Dimanche dernier, pas celui-là, celui d’avant, j’ai eu un léger accrochage avec un « vrai » auteur (William Rejault, cherchez pas, il a pas sa page sur Wikipédia) par Twitts interposés. Tout ça parce que j’avais tenté de connaître le montant des à-valoir de la nouvelle publication du bonhomme. Okay, on est en France, j’oubliais que l’on n’a pas le droit de demander combien on touche. Parler pognon, c’est sale. La curiosité est un vilain défaut, aussi aurais-je peut être du éviter de chercher à savoir a combien d’exemplaires s’élevait le premier tirage du dit bouquin. A ce stade du début de conversation, Rejault s’est souvenu qui j’étais et qu’il nourrissait déjà un tas de préjugés à mon encontre (true story). Avant de me balancer aussi sec quelques gouttes de venin, il jugea bon de me préciser qu’en littérature, on s’en fout du tirage, que je résonnais comme un petit comptable de chez Albin Michel. De toute façon qu’il m’a affirmé, avec de l’énergie, le livre trouvera son public.

Bon, on va encore me reprocher, comme il l’a d’ailleurs sous entendu fortement, que je suis une raclure de marketeux au lieu d’un vrai artiste. Non parce que l’auteur, le vrai, même qu’il s’en fout de gagner des sous, c’est l’œuvre qui compte, la démarche intellectuelle, l’honnêteté. Moi aussi j’adore les bizounours et je mange mes Chocapics devant Ben 10 sur Cartoon Network. N’empêche, dire qu’un livre trouvera son public, c’est une joyeuse connerie. Jusqu’à preuve du contraire, c’est le public qui trouve le livre, qui bouge son cul jusqu’à sa librairie/Fnac/Amazon. Clairement, je ne serais pas contre un monde parallèle où les bouquins font du porte à porte par eux-même. Plus sérieusement, vu qu’un tas de feuilles coincé entre deux couvertures n’est pas capable de bouger son cul des étals, il faut bien que quelqu’un fasse le boulot. L’énergie investie par l’auteur pour que « le livre rencontre son public », y’a pas à tortiller, moi j’appelle ça du marketing (lawyered !). Et en marketing des produits culturels, le volume mis à disposition, le premier tirage, est capital.

Oui, deux paragraphes pour en arriver là. J’aime ménager mes effets. Il existe une règle mercatique basique : plus tu mets de copies en rayons, plus tu vas vendre. Quand le client voit une grosse pile de livres, quand il remarque la même couverture dans plusieurs librairies de suite, son inconscient estime que l’objet est important avant de conclure qu’il faut s’en approcher, se renseigner jusqu’à peut-être passer à l’acte d’achat. L’effet de masse simulé par la multiplication des pains. Merci Jésus du marketing. Si le premier tirage de 1000 exemplaires est divisé sur X points de vente, il aura l’air moins « important » symboliquement que 5000 exemplaires divisés par le même nombre de points de vente. Voilà pourquoi Albin par exemple inonde les étals avec le dernier Nothomb. Ils se foutent de tous les vendre, ils savent qu’ils n’y arriveront pas. Mais ils en vendront nettement plus qu’en étant plus conservateurs. Les exemplaires qui finiront au pilon devienne des frais publicitaire et non un échec.

Après on peut n’avoir rien à foutre du nombre de vente, de toucher un public le plus large possible, de vivre de Word et d’eau fraîche. C’est cool. Will, je te paie ma tournée de Chocapics, c’est cadeau. Pendant ce temps là, dans le monde réel, y’a des gens qui ne voient pas le mal à espérer le meilleur pour leur publication, à utiliser le savoir accumulé par des doctorants en socio/éco/psycho afin d’atteindre leur but. But ultime qui, rappelons-le, est de toucher assez avec ses écrits pour pouvoir écrire plus, de devenir si important qu’il devient possible de se faire publier n’importe quoi, y compris les meilleurs romans ambitieux qui attendent leur heure. Ou alors on peut continuer à se draper dans la condescendance du vrai artiste maudit, c’est pas mal aussi, mais ça m’a passé en même temps que l’acnée.
Sans rancune « Chouchou », au plaisir d’un serein coca à l’occasion
Sinon, demain, je n’ai rien préparé. Clavier de merde. Peut-être qu’on parlera d’armageddon. Aucune idée, on verra bien.






Ecrire pour son oeuvre, perso, je trouve ça chiant : je préfère écrire pour le plaisir, c’est largement plus fun. Et puis si on ne veut pas toucher des sous (ou plus : que le plus de gens possibles nous lisent) autant ne pas se faire publier. C’est plus logique. Laissez de la place aux gens qui ont déjà choisi un genre littéraire casse-gueule et aimerait bien un peu de votre vitrine à vous, même minable.
Je suis loin d’être une fana du marketing, mais je déteste les gens qui se trouvent des excuses et qui vivent de l’image de l’artiste maudit.
Tiens merci pour l’article, ça va me donner du Yop pour le reste de la semaine.
tu devrais te « friter » plus souvent avec les gens. Cette note est épique (lawyered, non mais ^_^)
Mais le Nothomb il se vend tout seul non? Vu la réputation de l’auteur.
Sinon rigolol le gars, on sent le mec deg deg deg du tirage.
Si on lui avait tiré à plein d’ex son bouquin il s’en serait vanter.
C’est beau l’ego.
Soyez pas vaches, les jeunes, je peux comprendre que des auteurs préfèrent ne pas parler d’argent et de tirage pour leur bouquin. Pas forcément à cause du côté artiste maudit mais pour éviter de finir en romancier diarrhéique qui vend plus qu’il n’écrit ses bouquins.
Je dis pas que c’est la bonne méthode, juste que je comprends le déni. T’façons, en France, y’a genre 10 auteurs qui vivent de leur plume, les autres bossent à côté donc est-il vraiment nécessaire de s’intéresser à ça ?… (Oui.) Hey ptetre qu’il a eu peur d’un potentiel concours de bite…
LQX a raison, les écrivains qui vivent de leur plume, ça ne court pas les rues.
Écrire pour gagner du fric, tirer plus d’exemplaires et forcer le marketing pour gagner encore plus, c’est à mon avis un mauvais calcul.
Je comprends l’auteur qui veut que son livre soit acheté parce que les gens l’aiment et pas parce qu’il y a une grosse pile et que la grosse pile, ça fait vendre.
D’un autre coté, ne pas mettre les chances de son coté c’est idiot; et écrire pour être publié et être vendu, ça n’a rien de sale.
Le tirage, c’est surtout le fait des libraires qui passent commande. On peut tirer à 5000 ex. si les libraires n’en veulent que 1000 ex., on l’a dans le c….
elicad –> Mais Ouais ! Le Yop ça défonce !
mikomatic –> Hell Yeah !!!
BluuG –> Nothomb vent moins chaque année depuis trois ans. Donc non, il est loin de se vendre tout seul.
LQX –> M’en fous du concours de bite. Ceci part d’un malentendu qui a dégénéré, je sais bien. Mais je suis un petit con. :p
boite en carton –> Je connais aucun auteur qui se soit lancé dans le roman pour gagner des sous ceci dit. Ce n’est pas ce que je disais.
Régis –> Certes, ça tempère les ardeurs des éditeurs. Mais quand le commercial va voir le libraire et lui dit « on va tirer plein d’exemplaires », le libraire se dit que l’éditeur y croit, qu’il va soutenir le livre et donc en commande plus.
En fait, il avait rigoureusement raison, ton antagoniste, là.
N’importe quel bouquin trouve TOUJOURS son public.
Ensuite, personne n’a dit que ledit public dépassait la cinquantaine de personnes. Mais c’est un tout autre débat, n’est-ce pas.
euh, pourquoi tu fais dire une parodie de la phrase de seguela à Attali? Il y a un truc qui m’a échappé, là.
Et sinon, si tu continuais à régler tes désaccords persos sur twitter plutôt que sur ton blog, histoire que tu puisses nous parler de choses vraiment intéressantes à la place ?…
Puisque tu es sûr d’avoir raison, il est par conséquent inutile que tu viennes chercher le soutient de tes lecteurs-fans qui sont ralliés d’avance à ta cause avant même de connaître ton opinion.
Je tiens à défendre ma fierté : je suis rarement d’accord avec Reilly, mais ce qu’il dit derrière le règlement de compte me semble relativement juste.
Après effectivement le linge sale… On en fait ce qu’on veut.
Accessoirement, c’est mon blog, je fais ce que je veux.
Au passage, si les cours de marketing des produits culturels ne t’intéressent pas, toi qui veut faire la BD, c’est con.
Je dis ça, je dis rien.
Henscher –> Très vrai. Seulement si le public trouve le livre c’est mieux.
Bill –> Fuck, je pensais que personne le verrai… Si j’ai le courage je changerai.
Je pensais que t’avais mis Attali pask il a écrit + de bouquins dont 1 hyperlivre.
[...] d’exemplaires il m’incendie et me crache dessus en public. J’en avais déjà fait une note. Soit. Jusqu’ici je n’avais rien dit ni fait à ce cher William. Puis hier je repasse [...]