400 – Are We There Yet ?

Aujourd’hui, j’en suis à ma troisième semaine de retard sur le planning de rendu de mon mémoire. Joie et félicité. Les jours passent et je n’ai pas ouvert une page de bouquin théorique que je n’ai de toute façon pas pris la peine de me procurer, pas écrit une ligne de cette foutue première partie, celle où je parle de Gutenberg, où je raconte comment on est passé des moines copistes au livre numérique, la culture de masse, tous ces trucs hyper bandants. J’ai déjà parlé ici de mon absence de motivation, rapport au fait qu’une demi-douzaine de personnes seulement vont lire ce truc. A présent j’ai un autre putain de problème. Quand j’ai posé l’idée du marketing du livre, c’était parce que je voulais réellement connaître la réponse, savoir ce que font les éditeurs, les auteurs pour promouvoir leurs bouquins. Maintenant que je le sais, j’ai d’autant moins envie de me faire chier à rédiger tout ça.

L’autre jour j’étais avec une auteur qui sent bon le parfum de mec, et je lui ai demandé si c’était elle qui avait choisi la couv’ de son bouquin. Parce que tu crois vraiment que j’aurais choisi ce truc si j’avais eu le choix ? Un des plus gros éditeurs de France, et l’auteur pas impliqué. Putain. Théorie d’un pote : t’es dingue, le dernier truc que veulent les éditeurs c’est filer du contrôle, des responsabilités à leurs auteurs, comme ça ils restent bien sages. Ca se défend. Ou alors cette copine, que j’apprécie tout ça, mais qui sort son premier bouquin dans une collection qui s’appelle « M@nuscrit », vendu deux fois moins cher que la moyenne pour booster les ventes. Chouette, base du marketing, ne rien vendre moins cher qui que la moyenne, parce que ça fait au rabais, un peu comme tout ce qui vient ou est connoté Internet. Le genre de plans que malgré toute la hargne pour publier que je pourrais avoir, je refuserai à cause de mes instincts de Master de marketing.

Mon mémoire pose la question du marketing du livre en France. La vérité, c’est qu’au lieu de stratégie, il s’agit plutôt d’un savant mélange de mauvaise volonté, d’ignorance et de stupidité de la part d’à peu près tout le monde. Est-ce que j’ai envie de continuer à bosser, de lire des bouquins, de rédiger 50 pages, pour arriver à cette conclusion ? Tu parles ! Tout ce que ça me donne c’est envie de tenter de foutre un putain de coup de pied au cul du marasme ambiant, du manque d’ambition d’un milieu sous anesthésie générale. Tout ça me donne envie de finir mon bouquin (et qu’il soit bien), de mettre en branle tous mes plans secrets dont je cause avec quelques potes en sous-marin depuis quelques temps. Pas de bol, je dois quand même passer mon année, finir ce mémoire. Mais juste, bordel qu’est-ce que je vais en chier pour accoucher de ce truc infâme !

Avec un peu de chance je vais me prendre un mail de relance de la part de ma prof, à base de « Matthias si vous ne me rendez-pas votre mémoire je vous arrache les couilles avec une tenaille ardente rouillée !!! ». On y croit.
Demain on parlera de karma. Anecdote de fou inside !

19 réflexions sur “400 – Are We There Yet ?

  1. Pour une note 400 je suis un peu déçu.

    J’imaginais un truc méga ouf.

    Par contre, va bosser ton mémoire, ça serait con de retaper à cause de ça !

  2. Il est 4h, tu m’excuseras si je réponds “+1″ sans appuyer tes arguments, mais un détail : je poste aussi tard car d’autres aussi ont des trucs à chier, dont ils n’ont rien à branler :/
    (Joie du langage soutenu \o/ )

  3. Alors déjà, je compatis parce que j’ai eu exactement le même problème l’année dernière.
    Mais (bah oui) dans mon master, on avait le droit de faire le mémoire sur la solution qu’on pourrait apporter au problème. Donc si t’y as droit, pourquoi pas faire une troisième partie sur “comment leur foutre un bon coup de pied au cul efficace, d’ailleurs c’est moi qui vais m’en charger”?

  4. Excellentissime cette note. Mais de toute facon les mémoire c’est pour faire chier les étudiants en fin d’année, les tuterus de mémoire n’en ont rien n’a foutre car ils sont payé au nombre d’étudiants qu’ils suivent via un prorata d’heures extraodinaires qui fait que c’est le métier le mieux payer du monde.

    Mais courage, je sais ce que c’est [j'ai raté ma derniere année grace à mon mémoire et j'ai du changer de sujet l'année d'apres...]

  5. Je suis d’accord avec Galadriève, si tu peux proposer des solutions argumentées dans ton mémoire, ça peut être un gros plus. Parce qu’une simple constatation, c’est pas forcément très bandant.

    Sinon, pour la dernière image, j’ai d’abord pensé au Cube Cosmique. Bien plus efficace qu’un laxatif cérébral.

    Enfin bon, je t’enverrais volontiers toute ma volonté/motivation, mais j’en suis naturellement dépourvu. Mais si tu veux, je vais commencer à chercher une tenaille ardente rouillée.

      • T’as qu’à monter un magazine pour la publication de mémoires, façon publication scientifique. Ou au moins le mettre ici, pour que tes millions de fans le lisent. Ou coller des femmes à poils dedans et faire une distrib dans le métro.

        Et je peux trouver 2 ou 3 méthodes pour détourner un avion sans monter dedans.

        (Haha, t’as posté ta réponse à 2:22…)

  6. Un mémoire, ça doit être traumatisant à rédiger.

    “Parce que tu crois vraiment que j’aurais choisi ce truc si j’avais eu le choix ?”
    C’est peut-être idiot mais j’ai du mal à acheter un bouquin si la couverture ne me plaît pas.

  7. Raaaaaaaah!!!

    Non mais comme je te comprends!!

    J’ai un peu le même problème que toi: une fois que c’est problématisé dans ma tête, que le sujet est posé, le plan détaillé fait, que je connais les tenants et aboutissants du truc, j’ai pas DU TOUT envie de coucher tout ça sur papier!!
    Pas kça nafoute nonmého!!

    On peut pas rendre des mémoires oraux? Hein?

  8. faut relativiser, chez certains éditeurs, souvent les moins gros, l’auteur a un droit de regard sur la couverture… Mais bien souvent, celui-ci semble aussi se reposer sur l’éditeur.
    Il y a pas mal de solutions marketing dans le domaine du livre, mais bien souvent encore, ceux sont les plus petits qui sont les plus innovants (et ça, sans service marketing dédié)… bref, l’édition est un secteur vaste, où se conjuguent plusieurs politiques et plusieurs attitudes.
    Et conclusion, ta copine aurait peut être se faire publier chez un petit, au lieu de se faire manger par le gros, sans rien pouvoir dire…

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