536 – Book Review 86

J’ai résisté autant que j’ai pu. Depuis le temps que j’entendais parler de The Game, l’histoire vraie d’un moche à calvitie précoce qui devient un pro de la drague. Typique le genre de bouquin qui fait bien envie sur le papier. D’ailleurs les médias n’ont pas hésité à s’en emparer, à faire de Neil Strauss, son auteur, un bête de foire médiatique. Rôle dans lequel il se complait depuis. Plusieurs de mes potes ont déjà lu The Game. Cela aura pu changer la vie d’un ou deux d’entre eux, les autres m’auront conseillé le pavé pour ses qualités intrinsèques. Cet été, comme les médias n’avaient rien à médiatiser, on nous a ressorti les pros de la drague. Peut-être à force d’être bombardé de papiers et autres notes de blog sur ce milieu, j’ai cédé, et commandé mon exemplaire de The Game, en bon mouton.

Neil Strauss est avant tout journaliste et nègre, même qu’aux USA on dit ghostwriter histoire d’être politiquement correct. Un jour, pour un reportage il décide de s’immerger sur les forums du net à la poursuite des pros de la drague, les pick-up artists. De livres recommandés en ateliers pratiques, il développe son jeu et commence à plaire à toutes ces filles qui jamais ne l’auraient remarqué auparavant. S’appuyant sur des principes de programmation neuro-linguistique, d’hypnose légère et de réponses préconçues, Neil devient un tueur. Durant des mois il enchaîne les filles, s’immerge de plus en plus dans le Game, multiplie les rencontres avec d’autres dragueurs. Mais comme ce serait trop beau pour être vrai sans une bonne morale à la cool, Neil va petit à petit réaliser les limites de son nouveau milieu, et ce qu’il risque de perdre en persistant sur cette voie.

Bon. Clairement, The Game est un bouquin intéressant s’il on le prend comme un (très) long article de reportage en immersion. La logique des pick-up artists ainsi que leurs techniques se tiennent et peuvent effectivement lancer des vocations. Pour connaître un ou deux disciples du Game, je confirme que oui, ça fonctionne du feu de dieu. Après, l’intérêt littéraire m’aura paru fort douteux. La structure est ultra répétitive. Neil rencontre un nouveau mentor, étudie ses techniques et sa personnalité, devient meilleur et part chercher un nouveau mentor. Cette construction narrative constitue une bonne moitié du bouquin, qui paraît du coup fort long. Surtout que la quasi-totalité des personnages sont antipathiques. Les mecs poussés dans le milieu de la drague sont tous un peu atteints, et à part Neil, j’ai eu du mal à en avoir quoi que ce soit à foutre des autres. Niveau conclusion bien-pensante, on la sent venir à trois kilomètres, ce qui achève de nullifier toute tension dramatique.

On apprend moult trucs dans The Game, c’est sociologiquement et psychologiquement sexy pour quiconque est un peu curieux des relations entre les sexes. En tant que bouquin, je l’ai cependant trouvé trop long, trop plat et parfois pénible. Tout dépend donc de ce que vous recherchez.

Demain, chocapics !

8 réflexions sur “536 – Book Review 86

  1. J’ai également connu -sur adopte, youhou- un adepte du Game, et appris ensuite qu’un pote était un peu dedans.
    M’y suis pas mal intéressée un temps, c’était marrant comme concept, mais je reste persuadée que certaines filles rentreraient pas dans le panneau (aka : Me).
    (Enfin bon, en même temps, je dois pas être le genre de cibles, mais voilà quoi)
    C’est cool, un bouquin que je ne lirai pas \o/

  2. Tout à fait d’accord avec ta critique, le Reilly.

    Amusant sur un plan sociologique mais le seul truc vraiment marrant dont je me souvienne, c’est Courtney Love.

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