Cette semaine sort enfin chez nous Funny People, le nouveau film de Judd (40 Year-Old Virgin, Knocked Up) Apatow. Je vous en avais déjà parlé, preuve que je l’attends vraiment depuis un bon moment. Les critiques US étaient partagées mais globalement positives. Pour la première fois le réalisateur/scénariste a tenté de sortir de la beauf comédie qui l’a rendu célèbre. Le script est plus écrit, moins improvisé, puisqu’il s’agit ici d’offrir une intrigue plus grave et dense. Ceci expliquant peut-être pourquoi le film s’est relativement vautré au Box Office US, le public s’attendant à passer un moment de lol entre Seth Rogen et Adam Sandler. Sauf que non. Certes Funny People offre amplement de quoi réveiller les zygomatiques. Mais le plus intéressant est ce qui est raconté derrière les vannes, dans les moments plus calmes. Loin d’être exempt de défauts, le dernier Appatow aura néanmoins été à la hauteur de mes espérances.

George est au sommet de sa gloire. Comédien de stand-up, acteur confirmé, il a tout pour lui jusqu’à ce que l’annonce d’une rare forme de leucémie ne le force à reconsidérer ce qui a bien pu faire de sa vie. Ira est un comédien amateur qui gribouille des vannes entre deux services au fast-food du coin où il bosse pour payer le loyer. Lorsque George décide de remonter sur les planches d’un bar minable, il offre une performance pitoyable. Ira prend sa suite et lui taille un costume, retenant l’attention de la star malade qui lui propose de le payer afin de devenir son nègre, son assistant et peut-être le dernier ami qu’il se fera. L’un comme l’autre vont se découvrir au fil des semaines, que ce soit dans leurs bons et leurs mauvais côté. L’élève et le maître étant chacun en manque de la grosse claque qui les sépare des réalités de l’existence.

Il est clair que le personnage de George est extrêmement proche de ce que pourrait être Adam Sandler à ce stade de sa carrière. Le film est émaillé d’extraits des faux films merdiques qui ont rendu George très célèbre/riche. Le contraste avec des vidéos de stand-up datant de la jeunesse de Sandler sont saisissants. Apatow a voulu réunir un pilier de la comédie US avec la nouvelle génération, Rogen en tête (sans oublier mon chouchou Jonas Hill dans le fond). Quelques guest stars se promènent en arrière plan mais Funny People ne joue pas la surenchère. On ressent le besoin pour l’auteur derrière la caméra de vouloir partager des anecdotes de galère de comédien, de dépeindre un milieu difficile et parfois cruel pour les aspirants comiques. C’est aussi le portrait d’une génération paumée qui est brossée au travers des différents personnages, jusque dans leurs relations au sexe opposé (Sandler sans gêne, Rogen trop timide).

Le principal défaut du film est qu’il est clairement trop long. Deux heures trente, c’est beaucoup. Un quatrième acte à propos de l’ex femme de George vient se greffer et l’on a presque l’impression de voir un Funny People II débarquer à la suite d’ une première histoire bouclée quelques minutes plus tôt. De là à regarder sa montre, faut pas déconner. La sincérité du réal comme des acteurs est palpables de bout en bout, chacun brillant à sa façon. Funny People ne sera peut être pas le chef d’œuvre d’Apatow, mais c’est un premier pas dans une direction plus profonde et équilibrée. Un bon présage qui se regarde avec plaisir. N’hésitez pas à aller y faire un tour.
Sachez tout de même que ce film, c’est un peu le Bad Boys II de la blague de bite (Copyright Boounz), c’est à dire que ça reste très cru. Demain, on parlera de doute, pas du film Doute, mais du doute en général.
TRAILER STAGE !!!
Exemple typique, la bande annonce qui ne parle que des 45 dernières minutes du film (le quatrième acte), ce qui en fait plutôt un trailer pour Funny People II.






Les USiens s’attendaient ptetre à « un moment de lol » à cause de la phrase en rouge rappelant les 2 films précédents du réal et qui étaient clairement plus axés franche comédie. (Ça me rappelle l’affiche d’Hôtel Woodstock avec marqué « par le réalisateur du Secret de Brokeback Mountain », j’avais envie de raturer et de mettre Hulk ou MI2 à la place. Je vois pas l’utilité de rappeler ce genre de chose quand les thèmes abordés sont différents.)
Ptetre le 4° acte est une attaque préventive vis-à-vis des suites automatiques à Hollywood.
Je tiens à m’élever contre ce que traduit le commentaire précédent. Ok, pour le commun des gros cons, Knocked Up (mais « consorts » marche aussi) est une comédie. Oui mais non : on rit half time, on sourit quart time, on médite quart time. Les Juddie Productions n’ont jamais été de pures grosses comédies bite-cul, du moins pas sur la durée. L’essoufflement que les provinciaux (I mean, les beaufs) ressentent aux deux tiers du films est principalement dû à un changement de ton, certes mal maîtrisé mais à l’époque annonciateur, peut-être, de films comme Funny People. Donc :
« les 2 films précédents du réal et qui étaient clairement plus axés franche comédie » (cf commentaire n°1) >> je dis STOP. A la caricature stalinienne qui fait de Forgetting Sarah Marshall la comédie paupérisée en milieu riche qu’elle n’est pas. Et je ne dis pas ça parce que je suis marié à Veronica Mars, juste parce que la tagline est à peu près similairement la même : « From the guys who brought you The 40-Year-Old Virgin and Knocked Up » (imdb). Les prods de Juddie sont AUSSI des films sérieux. Et nique sa mère les idiots qui ne le comprennent pas. Mais personne ici n’est dans ce cas, TBP est un despote éclairé.
LQX –> Effectivement la campagne marketing aux US n’était pas adéquate.
Pour la quatrième partie, je pense que c’est de l’excès de générosité, l’envie de tout dire qui produit quelque chose d’un peu long. C’est un défaut qui vient du coeur.
Queen –> Respire. Oh et le premier qui vient me dire que Knocked Up est réac’ alors qu’Apatow est pour l’avortement je lui en colle une.
C’est aussi ça le soucis avec les oeuvres ricaines, beaucoup de procès d’intention.
« Oh et le premier qui vient me dire que Knocked Up est réac’ alors qu’Apatow est pour l’avortement je lui en colle une.
C’est aussi ça le soucis avec les oeuvres ricaines, beaucoup de procès d’intention. »
Faudrait aussi en coller une a Katherine Heigl, pour qui Knocked Up est mysogine, pour la simple raison que… l’héroine a des défauts et n’est pas une grosse Mary Sue. Que quelqu’un lui passe un dictionnaire plz.
Queen, j’ai l’impression que tu m’as traité de gros con…
Mais bon, j’ai pas vu « Knocked Up » donc je ne peux que parler de l’image qu’a le film pour le commun des mortels, celui d’une comédie pure. C’est d’ailleurs pareil pour « 40 ans, toujours puceau » qui a une image de comédie un peu grasse (cf l’article qui lui est consacré).
En fait, tous les films d’Apatow (ou tous les films en général) sont mal mercatés.
Last Equi : Non non pardon
Le clavier s’est envolé et a dépassé mes intentions. On dit la même chose : les gros cons (dont tu ne fais pas partie – et j’espère que moi non plus) pensent trouver de la comédie biteseincouille, alors que non. Donc en fait je traitais de cons ceux que tu traites de con dans ton message, en te citant maladroitement. Mais tu n’étais pas visé, oh non non non ! 
Sorry donc
Ok.
Mais je traite personne de con. Quand on te présente un film comme une grosse comédie, c’est normal de t’attendre à une grosse comédie.
Éventuellement, ce dont je me plains, c’est la façon dont sont vendus les films, avec une simplification des thèmes et du genre. C’est ça qui est con. Mais c’est pas nouveau.
pas encore vu, sans doute dans les jours qui viennent.
ce troisième film me parait le plus mature et le plus grave de Apatow. une des raisons de son échec au box office US. et je suis d’accord, on ne peut pas taxer le réal’ de réac, comme certains critiques l’ont fait pour 40 ans toujours puceau, et pour en cloque, mode d’emploi, chaque personnage a des vus différentes (avortement/pro life, sexe/mariage, …). ce qui fait pour moi la force des personnages de apatow. les personnages restent les mêmes, ils ne renaissent pas, ne changent pas. Ceux sont juste des mecs ordinaires.
Ce film fait partie de mes priorités de la semaine, je suis fan d’Adam Sandler, et j’ai encore plus hâte de voir ce film après ton article !
Le gars tout à droit sur l’affiche, c’est pas selon qui joue dans Bored to death?