Special – Contest 04

Tain. Il me semblait que j’avais eu un peu moins de participation la semaine dernière mais en fait non. Ca a une fois de plus pas été aussi simple que prévu de choisir. Plein de superbes histoires de fou furieux (Bordayl la MégaDrive quoi !). Finalement je ne peux pas résister à l’appel d’une anecdote à base de boules de coton dans le soutiens-gorge. Ce qui tend à prouver que même les nouveaux commentateurs peuvent gagner. J’espère que V avait utilisé son vrai email parce que c’est à cette adresse que je vais lui demander son adresse. Répétition, je sais. Sinon aujourd’hui, contrecoup de la note 500 obligé y’a deux trucs à gagner.

Comme ce matin on parlait du dernier Palahniuk, je pense fourguer Berceuse, qui est à mon sens, comme je l’avais écrit, le plus accessible. A part ça en étant le joueur le plus rapide et avec le plus de bonnes réponses sur 15 650 connectés (EPIC. WIN.) à 1 Contre 100 sur le XBox Live, j’ai gagné un code pour télécharger Braid, un pur jeu. Malheureusement, étant un homme de goût autant que de qualité, j’ai déjà acheté Braid. Donc je mets le code en jeu, il suffit que vous précisiez dans votre com’ si vous avez une Xbox. Du coup, deux gagnants ! Yay !

Berceuse étant l’histoire d’un poème qui peut tuer, on va faire un concours DeathNote/Cluedo. Au lieu de me raconter une histoire vous allez me dire qui vous tueriez en toute impunité si vous aviez la berceuse, et vous allez me préciser Qui tue, Qui Meurt, Où et avec Quelle arme. Comme dans un Cluedo. Exemple : La chef des pom-pom girls tue mon prof d’histoire sous son bureau par section du pénis et émoragie fatala lors d’un éternuement pendant une fellation pour avoir une bonne note.

Sachant que vous pouvez mettre plein de détails, en faire une nouvelle si vous voulez, enfin on s’éclate quoi on est là pour déconner. Have fun.

33 réflexions sur “Special – Contest 04

  1. Faudra que tu m’fasses test 1 contre 100 un jour ^^
    Allez pour la peine je participe :

    La fille qui a dit au Reilly qu’il aurait pu l’avoir s’il avait tenté décide de se venger de l’affront en étant publiée passivement sur un blog au lectorat si ennuyé qu’il participe à des concours grotesquement excellents.

    Elle empoisonne notre bien aimé rédacteur aux gouts musicaux si adolescents aux Furieux à Bastille, en rajoutant une dose massive de laxatif pour qu’il se vide entièrement, système digestif et cerveau compris.
    Vengeance Ô combien douce et ponctuelle, car le Reilly avait enfin réussi à pécho ce soir là et allait baiser ! Comble de l’ironie, la dite fille rencontrée quelques dizaines de minutes plus tôt, ô combien succulente avec son 85b et son CV pouvant faire pâlir Beigbeder était bien entendu la femme de sa vie. Seulement il ne le saura jamais. Il agonise, l’organisme littéralement retourné, dans les chiottes ignobles des Furieux le samedi le plus fréquenté du mois.
    Au moins ca lui évitera de se faire défoncer sur sa xbox, car il ignorait qu’il venait de rencontrer une championne de x360.

    Entre temps, la tueuse repart tranquilum annoncer à un autre type qu’il aurait pu l’avoir si il avait lui aussi tenté sa chance, non sans avoir fini auparavant le Coca Black du Reilly en jetant un clin d’œil à l’infortunée, fort patiente, qui devra se contenter de son Rabbit ce soir là.

  2. Kim Jong-il fait son tour hebdomadaire de revue des troupes avant d’aller se taper quelques unes de ses danseuses privées.
    Il s’amuse comme un enfant le ferait avec ses soldats de plomb. Tant est si bien qu’il ne remarque pas que l’immense statue que son père fit élever il y a de nombreuses années tient de plus en plus mal. En effet, ayant coupé dans le budget des ouvriers, les écrous utilisés étaient trop fins pour tenir 2 règnes de terreur… Alors qu’il aboie un dernier ordre à un pauvre soldat affamé, l’immense double métallique de son père se précipite sur lui. Étant de dos, il ne voit pas s’approcher le bras doré qui lui broie alors le crâne, avant que le reste de la statue n’écrase son petit corps de dictateur nord-coréen…

    Et je n’ai pas de X-box.

  3. Yeah, alors :je voudrais remercier ma maman qui… (oui bon)

    Sinon, oui je mets ma véritable adresse mail, qu’est-ce que c’est que cette manière de soupçonner le nouveau chaland.

    Et non, il n’y aura pas de précisions sur mon tour de poitrine actuel (je suis une midinette) (quoique ça dépend combien on me donne).

  4. Sarkozy à 2 mois du scrutin présidentiel de 2012 pour lequel il est grand favori, attache Carla les pieds au plafond dans son bureau de l’Élysée, bien sûr une fois baillonée. Il utilise sa collection de montre hors-de-prix et très lourde pour la lapider durant une nuit entière visant d’abord les articulations , et les endroits douloureux comme son absence de glande mammaire. Au petit matin, il s’occupe de lui briser le crâne peu à peu, pour enfin pouvoir enfoncer plusieurs montres dans les circonvolutions de sa matière grise. L’affaire ne sera jamais ébruitée, et l’opinion publique penseras que sa compagne éphémère a disparu pour vampiriser un autre homme de pouvoir.

    Bon si avec ça y’a pas les RGs sur ton blog.. C’est de la fiction hein les mecs ;)

  5. Ce soir là, la fête était à son apogée; normale les 18 ans d’un pote en plus clown ça ne peut être qu’une pure soirée.

    Le temps passe, l’alcool aussi, les cigarettes se consument, tout comme les pets, les fous rires se font de plus en plus longs.

    Mais rien n’y fais je ne suis pas quelqu’un de joyeux, j’aime parler, boire un coups sans pour autant penser à se torcher.
    Puis merde, cette boule au ventre qui veut pas se barrer,

    Ah putain que ça fait mal, j’ai pourtant pas bu t’en que ça !

    Mes couilles sont au taquées, pourtant je l’aime et elle est là tout près, mon cœur me résonne, je l’aime bordel !, et ma tête . . .toujours à me faire mal.

    La salle de bain toute proche, j’emporte mon amour pour enfin me vider, ça sembler le meilleur moyen de faire taire mes couilles, mais voilà … ça n’ira pas plus loin que les préliminaires, elle se casse pour danser.

    Pas grave j’ai toute la soirée pour y repenser, mais putain cette boule au ventre empire, il faut que j’aille vomir mes tripes. Direction les chiottes.

    Et merde, bordel y à quelqu’un je tape, encore, (personne répond) je frappe, encore (personne répond), j’enfonce la porte, enfin … lui et elle, mon cœur se brise à l’instant.

    Voir son propre frère, jumeaux de plus, avec celle qu’on aime et qui 2h avant vous a laissé en plan dans la salle de bain.

    Cette haine remonte, je l’ai toujours haï, je le cogne contre les murs, avant de le laisser en plan dans son sang comme elle m’avait laissé auparavant dans cette putain de salle de bain, seul avec mes couilles … comme ça on sera quitte.

    ELLE [...] son regard, j’étais devenu un putain de monstre tout se lissait dans son regard, ce regard qui sera le dernier.

    Car après avoir laissé cette trace sur ce vieux papier de merde sur la salle à manger, j’irais rejoindre un monde où l’amour ne tuera plus personne [...]
    Je l’aimais, d’ailleurs je l’aime encore.

    Cette amour aura eux ma peau, aujourd’hui la haine et la jalousie on aussi eu raison de moi.

    Ceci sera mon premier comme sur ton blog (génial au passage :) ), et en m’excusant de mon orthographe qui peut piquer les yeux je sais ^^
    C’est une histoire en partie vrai car je n’ai pas tuer mon frère rassurer vous :) (même si c’est pas l’envie qui m’en manquer)

    Et je suis encore avec cette personne que j’aime (on est con parfois) mais cette demain sera le jour du déclin, la grand discution, la jalousie à fait de moi un monstre mais à surtout détruit tout la confiance que je portais en elle et au fur et à mesure à tout les gens qui m’entoures.

    Je finirais ma vie seul et aigri ça aussi je le sais ^^
    La moral dans l’histoire, y en à pas j’ai merder tout le long, j’ai voulu y croire, et j’ai pris une grosse claque en ouvrant les yeux.
    Voilà même si ce n’est pas ce qui est attendu, ça m’a permis de passer le temps à attendre de la voir.

  6. Neeeeed !! ><

    Arf plus qu'à cogiter pour trouver quelque chose qui puisse prétendre concurrencer ce qui est déjà là …

  7. Hum, super ambiance freaks. Je vois que le ton est au trash, so :

    “De la fenêtre du 3ème étage, depuis le cours de latin, on pouvait voir le principal du collège de Trifouillis les Oies qui traversait la cour, il semblait particulièrement furax ce matin là. Pourtant c’était un homme plutôt calme habituellement bien qu’il soit la risée de l’établissement depuis qu’il s’acharnait à toujours assortir ses cravates à ses chaussettes Titi & Grosminet.
    Pour ne rien arranger, il bégayait et commençait à sérieusement perdre ses cheveux. Il compensait en rackettant chewing-gum et M&MS à tous les élèves qui avaient le malheur de le croiser et en traquant pendant des heures les malheureux qui se hasardaient à tester leur première clope derrière les sapins, envoyant la photo aux parents.

    Seule une certaine petite truie avait l’affront de constamment lui refuser ses Tic Tac à la Rose d’Orient, les préférés du pauvre homme, taguant sur sa clio de fonction «GrO pairvEr du SeXe ! ».
    Mais tout le monde savait que Pamela, la pétasse en chef du collège de Trifouillis, avait une faiblesse : à chaque intercours, elle se planquait dans les toilettes des filles pour tirer une taffe (ou dans les toilettes des garçons les jours impairs pour tirer autre chose) et aujourd’hui elle avait clairement dépassé les bornes…

    Le principal fit irruption dans le lieu dit d’aisance et commença à renifler : rien, hormis l’odeur habituelle de mascara bon marché mêlée à celle de tampax usagée . Etrange. Fixant anxieusement le miroir couvert de traces de rouge à lèvres d’ados prépubères, il commençait à douter…
    Alors se fit entendre un gémissement qu’il identifia comme provenant de la dernière porte à gauche. « La petite truie ! » se dit-il à nouveau. Bien décidé à ne pas laisser son collège être plus perturbé, il enfonça la porte des water à coup de clavicule.

    Pamela n’eut guère le temps de perfectionner son expression « bouche en cul de poule » (que les garçons, fins connaisseurs, préféraient appeler « signal du buccalement praticable ») qu’elle se faisait éclater le cervelet à l’aide du dévidoir à PQ en alu.
    – Truie ! On n’accouche pas dans mon collège ! Et en douce en plus !

    Ca gueulait à trois, c’était sale… mais ainsi sont les chiottes du collège.”

    (mon frère a une xbox mais c’est une sale petite frappe)

  8. Allez, je me lance, Berceuse étant le seul Palahniuk qui me reste à lire en vf chez Folio Policier. C’est peut-être un peu long, enfin.
    -
    Il était 15 h. Ça devait alors faire une demi-heure que je m’étais assis à la terrasse du bar en face du studio. Lorsque je l’ai vu sortir, j’ai englouti rapidement le reste d’une énième bière (j’en arrivais à un stade où je ne les comptais plus) et laissé 30 euros sur la table. Sûrement un gros pourboire mais peu importe, bientôt l’argent ne sera plus un problème. Puis j’ai commencé ma traque.

    Si je l’avais choisi lui, c’est parce qu’il était un de ces type, le genre d’artiste qui s’était fait connaître récemment par Internet. Il venait d’acquérir une certaine notoriété, juste assez pour avoir signé un bon contrat et touché l’argent qui va avec, mais pas jusqu’à avoir une garde rapprochée. Cependant je l’avais aussi choisi car c’était mon fils. À sa mort, je devrai sûrement gagner quelque chose.

    On était en froid lui et moi depuis environ deux ans. Une histoire dont j’ai oublié la cause mais qui l’avait forcé à s’éloigner et à s’installer seul. Aucune nouvelle, silence radio pendant deux années, jusque il y a deux semaines, lorsque j’ai entendu sa voix à la télé. Bien sûr j’étais content pour lui. Malheureusement, je suis qu’un foutu égoïste, j’ai tout de suite vu comment tirer profit de cette situation. Quant à lui, il n’avait pas changé, peut-être les cheveux un peu plus longs mais c’est tout. C’était un beau jeune homme, j’étais fier de lui.

    Pendant que je le suivais, j’essayais de me rappeler de mon plan, mais l’alcool commençait à se faire sentir et ça ne m’aidait pas tellement. J’avais appelé au travail ce matin pour dire que j’étais malade. J’avais ensuite utilisé le maquillage restant de ma femme – décédée depuis trop longtemps à mon goût – et j’avais sonné chez la voisine avec mon faux teint blafard pour lui demander quelques médicaments. Comme prévu, elle s’était inquiétée et m’avait ordonné de rester au lit toute la journée. Elle était même venue un peu plus tard m’apporter une tisane. La veille, j’avais lu dans un magasine qu’il avait commencé à enregistrer en studio dans le 11è arrondissement. Pour la mise en œuvre, mon choix s’était porté sur un couteau, c’était plus simple qu’un pistolet, plus silencieux, et j’en avais un chez moi. Une lame d’environ 20 cm devrait faire l’affaire.

    Alors que je le suivais depuis 5 mn à pied, l’alcool se faisait sentir de plus en plus, j’espérais qu’on était bientôt arrivé. Par chance, il s’est arrêté devant un grande porte 20 m plus loin et a tapé son digicode. J’ai attendu le dernier moment pour retenir la porte, il ne fallait pas qu’il me remarque. Il avait pris l’escalier et s’était arrêté au deuxième étage. Après avoir monté les marches quatre à quatre pour le rattraper, je me suis mis à examiner les couloirs en silence pour le retrouver. L’étage était un long couloir recouvert de tapis d’orient, un peu douteux comme décoration. Il arrivait à sa porte et j’avançais vers lui, couteau à la main. Mais plus j’approchais, plus une voix dans ma tête résonnait. Je ne pouvais pas faire ça, j’étais devenu fou. Figé, incapable de bouger, un million d’idée me passèrent par la tête en un dixième de seconde. Alors fou de rage contre moi-même, je me suis retourné et j’ai commencé à courir vers la cage d’escalier. J’avais l’impression de parcourir des kilomètres, comme dans ces rêves où l’on essaie d’atteindre quelque chose sans jamais y arriver. Après ça, plus rien.

    On dit qu’avant de mourir on voit toute sa vie défiler devant ses yeux. Alors soit ma vie ressemble à un putain de tapis, soit ce sont vraiment des conneries. Oui, je suis mort ce jour là. L’alcool n’aidant pas, je me suis pris les pieds dans un de ses tapis. En tombant, j’ai voulu me rattraper avec les mains, réflexe naturel mais mortel cette fois-ci. En effet, je tenais toujours le couteau dans ma main et il m’avait tout simplement transpercé le crâne. Je restais allongé là, moi et mon auréole de sang fortement alcoolisé. J’ai été découvert par le voisin dans l’instant. Choqué cinq secondes, il est resté 10 mn devant mon corps, à me regarder comme s’il essayait de comprendre une de ces foutues œuvres d’art contemporaines. Quand les flics sont arrivés, l’enquête n’a pas duré deux jours qu’ils avaient tout compris. Bref, ils ont déclaré que j’étais “pas un grande perte”. Mon fils n’a pas laissé couler une larme et n’est même pas venu à mon enterrement. Mais le pire dans tout ça, c’est que tout l’argent qu’il me restait lui est revenu…

  9. j’adore ces contests :p
    Beaucoup d’imagination dites donc !
    A mon tour…

    En arrivant lundi matin au boulot, tout était prévu. Ce week-end, j’avais pensé et repensé mon plan, il fallait que je me venge.
    Cela faisait plusieurs jours que cela m’obsédait. Il fallait que cela cesse. Cette fois, les rôles seront inversés.
    J’étais tellement honteuse et jalouse, je ne pouvais l’accepter. Il fallait qu’il meure.

    C’était à moi de le tuer, il me fallait ce plaisir.
    Je voulais qu’il souffre.
    En arrivant, je pose mon sac, très lourd aujourd’hui, et attend son arrivée. Quelques dizaines de minutes après, il s’installe à son bureau, la mine guillerette.

    Calmement je lui demande s’il sait ce qu’il va se passer. Devant sa tête ahurie, je me mets à lui expliquer que je vais prendre le pouvoir, qu’il sera soumis.

    Je sors alors mon fusil à pompe. Il est beaucoup plus lourd que prévu, je le manie maladroitement. Je me sens alors puissante et le pointe dans sa direction.
    “- Tu vois, je vais te tirer dessus, dans la jambe d’abord, pour que tu souffres. Tu ne pourras rien faire, tu seras totalement impuissant, et je te regarderai supplier pour que cette douleur cesse. Si tu ne t’évanouis pas assez vite, je tirerai une autre balle, dans le bras, et tu hurleras aussi fort que tu le pourras. Ensuite, je te tuerai. Tu ne pourras plus rien.”

    J’attends alors qu’il réalise que c’est réel, je sens la peur lui attraper les boyaux et lui tordre dans tous les sens, et là, je tire.

    Encore mieux que ce que j’espérais. Les éclaboussures, le son tonitruant de l’arme qui tire, les pleurs de mon patron, les gens qui accourent, puis qui s’enfuient, affolés.
    La jubilation extrême.

  10. ”Oui je t’ai trompé… je ne t’aime plus, avec toi je m’ennuies. Cette soirée était pénible et il y avait Elle. Non elle n’a rien de plus que toi, si ce n’est qu’elle n’est pas toi. Grace a elle au moins j’ai su que je ne pouvais plus me mentir. Je ne t’aime plus c’est fini et c’est tout. Adieu. ”

    C’était la semaine passée.

    Comment a-t-il pu me faire ça ?! Est-ce réellement aussi simple … d’être si froid, si naturellement ….?!

    Si il avait su que je lui en voudrait autant, est-ce qu’il aurait agit ainsi?! Le chagrin d’amour est si cruel. Il attrape tes entrailles de sa main glacée, les tourne et le retourne à t’en donner des hauts-le-cœur. Écrase ton cœur dans ta cage thoracique jusqu’à en avoir le souffle coupé… Toutes ces sensations sont tellement physiques !! Dommage qu’il ait oublié de reprendre ses clés. Unique appartement du dernier étage d’un immeuble isolé…

    Vraiment c’est dommage pour lui. Ce soir il va enfin savoir ce que ça fait, d’avoir mal. Il va le savoir même si après ça, ça ne lui servira plus a rien…

    Prépare toi mon amour, ce soir ce n’est pas une petite mort qui nous attends !

  11. Je me souviens encore de notre première rencontre, lorsque nos yeux se sont croisés et que nos cœurs se sont mis à battre la chamade sur le même tempo. De cette envie immédiate de se sauter littéralement dessus. Le coup de foudre, la passion. L’Amour avec un grand A.
    Quinze jours de pur bonheur à se jeter littéralement l’un sur l’autre à la moindre rencontre. Et puis un jour plus la moindre nouvelle. Il ne répondait ni au téléphone, ni au texto. Il s’est quand même décidé à me dire lâchement par sms que notre relation était terminée sans la moindre explication.
    Je lui en voulais. Une colère noire me rongeait. Comme osait-il me faire ça ? Je ne pouvais plus m’imaginer ma vie sans lui.
    J’ai tenté de l’oublier. En vain. La passion on ne l’efface pas d’un coup de tipex. J’ai vu d’autres hommes, histoire de l’oublier, histoire de le rendre jaloux. Ce salaud m’avait brisé le cœur, il était hors de question qu’il l’emporte au paradis. C’est alors que je me suis débrouillée pour m’infiltrer le plus possible dans sa vie. La vengeance ultime, le dépasser dans ses domaines de prédilections. Obtenir ce que lui ne pouvait pas obtenir. La vengeance est un plat qui se mange froid.
    Bien que mes plans fonctionnent à merveille, la fascination et l’obsession pour lui persévéraient. Cela me tuait à petit feu. Chaque fois que je le croisais mon souffle était coupé, me cœur s’emballait et je balbutiais. Je n’étais plus que la moitié de moi-même.
    Un beau jour on s’est rejeté à nouveau littéralement l’un sur l’autre. Un pur moment de délice. La passion a l’état pur comme on la croise si rarement dans une vie. Il s’est alors instauré une relation de PCR, comprenez plan cul régulier. Bien entendu si je m’engageais sur ce terrain, c’était parce que j’espérais plus. Les mois passaient. Rien n’évoluait. La colère bouillait en moi. Je n’arrivais plus à vivre. Il ne voulait rien de sérieux. Il était l’Homme de ma vie. Je ne pouvais pas me contenter d’une pseudo relation.
    Mon amour pour lui c’est transformé peu à peu en une haine indescriptible. Comme le vieil adage le dit, entre l’amour et la haine il n’y a qu’un pas. A cause de lui je ne parvenais plus à profiter de la vie. Il m’avait ensorcelait pour rejeter d’une manière des plus infectes en m’ignorant tout simplement la plupart du temps.
    Après des mois sans nouvelles où le désespoir me rongeait, j’ai appris qu’il avait une nouvelle girl friend. Il n’avait même pas eu le cran de me le dire, il n’avait même pas eu le courage de dire que notre relation purement sexuelle prenait. Quelle lâcheté.
    Non il était hors de question que je laisse passer ça. Si je ne pouvais pas l’avoir personne ne l’aurait jamais.
    J’ai commencé à faire des recherches sur les méthodes de meurtres les plus rapides et les plus efficaces qui ne me mettrait jamais en cause. J’allais avoir mon ultime vengeance mais il était hors de question de se faire arrêter et de gâcher ma vie.
    Après quelques semaines de recherches, j’ai trouvé sur un forum un jeune homme qui vivait une situation similaire à la mienne. Après des nuits de discussions, nous avons pris la décision d’échanger nos crimes. C’était un bon plan, rien ne nous reliait à la victime. Chacun devait effectuer sa « tâche » de son côté et surtout on ne devait plus garder le moindre contact.
    Le destin étant bien fait, mon entreprise m’a envoyé quelques jours sur Toulouse pour donner quelques conférences à l’université de Sciences humaines.
    Sabrina était étudiante en psychologie. Elle avait une réputation de traînée et passait toutes ses soirées dans des bars à trop boire, à allumer et à coucher avec des hommes les uns après les autres bien qu’elle soit fiancée à mon complice de crime.
    Un soir alors qu’elle repartait toute seule, titubant d’un abus de vodka redbull, je l’ai suivi en toute discrétion. C’était le moment où jamais. J’avais pris toutes mes précautions : cheveux solidement attachés, des gants, il ne fallait surtout pas laisser une trace de mon ADN. C’est l’avantage de regarder avec assiduité les séries policières américaines, on apprend des petits trucs utiles qui nous permettent d’éviter une grosse bourde.
    Arrivée à sa porte d’immeuble, Sabrina a peiné à taper son digicode. Elle est rentrée dans le hall. J’ai retenu la porte d’entrée avec mon pied et sans le moindre bruit, j’ai suivi la demoiselle jusqu’à son petit F1 bis au troisième. Alors qu’elle s’apprêtait à ouvrir sa porte, je lui collais une compresse chloroforme sur le nez. Je l’ai alors poussé jusqu’à son canapé puis j’ai verrouillé la porte à double tour. On était vendredi soir, j’avais deux jours pour accomplir cet acte horrible et barbare. Mais je m’étais engagée. Il était hors de question de reculer. Je ne voulais pas d’un meurtre barbare et cruel. Je m’étais procurée un puissant anesthésiant pour chevaux. Une petite piqûre, quelques heures d’attentes et son cœur cessa de battre. Il ne restait qu’à faire disparaître le corps.
    Je connaissais depuis longtemps une manière infaillible pour faire disparaître un corps : une baignoire et de l’acide sulfurique. La condition sine qua non était que la baignoire de la demoiselle ne soit pas en fonte émaillée car l’acide sulfurique à ce défaut de s’attaquer aux métaux. La chance me souriant, elle habitait un appartement fraîchement rénové avec une magnifique baignoire en acrylique.
    Dans la nuit noire, après avoir disposer le corps dans la baignoire. J’allais chercher mes bidons d’acide sulfurique dans le coffre de ma voiture. Bien entendu par précaution, j’avais mis de fausses plaques. La méfiance est de rigueur lorsqu’on tue quelqu’un.
    J’ai le corps immergé dans l’acide durant 48h. Pendant ce temps là, je tentais de me changer les idées en visitant la ville rose.
    Je suis retournée un matin à l’aube ouvrir le bouchon de la baignoire. Le corps n’était plus. Il ne restait un liquide rougeâtre. C’est écoeurant. Mais la mission était accomplie.

    Je repartais à l’aube dans l’Est de la France.

    Quelques jours plus tard j’apprenais la disparition mystérieuse de mon « ex ». Mon complice avait donc accompli comme convenu la part du contrat.

  12. Il repensait à cette nuit-là. La nuit où il s’était dit “bon sang, l’Internet, ça c’est un truc qui va marcher ! Les ventes stagnent en ce moment, alors que je suis sûr que plein de gens seraient prêts à acheter du Viagra ! Il doit y avoir un moyen de profiter de ce nouveau medium pour communiquer sur ce produit !”, tandis que distraitement il répondait à la première chaîne de mail qu’on lui ait jamais envoyé.
    Il y repensait tandis qu’il gisait immobile dans son canapé préféré, où un type moustachu dont le visage lui disait vaguement quelque chose lui arrachait les vertèbres une par une avec ce qui ressemblait à un coupe-ongle pour géants.
    Il aurait bien aimer crier, mais ce type à l’allure de militaire avait d’abord retiré les cordes vocales, le temps que l’anestésiant cesse de faire effet, et laisse place au seul produit paralysant qu’il lui avait apparemment injecté. Au train où allaient les choses, il cesserait bientôt d’avoir une quelconque utilité, d’ailleurs.
    Arrivé à la 4e dorsale, le type (où avait-il vu ce visage ?) pratiqua une incision sur son estomac, se mit deux doigts dans la gorge et transvasa le contenu du sien celui de sa victime.
    Cette dernière savait bien que ce jour arriverait un jour (mais n’avait peut-être pas imaginé ça comme ça), que voulez-vous, la rançon du succès. Après tout, son idée avait connu une fulgurante et mondiale ascension, et aujourd’hui tout le monde envoyait et recevait des spams (le nom n’était pas de lui). S’il avait su à l’époque…
    “Je me serais fait plombier”, se dit-il en utilisant les quelques cellules nerveuses qui n’étaient pas occupées par la douleur ou la folie. Les mêmes cellules auraient bien rigolé de leur propre saillie, mais bon, faut pas pousser non plus.
    Le bourreau s’arrêta avant les cervicales. Comment il avait réussi à le maintenir en vie aussi longtemps, c’était un mystère. Il entendit comme une masse lourde et métallique râcler le sol et dans une fulgurance il pensa :”le colonel Moutarde ! C’est le col…”
    Puis plus rien.

  13. C’est marrant le nombre de gens qui en veulent à un ex, dans ces histoires… Je m’étais dit que j’en écrirais une autre mais finalement, j’ai pas eu le temps (oui, la flemme). Mais j’ai eu envie d’en recycler une autre, dans sa version unremasterised :

    Je regarde des gosses qui fument et qui recrachent la fumée comme si ça les rendait cool… Puis je sors mon flingue. Deux balles chacun. Je vise le cœur. Les gens pensent qu’il vaut mieux viser la tête mais c’est faux, si on loupe le cœur on peut toujours faire des blessures mortelles, les 2 balles c’est pour ça aussi. Je m’approche, je les finis, dans la tête cette fois. L’un d’entre eux a fait tomber son paquet. “Fumer tue”. Je repars, en souriant.

    Parce que j’en suis fier et qu’il faut que je rebosse dessus dans l’optique d’écrire une suite.

  14. 4h30 du matin, pluie diluvienne sur Paris. Octave Parrango, commissaire du VIIIe arrondissement était de garde cette nuit là, qui, il faut le dire, était plutôt calme. Mais soudain, le téléphone sonna : “On a retrouvé le cadavre d’un certain Frédéric B. dans un bien horrible état derrière une boite de nuit”, lui annonçait la voix de l’un de ses officiers dans le combiné. Il enfila son imper et fila sur le lieu du crime. Il passa derrière les barrières qui avaient été posée là pour éloigner les badauds friands de ce genre de scène, l’un d’eux tenant d’ailleurs un iPhone pour filmer le cadavre, sans doute.

    Après avoir demandé aux officiers de s’éloigner, il s’accroupit devant ce qu’il restait de Frédéric B. Le corps n’était pas très beau à voir et cette inscription écrite avec du sang : “Au secour pardon”[1]. Une phrase on ne peut plus tragique quant au destin de cet homme. Mais de fait, alors qu’il examinait toutes les pièces disposées et les faits en sa possession, il fut face à un dilemme : trop d’éléments semblaient indiquer non pas un coupable mais trois différents.

    Une certaine Pamela Pille, qui se faisait appeler Mademoiselle Rose, salope notoire qui avait gravi les échelons de la société plus par les jeux délicieux de son entrejambe que ses aptitudes en fac de droit. Elle était également consommatrice de drogue sur le capot de grosses berlines allemandes ce qui dans notre cas avait son importance : il restait en effet de la cocaine sur les vêtements de notre cadavre écrivain.

    Mais, alors qu’il examinait le corps, il s’aperçut que celui-ci avait une partie du crane défoncé. L’outil n’était d’ailleurs pas loin, sous scellé : il s’agissait du catalogue de publications de chez Grasset, maculé de sang. Instantanément, c’est le Colonel Eric Naulleau-Moutarde qui vint à l’esprit de Parrango à l’esprit. Ancien combattant en Bulgarie et piètre éditeur, il avait alors bâti sa réputation sur une émission de télévision où il critiquait quelques livres sans grand interêt. Affaire d’égo ? Frédéric B. lui faisait-t-il trop d’ombre ? “Mort affreuse n’empêche, même s’il ne s’est pas non plus fait tabsser à coup de Marc Levy”, ironisa Octave Parrango.

    Troisième suspect tout désigné, le parrain du PAF, milieu que fréquentait Frédéric B : un certain Michel D. Olive, de chez Canal+. L’indice ? Une cassette de Grand Journal de Cannes coincé dans la gorge du cadavre. Mais Michel D. n’exécutant jamais lui-même ses victimes, cela pourrait bien être Ali B. ou encore François B., tous deux étant sur le même créneau que notre défunt prosateur et animateur.

    Complètement perplexe, Octave Parrango décida de classer l’affaire en suicide. “Essayez de rendre le corps présentable, on va faire croire à une overdose tout bêtement. Moins d’emmerdes, et ça laissera à un niveau stable le taux de criminalité de not’ bon quartier. Et puis ça fera de beaux titres pour les mags comme VDS.”. Le commissaire alluma son cigare et s’en alla. “T’avais qu’à pas écrire de la merde, aussi.”, souffla-t-il en remontant dans sa voiture de fonction.

    La partie se terminait là sans trouver le coupable.


    C’t'histoire de merde remplie de private jokes. :D
    [1] Faute volontaire.

  15. Bon, j’ai mis le temps pour réfléchir, mais je me lance quand même (j’ai une XBox, mais aussi besoin de nouveaux bouquins…) Voilà ma petite participation:
    ——————
    ***
    Résumé d’entretien, cliente Minotos
    Cible : Icare Minotolos
    Lieu de travail : Siège du Credit Mutuel, 5° étage, Strasbourg.
    Activité : Sous couvert d’un poste de Responsable d’équipe internationale, est à la tête d’un trafic de blanchiment d’argent pour la prostitution organisée.
    Signes particuliers : Don inné pour terroriser les gens autours de lui. Trompe et bat sa femme, viole sa fille.
    ***

    Un vrai enfant de chœur cet Icare. Surement une résurrection de Mussolini.
    C’est toujours grisant le pouvoir: on l’exerce, on en abuse, et en un rien de temps et avec quelques mesures choc, on est craint de tous. Le souci étant qu’aveuglé par cette puissance, on ne voit pas la révolte qui couve, et qui n’attends qu’un dérapage de trop pour sortir. Sa goutte a été de violer sa fille. Peu importe les coups, la honte de la tromperie, la peur… Mme Minotolos n’a pas supporté de voir qu’il pouvait s’en prendre à son rayon de soleil. Je me rappelle de la dernière requête qu’elle m’a passé avant de prendre congé : « Je ne vous demanderais pas de l’émasculer, ce serait désigner moi-même ou ma fille comme coupable. Je vous demanderais juste de lui faire ressentir une terreur pure. » Après ce qu’elle m’avait raconté des agissements de son mari, je l’aurais fait, même si elle ne me l’avait pas demandé.

    «Cher Monsieur Minotolos
    Il est 8h07 quand vous ouvrez cette lettre. Inutile de vérifier sur votre montre, même sans vous voir je le sais. Maintenant que vous avez vérifié et confirmé, en homme qui estime ne devoir croire personne, je vais vous expliquer pourquoi j’ai eu raison. Vous ouvrez toujours votre première lettre à 8h07, et ceci est la seule lettre que vous avez reçu ce matin, j’ai fait le nécessaire pour que ce soit le cas. Notez que votre secrétaire hier soir n’a fait aucune objection lorsque je lui ai demandé cette faveur insignifiante : ne mettre que cette lettre sur votre bureau, et vous apporter le reste à son arrivée à 9h.
    Ceci étant, je ne vous écrit pas pour vous dire l’heure, mais pour vous annoncer, comme à Louis le décapité : « Monsieur, le peuple gronde. C’est une révolution. » Pour être encore plus exact, le peuple gronde, vos supérieurs ne seraient pas contre votre départ, et vos clients verraient d’un bon œil un changement de blanchisseur, vous commencez à leur demander un peu trop à leur goût. Et même si ce n’est pas le cas, une ordure telle que vous mérite une peine lourde, qu’aucun tribunal français ne pourrait demander.
    Je vous avertis donc par cette lettre que vous allez souffrir. Vous ne saurez pas quand, vous ne saurez pas qui, mais vous souffrirez le martyr, et vous me demanderez de vous achever.
    Et surtout, n’allez pas regarder par la fenêtre quand vous entendrez une explosion et pensez à cela : vous rentrerez à pied ce soir, ce n’est que votre Audi qui explose.
    Cordialement
    T. Pex»
    C’est à ce moment qu’une explosion a retenti. Bien entendu, comme pour l’heure, il n’a pas suivi mon conseil. Il s’est précipité à la fenêtre, l’a ouverte en grand et s’est penché pour regarder 5 étages plus bas, à l’emplacement de ce qui avait été sa voiture. Il n’a pas regardé vers le haut, où il m’aurais vu accroché au toit par mon harnais. Il s’est juste senti décoller du sol de son bureau quand je l’ai agrippé par le dos de sa chemise et jeté de l’autre côté du cadre. La peur ralentissant le temps, les deux secondes de chute ont du lui sembler une éternité.
    J’espère qu’il aura pu profiter du paysage…

  16. Je suis en admiration devant les textes de chacuns…. mais d’un coté on fait flipper à écrire tous des trucs violents et/ou morbides Oo

  17. C’est marrant de voir à quel point les pulsions meurtrières sont différentes suivant les personnes… Très intéressant en tout cas ;)

  18. « Pour effacer définitivement les données d’un disque dur il faut réinscrire de nouvelles données », elle a dit ça comme ça, sans raison particulière. Mais en réfléchissant …

    C’est comme cela que je suis morte.

    Il avait décidé de m’oublier, de tout effacer, d’un clic. Mais bien sûr ça ne suffit pas, il a fallut réinscrire.
    Il a choisi une autre fille, avec le même prénom, et hop c’est reparti les mots doux, les rêves… La musique était repartie et moi j’étais définitivement morte.

    Le crime parfait, sans trace.

  19. Un parfait inconnu, tué par un autre parfait inconnu. Que de perfection! Il faut éviter de s’attacher à ses victimes non, sinon les sentiments rentrent en ligne de compte et on ne sait plus savourer. En gros, j’avais choisi mes deux gladiateurs des temps modernes, histoire de me divertir sans conséquence.

    Après une soirée bien arrosée et saupoudrée, le premier parfait inconnu se fait jeter d’une boite de nuit et se retrouve à errer et à comater. Quelle aubaine pour le deuxième parfait inconnu, curieux de connaitre les limites du corps et de l’esprit humains. Il lui suffit de ramener le mort-vivant dans un endroit tranquille (en se faisant passer pour un saint-bernard bien evidemment) pour ensuite s’amuser à lui injecter un peu tout et n’importe quoi, en notant bien soigneusement que provoque quoi, au bout de combien de temps. Quand il n’a plus rien sous la main, il peut toujours essayer de le shooter à l’insecticide.
    Plus de réaction. Le deuxième coupe alors la tête du premier, se promettant d’en faire un trophée pour accrocher dans son salon (les couleurs de son visage sont trop extraordinaire pour que l’on gache ça). Puis il place le corps sur le siège conducteur de sa voiture et commence à rouler.

    Il demande son chemin aux rares âmes qui hantent la ville à cette heure là, simplement pour les voir tomber dans les pommes ou partir en hurlant.
    Il grille tous les feux, tous les stop, roule bien trop vite jusqu’à ce qu’enfin, quelques policiers sortent de leur tanière pour le poursuivre. Son oeuvre est belle, il veut la partager. Étonnement, il se gare dès qu’on le lui demande, baisse sa vitre, sort ses papiers et son plus grand sourire aux policiers.

    “Y a-t-il un problème messieurs les agents?”

    L’un des “messieurs les agents” ne répond rien, sortant son arme et la braquant sur notre parfait inconnu encore vivant, près à lui exploser sa dentition extra white. Il ne quitte pas du regard le cou tranché, rouge ou vert, difficile à dire dans la lumière jaune des lampadaires et des voitures, et dans celle des gyrophares. L’autre agent, sans doute une nouvelle recrue, et trop occupé à vomir ses tripes pour avoir les mêmes considérations chromatiques.

    Les légistes diront que le cadavre était plus fourni que la plus grand pharmacie de la ville.

  20. Je l’avait enfin, le livre kitu. Posé sur mon bureau, devant moi, j’osais à peine le toucher, la fébrilité et l’excitation me rendant presque malade. Mais j’avais trop attendu. Je saisit un stylo, ouvrit le livre et commençai à écrire le texte que je ressassais dans ma tête depuis plusieurs semaines. A peine avais-je apposé le dernier point sur le papier qu’un courant d’air traversa la pièce, bientôt suivit de quatre autres. Un frisson mêlé d’impatience et de satisfaction me parcourut.
    -Vous voilà enfin. Le livre n’est donc pas un fantasme de vieux fous, son pouvoir est bien réel.
    Face à moi, cinq silhouettes s’étaient dressées.
    Je me levai et me dirigeai en direction de la sortie.
    -Suivez-moi, ordonnai-je à ces cinq étranges personnages.
    Mais je savais qu’il était inutile de dicter leur conduite. Car tout était déjà écrit.
    Le silence régnait dans la chambre. Seul le souffle sourd d’un homme qui dormait troublait ce calme parfait. Je restais en retrait près de l’entrée pendant que mes cinq sombres compagnons se regroupaient autour du lit dans une obscurité quasi-complète. Ils s’immobilisèrent. Puis soudain, l’un d’eux abattit son poing sur ce qui semblait être le torse de la cible, qui se réveilla en une fraction de seconde. Je pris la parole :
    -Nous voici enfin face à face. Tu ne me connais pas, et pourtant tu as hanté mes nuits plusieurs semaines durant. Aujourd’hui, c’est à mon tour de venir troubler ton sommeil.
    Il n’eut pas le temps de reprendre ses esprits que déjà, un second coup venait le frapper à l’abdomen. Puis l’un des cinq tueurs leva la jambe droite à la perpendiculaire et envoya son pied en plein visage de la cible. Même si je ne pouvais distinguer les traits de son visage dans la pénombre, je sus qu’à ce moment-là, il compris à quel genre d’adversaire il avait à faire.
    Il aurait pu être mort depuis déjà plusieurs minutes, mais je décidais de lui laisser quelques secondes, cruciales. Il se précipita vers l’interrupteur et alluma la lumière. Il put ainsi contempler ses ennemis qui n’étaient ni plus ni moins que cinq ninjas… vêtus de tutus roses.
    J’explosais en un rire tonitruant.
    -Te tuer est une chose. Mais tu n’espérais tout de même être éliminé par des adversaires aussi prestigieux que cinq maitres des arts martiaux ? J’ai décidé de t’offrir quelque chose de bien pire que la mort : un décès ridicule.
    Sur ces mots, l’un des ninjas le frappa dans le ventre. La cible tenta de se protéger et se défendit en assénant un coup de poing dans la mâchoire de son ennemi. Mais un autre de mes sbires lui donna un coup de pied dans les jambes et le fit basculer. Alors qu’il se relevait et se préparait à attaquer à son tour, une main experte vint s’abattre sur sa nuque.
    Son corps sans vie tomba à terre.
    Quelques secondes plus tard, les ninjas sortirent par la porte et disparurent. Pour ma part, je restais quelques instants supplémentaires, à admirer mon oeuvre, plongé dans une sorte d’ivresse morbide.
    Ce que j’ignorais, c’est que le livre kitu avait un défaut fâcheux. Dès que l’on écrivait quelque chose sur ses pages, il envoyait aussitôt un fax au commissariat le plus proche. C’est ainsi que je fus recherché et appréhendé par la police dès le lendemain.
    Mais aujourd’hui, mon moral est loin d’être en berne. Je jubile en lisant cette presse qui ne sait si elle doit rire ou pleurer au sujet de cet assassinat ridicule.

    -Voilà mademoiselle la journaliste, vous savez tout sur mon histoire, celle qui m’a menée jusqu’ici. Avez-vous une dernière question avant que notre entrevue s’achève et que le gardien ne vienne me chercher ?
    La journaliste hésita un instant :
    -Vous ne regrettez pas votre geste ?
    -En aucun cas. Pendant plusieurs semaines, il m’a pourrit la vie avec ses thèmes de concours à la con. Ce que je lui ai fait, Le Reilly l’a bien mérité.

  21. Ping : Bonfire Of Vanities at (Spha)

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