487 – Book Review 74

Larry Doyle est un peu un connard. Pistonné par deux de ses potes il fut scénariste de l’âge d’or des Simpsons avant de filer scripter Beavis & Butthead sur MTV. Puis le voila parti pépère journaliste, rédacteur en chef et autres joyeusetés avant de boucler son premier roman : I Love You Beth Cooper. Le livre n’était pas encore imprimé que la Fox avait déjà acheté les droits. Un an plus tard, Hayden « The Cheerleader » Panettière incarnait la fameuse Beth au cinéma. Le film est parait-il loupé. Malgré Chris « Home Alone/Harry potter » derrière la caméra, le nivellement du bouquin par le bas, notamment en termes de fucks et autres, rend l’adaptation insipide. Enfin, je colporte, vu que je n’ai pas encore mis la main sur le film. Par contre j’ai lu le bouquin, donc je vous en parle.

Denis est un loser, pas seulement parce qu’il est le capitaine de l’équipe de débats du lycée, mais surtout parce qu’il a déclaré son amour à Beth Cooper durant la remise des diplômes de l’école. Fille la plus convoitée du bahut, Beth a cependant une réaction étrange. Au lieu de gifler Denis ou de l’ignorer royalement, elle lui concède que c’était plutôt mignon et lui propose de squatter avec elle et ses amies le long de la soirée. Rich, le meilleur ami de Denis s’incruste par défaut et va passer la majeure partie de la nuit à essayer d’expliquer qu’il n’est pas gay. Malheureusement pour la joyeuse troupe, Kevin, le copain militaire camé de Beth, est à leurs trousses. Comme si les carences en réflexes sociaux de Denis ne suffisaient pas.

Ouais, bon, ça reste cliché classique, mais que vous voulez vous, je suis un gros fanboy de teen movies, même quand ce sont des teen romans. Puis y’a de la masturbation, des fucks et un tas de trucs cools, à commencer par de jolies trouvailles de style et de métaphores. Sans parler du personnage de Rich, qui ne parle qu’en citations de vieux films cultes. Souvent le roman se traîne, voire patauge dans la semoule. Mais de temps en temps survient une scène bien fichue qui nous démontrer que les personnages possèdent une certaine épaisseur, et arrivent à dépasser les conventions du genre. Et puis on a tous une Beth Cooper à nous. Etant le genre de crétin à écrire un roman entier sur une fille de mon passé, je me retrouve pas mal dans le délire. Peut être même que j’apprécierai le film. Qui sait ?

J’avais lu un livre trop intelligent la semaine dernière, je compense à ma façon. L’été c’est aussi pour se faire plaisir.
Demain, on parlera de job d’été, mais à 15h je donnerai surtout le nom du vainqueur de mon petit concours, tout en balançant un second livre à gagner sur un autre thème.

TRAILER STAGE !!!

486 – Parking For Sheeps

Aujourd’hui j’avais bien envie de vous parler de mon bref séjour à Aix. Comment qu’en fait c’est carrément plus petit que prévu comme ville ou aussi à quel point même un samedi, tout est fermé parce dans la sud visiblement ça respecte la sieste. J’aurais pu parler du soleil qui tapait sévère, d’à quel point c’était cool de se trimballer dans les vieilles ruelles de la ville à la recherche d’un monument à zieuter, le gobelet de smoothie/glace à la main. Ouais, en fait c’était pas si mal. Même si crapahuter dans le sud tout seul, c’est toujours moins sympa qu’avec une chérie. J’aurais pu vous parler de tout ça, développer mes états d’âmes et en faire un grand billet blog super profond sur les vacances du jeune célibatant en ces temps de crise économique et d’incertitude socioprofessionnelle. Oui mais non.

A la place je vais vous parler de la grosse connasse moche du TGV retour. Celle qui débarque avec sa tête mal décolorée et ses seins moches pour t’asséner sur le ton le plus méprisant du monde.

- C’est ma place.
- Ah, heu, désolé. Mais en fait y’a déjà quelqu’un à ma place et du coup je me suis débrouillé.
- Oui, mais c’est MA place.

Là faut essayer de l’imaginer avec l’air excédé tatoué sur sa gueule de thon en sueur, faisant preuve du moins de politesse possible et avec un ton passablement pénible. J’aurais été un poil moins crevé je me serais jeté sur elle en lui plantant mes pouces au fond de ses orbites dans une gerbe de jus d’œil crevé. Préférant éviter le bain de sang, je me suis levé et ai zoné quelques minutes/wagons le temps de me trouver un autre siège.

Techniquement, elle était dans son bon droit. Mais si j’ai développé une névrose en trois ans d’aller-retour TGV hebdomadaires, c’est un profond mépris pour le système de placement. A partir du moment où la SNCF ne survend pas ses wagons, et donc où tout le monde est assis, on s’en branle du numéro ! Si les gens étaient civilisés et polis, ils arriveraient à s’organiser à se trouver ou s’asseoir. La version ultime de la bergerie ferroviaire étant le connard ou la conasse qui te fait bouger ton cul alors qu’il reste des tonnes des places vides partout ailleurs. Sauf que c’est sa place, et que ça rassure ses deux neurones d’obéir au bout de papier plutôt que de faire preuve d’adaptation ou d’initiative personnelle. Forcément, sur le quai de gare, si le wagon n’est pas blindé, j’attends que tout le monde soit rentré dans le train pour y pénétrer et pouvoir me prendre une putain de place que j’aime !

Une fois de retour à Lyon, j’ai recroisé l’insolente à la sortie du wagon. Elle m’a regardé avec des petits yeux de biche en détresse, comme si entre temps elle avait réalisé à quel point elle me les avait brisées. Ma réponse, le seul et unique Evil Eye. Bitch. Sérieusement, le jour où un psy arrivera à me convaincre d’entamer une thérapie chez lui, il aura un client à vie vu le boulot !
Demain, nouveau bouquin, résultat du concours et nouveau concours !

485 – Writer Whisperers

Fuck, je ne me souviens même plus depuis combien de temps j’ai foutu un bout de roman à télécharger sur ce blog. Faut dire que l’envie de faire tourner le fruit de mes nuits blanches face à Word a toujours été là. Avoir un blog, pouvoir y foutre des textes, à disposition de qui n’en veut, ça reste un petit miracle 2.0. Je sais que je l’ai remplacé une fois par une version avec un peu moins (laule) de fautes d’orthographe, puis une seconde fois par une version allongée. Tout ça doit bien remonter à l’été dernier, ou un truc avoisinant. Entre temps, les deux fichiers cumulés, on arrive pépère à 450 téléchargements, sûrement un peu moins de lectures si l’on compte les exemplaires du PDF perdus à jamais sur un bureau en bordel. J’aurais de quoi être fier, si je ne recevais pas régulièrement des mails qui tentent de m’expliquer à quel point ce bout de texte est “naze”, “une vraie daube”.

Je suis sûr que, quelque part, c’est le genre de trucs qui vient d’un bon sentiment. Oh my gawd ! Il faut absolument que je sauve Le Reilly de sa propre médiocrité, que je vienne lui dire à quel point il est vital pour sa crédibilité qu’il fasse sauter au C4 le lien qui mène à un tel relent putride de Word. Dommage que la plupart du temps, ces sinistres individus oublient qu’ils sont pas mes grands potes de la vie, et que par extension le minimum de correction, de respect et de tact passe généralement à la poubelle. Se présenter et donner son background socioculturel, c’est bien aussi, histoire d’avoir un point de référence. Ou comment dynamiter leur propre argumentaire. Si j’avais un brin de mauvaise fois supplémentaire, je pourrais avancer que considérer que ce texte est de la merde c’est insulter les dizaines de copains et/ou inconnus qui l’ont lu et apprécié. Mais ce serait un peu démago, juste un peu. Parce qu’en vrai, ce truc, il est effectivement pas ultime.

Let’s recap. Depuis l’écriture de cette version, il s’est passé un an, ce qui à l’échelle de mon insignifiante existence représente 75 romans lus et 365 fois 550 mots posés sur mon blog, sans parler de ce que j’ai pu grandir dans ma tronche. Bien sûr qu’il n’est pas représentatif de ce que je peux faire à présent, bien sûr que le flow de mon blog est meilleur, bien sûr que si un éditeur passe dans le coin, kiffe les articles et boulotte le PDF, il risque d’être un peu déçu. J’ai déjà longuement débattu des mérites et faiblesses du texte, avant d’entamer une réécriture. Que suis-je censé faire en attendant d’avoir fini ? Serais-ce possible que j’aie déjà traumatisé un éditeur trop curieux ? Dois-je virer mon fichier pour m’épargner la parfois irritante bonne volonté des inconnus de l’interweb ? Une question que je me pose à chaque fois que quelqu’un débarque de nulle part pour me vriller l’égo de bon matin sans avoir pris de recul.

Je pourrais le remplacer par un extrait de la nouvelle version, celle qui me convient d’avantage. Mais ce ne sera que le produit d’un seul homme, sans le polish d’un relecteur pro, d’un correcteur pro. Ce ne sera qu’un fichier de plus qui subira les ravages du temps, le contrecoup de mon éventuelle progression. Quand bien même je pondrais un texte perfect, ça ne me préviendrait pas contre ceux qui n’ont de toute façon pas la même sensibilité que moi, qui confondraient leur goût personnel pour de la critique objective.
Clairement, le problème n’est pas aussi soluble qu’un Toon dans de la Trempette, et quelque part, c’est dommage. Je vais encore cogiter comme un connard, jusqu’au prochain mail qui m’expliquera la vie.

Demain, on causera moutons et TGV.