Y’a pas si longtemps, j’hébergeais malgré moi une jeune fille en fleur, coincée à la rue pour cause de dépassement du couvre-feu de sa résidence universitaire. J’aurais bien abusé de son corps de nymphe mais on était trop occupé a débattre de l’heure à laquelle elle avait me réveiller pour aller en cours, l’infâme harpie ! C’est alors qu’elle s’inquiéta de la sonnerie de mon réveil/téléphone, non parce que si c’est un truc relou, bah elle fera la gueule. Les filles, c’est chiant. Merci Capatin Obvious ! J’optais donc pour rétablir ma sonnerie de l’année dernière, Good Morning de Kanye West, qui passe bien par les n’oreilles. Erreur fatale le lendemain matin ! Le temps d’émerger j’étais persuadé d’être dans la mezzanine de mon ex, à Bastille. Oui mais non. J’avais précisément changé de sonnerie de réveil en changeant d’appart’, d’où la perturbation cérébrale due à ma mémoire musicale.

Il est établi depuis fort longtemps que j’ai des goûts musicaux de merde. C’est pas un scoop. Mais ce n’est pas pour autant que je n’apprécie pas la soupe que je m’inflige quotidiennement depuis des années. Mon mode d’absorption musicale est aussi complètement foiré. Quand je tombe sur un morceau ou un album qui me plaît dans mon corps, je me le colle en repeat dans le MP3 et l’ordi. Pendant peut être une semaine, plus si affinité, je n’écoute quasi que la même musique, encore et encore en boucle. Je crois qu’à ce stade on peut envisager la piste de a lobotomie. L’effet pervers de ce genre de comportement c’est que la plupart des morceaux qui comptent dans mon inculture musicale sont liés à des gens ou des évènements très particuliers. Le bouton Schuffle de mon player devient alors une bonne à retardement mémorielle (prouvant que Proust aurait moins grossi s’il avait écouté de la zique au lieu de s’empiffrer de madeleines comme l’obèse qu’il était).

Pour mieux vous rendre compte de l’ampleur des dégâts, quelques exemples. Si j’écoute Infinity On High de Fall Out Boy, tout de suite mes narines s’emplissent de l’odeur de renfermé et de sueur du Club Med Gym de République, vu qu’à la période où j’y passais cinq par semaines j’écoutais l’album en boucle. Always de Blink 182 me ramène aux nuits à attendre des textos de Sonia jusqu’à trois heures du matin. Americana d’Offspring me fait ressentir la chaleur des rayons du soleil à travers la vitre du bus scolaire qui nous trimballait dans le sud à l’époque du collège. Space Oddities de David Bowie est capable de me faire fondre en larmes sur place au milieu de la rue. Robocop de Kanye West (morceau très sous estimé) me fait grincer des dents en repensant à l’autre que je courtisais comme un lycéen à peine pubère y’a quelques mois. Bien sûr la liste est longue et je me doute bien que je suis loin d’être un cas particulier.

Tout ça pour donner un peu de poids à mes arguments comme quoi, finalement, même si j’écoute de la merde, je le fais avec la même passion que les vrais mélomanes. Non mais !
Demain bouquin !



