455 – Top 3 Saturdays 32

Aujourd’hui, c’est la fête du cinéma. Autant quand j’étais môme je me ruinais la santé a enchaîner 12 films en trois jours avec les copains, autant maintenant que j’ai la carte, j’évite les salles obscures le temps que les pauvres finissent de s’aglutiner. Mais comme je pense à vous autres les non-encartés, je vous fais le Top 5 des films a voir à la fête du ciné cette année.

Number Five – Lascars

Là où la série se démerdait bien en vignettes de quelques minutes, le film lutte pour assurer la longueur. Reste la réalisation rythmée et osée qui arrache la rétine, les doublages parfois savoureux et quelques très bonnes vannes qui font de Lascars un film d’anime plus qu’honnête. Puis j’ai toujours de la place dans mon cœur pour un dessin-animé 2D fait avec amour.

Number Four – Les Beaux Gosses

Wesh un teen movie en France. Dieu que c’est crade, visuellement et dans certains passages. Télérama kiffe le ton incorrect, j’ai trouvé ça parfois too much. Mais je me suis marré plus que prévu, de bonnes vannes, de bonnes répliques. Puis le film commet l’irréparable pour un teen movie axé sur le dépucelage : le héros ne baise pas à la fin. Uber Massive Epic Fail. Bel effort mais c’est pas encore ça. Au prix de la fête du ciné c’est un deal honnête.

Number Three – Transformers II

Ma tête putain. Scénario de pochette surprise, acteurs en mousse, filles filmées comme dans un porno, pas de surprise pour la suite de Transformers. Mais là où le premier film jouait la carte du mystère dans sa première heure, la suite tape tout de suite et cogne jusqu’au bout d’un final interminable entrecoupé de blagues minables. J’en suis sorti avec une migraine. On pourrait crier au Bad Boys II du film de robots, mais ça manque trop d’équilibre dans la recette. A voir (en IMAX) pour le fun et la prouesse technique, mais penser à l’aspirine.

Number Two – Coraline

Henry Sellick sort enfin de l’ombre de Tim Burton pour prouver au monde qui était le véritable génie derrière L’étrange Noël de Mr Jack. Roman de Neil « Dieu » Gaiman adapté en animation de marionnettes image par image, Coraline est peut être le plus beau film de cet été. Parfois un peu mou, il sait se rattraper sur les images et l’inventivité constante de l’univers. Si vous avez moyen de le voir en numérique 3D (réseau Gaumont/MK2/Pathé), ça vaut clairement le coup, l’intégration du relief étant particulièrement bien choisie et apporte un véritable plus au film (I’m looking at you Volt !).

Number One – The Hangover

J’ai déjà tout dit l’autre fois. Entre temps le film a éclaté toutes les prédictions aux US, se classant sans broncher numéro 1 du box office 2009 des films interdits aux moins de 17 là bas, éclatant pépère Watchmen et Terminator. Castant des non-stars dans les rôles principaux, faisant confiance à un réal que l’on donnait has-been, produisant une comédie hard 100% originale, la Warner à tenté quelque chose dans un climat de suites et remakes. Pari plus que payant. Aller voir The Hangover, c’est faire un bras d’honneur à tous les films de merde calibrés jusqu’à la gueule de cette année. En plus, c’est très bien. D’ailleurs j’y retourne.

Bon, si avez ça vous êtes pas motivés à bouger vos fesses de gros branleurs pour apprécier des vrais putains de films, je peux rien pour vous. Manque juste une bonne comédie romantique cette année. Heureusement, je vous couvre en vous en sortant une de ma cave perso demain.

454 – Got It On The Tip Of My Tongue

Hier j’étais invité à une soirée bloggueur pour la présentation d’un sex-toy de luxe. Enfin, je crois, vu que je n’y étais pas, terré à Lyon. Avantage, je suis le premier à vous en parler. Inconvénient, j’ai aucune idée de comment c’était. Du coup dans ma tête, je me représente ça comme un loft feutré, avec plein de jolies filles huilées qui auraient guidé mes doigts le long de leur cuisse, l’outil high tech entre les mains, leurs cordes vocales accordées sur les vibrations de l’engin. Bien sûr y’aurait eu des fontaines de coca, des brioches remplies de confiture de fraise de ma grand-mère et pléthore de numéros de téléphones échangés en même temps que des promesses de fellation en échange de l’honneur de figurer sur le blog. M’enfin, je dis ça, j’en sais rien, j’y étais pas. Tout ce que j’ai, c’est le flyer du truc, qui m’annonce “une expérience intime de massage”.

Aujourd’hui je vais donc vous parler sémantique et guerre des sexes. Rien que “massage intime” (et son corollaire vibromasseur), sans déconner. Parmi la pléthore de synonymes pour qualifier une stimulation, jamais il me viendrait a l’idée d’utiliser le mot « massage ». Oh chéri tu veux bien me masser le clitoris s’il te plait ? Ah ah comment je l’ai trop massée du vagin hier ma meuf ! Dans le même ordre d’idée, rien que le terme sex-toy, c’est foutrement hypocrite. L’anglais ça rassure toujours, ça camouffle le ridicule, la gêne, la honte (pensez au rencard rapide, laule). C’est sûr que, tout de suite, parler de son jouet sexuel, ça devient un peu bizarre dans une conversation. Notons aussi que jouet (enfance) et sexuel (puberté/adulte) sont deux termes aux connotations antimoniques. Sûr qu’ustensile sexuel, ou robot ménager sexuel c’est directement plus flippant, et pourtant… Confère le succès fameux Rabbit, parce que vibro, c’est sale, et que lapin, c’est ridicule. Mais un rabbit, nan ça va c’est en anglais, c’est propre, ça infantilise : t’as pas un vibro ou un gode, t’as juste un rabbit. La décomplexion par le language, magique (sujet de thèse spoted, moyen d’en tirer 200 pages les gars).  Sauf que seules les femmes bénéficient de ce traitement de faveur lexical.

Si vous êtes un mec et que vous voulez vous acheter votre propre jouet sexuel, vous ne pouvez pas échapper au fait qu’historiquement, du plastique moulé dans lequel on plante son pénis, ça s’appelle une vaginette, un peu comme dans, oh je sais pas, le mot vagin ! Que je sache, un gode ne s’appelle pas une pénissette ! Quel est le fuck ? Parce que pour un homme, les sex toy, c’est mal, c’est sale, c’est caca ! Demandez à vos jeunes amies ce qu’elles pensent d’un dude qui irait planter son dick dans un tube high tech planqué dans leur tiroir de table de nuit. De même que l’homosexualité entre filles choque moins, l’usage de gadgets divers et variés traumatise moins lorsqu’ils sont manipulés par de fins doigts de princesse. Heureusement qu’on a encore un minimum le droit de se branler, mais old school uniquement, à l’huile de coude (une pensée pour nos amis bûcherons, qui eux vendraient leur mère pour pouvoir pénétrer un doux et chaud plastique plutôt que de se raper la peau de la verge avec leurs mains caleuses). Mon petit doigt (qui ne masse/vibre pas) me dit que c’est pas demain la veille qu’on m’invitera à une soirée privée pour tester des vagi… heu… des je sais pas quoi de luxe. L’égalité des sexes est morte, tuée (entre autre) par les vibros.

Fondamentalement, je m’en carre pas mal étant donné que l’usage intensif de sex-toys, calibrés pour le plaisir extrême diminue la sensibilité au vrai sexe (Bwah ah ah, flippez maintenant). Le plus simple reste encore d’aller se faire baiser, et rendre du même coup service à quelqu’un. Mode Ségolène ON : baiser, c’est gagnant-gagnant !
C’est sur cette belle morale pleine d’amour et d’espoir que je vous dis à demain pour un top 5.

453 – Wife Swap

Ca va bientôt faire vingt piges que je me traîne un frangin. Même qu’à partir d’aujourd’hui il squatte mon appart’, vu qu’il doit boucler sa prépa par une série de concours en partie parisiens. Plus tard il sera chercheur en physique ou un truc comme ça. En gros, le mec en blouse qui se prend un balle entre les deux yeux quand un commando terroriste vient voler des fioles d’antimatières dans un centre secret, bah ce mec là, en train de pisser le sang sur le parquet, ce sera mon frangin. Accessoirement c’est aussi une pourriture de gros geek, à custom son PC jour et nuit. D’où son absence d’ordi portable, d’où le fait que je ne puisse le laisser en pâture seul face à la jungle Panaméenne. Je suis donc rentré sur Lyon sans mon précieux, resté à l’appartement, mort de solitude sur mon bureau.

Y’a eu cette fois où des potes sont passés à la maison. La copine de l’un d’entre eux s’était fixé un petit défi à la con (pléonasme) : arriver à s’incruster sur mon ordi portable. J’ai freiné des pieds autant que possible avant de céder. Parce qu’un laptop quatre ans d’âge, c’est un peu comme une relation longue avec l’être aimé. On a pas envie de faire tourner, de laisser voir à un autre les entrailles, les secrets et les tics d’années de mariage heureux. Sans parler des potentiels de foirage induit par une fausse manip’. L’insolente s’est débattue une bonne heure pour pouvoir balancer, triomphante, sur son Facebook « A gagné mon pari, je suis sur l’ordinateur du Reilly ». Connasse. Je me fous que ton mec lise ça. Connasse quand même. Mon ordi n’est ni un numéro ni un jouet, c’est mon amour !

Pendant une bonne semaine je suis privé de laptop, que mon bro va utiliser pour checker ses mails, s’orienter et s’amuser. J’essaie de pas trop psychoter pendant que j’installe en ce moment même tous les logiciels qui vont me permettre de continuer à taffer à la maison. Je me permets de vous signaler très fort l’existence de DropBox, un dossier magique de 2Go qui se trimballe sur l’interweb et est accessible sur toutes les bécanes après une simple installation. Voilà comment je peux récup’ des trucs oubliés a Paris et les utiliser à Lyon, sur la bécane familiale ou fraternelle. M’enfin, rien ne vaut son propre matos, et rien que pour ça je risque de recraquer pour un portable hors de prix au lieu d’une bête de fixe pas chère en septembre. Voilà le véritable visage de l’addiction ! De toute façon si mon frangin me gonfle, je fous le bordel dans son disque dur, renomme ses pornos en comédies romantiques pour lui plomber ses soirées avec sa copine.

Bon, allez, une semaine à peu près à tenir. Yes, I can ! J’ai qu’à penser fort à Obama, ou bien lire des livres. Comme ça je pourrai vous en parler la semaine prochaine, mais demain on parlera cul.