde sur le bitume, roulade en avant dans l’espoir d’atténuer le choc. Peine perdu. Un patin en miette sur cinquante centimètres, un jean troué, des gravillons plantés dans la joue et un coude qui pisse le sang. Quelque chose me dit que c’est un peu mort pour la fac.

Sans bus, j’ai titubé jusqu’à Hôtel de Ville, jusqu’au plus maouss roller shop de Lyon, j’ai bien nommé le Cri du Kangourou. Le mec m’annonce que ma paire est morte, pas moyen de réparer. C’était la dernière fois que je touchais une paire de roulettes. Plus de deux ans. Flash forward à il y a quelques semaines, avec un magnifique enchaînement de crasses sur mon embonpoint qui me tombent dessus. En combo avec la déprime sentimentale, ça fait des étincelles. Je skip un déjeuner pour aller m’acheter une nouvelle paire. Depuis le temps j’ai des jambes en carton, aucune idée si je vais pouvoir tenir dessus. Au pire j’aurais jeté 100 keuss par la fenêtre, mon budget de base. Sauf que le vendeur me regarde de haut, genre sale pauvre pourquoi t’es pas à Decathlon. Et il a pas tort, après essai de modèle « fitgay » à 130 euros, je dois admettre qu’on y est super mal maintenu, et que je passe pour un guignol dans l’arrière salle. Bordel je suis dépressif ! J’assume ! Vas-y bâtard fait péter le modèle « freestyle » à 200 billets !!!

C’est un moi tout tremblant, qui tâtonne sur mes roulettes en sortant du magasin. Zoom sur l’intérieur de mon crâne en images de synthèse, la caméra suit un nerf jusqu’aux muscles de la cuisse, qui se gonflent. Dezoom sur ma gueule d’ahuri complet qui éclate de rire tellement il kiffe sa race de sentir le vent dans ses cheveux ! Il m’aura fallu quelques jours pour que mes jambes prennent le pli de soulever des kilos en rab’. Le retour à la liberté de conchier les passants, de griller des feux et des prios à toute vitesse et surtout l’infinie sensation d’être supérieur à la plèbe avec la classe ultime ! Alors si d’aventure, a 9h45 ou 19h45, le long du boulevard magenta vous croisez un type avec beaucoup de cheveux, un casque, le pantalon trop bas, qui fais du air guitar à toute vitesse en hurlant du Sum 41 comme si la ville lui appartenait, et bien… heu… ce sera pas du tout moi ! Pas. Du. Tout.

Tout ça pour me dire que je me sens con d’avoir eu la trouille de remonter là-dessus depuis toutes ces années. Ca valait ces 200 euros. Et même si je me mange un camion et atterit à l’hôpital, j’ai pas été aussi heureux depuis longtemps que lors de ma première pointe d’high speed sur mes Rollerblades flambant neufs.

Fuck, j’ai déjà dépassé mon quota et j’ai encore des tonnes de truc à dire sur mon passé de street boy et la culture roller. Une prochaine fois peut être. Fais chier j’avais une super anecdote à ce propos ! Ngggh ! Démangeaison note Bis ! Demain, bouquin ! Ho et y’aura une note Bis de brute aussi, j’aurais prévenu !

REECRITURE STAGE !!!

“Je crois bien que j’ai foutu en l’air sa soirée tout en sauvant la mienne. Le cycle de la vie, Mufasa avait trop raison putain !”