449 – Cine Club 57

Depuis le temps que je ne vous avais pas causé d’un film qui s’est vautré à sa sortie, il est temps de remettre le couvert. Voici venir une tentative de réhabilitation d’Osmosis Jones, film des frères Farrelly sorti en 2001. Avant dernière production du département animation de la Warner, après Le Géant de Fer et avant Looney Tunes Back In Action (on en reparlera), l’échec d’Osmosis n’aura pas aidé la cause du dessin animé au sein du studio. Ceci expliquant peut être pourquoi malgré la présence de bons nombres de succès au compteur des Farrelly Bros, tout le monde semble avoir oublié ce petit plaisir coupable du cinéma qu’il est cool pour se détendre un dimanche aprem’ avec un milkshake maison glacé à la main et une jolie jeune fille sous le bras. Puis y’a Bill Murray, Chris Rock et Laurence Fishburne aussi ! Merde quoi ! Respect !

Frank est un gardien de zoo aussi incapable que manquant de sens commun. Se goinfrant d’un œuf dur tombé au sol, il ingurgite sans le savoir Thrax, un terrible virus serial killer bien décidé à faire passer Ebola pour un vulgaire rhume. Alors que Frank tombe rapidement malade, mettant en danger sa fille, Osmosis Jones, un inspecteur en lutte avec sa hiérarchie est le seul de ses globules blancs qui semble mesurer l’ampleur de la catastrophe à venir. Secondé par un partenaire médicamenteux antigrippal ingéré en urgence, Osmosis va mener l’enquête pour tenter de sauver le corps de Frank et ses millions d’habitants cellulaires. Idéalement s’il pouvait récupérer sa copine dans l’opération pour pouvoir lui faire plein de mitoses, ce serait l’idéal.

Si vous pensez que ce film est une version stylée et hardcore d’il était une fois la vie, vous êtes sur le bon chemin. L’animation est aussi stylisée que propre, offrant des situations parfois comiques (le virus faisant exploser le barrage qui retient la morve de Frank au C4) mais surtout complètement stylés (le combat final a lieu dans un endroit dément). On regrettera l’humour trash des frères Farrelly qui nous offre un Bill Murray o combien peu ragoûtant et le très faible nombre de scènes où les prises de vues réelles croisent les personnages d’animation. Au final peu importe, et c’est peut être l’effet cool de Chris Rock en globule blanc, mais le rythme est bel et bien là et propose un divertissement plus qu’honnête loin des chiens qui parlent. Injustement boudé au ciné, Osmosis Jones fait partie de ces films qu’il est bon découvrir.

Une fois j’ai réussi à me redonner envie, j’adore cette rubrique, c’est de l’auto motivation en barres !
Demain on causera de pourquoi j’arrête pas de faire des aller-retour entre Paris et Lyon.

TRAILER STAGE !!!

448 – Book Review 67

Y’a quelques semaines est sorti le nouveau bouquin d’Haruki Murakami. Même que je l’ai vu à la RNAC. Vu, mais pas acheté. Tout ça parce qu’on se paye une reformulation absurde du titre original, une couverture jaune dégueulasse et un prix de vente qui avoisine tranquillement les 20 euros pour deux cent pages. Etrangement j’ai reposé le livre sur son étal, parti faire un tour sur l’interweb pour me dégotter un exemplaire en langue anglaise. Après tout, Murakami étant traducteur de romans de langue anglaise en japonais. La version anglaise doit donc être plus fidèle. Mais surtout, huit reuros port compris avec une jolie couverture stylisée et gaufrée. Maintenant vous savez pourquoi j’ai envie de jeter mon mémoire sur le marketing du livre en France par la fenêtre, pourquoi je claque encore ma thune à l’étranger, privant mon pays préféré d’une relance de la croissance. Toutélié !

Murakami approche des soixante ans. Il en aura passé presque trente à courir, quasiment tous les jours, participant à plus de vingt marathons et autres épreuves sportives. « Ce dont je parle quand je parle de courir» est une collection d’essais qui forme un morceau d’autobiographie d’Haruki Murakami. Liant son expérience de la course de fond avec ses mécanismes d’écriture, il dresse le portrait d’un écrivain habité à la foi par son art et pas une force plus profonde. C’est aussi un livre qui parle de la vieillesse, de la prise de conscience des limites qui nous imposent le temps qui passe, que ce soit lors de la fermeture d’un club de Jazz, la perte potentiellement définitive de talent ou bien un corps qui fatigue, qui ne vous porte plus aussi loin qu’avant.

Souvent touchant, parfois anecdotique, What I talk about when I talk about running ne m’aura pas laissé indifférent. Contrairement à une bonne partie de l’œuvre de Murakami, ce dernier livre est très accessible, écrit dans un style clair et sans détours. On retrouve néanmoins toute la poésie des images et réflexions de l’auteur, qui fait de ses expériences passées une force pour décrire son quotidien de marathonien vieillissant. C’est aussi l’occasion de découvrir pourquoi il s’est mis à écrire, comment a-t’il publié son premier roman, sa perception du lectorat. A un niveau plus personnel je suis toujours fasciné par le rapport à l’écriture d’auteurs pour lesquels j’éprouve admiration et respect. C’est amusant quand ma vision diverge radicalement de la leur, comme c’est ici le cas.

Un livre que je recommanderai très fort à ceux qui peuvent lire une version anglaise. Les autres préféreront sûrement attendre une édition poche dans un an, histoire de survivre en ces temps de crise. Demain ciné, forcément.

447 – Runaway Bride

Jeudi dernier, j’étais au fin fond du public du cercle, quand a débarqué à côté de moi une trentenaire passée, vêtue d’une robe de mariée, talons blancs, boucles d’oreilles chic et maquillage poussé jusqu’aux paillettes sur les joues. Forcément, il fallait que je tente un truc :

- Vous avez laissé le marié à l’autel ?
- Non non, je m’habille tous les jours comme ça ?
- Sérieux ?
- Oui, c’est ce que j’aime, alors je me fais plaisir, c’est tout.
- Même au Shopi ?

Bah oui, y’a des questions qui se posent tout de même. Elle s’est rapidement braquée, en disant qu’elle n’était pas une bête de foire. Puis l’émission à commencé, et j’ai cogité. Parce qu’en vrai, une femme qui s’habillerait en mariée tous les jours, moi je trouve ça cool quelque part. Peut être même un peu sexy d’ailleurs.

Forcément, je me suis dit que j’irais bien la prendre à part à la fin de la journée, lui poser quelques questions. J’aimerais comprendre quand ça lui a pris, comment elle s’organise pour des trucs tout cons comme la lessive, est-ce que ça fait autant d’effet aux autres mecs qu’à moi ? Bref, limite une vraie interview d’originale pour mon blog. Je me voyais déjà la prendre en photo, faire un portrait sympa. Après tout, je suis fan des accoutrements inhabituels, en particulier à Paris, où la population féminine fait un effort conscient pour être grise et complètement indifférenciable les unes des autres. Puis j’ai commencé à remarquer un truc, puis un autre, et j’ai compris. Si cette nana s’habille en mariée chaque jours, c’est qu’elle a un putain de complexe de névrose de quelque chose.

En fait, il ne passait pas 2 minutes sans que quelqu’un lui la question, et qu’ils discutent quelques instants, où elle s’indignait de ne pas être une attraction, mais se justifiait etc… Ce que j’ai pigé, c’est que la robe de mariée n’est qu’un magnet social, un moyen d’attirer l’attention, ce qui correspond assez à la démarche de venir s’afficher dans un public de TV. Sans parler du fait que pour squatter un jour de semaine seule pendant cinq heures dans un petit studio, il faut avoir peu d’activités. J’aurais pu jouer le jeu, aller la voir l’air attendri, lui proposer de réaliser un portrait d’elle pour mon blog. Sûr qu’elle aurait adoré. Mais j’ai commencé à trouver ça glauque, à voir la trentenaire physiquement moyenne derrière la robe qui prenait ramassait doucement la poussière à chaque pas. Au final, c’était un peu triste.

Ce billet était bien entendu un hommage aux filles qui portent des trucs extravaguant, le genre d’apparats qui font que mon cœur bas plus vite lorsque je lève le nez de mon bouquin dans lé métro. Délicieuse sensation.
Demain, (peut-être) double bouquin !