457 – The Waiting Game

Mercredi dernier, je déambulais dans la RNAC, au rayon librairie, à caresser du regard les nouveautés. Je grimace devant des titres qui ne me disent rien, des portraits d’auteurs de l’âge de mes grands parents, des quatrièmes de couvertures qui refusent de me dire de quoi parle le bouquin et sans oublier les trois ou quatre nouveaux romans écrit par et sur des gamines de 16 ans au minois bankable qui ont trop des problèmes dans leur vie. Si on était dans un film de Woody Allen sur un énième écrivain frustré, sûrement que j’aurais attrapé une pile de l’étalage par le dessous avant de la jeter violement contre les autres, créant une pluie de dominos littéraires. Une crise de nerfs qui me vaudrait un bon tacle par un maouss agent de sécurité. Pendant ce temps là, dans le monde réel, si j’ai l’air dépité, c’est que je ne peux pas envoyer mon nouveau bouquin.

Rédigé au prix de dizaines de nuits blanches d’affilée (enfin, avec dodo le jour), mon nouveau bébé pèse près d’un tiers plus lourd que l’ancien. Une potesse m’avait prévenu au détour de son mojito, que passé la mi-juin, l’envoi aux éditeurs devenait du suicide. Coincés entre leurs vacances et la préparation de leur rentrée littéraire, ils n’ont plus une minute pour bouloter du manuscrit de jeune qui n’en veut. Envoyer son texte entre juillet et septembre, c’est s’assurer d’une lecture encore plus bâclée que d’ordinaire, quand vos feuilles ne se retrouvent pas enterrées au fond d’une pile qui ne dégorgera jamais. Ce mercredi là, la dite potesse m’annonçait qu’elle m’avait prévenu, son ami éditeur chez Flammarion annonçant qu’il était booké pour l’été, comme tous ses confrères. Fuck it, j’ai fait aussi vite que j’ai pu, et ce ne sera pas suffisant.

Ce qui avait commencé comme une expérience cathartique afin de ne pas devenir fou il y a deux mois a muté en quelque chose que je pense être plus que lisible. Boosté par des coupaings, j’ai bouclé le truc en un temps record. Pas de quoi en tirer un Goncourt, mais de quoi remplir une case vide dans l’offre actuelle, parler aux types de mon âge. En putassant un peu et épaulé par une attachée de presse hargneuse il y aurait même de quoi faire un petit coup, gaver mon éventuel éditeur de pognon. Ce qui me fait d’autant enrager, c’est que ce texte ne sera jamais aussi à propos que là, tout de suite, dans le contexte actuel. Mais si l’on ne choisit pas les règles, on peut choisir son jeu. Je suis toujours en train de jouer au bon soldat à l’assaut des éditeurs, pas prêt a m’abandonner dans l’auto-branlette-édition. Alors j’accepte les règles, et je fais la seule chose à faire, m’asseoir sur mon bouquin.

Je ne suis pas à l’abri de tomber sur une opportunité de faire valoir mon taf’ dans l’été. Mais le reste du temps je serre les dents et attends le retour de mon heure, hésitant à envoyer un exemplaire aux maisons pour le principe, quitte à le renvoyer en octobre. Juste pour me prouver que mon rush, mes nuits sacrifiées, ne l’auront pas été en vain. On verra. Je vous tiendrai au courant.
Wow, pas si aigri que prévu cet article, suis fier de moua.

18 réflexions sur “457 – The Waiting Game

  1. Il donne envie là vu de l’extérieur.

    Bon courage quand même vaut mieux avoir toutes les chances de son côté de toute façon u_u

    Hélas tu vas devoir attendre.
    Maintenant on a plus qu’à attendre que cette attente ne soit pas inutile…

    C’est quoi le titre du roman ?

  2. \o/ Best episode de Spin City ever, je crois ^^

    Moi je dis, stoujours la mayrde en été, de tous les côtés de toute façon, et encore plus là où les gens ont pour boulot de lire quoi que ce soit…

    Mais je compte sur toi pour un bon carton post-rentrée !! \o/ Goooooo LeReilly, Goooo \o/

  3. Quand on met le fait que tu doives attendre avant de l’envoyer en opposition avec ce que tu écrivais il y a peu sur la modification du degré de satisfaction de son oeuvre au fil du temps, on comprend facilement le challenge mental dans lequel tu te trouves.

  4. BluuG –> Dès que c’est imprimé ça a plus la classe. Pour le titre réfléchis un peu…

    AmO –> Excellent épisode de Spin City. ^^

    Lupus –> Je pense que je vais peaufiner de toute façon, c’est un peu fatal, quand j’aurais du temps, ce genre de trucs.

    Ruxhart –> T’as tout pigé, du coup je vais y toucher. Mais ça fait chier, là, de suite, j’en suis content, je voudrais pouvoir le tenter !

  5. Ben du coup tu va faire ce que tous les auteurs font mais ne disent jamais : tu vas revoir ta copie et corriger jusqu’à avoir la version parfaite (non parce que la plupart des bouquins c’est pas en trois mois qu’ils sont écrits, c’est plus entre 12 mois et 12 ans ^^)
    A moins qu’il y ait une faille spacio-temporelle pour les bouquins néo-réalistes ou je sais pas trop quoi.

  6. C’est pas Navo qui va s’auto-éditer ? Tu peux pas faire pareil, juste histoire de voir le bébé fini mis en page, quitte à le renvoyer après aux maisons d’édition ?

    Besancenot en train de prier. Laulilol.

  7. Allez dude, ça va le faire !
    De toute façon ce que tu tient dans les mains c’est du bon, faut juste trouver le bon moment !

    Comme on dit : Keep it up !

  8. RNB –> Il fait trop chaud pour travailler…

    elicad –> Heu, je veux pas faire chier mais Boris Vian a écrit j’irais cracher sur vos tombes en deux semaines. Donc les gens écrivent à la vitesse qu’ils veulent hein.

    Man0u –> Si tu l’auto-édites, tu le vends jamais a un éditeur, j’en ai déjà parlé moult fois. S’auto éditer, c’est le suicide de ta carrière.

    etioun –> Yes we can !

  9. Bon bah te suicide pas alors (fais pas l’con Reilly, lâche ton flingue, *en mode Bruce Willis dans un film burné*).

    T’inquiètes, un jour ça va chemar !

  10. Ah ah je fais pareil avec mes scénars. Le waiting game. Je waite un peu trop p’têt aussi…

    Good luck en tout cas. Et si y a pas de références à Bad Boys 2, on le crame sur YouTube ton livre. T’es prévenu.

  11. Exact, c’est ce que j’ai entendu dire aussi: l’auto-édition te coule à l’égard des “vrais” éditeurs – les éditeurs… à compte d’eux-mêmes. Aux dernières nouvelles hélas il semblerait qu’on soit également grillé une fois édité par une petite-maison-de-province. pour Galligrasseuil et FayaJulliard, naturellement, piston oblige. Mais peut-être en as-tu un ?
    cela dit tu es pas mal dans l’air du temps. Volonté de s’adresser aux lecteurs de ton âge, blog “hype”^plein de détournements visuels de bon aloi, communauté de lecteurs réguliers (et enthousiastes par principe): tu as déjà des atouts. Je ne plaisante pas, ça compte.
    Bonne chance en tous cas. Moi aussi je vais faire relâche cet été.

  12. J’espère qu’on aura le loisir de le lire un jour…
    Tout ce suspens est insoutenable.
    Font chier à prendre des vacances aussi, c’est pas le moment.

  13. Ça fait plusieurs jours que j’ai rien dit… alors je vais dire un truc : J’ai ââdoré la 2° image…

    Sinon, ben désolé de te dire ça mais ton titre a déjà été utilisé ! Mais pas pour un livre (cette fois ?) alors ça va (ici, notamment). Oui ça n’a aucun intérêt. C’est du remplissage.

    Hey, j’ai trouvé le titre du tome 2 d’un de mes cycles ! Plus qu’à… écrire le tome 1 (actuellement avancé à 0,5%), lui trouver un titre, le faire éditer et avoir ainsi une raison d’écrire une suite.

  14. je ne sais pas pour les grosses maisons, mais nous, les indépendants qui en veulent, fin juillet-début aout, on branle un peu les mouches, ou on part en vacances…

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