Un de mes nombreux problèmes, c’est de toujours avoir envie de faire les choses après coup. Prenez les cours d’Arts plastiques du collège. A l’époque j’étais un peu un gros connard, à bâcler des dessins de merde pour écoper d’à peine la moyenne. Quatre ans plus tard, quand ça ne m’apportait plus aucune note scolaire, j’ai bossé mon dessin au point que l’on me propose d’intégrer la plus grosse école d’illustration de Lyon. Allez comprendre. Ce n’est pas pour autant que je n’aurais rien fait de mes cours d’Arts Pla. Non, je ne pense pas seulement à mon placement stratégique et mes discussions enflammées avec les jeunes filles en boutons. Mon année de troisième m’aura offert un indice de plus sur ma future vocation, des preuves que ma voie se trouvait dans le baratin et le racontage d’histoires. Que ce soit pour vendre des yaourts ou écrire un bouquin.

Cette année là, en cours d’Arts Pla, il fallait échaffauder un « projet artistique ». Dans une ultime tentative de nous ouvrir l’esprit avant le Lycée, la puberté et le cannabis, l’école voulait que l’on planche une demi-douzaine de mois pour accoucher d’un truc bien taffé. Ca pouvait aller du collage de photos en tableau géant jusqu’à une navette spatiale construite à base de trucs recyclés. En ce qui me concernait, j’étais, complètement à court d’idées. Enfin non, comme d’hab’, j’avais imaginé un truc de fou furieux, construire un modèle réduit du labyrinthe du Minotaure. Merci les cours de Grec. Plus le temps passait plus la complexité matérielle du truc me semblait galère. Jusqu’à ce que la prof m’assène que ce n’était pas assez métaphorico-symbolique, que ça ne laissait pas parler mon moi du dedans, le petit Reilly qui ne demande qu’à s’exprimer. J’ai donc torché un truc en deux heures la veille du rendu final et j’ai eu la meilleure note ever, vingt.

Ah ah, je vois vos yeux incrédules. Permettez-moi de vous expliquer ce qui restera comme un des plus grands coups de bluff de ma scolarité. J’avais acheté un tube de mousse expansée, un truc qui gonfle pour faire du bricolage. J’ai tracé avec une sorte de labyrinthe sur un calendrier. Un coup de pinceau gris, quelques coups de feutre bleu et c’était plié. Le lendemain en cours, lors de la présentation, j’expliquais ma fascination pour les labyrinthes, l’histoire du minotaure, d’à quel point ça ne satisfaisait pas ma soif d’intellectualisme. C’est alors que m’était venue l’idée de représenter l’esprit humain, cet outil si complexe, si insondable, sous la forme d’un labyrinthe ! Et zou paie ta maquette en mousse expansée comme métaphore freudienne ! Mon discours aura duré près d’un tiers de l’heure, de quoi feinter tout le monde, me faisant passer pour une espèce de brute épaisse de l’art contemporain.

Moi qui espérais m’en tirer avec un pénible douze, je suis resté planté pendant le reste de la journée pour processer l’information. J’avais eu la note maximale, latté des camarades qui bossaient sur leur truc depuis quatre mois. Y’a des jours comme ça, où l’on apprend de grandes leçons de vie (et d’injustice).
Et y’a des jours où en ouvrant ses placards, on retrouve des vestiges d’une époque oubliée. Aussi, la prochaine fois que ma mère me demandera pourquoi je jette pas cette horreur à la poubelle, je lui linkerai cette note.
Demain, je partirai à la recherche des jolies filles du cinéma.
WHAT THE FUCK STAGE !!!
Ouais, normallement j’aurais collé une photo de “l’oeuvre”, mais là je suis coincé à Paris. Donc je m’interdirai pas une note bis lors d’un de mes retours dans la capitale des Gaules.
“WHAT THE FUCK STAGE !!!
Ouais, normallement j’aurais collé une photo de “l’oeuvre”, mais là je suis coincé à Lyon. Donc je m’interdirai pas une note bis lors d’un de mes retours dans la capitale des Gaules.”
-> DELOREAN STAGE !!!
Et puis bon, snormal, tous les trucs fait à l’arrache par des gens doués et qui ont le baratin sont appréciés.
On a naturellement plus la classe que ceux qui bossent.
Faute corrigée, bitch.
Hug.
Tiens ça me rapelle un histoire que j’ai aussi vécu en art plastique qui m’a rapporté un vingt …
Le sujet du dessin, c’était la partie d’un animal que vous aimez le plus …
Trois séances de deux heures pour faire ce projet, alors que commence avec mon idée, faire des têtes de chat, des museaux, des yeux … c’est tjrs ça ce qui ma fasciné chez les félins, leur tête … Bref, j’me prend bien la tête pendant 5h30 sur ce genre de gribouillage car je suis vraiment nul en dessin … et à une demi heure de rendre cette fresque pourrite … dans un dernier sens du sacrifice … je sors mes tubes de gouaches … je fais un orange qui tigre sur le jaune … je rempli ma feuille A3 … et la je place 4 taches judicieusement placées
Et la c’est le 20 … la note ultime … le passage devant les autres élèves qui avaient buché pendant les 6 heures pour rendre un truc super bien fini avec les détails et tout !! Epic Win !
Cet article résume très bien l’art.
OH OUI !! On veut voir “l’Oeuvre” !
))
Pour faire partie des couillons qui bossent pendant des semaines pour se taper un gentil quatorze, il faut que tu saches que je vous hais, toi et ton foutu vingt…
… et depuis, Le Reilly, convaincu de sa supériorité intellectuelle incontestable, n’en finit plus de basher les autres petits éleves studieux qui mettent 3 semaines pour faire leur exposé.
Le Reilly va leader le monde !
Je m’agenouille et glorifie un dieu, ca c’est beau.
Le bagou c’est vraiment l’arme ultime…
Moi aussi j’ai eu 20 à mon bac d’arts plastiques grâce à lui, sauf qu’en plus je suis douée en dessin ^^ !
Mais il est indéniable qu’il est toujours jouissif au possible de s’apercevoir que ce qui est difficile voire insurmontable pour la majorité des gens est d’une facilité évidente pour nous, orateurs nés…
Vivement la photo ^^