529 – Book Review 84

Y’a des jours comme ça, où l’on tombe amoureux d’une couverture de bouquin. Entre les rayonnages de la RNAC, au rayon littérature en langue originale, une fille sur papier glacé. Elle est jolie, mais pas sans défaut, pas super bien sapée mais avec ce qu’il faut de mèches sur le visage. Mon côté sensible note son regard un peu triste, puis le titre me saute dessus. Thirteen Reasons Why. Why quoi ? En voilà une accroche intrigante. Pas con, l’éditeur à rangé le pitch sur la première de couverture. Le concept du bouquin est là, en une phrase. Pas besoin de le sortir de la pile pour savoir de quoi ça parle, et pourtant j’en avais un besoin fou. Une quatrième de couv’ plus tard et je passais à la caisse, n’en déplaise aux fascistes de la mise en page qu’on se bouffe chez nous. Aucun regret, dévoré en deux jours, Thirteen Reasons Why est un des meilleurs bouquins que j’ai pu lire cette année.

Clay trouve sur le pas de sa porte un colis à son nom. A l’intérieur, un jeu de cassettes audio enregistrées par une camarade de classe. Hannah est le premier amour de Clay. Elle s’est suicidée deux semaines plus tôt. Il y a en tout treize cassettes, numérotées. Sur chacune d’elle Hannah raconte un évènement à priori banal qui l’aura, de fil en aiguille, conduite à ingurgiter une dose mortelle de barbituriques. Chaque histoire pointe du doigt une personne qui lui a fait du mal, une personne qui doit comprendre sa part de responsabilité dans sa disparition. Clay a aussi reçu une carte de la ville, avec une suite de lieux à visiter au fur et à mesure de l’écoute des enregistrements. Terrifié, il lance la première cassette, en se demandant ce qu’il a pu faire à la seule qu’il n’ait jamais aimée, qui sont les autres impliqués, qui a déjà entendu la confession d’Hannah ?

Je devrais surveiller plus que les listes de best-sellers de fictions ricains, et commencer à faire plus attention aux classements des ventes de romans pour jeunes adultes. Une classification arbitraire à la con tellement Thirteen Reasons Why est lisible par n’importe qui. Le style est relativement simple, tourné vers l’efficacité. La narration est double, Clay répondant mentalement aux cassettes qu’il écoute, tout en réagissant vis-à-vis du monde extérieur. Il aurait été facile de s’y perdre mais que nenni. Ma grosse inquiétude provenait du personnage d’Hannah. Arriverais-je à croire au bout du bouquin qu’elle s’est réellement suicidée ? L’enchaînement d’évènements serait-il suffisant ? Plein de questions qui trouvèrent leur réponse quand j’ai fini en colère, triste, bousculé d’émotions sur les dernières pages. Le pari est plus que largement rempli. Les personnages prennent réellement corps et habitent le lecteur des jours après la lecture.

Il s’agit du premier roman de Jay Asher, dont l’idée lui serait venu lors d’une visite de musée avec un magnétophone. Il aurait fait le lien avec la tentative de suicide d’une amie d’enfance et a construit ce récit parfaitement agencé, qui se dévoile petit à petit. Lauréat d’une bonne demi-douzaine de récompenses, Thirteen Reasons Why va être adapté au théâtre et sûrement (je l’espère) au cinéma. Dispo au Japon, en Italie et dans d’autres pays, c’est un crime de ne pas disposer, trois ans après sa sortie, d’une édition française. J’espère que les plus anglophones d’entre vous sauront donner sa chance à ce très bon premier roman.

Demain, je vous parlerai peut-être d’art contemporain et de vocation.

18 réflexions sur “529 – Book Review 84

  1. ok, I’m in !
    Sur une trame de départ différente, ça me fait un peu penser à l’excellent La vie de David Gale. Que j’avais bien entendu adoré.
    Si ma bourse me le permet, on fera un saut, euh, sur Amazon (faut pas déconner, vu la tronche des libraires par ici je suis pas prête de le trouver ce bouquin) ce week-end =)

  2. La vie de David Gale, Le dernier film qui m’a proprement retourné en date ! Le thème, le scénar, la musique (cf le morceau Almost Martyr) …

    Sinon le Reilly, t’aurai du faire commercial (bouh c’est le mal !) paske la j’achète

  3. PUTAIN.

    J’m'attendais à ce que tu dises “Il est dispo en français”.

    LE TWIST DANS MA GUEULE.

    Font chier, j’aime beaucoup ce style de narration u_u
    Avec des flash back, etc, et une intrigue qui se dévoile par morceau, comme un puzzle.

  4. Ça a l’air intéressant mais moi, les bouquins tristes ça me rend triste alors ça attendra que je puisse me réfugier sur les seins d’une demoiselle. (Pis j’ai tjrs 73 livres en attente.)

    Sinon… “Le simple est relative simple” ?

  5. Et t’as trouvé cette petite merveille au minuscule rayon VO de la RNAC Bellecour ? oO”
    Ca donne envie en effet. Je finis “Le magasin des suicides” et j’enchaînerai avec celui là pour voir (un peu de VO ça fait du bien).

    Sinon je suis totalement d’accord avec toi, certains romans “jeunesse” sont extraordinaires. Je me rappelle avoir lu il y a un an un bouquin qui s’appelle “C’est ma vie maintenant” qui m’a retourné le bide pendant 15 jours, grosse crise de larmes et autres joyeusetés de nana en prime.

  6. J’avoue ca fait carrément envie. Faut que j’arrete de boire de la mauvaise biere et detourne les fonds ainsi débloqués en bouquins mwa… J’y crois a mort. :(

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