407 – The Last Day Before The Rest Of Your Life

Y’a quelques heures je sortais du ciné. J’étais allé voir seul Let The Right One In, pour pouvoir vous en parler aujourd’hui. Opération commando avec écriture de note dans la nuit ! Puis je me suis retrouvé là à attendre le bus, à la frontière du parc, et j’ai déconnecté ; l’odeur de l’herbe humide, le décor, le fait que sous ma chaussure il y a ma ville. Alors j’ai laissé tomber le bus et suis rentré à pied dans la nuit, une fois de plus maudissant le fait que je ne fume pas. En fait, j’étais encore hanté par la dernière image d’Eli dans le film, son sourire qu’on distingue rien qu’en regardant ses yeux. Comment je suis censé produire un article sur un film de ce calibre, que j’ai à peine commencé à digérer ? Vu le bordel dans ma tronche, c’était pas gagné. Alors à la place, j’ai fait un peu d’introspection nocturne.

L’avantage avec le chemin retour du ciné cité, c’est qu’il n’a pas changé en 10 ans, des centaines de fois que je fais toujours le même. Ca me permet de me concentrer sur ce qui a bougé, à savoir moi. Je crois que ça fait un moment que je cherche à piger qui je suis, à me tester, plus que d’habitude, plus depuis que c’est le bordel autour de moi. Je découvre comment je peux réagir avec les filles une fois sorti de ma relation longue et épanouie. Ou bien je prends conscience de certaines réalités du monde. C’est admis que je ne suis fondamentalement pas un gros connard. Mais la vie c’est des nuances de gris et parfois je me demande pour quelle équipe je joue. La bonne nouvelle c’est que j’apprends encore, la mauvaise c’est que ça passe par la dégustation de fraîches racines de pissenlit.

Tout à l’heure j’ai tiré mon billet de train retour, hors de prix. Avant de débiter la CB de ma mère (opposition sur la mienne en attendant d’en récupérer une), j’ai eu la pensée fugace de laisser tomber, de laisser mon appart’ prendre la poussière, abandonner ce que j’ai laissé sur mon bureau, y compris le casque Wesc au jack cassé. Quand être passif agressif, la terreur du conflit, vous pousse à la lâcheté, le temps d’une seconde. Puis on comprend la vraie leçon, pas celle qu’on va m’infliger dans pas longtemps dont j’imagine chaque mot, mais celle qui importe vraiment. Depuis longtemps je sais ce que j’aime, raconter des histoires, divertir, faire rire, émouvoir, partager mes passions et mes amours. Les mois passent et je continue à cocher de nouvelles choses sur la longue liste des trucs que je n’aime pas. Tout ce que ça prouve, c’est que je n’ai pas le choix, réussir ou crever, continuer à courir après ses rêves ou disparaître.

Peu importe ce qui se passera demain, j’ai déjà compris pas mal de choses. Pendant que je serai le premier témoin de la suite des évènements, je vous aurais laissé une petite note sur la difficulté de lire.

6 réflexions sur “407 – The Last Day Before The Rest Of Your Life

  1. Aie c’est vrai que demain c’est reprise du boulot. J’espère que tu n’auras qu’une petite remontrance.

    Bon retour à Paris

  2. Même si tes préoccupations sont fortement intéressantes (j’ai parfois également envie de tout laisser tomber…. :s), j’espère que tu pourras faire un petit comme de Morse! Ce film mérite tellement d’être connu! Le récit est tellement original et intiiste et le vécu des pré adolescents tellement juste….Une merveille! Courage à toi en tout cas! ;)

  3. Ping : 414 – Cine Club 52 « -The Best Place-

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