J’aime bien les Césars, la cérémonie de remise de prix à la con française. Okay, au début je pouvais pas blairer le truc, les blagues de merde, les films inconnus au bataillon, les trois heures d’ennui mortel. Puis les années passent, je m’intéresse de plus en plus au ciné, à ce que se passe, je vais voir plus de films, ma passion pour le marketing et la politique interne me poussent à rester planté chaque année devant le poste. J’en arriverai presque à tolérer la pauvreté des interviews de notre Laurent Weil national (dude, tes cheveux me manquent). Sauf que la semaine dernière, l’académie des Césars a annoncé la création d’une nouvelle catégorie. En 2010 sera remis le premier césar du Box Office. Même qu’on sait déjà qui le remettra, vu que Danny Boon est dors et déjà désigné pour le job. Pitié, que quelqu’un m’achève.

Bon, déjà je sais que je ne suis pas le mieux placé pour hurler face aux anglicismes. Mais dans académie des césars il y a académie (oui, scoop, je sais). Et coller les mots « Box Office » dans un intitulé de récompense de cinéma français, ça me chiffonne mon petit côté chauvin. Ensuite ça veut dire quoi ? Sachant qu’il y aura sept films nominés, ça nous donne à l’heure de tout de suite la liste suivante : LOL, Coco, Oss 117 Rio ne répond plus, Neuilly sa mère, Safari, De l’autre côté du lit, La première étoile. Là vous me dites directement que ça fait rêver. Soit OSS 117 gagne et la récompense est seulement inutile (bah oui, récompenser un film qui a déjà cartonné, je ne vois pas vraiment l’intérêt). Soit n’importe lequel des autres gagne et dans ce cas la récompense est démago (vu qu’aucun des autres ne mérite d’être salué dans son ensemble). C’est donc un choix entre le ridicule et l’encore plus ridicule.

Tout ça c’est la faute de Danny Boon de toute façon. Trop deg’ de ne pas avoir été récompensé pour son succès galactique, il boude. Sa proposition de créer un César de la comédie était quand même nettement moins conne que celle finalement retenue (bah oui, quel est le rapport entre le box office et la qualité d’un divertissement ?). Etrangement je suis le premier à défendre Bienvenue chez mes Chtis. Non, sérieux, je suis certain que le film est sincère et y’a des bons moments pas dégueux. Mais de là a se hisser au dessus du peloton, non. C’est le boulot des Césars d’être élitistes, de ne pas contribuer à faire basculer la civilisation occidentale dans l’idiocratie. Si un film comme Coco repart avec un César, il sera légitimé. Et il est dangereux que des médiocres responsables d’une bouse pareilles puissent être confortés dans l’idée que leur travail est bon. Le mépris de la critique est le dernier rempart entre la France d’en dessous et une certaine idée de la culture, du talent et du mérite.

Etrangement aux Etats-Unis personne ne se plaint du manque d’un Oscar de la comédie ou du Blockbuster. Les producteurs qui enchaînent les divertissements ne prétendent pas à plus que ça, divertir. Les prouesses techniques (effets spéciaux, sons, maquillages) des films a gros budget sont récompensées tandis que ce sont les œuvres qui tendent à mieux qui repartent avec le gros des trophées. Certes, la sélection est moins élitiste et drastique que pour les Césars (peut-être grâce aux festivals de films indés comme Sundance qui mettent en valeur les films les plus étranges), mais au moins l’académie des Oscars ne s’abaisse pas à sucer le peuple pour lui faire plaisir. Une attaque de plus des partisans d’un populisme crasseux envers l’exception culturelle française. Quand les élites du pays qui a vu naître le cinéma baissent leur froc pour récompenser le manque d’audace, le mauvais goût des masses en manque d’éducation, quand ce pays prend des leçons d’intégrités des américains, ça me file simplement un début de gerbe. Pathétique.

Les acteurs de la production de divertissements formatés pour un passage télé sont contents. L’académie est contente de ne plus être en froid avec les gros financiers du cinéma et espère même gratter de nouveaux téléspectateurs chez la ménagère de moins de cinquante ans. Tout le monde finit par gagner, à part le public qu’on prend pour un con et les vrais artistes qui se battent pour être légitimés à qui on dit que Neuilly sa mère a autant le droit qu’eux à une compression plaquée or. Je frémis d’avance a ce qu’ils vont nous inventer la prochaine fois. D’ici là, faites comme moi, allez voir des bons films. Vous verrez que c’est pas si mal.
Source info : Allociné (entre autre)
Demain, double critique bouquin.






L’élitisme ou le populisme ? ce n’est pas un choix, mais une question de temps.
*facepalm*
Ce qu’ils vont inventer pour la prochaine foi ? (sans « s », cette fois) Mais c’est déjà dans les cartons mon cher MJP ! : Le César du PGP (Plus Gros Producteur), le Balthazar de l’Audimate-moi cette meuf, le Gaspard du Cher Téléspectateur (y a un couple, dans l’Oise, qui regarde TF1 19,3 heures par jour (en moyenne) depuis 18 ans ; il a été décidé de le récompenser), le Bernard du Reality Show Bouillant, Le Klebar du film animalier (d’extrême-droite), le Connard du Pisse de Fute fute, enfin plein de trucs dingo pour bientôt. Ben ouai koi, c’est super le PAF. Tro d’la bâle.
Si seulement ton avis n’était pas à jamais souillé par ce que tu as osé dire sur Zooey Deschanel =D
tu es en bonne forme et ceci est un de tes meilleurs articles je trouve.
sinon, les césars ne m’intéressent pas, surtout pour savoir quel film a cartonné dans l’année. le box office est disponible ailleurs.
mais comme toi je tique sur « box office », ils auraient pu trouver une autre formule plus française !
Salauds de Ch’tis !
Monde de merde…
souklaye –> Espérons que ce soit surtout cyclique.
Céline –> Epic facepalm même.
NLR –> Tu fais rêver !
Iris –> Je vais pas m’excuser pour tes mauvais goûts non plus.
Cracotte –> Dans mes braaas !
LQX –> Comme quoi les blessures narcissiques, ça fait des dégats.
Jeanne –> True.
ça et la proposition que les sorties des films soient programmées, non plus le mercredi, mais le vendredi, je me dis que le cinéma français, en plus d’aller mal, se fout ouvertement de notre gueule.
Je ne pige pas ce César. Je veux dire, dans sa logique interne. Il mélange étrangement objectivité et subjectivité.
S’il a été créé pour récompenser le plus gros succès (français a priori) du box office, alors le champion est tout trouvé : c’est celui qui a fait le plus d’entrée !
Mais là, il y a des nominés…
Alors comment ça fonctionne ? On doit élire le « meilleur » film de la liste ? Ça veut dire que l’année dernière, Dany Bouse et sa Boon de film auraient quand même pu perdre ?
Alors… a partir de combien d’entrée c’est officiellement un succès ? Un film comme le dernier Astérix a cartonné en entrées mais en comparaison de son budget, c’était plutôt une déception.
Et que ce passe-t-il quand un film fonctionne sur du long terme et qu’il passe la barre fatidique (2 millions ?? 3 ??) quelques jours après la fin des nominations ? Il peut concourir l’année d’après ? Mais s’il est aussi vraiment bon et qu’il est nominé dans une autre catégorie, on va le retrouver deux années de suite ? Idem pour un film ayant fait ses entrées après l’obtention de la précieuse statuette ?
Et que va-t-il se passer l’année au aucun (ou pas assez de) film français ne cartonnera =^.^= ?
Et l’année où plusieurs films américains vont exploser le box-office, rendant minables des français, on n’aura pas l’air con…
Bref, tout ça est aussi débile qu’étrange. Mais que ne ferait-on pas pour faire plaisir à ce bon vieux Dany, qui n’a pas pu crier comme Cameron « I’m the king of the Nord ! »…
Quelle merde.
Sinon, ton quatrième paragraphe plante un peu car les Oscars aussi vont évoluer cette année…
Je crois que c’est une réaction assez mécanique, certes provoquée par la bouderie (médiatisée quand même, donc relative) de Danny Boon. Les césars effectivement atribués par l’ « académie » ont presque toujours tourné le dos au public pour récompenser, comme on le sait, des films prétendûment « élitistes » mais surtout abscons, ce qui risquait de faire évoluer les Cesar vers une sorte e festival rétrospectif du film « bis » et confidentiel pour intellos. Pialat, Rohmer, Michel Deville ou les frères Dardenne y sont des vaches sacrées, et peu importe qsils transforment par ailleurs les salles en désert ou infligent des cures de someil aux spectateurs. Mais d’un autre côté – antithèse – il arrive que ces messieurs récompensent quand même un film à succès: Les nuits fauves, Tous els matins du monde, la haine … Bon, c’est rare.
En fait c’est surtout la comédie qu’ils ne peuvent pas supporter. Or, je crois qu’il existe un festival de la comédie (Chambéry ?? Ah merde, je me rapelle plus), mais il ne marche guère. On en revient toujours au même point: il y a un gouffre entre l’avis des critiques et le goût du public, c’est clair. Mais ce n’est pas toujours le second qui a tort … Star Wars s’est fait descendre par la critique !!
Foutus Ch’tis, je peux même plus avoir honte de ma chèèèère région en paix. Le prochain qui me sort « ah ouais t’es du nord ? Cha va bilouuuute ? », je le pends.
ah ouais t’es du nord ? Cha va bilouuuute ? Heiiiiin ??
…
Ca permet vraiment de faire des conneries à peu de frais et sans risque, Internet.
Au fait tu pends… heuu… Par où ? (j’aurais dû me renseigner avant).
Matthou > Je me suis demandé 1/2 secondes comment t’étais au courant, avant de comprendre que tu parlais de Dany le Boon.
Mais vous comprenez rien au cinéma français. Ouais on a volé les C’this. Ce film méritait tous les césars. Meilleur costume, meilleur montage, meilleur photo, meilleur effets spéciaux (ha non il existe pas celui là)
C’est quand même la 1er fois que j’ai été d’accord avec Bulle Caisson… Je me suis senti un peu violé.
A mon avis, certes tiré par les cheveux mais assurément pertinent, tu n’as pas compris. Bam, ça c’est de l’intro. Tu n’as pas compris combien ce César était ironique, cynique, déviant, et j’oserais même : situationniste. Le but est clairement affiché dans son nom, alors qu’on connait la (f)rigidité des César sur le sujet anglo-saxon. A part Charlotte Rampling et quelques autres, qui partagent avec l’ami César une sécheresse vaginale qui me rappelle ma mère.
BREF. Le nom dit clairement ce qu’il est : une farce, une mascarade jetée aux yeux des cons (ici Dany Boon, les autres, et ceux qui s’emportent :p). C’est une manière de se foutre ouvertement de leur gueule (et donc indirectement de celle du peuple), mais en cachette (et oui je sais, c’est paradoxal mais chut). Ils dévoilent toute leur intelligence et tu tombes dans leur piège à con. Dommaaaaaage…
Conclusion : on est devant l’une des plus belle preuve d’élitisme social et culturel depuis quelques années. Depuis Matrix en fait. Voila, ce « Box Office » est du niveau de Matrix au palmarès du marketing anti-con.
Le marketing anti-con ? Depuis quand ça existe, ça ?
Je croyais que le marketing était une science inventée par des cons à l’intention d’autres cons. J’en trouve des démonstrations flagrantes dans toutes les pages de pubs, toutes les couvertures criantes, toutes les gonzesses à poil pour nous vendre des camemberts, toutes les opérations de com’ et autres couillonneries évènementielles. Mais bon, il ya peut-etre un marketing pour les intelectuels, en effet.
…
Je constate avec effroi que dans ce cas, il ne s’adresse pas à moi. Merdum.
@Queen:
Où alors c’est juste des trous du cul avide de reconnaissance populaire, non?
Non parce que ça marche aussi, et ça prend moins de place à écrire sur un commentaire de blog!
Enfin je dis ça…
Après tout, les Césars ont fait dans l’auto-masturbation (si si!) depuis leur création, à essayer de se faire plaisir entre eux et à perdre un peu plus en crédibilité chaque année.
En créant un César tout pourri et bien démago et populiste, ils ont arrêté de se palucher entre vieux coincés de l’Académie pour tenter de tripoter l’ensemble de la population Française en espérant attirer son regard, sa courtoisie et, allez savoir, ses bonnes grâces…
Au final, le résultat est le même: ils se foutent de la gueule des « comiques » et de notre gueule à nous en passant. Mais je doute qu’ils soient aussi malins que dans ton explication.
Haha tout d’abord merci Jeanne pour le sourire a la lecture de ton commentaire.
Ensuite car c’est un sujet que je ne maitrise pas trop mal, je dirai que deux choses clochent dans ton point de vue,
Déjà ce qu’on aime aux oscars (lire ce qui fait leur succès) c’est que les films nominés sont très connus,très loin des films indépendants que l’on peut avoir la chance de voir primés lors de festivals plus petits.
Et cela est du aux règles même de l’AMPAS (l’association qui gère ça)
=> »sont nominables tout les films sortie a LA l’année précédente »
Et contrairement aux idées reçues les salles de LA c’est pas celles de NYC. (D’ailleurs une requête visant a modifier cette règles au profit de NYC avait fait débat il y a quelques années)
Le pourquoi de ce Césars a été clairement annoncé : »pour réconcilier la grande famille du cinéma…blabla » on est bien d’accord il fallait lire pour réconcilier les financiers.
Et pour le deuxième grand « hic » je partage le même avis que Queen qui l’a (un peu maladroitement?) longuement expliqué.
Sinon le festival du film comique c’est l’Alpe d’Huez ( rhoo s’pas loin de chambé…)
@ Pollux: Et si on prenais le problème autrement, et si leur rôle était justement de faire connaitre, de faire un coup de pub a des films peut etre moins accessible, ou encore qui bénéficier de moins de promotion et qui ont/vont moins marcher lors de leur sortie pour pousser des gens à aller a la découverte de ces films de qualité ?
Je ne suis pas sur que les films a succès est besoin d’un su-sucre d’or, les recettes et les entrée en salle/buzz médiatique etc sont déjà une bien grosse récompense en soit il me semble.
Et quand je regarde un peu en arrière même si je ne suis pas d’accord avec tout leur choix il y a quand même de vrai beau/bon films qui ont été primés.