Jeudi, James Cameron lâchait enfin le premier teaser d’Avatar, les premières images de son premier film de fiction depuis Titanic, il y a plus de dix ans. Forcément, une telle attente aura créée bien des fantasmes de la part de cinéphiles adeptes d’un homme qui maîtrise son art comme personne. Les réactions ne se sont pas faites attendre, très vite la communauté des passionnés de cinéma s’est divisée entre ceux qui furent émerveillés par ces deux minutes quasi muettes, et ceux pour qui le design serait une barrière infranchissable à leur plaisir. Ceux pour qui un choix de style conditionne tout. Ceux qui sont prêt à enterrer un film sur moins de 120 secondes. Ceux qui ont visiblement perdu toute capacité à s’émerveiller, leur putain d’âme d’enfant passée à la moulinette de leur besoin de s’affirmer en tant qu’adulte qui cotise pour sa retraite et son pavillon en banlieue. Parce qu’au bout du compte, Avatar reste un des films les plus sincères qu’il vous serra donné de voir cette année.

Quand on pense deux secondes, cela fait combien d’années depuis le dernier grand film de Science-Fiction qui ne soit pas un remake, pas une suite, pas une prequel, pas une adaptation ? Ouais, voilà. La seule chose qu’on ne peut pas reprocher à Jim, c’est d’être opportuniste. James Cameron aura écrit le premier script d’Avatar il y a 14 ans, à une époque où la technologie n’était pas prête. Alors il a attendu. Pour l’occasion il a une fois de plus repoussé les limites de la technologie, participant à la création de caméras offrant un meilleur rendu pour la 3D et travaillant avec la WETA (Lord Of The Rings, King Kong) pour intégrer la performance de ses acteurs sur les modèles en images de synthèse. Contrairement aux films qui ont précédés Avatar, ici les personnages ont des yeux vivants. Lorsque Jake découvre son nouveau corps Alien dans la bande-annonce, qu’il s’exclame dans un souffle « This Is Great », son visage, son expression, c’est ce qui m’a convaincu.

A partir de là je me fiche pas mal du design, les créatures qui habitent ce nouveau monde sont vivantes pour moi, à mes yeux. Je suis prêt à oublier la technique pour m’embarquer dans ce Dance Avec Les Loups de l’espace, à croire à l’amour que se portent des créatures d’une autre planète. Après je me connais, je suis de nature enthousiaste, toujours prêt à m’émerveiller, à me jeter tête la première dans un film. Histoire d’être sûr, vendredi j’ai bougé mes fesses à l’Avatar Day. Le même jour, à travers le monde, des cinémas proposaient de visionner un échantillon de 15 minutes de scènes du premier tiers du film. Le tout en projection numérique 3D, gratuitement. J’ai le tournis rien qu’à penser au coût financier d’un tel coût marketing à l’échelle de la planète. Accompagné de Pollux et sa chérie, nous sommes allés au Pathé le cœur gonflé d’espoir. Une demi-heure plus tard, nous avons fait le tour du cinéma et sommes retournés illico dans la salle.

Je le savais. Voir les images du teaser dans leur contexte, entendre les acteurs interagir, évoluer dans un monde fantastique, tout est différent. Le quart d’heure nous a semblé si court, comme une poignée de secondes. A chaque fois la salle entière a applaudi, pour manifester leur enthousiasme, trop intense pour être contenu dans nos corps de passionnés. L’espace d’un instant, entre la première et la seconde séance, nous avons eu pitié des aigris, de ceux qui sont tellement formatés par le cinéma prétendument rebelle, où tout est gris et où tous les héros sont constipés. Cameron est un gosse, pas comme Georges Lucas qui ne pense qu’à vendre des jouets, un gosse au sens premier, fasciné par l’aventure, des mondes remplis de couleur et de vie, habités par des personnages au grand cœur qui n’attendent que de se faire foudroyer par l’amour. Une forme de cinéma de plus en plus rare et pourtant si essentielle.

Si la Fox est prête à fabriquer des dizaines de bobines promo, à bloquer des salles de cinéma pendant deux heures et louer gratuitement les lunettes 3D, c’est qu’elle joue gros. Un tel travail d’orfèvre aura coûté des sommes monstrueuses. Avatar ne doit pas marcher que sur les geeks, les hardcores. Le défi est de faire venir vos parents, vos grands-parents et vos cousins beaufs. Ce sans quoi ce sera une catastrophe financière sans précédent. Et de la même manière que l’échec de Watchmen à causé l’annulation de projets de films osés interdits aux moins de 18, si Avatar se plante j’espère que vous êtes prêt à continuer à vous bouffer des suites et des adaptations de jouets au cinéma pendant des années. Le teaser à laissé pas mal de gens « normaux » sur le carreau, histoire pas claire, design douteux. Je ne peux qu’espérer que la Fox sera suffisamment douée pour les exposer à ne serait-ce que quelques minutes de ce que j’ai pu admirer vendredi, où la 3D sert l’histoire au lieu d’en mettre plein la tronche, et où l’on oublie le design pour se laisser emporter ailleurs, à l’autre bout de l’univers.

Décidément j’enchaîne les notes à rallonge en ce moment. J’en reparlerai. Tout comme je recauserai sûrement d’Avatar. L’avant goût que j’ai pu avoir reste collé à ma rétine et fin décembre ne m’a jamais paru aussi loin. Pour la première fois depuis trop longtemps, je crois au Père Noël.
TEASER STAGE !!!
Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu. Bien que je vous conseille plus que fortement d’aller chercher une version HD.
Encore une fois, je lis ta news à une heure indécente pour moi … c’est à dire passé minuit !! J’attends aussi Avatar avec grand impatience, et malheureusement je n’ai pas eu le droit au 15 minutes d’avatar en 3D, car je suis paumé dans la campagne !! Vive Metz quoi …
Je t’aime Matthias!
Je trouve tes notes merveilleuses en ce moment… C’est sûrement moi, mais elles contiennent un truc de l’enfance qui émerveille les yeux. Encore une fois, superbe note au niveau frissonnement. J’ai pas vu les 15 minutes en question, mais je te crois sur parole. Et des cailloux qui volent, forcément j’irais voir, Skies of Arcadia quoi !
Fais gaffe je vais finir par croire que je m’améliore !
Je cherche à me faire spoiler le moins possible sur ce film mais on ne peut pas éviter quelques dommages collatéraux. La journaliste hier à la radio qui disait que les effets spéciaux étaient très bien mais que le scénar devait forcément en pâtir.
Cette connasse n’a donc JAMAIS vu un film de Cameron. C’est toujours la même histoire avec lui : on parle des progrès techniques, des effets spéciaux de malade, et dix ans après c’est l’histoire et les personnages qu’on retient (et moi j’aime Hicks depuis mes 12 ans, même arrosé par des litres d’acide alien)
Vivement décembre.
Le côté fresque humaniste et dictature du compulsionnel dans les films de Killa Cam, ce n’est pas enfantin, mais un poil trop judéo-chrétien, il y a toujours quelqu’un ou quelque chose à sauver sans que la chose ou la personne en question n’ai rien demandé.
Opposer l’émerveillement au cynisme, d’une c’est du cynisme , de deux c’est assez malhonnêtes et surtout voilà une tendance d’époque qui ne produit pas grand chose.
Après prendre en otage les boeufs, les mioches et les utérus sur pattes qui leurs servent de mères, cela revient à pisser éternellement dans un violon.
Le problème vient plutôt de ces chers élèves de grandes écoles qui font du marketing et qui restent des enfants à jamais dans leurs costumes trop grands, ils vampirisent l’industrie culturelle au nom d’un sois disant émerveillement personnel.
PS : oui tu aurais du être payer pour cet article…
Tout à fait, ceux qui jugent Avatar seulement sur un trailer son bien risibles, ca sent les frustrés qui n’attendaient que la BA pour taper sur le film.
Surtout que d’après les 15 minutes, c’est bien plus réussi qu’une “jolie cinématique de jeu vidéo” (critique souvent lue) et le scénario semble tenir la route (deuxième reproche récurent)… Bref, vivement Décembre quoi
Sympa ton article même si je trouve ton jugement quant à ceux qui n’ont pas kiffé le trailer d’Avatar un peu dur.
Contrairement à ce qu’affirme Spha, ceux qui critiquent la BA ne sont pas nécessairement des frustrés. Plutôt des déçus à mon avis et c’est mon cas. Quand on fait autant de teasing sur une simple bande-annonce, quand on crie sur tous les toits à la révolution, il faut s’attendre à ce que les déçus soient plus durs et plus intransigeants qu’ils ne l’auraient été avec un film dont ils n’auraient rien eu à battre. C’est comme ça.
A mon grand regret, je n’ai pas pu voir les 15 minutes parce qu’il n’y avait pas de projo à Lille. Je ne peux donc me baser que sur la BA pour dire que pour l’instant je n’accroche pas des masses aux designs des Na’Vi. Après il faut voir que c’est carrément jusqu’au boutiste. Ils sont bleus, luminescent et ressemblent à des chats. Peut-être faut-il un temps d’adaptation et auquel cas, si le film est réussi, je serai prêt à réviser mon jugement.
Mais pour l’instant je ne suis pas convaincu, d’autant plus que tout ça ressemble quand même beaucoup à une cinématique de jeu vidéo (et ce n’est pas un hater qui cause). Perso, je trouve King Kong ou Gollum bien plus bluffants du point de vue de l’animation.
Pour moi, ça n’a rien à voir avec le côté coloré. J’ai aucun problème avec ça et je ne suis pas un ayatollah du réalisme à tout prix. Seulement je ne suis pas convaincu pour l’instant. On voit que c’est des CGI contrairement à ce qu’on a pu lire un peu partout.
Maintenant, j’attends impatiemment de voir le film en 3D puisque c’est pour ce format qu’il a été pensé, et j’espère que Cameron saura m’emmener dans son univers.
Je suis un peu dur parce que y’a eu plein de réactions super gamines, genre “wai de la cinématique PS2″ d’une bande de rageux qui seront les premiers a aller le voir au ciné.
Quand on voit la somme de taf’, ça fait toujours mal de voir des crétins baver comme ça.
Suberbe article, tout en émotion.
Merci
…et pour comprendre un peu mieux tout ce que represente avatar, et saisir la nature du buzz :
http://rafik.blog.toutlecine.com/10476/Un-Seul-mag-sur-Terre/
sinon t’as pas changé une ligne mat’ cool :]
Je comptais déjà aller le voir. Maintenant, c’est certain.
Ce que j’aime dans tes articles, c’est l’analyse de la situation. Ça change vraiment des “news 2.0″ du web qui se contentent de relayer un fait avec un embed video, accompagné d’un “Regardez ca vient de sortir, salut.”
Bah ouais, c’est ce que j’ai failli dire jeudi.
J’aurais pu lacher la BA et me tirer, je trouvais ça plus intéressant d’attendre et d’avoir un vrai truc a dire et un vrai avis.
Et c’est pour ça qu’on vient
Ce film ne me tentait pas du tout à la base, mais ta note vient de me faire changer d’avis.
Il faut admettre que le teaser ne rend pas forcément justice au réalisme du film, même si en full HD sur un écran qui va bien, on sent déjà la grosse claque dans la gueule!
On peut dire ce qu’on veut, quand on voit le film en 3D sur grand écran, la seule chose qui nous permet de nous rendre compte que c’est bien des effets spéciaux que l’on a devant les yeux, c’est qu’une petite voix dans notre tête nous dit: “Si c’est bleu, c’est du fake”!
Sur le coup, c’est un gros pari pris par Cameron: le côté coloré passe TRES bien en 3D, ç’en est halucinant, mais l’IMPRESSION de réalité (après tout, le réalisme n’est rien d’autre qu’une impression) aurait sans doute été plus grande avec des personnages couleur chair, à laquelle notre cerveau est plus adapté à associer à une quelconque réalité.
Cependant, pour la première fois, on a des personnages en 3D qui jouent, réellement! La différence se voit, encore plus sur le personnage féminin que sur l’avatar de Jake qui est mis en avant dans la BA.
Je finirais juste sur un petit exemple pour montrer la qualité du rendu:
En sortant de la salle, j’ai dit au Reilly: “Ce serait pas Zoe Saldana qui joue l’extraterrestre fille?”
Rentré à la maison, internet, wikipedia, BINGO! C’était bien elle! On ne voit pas sa véritable gueule à l’écran, et ce n’était même pas sa vraie voix. Je l’ai reconnu uniquement sur des petits tics expressifs que j’avais adoré dans Star Trek!
Arriver à passer une expression sur de la 3D c’est une chose, arriver à capter les plus infimes nuances du jeu d’un acteur, c’est tout simplement incroyable.
De toute façon, qu’il rencontre le succès qu’il mérite ou pas, ce film sera culte, un jour où l’autre.
Avatar, The film que j’attends avec Shutter Island! Bon sang, je sens que ça va être une claque dans la gueule! Hate! Hate! Hate!!!! =) Merci Matthias! Grâce à toi j’ai vu la BA sans à coup comme ce fut le cas au premier visionnage! Grazie mille!!!
mouais, le soucis d’Avatar, c’est juste que Cameron a mis 15 années à arriver au bout de son projet, qu’il a disposé d’un budget plus que conséquent, qu’il arrive après son plus gros succès et le plus gros succès du cinéma, pour un teaser qui raconte tout, avec un design étrangement cheap (typo papyrus, E.T qui ressemblant à des chameaux, etc…)
On est aussi en droit d’être déçu, parce que forcément, on pouvait s’attendre à autre chose. J’irai bien entendu le voir, parce que je suis curieux, parce que j’aime le cinoche, et surtout parce que j’aime Cameron (sans pour autant oublier mon âme d’enfant)
mais niveau SF, un film comme District 9, arrive à m’exciter beaucoup plus.
Très bel article, c’est super quand tu t’enflammes comme ça.
Encore plus envie de voir le film maintenant ^^
Ah, merci, moi qui pensais que je vivais dans un monde de blasés (c’est peut être le cas), ça fait plaise de lire un enthousiaste ( et ma foi, quel enthousiasme!)
Quand je pense que ma copine refuse de voir Terminator 2… ^_^
@ Regis : Je pense que les choix de Cameron concernant les choix de design, s’ils peuvent nous paraitre désuets, sont peut être un choix déliberé de synthetiser tout un pan de la s.f et de la fantasy de ces 20 dernières années.
C’est juste un hypothèse bien sur, mais je pense Cameron suffisament curieux et exigeant pour ne pas sombrer dans le “kitch” sans justifications.
Bowdel, comment je regrette l’epoque ou on avait pas internet, ou j’avais des frissons en lisant un article de mad movies, ou quand c’etait un pote qui me racontait l’histoire.
Quand tu t’installais dans la salle obscure et que tu te prenais le film dans la gueule, sans toutes tes attentes a la con, juste a regarder les films avec tes yeux d’enfants.
J’ai arreté depuis un pti moment de regarder tout ce qui va sortir, de chercher toutes les infos sur un film, et je crois que mon amour du cinéma ne s’en porte pas plus mal.
ça me fout les jetons, tous les commentaires que je lis, où les types ont vu un trailer et commencent deja a polemiquer sur le contenu du scenar, sur la qualité des effets, sur le design…
Avec internet, la promo et l’art du geek a tout savoir/tout critiquer/ avoir toujours des points de comparaison, jtrouve que le cinéma a perdu ce qu’on ressent avec un bouquin: ouvrir le truc sans savoir ce qu’il y a dedans, et se retrouver seul et demuni, comme un gosse face a ce que l’auteur nous offre.
En tout cas, ton article me rassure, ya encore des gosses, et ya encore des mecs qui cherchent a les emerveiller.
PS: c’est vrai que tes articles assurent pas mal en ce moment. J’avais un poil décroché, mais j’y reviens.
PS2: t’avais raison, Splinter, il est vraiment pas mal du tout ! ça fait plaisir de voir des heros pas trop neuneu