[Seconde incursion/squatt de mon ex-boss, ex-celsien mais toujours scénariste Tonio dans une triple note]
Comme on ne peut pas éternellement traverser la planète pour ramener des artefacts geekissimes inédits à ses amis, mais que j’aime toujours bien faire des cadeaux, j’ai décidé d’offrir une (presque – il assure quand même les images, faut pas déconner…) journée de repos au Reilly en assurant une nouvelle fois l’intérim de The Best Place. On pourrait bien sûr épiloguer sur l’unilatéralité de cette décision collective, ou sur la relativité de ma popularité locale, mais ça nous ferait perdre un temps précieux qu’on ne passerait pas à parler de club sandwiches. Oui, parfaitement, de club sandwiches ! Je sais que, d’ordinaire, ici on cause plutôt burgers et autres parfums de coca. Mais, pour autant que j’apprécie un bon CBO (ou mieux, sa version Indiana Café, avec l’oeuf en plus !) de temps à autre, j’estime qu’il est un âge où l’homme se doit d’avoir un avis sur les snacks de la haute, ceux qui se dégustent accompagnés d’une bière à 7 $ ou d’un verre de « chardonnay » (en français dans le texte). Une conquête du monde réussie passe par le club sandwich, tenez-le vous pour dit ! Et comment conquérir le monde sans en faire le tour, je vous demande un peu… Top 3 Saturdays des meilleurs club sandwiches de la planète, donc !

Three – Bang Between The Pitons / Ste-Lucie
Nous sommes en 1998. Je viens d’avoir mon bac avec mention, et l’équipe de France de gagner la coupe du monde – nous entraînant dans le torrent de beuveries que l’on sait (ou devine). J’ai 16 ans et la Vie doit estimer qu’il est temps de m’enseigner une leçon primordiale : la roue tourne, et tout ne peut pas rester éternellement idyllique. De fait, croisière familiale dans les Caraïbes ! Vous ne voyez pas le rapport ? Relisez la phrase précédente et attardez-vous sur le mot « familiale »… Un bateau conçu pour loger 6/7 personnes, c’est, grosso merdo, 12 m2 exploitables, ce qui laisse finalement très peu d’espace personnel – je vous laisse faire les divisions qui s’imposent, ça mettra un peu d’interactivité dans cette note. Je suppose qu’il est arrivé un truc similaire à Sartre en 1943 et que son premier réflexe, à peine le pied à quai, fut de sauter sur la première Remington venue pour y taper frénétiquement « Huis-Clos ». Vous voyez l’idée… Si les bateaux civils modernes n’ont plus de poudrière, c’est sans doute parce que l’essor des marins de pacotille a rendu cet équipement complètement obsolète.

Heureusement, cet été-là, la Vie n’est décidément pas avare d’enseignements. Elle m’apprend – même si, souvent, je peine à m’en souvenir – que toute tempête comporte son accalmie. Mon oasis sera le Bang Between The Pitons, fabuleux restaurant au nom suffisamment bien pensé pour m’éviter une pesante description du paysage. C’est au milieu de ce cadre assez enchanteur que je goûte le club sandwich fondateur, celui qui donnera un sens, une quête à ma vie – le premier shoot, en quelque sorte. Il est simple mais élégant. Ses différentes composantes sont classiques mais parfaites, à l’image du propriétaire des lieux, Sir Colin Tennant. Un authentique lord échoué dans l’archipel, devenu restaurateur après avoir été propriétaire foncier. Au début des années 50, l’homme était propriétaire de Moustique, île qu’il a progressivement vendu à la découpe à toutes les rock/movie/politic’ (biffez les mentions inutiles) stars de la planète. C’est vous dire s’il a les moyens d’importer directement son bacon d’Irlande…

Quel enfoiré ce Tonio avec ses anecdotes made in bling bling !
A suivre à 14h…





