534 – Bad Boys III

La semaine dernière, c’était la rentrée des bizuts à Neuilly. Les premières années qui croient que l’école va leur installer le wifi dans l’année. La même promesse faite à ma promo deux ans auparavant. Trop mignons les bizuts. Je ne sais pas si ceux là je les verrai des masses, si j’apprendrai à les connaître. En tout cas quelques uns savent déjà qui je suis, puisqu’ils m’ont rapporté une savoureuse anecdote. Il semblerait que la directrice de l’école ait mis en garde les jeunes kids contre la diffamation sur Facebook (alors que juridiquement, non en fait). Mais surtout, il a été question des propos qui peuvent être tenus dans le cadre d’un blog par exemple, sur un stage ou l’entreprise dans laquelle on évolue. Le tout pouvant conduire à une catastrophe aux proportions épiques. Putain, j’aurais trop aimé être là en fait, dans la salle. Sauf que contrairement aux bizuts, je n’ai pas fait ma rentrée.

Je me souviens ma première semaine là bas, quand tout était encore bien flou. A l’époque circulait l’histoire d’un type qui avait retapé pour ne pas avoir rendu son travail de fin d’année. Je me suis fortement gaussé en disant qu’il fallait vraiment être con pour se planter là-dessus. M’est avis que j’ai du avoir le même genre de réaction lorsqu’à la fin de cette même année j’entendais parler de dépressions nerveuses de stagiaires en agence de pub, de démissions anticipées. Faut vraiment être une chochotte pour péter un câble, ou pas tenir trois pauvres mois. Quel vaniteux personnage ce Reilly ! C’est aussi ce qui est cool avec la vie. Quand elle tient à vous démontrer votre erreur, elle vous le fait bien comprendre en technicolor, son THX à plein volumes. Un bordel tellement monstre que l’on explique a un amphi complet qu’il ne faut pas faire comme moi. Si je m’étais laissé aller à des débordements égocentriques j’aurais intitulé cet article I Am Legend.

Pas de quoi frimer. Enfin, pas tout de suite. Quand je serai rentier dans une villa sur la côte payée sur les avances sur droit de mon vingtième roman, ouais, là je pourrai me marrer un bon coup. Pour l’instant je joue à la Xbox, à défaut d’aller en cours. La seule prof qui détient assez d’influence sur moi pour me fliquer correctement m’a fait comprendre que ce n’était pas la peine de faire ma rentrée. J’ai un bon début d’idée de ce qui m’attend lors de notre entretien un peu plus tard dans la semaine. Bien sûr, ça risque de piquer un peu. Mais la douleur, c’est bien, ça prouve qu’on est pas tout à fait mort. Après avoir passé les derniers mois dans le coma, ça me fera pas de mal d’être secoué un peu. A partir de là, on verra bien ce qui se passera. Même si, une fois encore, j’ai un bon début d’idée là-dessus.

Ainsi commence la semaine de transition, celle qui précède la semaine pleine de bonnes résolutions. Ca promet d’être intéressant, sûrement plus pour les autres que pour moi, qui vais tenter de survivre comme je peux.

Demain on parlera de conso culturelle.

13 réflexions sur “534 – Bad Boys III

  1. Tout ce bordel est encore relié au fameux article effacé sur un des clients de l’agence où tu as fait ton stage ?
    J’avais juste eu l’impression que tu t’étais fait taper sur les doigts, mais plus les allusions dans tes articles passent plus j’ai le sentiment que ça a eu beaucoup plus de répercussions en fait …
    Bon courage en tout cas !

  2. En somme mon pauvre Reilly, si je comprend bien, ta bonne résolution de la semaine c’est de te faire pêter le cul par une acâriatre …
    C’est quel jour ? Que je t’envoie des ondes positives …

    Ca se confirme en tous cas: le monde des pubeux est un univers totalitaire ultra-répressif. Résistons, camarades. Boycottons à peu près tout sans discernement: les analystes écconomiques mettront tout ça sur le dos de la déflation et on poura organiser de chouettes colloques sur la décroissance où on pourra lutiner de la gonzesse progressiste 100% bio.

  3. J’espère que ta rentrée ca va le faire le Reilly. Cette année j’espère bien que tu vas leur montrer c’est qui le boss.

    Enfin j’espère que tu vas pas prendre trop sévère en début de rentrée.

  4. Pour avoir très largement failli péter les plombs aussi avec ce damned mémoire, je fais *pat* *pat* sur ton épaule.
    Et demain, soutenance passée, j’te dirai probablement “coupain”, en fait.

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