Dans la grande liste des trucs que j’adore au MK2 Biblio, je me dois de mentionner leur librairie ouverte jusqu’à 22h et des poussières. Idéale pour attendre le début de sa séance ou errer un peu entre les nouveautés papier avant de rentrer chez soi. L’autre jour, où j’avais vu un de ces films français de merde où un tas de vrais gens se rencontrent par hasard et vivent des trucs trop forts pour leur petit cœur, j’errais. Rayon poche, je suis tombé sur une récente réédition de L’Ecume des jours, avec couverture satinée, flip book entre les pages, carnet d’illustrations inédites et petit coffret en carton. Je me souviens que beaucoup me l’avaient conseillé y’a quelques semaines. Pas de résumé derrière, un texte merdique à la place. J’ai payé mon exemplaire en fin de soirée sans même savoir de quoi ça parlait, parce que les achats impulsifs ont toujours un petit goût délicieux.

Colin est rentier, ou tout du moins il possède suffisamment d’argent pour ne point travailler et disposer des services d’un cuisinier, Nicolas. A sa façon il entretient son meilleur ami, Chick, travailleur pauvre car dilapidant jusqu’au dernier sou dans les livres de Jean-Sol Partre dont il est fan absolu. Chacun des trois garçons va finir par trouver une petite amie et en tomber éperdument amoureux. Mais Chloé, la fiancée de Colin, tombe malade. Le jeune homme va tout faire pour sauver sa dulcinée, quitte à accepter les pires travails pour éponger les dettes creusées par les soins coûteux. Pendant ce temps son meilleur ami perd de plus en plus la raison, délaissant sa belle pour sa collectionnite, risquant de sombrer pour de bon dans sa lubie.

A la lecture de L’Ecume des jours, je me suis senti trahi. C’est comme si l’on m’avait caché qu’il existait un putain de roman trop bien, sous mon nez depuis des décennies. Faut dire que l’on me l’avait mal vendu. Ce n’est pas un livre fondateur bla bla bla mon cul. Non, c’est juste une histoire d’amour tragique dans un univers à la croisée de Tex Avery et Lewis Carrol. Les souris y font le ménage, les tables se débarrassent à coup d’aspirateur et les plus beaux des nénuphars peuvent être mortels. La poésie, l’imaginaire, se cachent entre chaque lignes, proposant des visions magiques, parfois absurdes. Vian se joue du langage, mélange les mots, abuse de jeux de mots sans honte, sans jamais céder ne serais-ce qu’un pouce à la compréhension. D’une facilité de lecture déconcertante, j’ai dévoré l’Ecume des jours, qui pourrait presque me réconcilier avec la littérature française.

Le livre aura été boudé lors de sa sortie, progressant que lentement dans l’inconscient collectif avant d’atteindre le statut culte dont il jouit de nos jours. Pourtant comment ne pas être séduit par la beauté des sentiments, la critique de la religion, du travail ainsi que tous les autres thèmes qui émaillent le roman ? Romantique et politique, ce conte moderne n’a pas pris une ride. Putain de mensonge, m’avoir caché que ça tuait à ce point. J’en reste sur les fesses, et pense me le relire.
The show must go on. Demain on parlera de mon frangin et de mon ordi.






J’dois l’avoir lu en 2nde.
En tout cas le coup du Jean Saul Partre m’avait marqué.
Si c’est bien le même, j’avais bien accroché à l’époque.
Bon, depuis il a été perdu au fond de ma mémoire de jeune futur S qui s’en branle de la littérature car sa prof est moche et le forçait à lire plein de livre.
Ouais l’écume des jours déchire, j’aime beaucoup aussi son coté « conte de fée a l’envers ». Parce que bon, c’est pas joyeux joyeux tout cela, mais reste que du début a la fin, le boris va te sortir un truc de nul part, mais qui te fera ouvrir grand les yeux, faire « waaaw » et te laissera pantois devant tant d’imagination, déballée ainsi facon « y’en a plus je te le met quand meme ».
La partie ou ils dansent (du rock nan?) et se trouvent genés par les « ondulations » est bien lolante d’ailleurs.
Franchement je me répète mais niveau absurde le recueil de nouvelles ‘Les Fourmis’ de notre Boris national et vraiment sympa aussi. Mais bon moi perso je l’aime d’amour alors j’en ai lu pas mal et ils sont tous à lire. Et c’est vrai que niveau poésie L’écume est un de ceux qui m’a le plus marqué.
Lu pour l’école en 3° … et ca a été aussi une claque magistrale =)
J’aurais pas dis « d’une facilité de lecture déconcertante », déconcertant ok, mais la lecture est fastidieuse au vue de toutes les infos placées à chaque détour de phrase.
Ma grosse claque littérature ça a été La conjuration des imbéciles (qui est dans ta wishlist amazon je crois).
Par contre autant L’écume des jours se lit en une nuit et se dévore de façon quasi jubilatoire, autant La conjuration des imbéciles c’est vraiment le bouquin qui se lit dans la douleur.
Le genre de livre qui se mérite quoi, faut tenir au moins les 100 premières pages (il m’a fallu 6 mois pour aller au bout…) et après on est chopés, on lit tout d’une traite.
Ca m’étonne beaucoup que tu n’aies pas découvert ça plus tôt.
Moi j’avais été subjuguée par l’appartement qui rétrécit… C’est un détail mais il m’avait particulièrement touché.
Cette nouvelle couverture est très jolie je trouve. Mon édition est vieiiiiille
Ah bah voila. Maintenant tu as lu quelque chose. Nous la joue pas on me l’avait cache, ca fait un bout de temps que je te rabache que ce livre est une tuerie.
Tu me déçois.
tu lui ressembles un peu.
:jtelavaisbiendis!:
Pardon = D
Mais désolé le Reilly,tout le monde a pas ton parler de markéting : p
L’arrache-coeur est très très bien aussi !
L’écume des jours… Je suis tombé dessus au bac et je ne l’avais pas lu, esprit de contradiction oblige (de combien de romans l’école m’a-t-elle écarté ?…).
Et puis, très vite, après, je l’ai lu, adoré, relu encore et encore. Je ne m’en suis jamais lassé. C’est l’un des plus beaux romans qui ait traversé ma vie de lecteur avide et la plus belle histoire d’amour qu’il m’ait été donné de lire.
Bref…