La semaine dernière j’étais à une soirée de l’école, enfin, de l’école, c’est relatif puisque n’étaient présent que les survivants de ma classe de l’année dernière. Un second concours permet d’alimenter la dernière année d’études un tas de petits nouveaux, destinés à remplacer ceux qui sont partis en année de césure ou bien en alternance. Les anciens se retrouvent submergés d’une horde de newbies insupportables. En ce qui nous concerne, on est plutôt blasé de la grande école, de la réussite aux oraux, tous ces trucs. Eux, semble-t-il, sont euphoriques, persuadés d’être enfin entrés de plein pied dans l’élite. Sauf qu’on leur file des cours de rattrapages histoires qu’ils sachent enfin qui est Patrick Le Lay (running gag, je vous expliquerai dans quelques années, mark my words). Ils s’agiteraient aussi de partout, traumatisés à l’idée de planter un exposé non noté. D’où les yeux fatigués et dépités de mes camarades au dessus de leur demi.

Pendant ce temps-là j’arrive à avoir des nouvelles de ma future promo, de ceux qui suivent à présent les cours que je suivais il y a de ça un an. Très étrangement l’ambiance serait un peu foireuse, les gens n’arrivant pas à s’apprécier bien plus que l’année dernière. Au détour d’une conversation sur Facebook j’apprends qu’une copine commence à envisager de plus en plus d’aller se tirer en apprentissage plutôt que de subir une année de plus à se faire matraquer des concepts abscons et faire des powerpoints sur la signification symbolique de la couleur indigo. D’un côté je trouve ça rassurant de voir qu’une année sur l’autre, les gens galèrent toujours autant pour tenir le coup. On se sent un peu soutenu par procuration. Au final je me demande qui survivra à la première année de master, qui ne s’enfuira pas finir ses études en entreprise ou au bout du monde. Je me demande qui je retrouverai en septembre.

Non parce qu’en vrai, ça reste un peu étrange de se retrouver dans un bar à discuter avec une bande de gens qui en sont à planifier leur vraie vie. Dans six mois ils auront fini leurs études pour de bon, et envisage déjà de choisir dans quelle entreprise postuler pour leur premier CDD. Je suis là, à touiller mon Orangina à trois euros quatre-vingt dix, coincé entre deux promos, celle qui s’en va et celle qui arrive. Okay j’ai des débuts de plans qui se profilent pour le second semestre, des envies de boulot. Puis j’ai presque fini ma relecture à la con (même si plus j’avance plus y’a de pages à corriger, cercle vicieux), je vais pouvoir (re)commencer mon mémoire non moins à la con. Ca promet d’être rigolo. On verra quand je me serai sorti de la torpeur qui m’immobilise depuis quelques semaines.

M’enfin le temps file, déjà presque la fin d’octobre. Toujours pas de manuscrit prêt, pas de carte de gym, pas de copine fixe. Fuck. Au moins mon aventure new-yorkaise se précise tout doucement. On en recausera.
Demain, Koh-Lanta versus Survivor ! Puis si vous êtes sages et que je suis réveillé à temps, y’aura une note bis teaser à 16h mais je promets rien.






Marrant cette envie de choisir sa future boite alors que au final c’est elle qui nous choisit. Huhu.
Mais ton année se passera comment vu que tu as tout validé sur stage et mémoire ?
yep, profites d’avoir une année (quasi-)sabbatique pour faire un max de trucs, parce qu’après tu en prends pour 30 ans ^^
J’ai l’impression que tout cela n’est pas inhérent à ton master, mais à l’âge. Je vis la même au sein de mon école et à mon niveau plus personnel. La rentrée en 5eme année dans 4 jours, et je n’en ai pas envie. Torpeur est un mot excellemment bien choisi. Je lui ajouterai l’adjectif amorphe.
Avant Koh Lanta, il y a maman cherche l’amour ce soir, à ne surtout pas manquer..
Le futur c’était mieux avant. Un CDD c’est la perpétuité. Un CDI c’est la mort garantie.
Le clone, tu choisis la bohème ? avec 3 cafés à 2 euros chacun !