516 – Run To The Hills

En fait, je suis un gosse de paysan. Des deux côtés de ma famille, ça habite à la campagne, genre très loin, là où même les trains ne vont pas (on dirait un titre de Gavalda). Y’a une époque où on possédait un bout de forêt. A noël, on partait avec une maouss hache et on abattait nous même notre sapin, après avoir pris tout le temps du monde pour bien le choisir. Depuis, on a vendu le peu de terres qu’il nous restait. Quand vient décembre, on file acheter un sapin souvent minable, pas très grand, pas très feuillu. Dans ces moments là je me souviens de ces moments où j’étais trop gosse pour ne serais-ce que lever la hache au dessus de ma tête. Old school comme on dit. Dingue à quel point les choses vous manquent qu’à partir du moment où on les a plus. C’est un peu pareil pour mes grands-parents.

Qu’on ne se méprenne pas, mes grands-parents sont quasiment tous là. Le seul que j’ai perdu, c’était à l’âge où j’étais trop un petit con pour être vraiment triste. Ce que je veux dire, c’est qu’il y eut trois phases. Môme j’adorais passer toutes mes vacances au fin fond de la cambrousse. C’était cool, pas les parents pour faire chier, des croissants tous les matins, la piscine du village et surtout, la putain de télévision. Rappelons à toutes fins utiles que j’ai grandi treize ans sans téléviseur. Entre ça les colonies de vacances pleines de connards, d’activités stupides en groupe et les filles qui vous méprisent, non, clairement, la famille c’était mieux. Puis viens l’âge où vous voulez sortir, voir les copains, les copines, passer l’été à glander devant la Playstation. Forcément, la famille, ça devient relou, la corvée. Enfin, on est grand, on s’use dans des stages sous-payés, on dort dans des taudis sur-payés et la campagne, ça paraît pas si mal.

Parce qu’on est pas à un paradoxe près, on constate que c’est dans les moments où l’on aimerait passer plus de temps en famille qu’on ne le peut pas. Certains diront que c’est lié. Peut-être. Toujours est-il que ce weekend, coincé à flanc de montagne dans la Drôme j’ai bien kiffé. Boulotter des bouquins dans un transat, sous un cerisier, avec les framboises à portée de main, s’pas mal. J’ai survécu en touchant à peine à l’ordinateur, juste de quoi mettre le blog à jour, consulter mes emails. Et une fois perché en haut de la montagne, après une bonne heure de marche sous le soleil, je me suis dit que ça m’aurait pas gêné de rester un peu plus ici. Mais la rentrée approche, quand bien même je n’ai absolument aucune idée du bordel administrativo-scolaire dans lequel je vais bien pouvoir me retrouver une fois en septembre.

Juste un petit regret, celui de ne pas avoir eu le courage d’aller discuter avec les anciens, poser les questions intimes, partir à la recherche de la mémoire que je ne possède pas. Je me dis que ce sera la prochaine fois, en espérant que de prochaine fois en prochaine fois, ce ne serra pas trop tard.

Demain, on causera fille et ciné.

MSN STAGE !!!

J’ai rêvé de toi, t’avais fait un article sur spidey, avec des photos du Dessin animé. Et le lendemain, tu as refais toutes les photos avec toi en costume de spidey, sur ton lit.

J’ai rêvé de toi
t’avasi fait un article sur spidey
avec des photos du Dessin animé
et le lendemain, tu as refait toutes les photos avec toi en costume de spidey, sur ton lit

17 réflexions sur “516 – Run To The Hills

  1. Rooh c’était cool les colonies =) Ne te leurre pas j’étais largement méprisé par la gent féminine aussi hein ^^ C’était plein de connard tout pareil, mais y a eu pas mal de moment cool. Pis a l’époque j’étais souvent la touche exotique :p

  2. Merci pour ce msn stage. Je kiffe.
    Sinon je +1 l’article entier quoi.
    Parfois je kifferai partir à la campagne loin du pc.
    Bon j’aurais un peu mon phone au cas où.
    Mais pas seul, genre un pote ou une copine.

  3. à toujours remettre à demain, on peut au moins avoir la certitude qu’il y en aura un.

    Ce genre de post où tu ne te raconte pas dans ta street life, mais où tu vis simplement et que l’on peut t’observer, dans ce genre de post, tu gagnes des futurs acheteurs de tes oeuvres, à coup sur.

  4. Juste la Drome c est biengue, j y suis né maintenant j’suis sur la côte mais c est toujours agréable d y aller ;)

    Non mais… Oui on, on s en fout mais où dans la Drôme (à peu près) sont tes grand parents le Reilly ? Drome des collines, Drôme Provencale, début du Vercors ???

  5. Haa, mais je savais pas que tu étais originaire du sud profond! *dit-elle avec l’accent marseillais*
    C’est cool ça! Hormis l’herbe jaune qui croustille sous le pied en été, ça reste une putain de région!

  6. « Juste un petit regret, celui de ne pas avoir eu le courage d’aller discuter avec les anciens, poser les questions intimes, partir à la recherche de la mémoire que je ne possède pas.»

    C’est exactement ce qui me bloque ces temps-ci. J’en ai une envie folle, je m’évertue à tenter d’aborder ces sujets. J’y pense toute la nuit durant, et au matin, je suis bouche bée.

    As-tu ne serait-ce qu’essayé d’en parler ? Ou comme moi, ne fais-tu qu’y penser ? Cette tâche est bien plus ardue qu’elle n’y paraît…

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